Pourquoi enlever l'utérus à autant de femmes ?

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Il n'existe pas un terme pour désigner les excès de certaines interventions chirurgicales ou interventions médicales de dépistage. On sait déjà qu'il existe trop d'intervention sur l'appendice (appendicectomie), trop de césarienne et trop d'ablation de l'utérus. Ces excès sont justifiés par la prudence. Le médecin préfère une intervention de trop sur l'appendice à une erreur de diagnostic qui peut entraîner des conséquences dramatiques.

 

Ablation de l'utérus :  hystérectomie

 

L'ablation de l'utérus (hystérectomie) fait partie de ces interventions trop pratiquées par facilité et par prudence. Le progrès de la chirurgie et de l'anesthésie a réduit le risque opératoire. Mais parle-t-on assez des autres conséquences ?

 

Trop d'hystérectomie

 

L'utérus est l'organe destiné à contenir l'œuf fécondé pendant la grossesse. C'est un organe situé dans la partie basse de la cavité abdominale ou bassin exactement. C'est un organe en forme de cône, ou de poire, sa partie inférieure est étroite, se nomme l'isthme et se termine par le col utérin.

 

La cavité utérine communique avec le vagin par un canal étroit, le col utérin, par lequel pénètre le sperme éjaculé dans le vagin lors des rapports sexuels. C'est par ce canal que le médecin place le stérilet dans la cavité utérine. Pendant la grossesse, la taille de l'utérus augmente progressivement. La cavité utérine s'adapte au développement du foetus et du placenta. Après l'accouchement, la taille de l'utérus régresse.

 

L'hystérectomie est un acte chirurgical consistant à enlever tout ou partie de l'utérus. Elle est totale si elle enlève le corps et le col utérin. Elle est dite subtotale si le col utérin est laissé en surplace. L'hystérectomie peut être " conservatrice " ou " inter annexielle " si les ovaires et les trompes sont laissés en place. Une nouvelle étude de l'université de Michigan publiée en 2015 montre qu'une femme sur cinq ayant subi une hystérectomie n'en avait pas réellement besoin.
 

 

On estime qu'une femme sur trois aux États-Unis aura une hystérectomie à l'âge de 60 ans. Les chercheurs ont trouvé que les chiffres d'hystérectomie sont heureusement en baisse au cours de la dernière décennie, aux états unis et en Europe. La diminution est de 36,4 % par rapport à 2002.
Les indications de l'hystérectomie sont nombreuses : le cancer bien sûr, les fibromes (ces tumeurs fibreuses bénignes qui provoquent des saignements utérins ), les problèmes hormonaux, et l'endométriose.

 

Les études invitent les médecins à envisager de manière plus attentive, les traitements alternatifs disponibles. En cas de fibromes par exemple, l'acte chirurgical peut enlever le plus souvent la tumeur seule en épargnant l'utérus. En cas de saignements et en cas d'endométriose, le traitement hormonal ou l'utilisation d'un dispositif intra-utérin peut réduire le nombre d'hystérectomie. Aux Etats Unis par exemple, 40 % des femmes n'avaient reçu aucune information sur un éventuel traitement alternatif avant leur hystérectomie. 30 % seulement ont reçu un traitement médical.

 

 

68 % des femmes de moins de 40 ans ont reçu un traitement alternatif contre 62 % de celles âgées de 40 à 50 et 56 % de celles âgées de 50 ans ou plus.
En d'autres termes, les médecins cherchent à épargner l'utérus chez des femmes jeunes (âgées de moins de 40 ans) et semblent négliger tout traitement alternatif à l'hystérectomie chez les femmes âgées de plus de 45 ans.

 

 

L'utérus est un organe féminin, un organe sexuel

 

L'hystérectomie affecte le vécu sexuel. L'utérus définit une partie de l'identité sexuelle et participe à l'imaginaire et au plaisir sexuel de certaines femmes. L'hystérectomie provoque des répercussions émotionnelles : dépression, évitement de la sexualité, perte de sensibilité, perte d'excitabilité sexuelle, douleurs pendant la pénétration, sécheresse vaginale et autres.

 

Les études démontrent que cette chirurgie entraîne fatigue, dépression, arrêt de travail, difficulté conjugale durant des semaines, baisse de fréquence d'activité sexuelle régulière dans 31 % des cas, fréquence réduite d'orgasme dans 46 % des cas. Il semble que la conservation du col ne modifie pas les séquelles. Les femmes considèrent l'utérus comme un organe sexuel prolongeant la pénétration. L'hystérectomie influence la fantasmatique de la pénétration et le vécu sexuel. La représentation du " vide " au-delà du vagin s'accompagne d'interrogations.

 

L'hystérectomie peut entraîner une crise d'identité féminine et sexuelle. L'utérus fait partie intégrante de l'organisme féminin, définissant une part de l'identité féminine. Certaines femmes se sentent asexuées, castrées. 
Un bon nombre de couples connaissent une période de déséquilibre et de conflits après une hystérectomie : éloignement, séparation, sentiments d'agressivité ou de culpabilité face au partenaire, sentiment d'anormalité.

 

 

Conclusion

 

Si les progrès de la chirurgie ont réduit les risques opératoires de l'hystérectomie, les séquelles sur le plan physique, émotionnel et sexuel justifient de favoriser autant que possible les traitements alternatifs qui permettent de préserver l'utérus.

 

    Référence :

     

  • Daniel M. Morgan, M.D. et al. Use of Other Treatments before Hysterectomy for Benign Conditions in a Statewide Hospital Collaborative. American Journal of Obstetrics & Gynecology, January, 2015

 

 

 

 

 

 

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