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Westworld, divertissement pour réfléchir sur nous-même

wrestworld dolores teddy

 

Westworld, divertissement avec ou sans méditation

Westworld c'est la série de HBO qui cartonne sur les écrans de télé, cette série est diffusée en France sur canal et sur OCS.
A la fin de la première saison, on découvre une série haut de gamme, un casting magistral, un jeu d'acteur excellent pour interpréter un scénario complexe, attirant et chargé de détails et de signification.


Westworld raconte la vie d'un immense parc de loisir futuriste où des robots à forme humaine interprètent comme de vrais acteurs, des scénarios pré-établis. Les visiteurs paient le prix fort pour se lancer dans des aventures en plein far-west, en compagnie de ces robots réalistes, pour échapper à l'ennui de leur vie réelle,  pour satisfaire des besoins primitifs : divertissement, jeux, violence et sexe. Le visiteur peut tuer n'importe quel robot ou coucher avec, en le séduisant ou en le violant. Tout est permis.      

 

wrestworld affiche

 

Pourquoi pas, après tout, des gens ne paieraient-ils pas une fortune - un invité cite un tarif de 40 000 dollars par jour - pour se plonger dans un simulacre de l'anarchie du far - West ou de la guerre de secession ?
Westworld répond que nous (les humains) le ferions pour se livrer à des appétits autrement indicibles pour la violence insensée et le sexe transgressif, sans scrupule moral ou conséquence juridique. La série est remarquablement dure dans sa description de la cruauté sous-jacente de ces appétits. Un touriste ennuyé cloue une main d'un vieil " homme " à une table avec un couteau à steak, juste pour lui faire fermer " sa gueule ".  Un autre tire dans le dos d'un robot en criant "Maintenant, c'est mes putains de vacances !"
Un grand et prestigieux projet de la chaîne HBO. Une superproduction dont le chantier a duré plus de trois ans, produite par J.J. Abrams.

Une belle réussite

 

abs11.5 bleu2 Westword, un parc de divertissement

On commence par suivre les aventures de Dolores, robot à l'apparence d'une jolie jeune femme naïve et innocente qui rêve de changer de vie, de Maeve la tenancière d'un bordel, Bernard un chef programmeur qui veille sur le bon déroulement des scénarios et sur la sécurité des visiteurs. Il y a aussi un mystérieux Ed Harris vêtu de noir qui cherche le secret du labyrinthe : il ne sait pas exactement ce que c'est, mais pense que le parc de Westworld dissimule un secret et il est déterminé à le trouver, quitte à y passer 30 ans de sa vie.

D'autres personnages complètent l'histoire, des indiens, des fermiers, des voleurs, des nettoyeurs, des visiteurs et des employés chargés de la maintenance du parc et des robots.
Deux savants ont participé à la création de ce parc : Ford et Arnold .

 

wrestworld anthony hopkins


Il y a 40 ans Ford et Arnold créent les premiers androïdes dans le parc encore fermé au public. Arnold, suite à divers entretiens avec le robot femme Dolores, il pense que les robots ont une conscience et que le parc ne doit pas être ouvert au public. Ford n'étant pas d'accord, Arnold exporte les données de Wyatt, un personnage meurtrier, en Dolores pour la pousser à tuer tous les hôtes et à le tuer lui-même. Arnold pense ainsi faire fermer le parc, mais n'y parvient pas.
Ford réussit à ouvrir le parc. Il a besoin d'investisseurs. Parmi ceux-ci, William et Logan. William rencontre Dolores, tombe amoureux d'elle et sombre dans la violence. William est tombé amoureux du parc et fera tout pour devenir actionnaire majoritaire et relancer le budget.


A présent on voit la charmante Dolores et un homme en noir qui mène sa quête vers le labyrinthe, le sommet du jeu des scénarios proposés par le parc. Dolores, une fois de plus, fuit sa ferme natale et se dirige vers le village où elle a commis le massacre, pour découvrir le centre du labyrinthe. Maeve la tenancière d'un bordel prend conscience de ce qu'est vraiment le monde de Westworld et tente de quitter le parc. Ford a créé un androïde à l'effigie d'Arnold qu'il a nommé Bernard et qui est chef de la programmation du parc. Ford prépare un nouveau scénario, qui est en fait le début de la révolte des androïdes, qui prend forme lors d'une soirée avec de nombreux invités humains.

 

wrestworld dolores maeve

 

abs11.5 bleu2 Les robots ne peuvent pas faire de mal aux être vivants (humains ou visiteurs)

Cette règle est la base de la robotique. Un robot ne doit pas faire de mal aux vivants. Les visiteurs peuvent tuer les robots mais les armes des robots ne touchent pas les visiteurs. Ceci permet toute sorte de massacre, de violence, et de dérapage. Entre meurtre et sexe, le visiteur découvre subitement ses propres besoins, et ses propres démons.
Chaque matin, inlassablement les robots (remis en état et éternellement jeunes ou vieux) recommencent le jeu, Dolorès dans la rue, Maeve dans le bordel, les visiteurs arrivent, une immersion totale dans un monde du far West. Certains montent dans les chambres s'amuser avec les prostituées, d'autres tirent sur les robots et déclenchent des tueries, d'autres suivent des chemins plus complexes.    

 

wrestworld rachel evans


Les robots n'attaquent jamais les mouches qui leur tournent autour. Ce sont donc tous les êtres vivants qui sont censés être protégés des robots...mais à la fin de l'épisode, on voit Dolores frapper la mouche qui lui tourne autour. Une action violente qui devrait certainement laisser la place à d'autres. Dolorès échappe aux scénarios pré-établis. Ainsi on découvre que plusieurs androïdes sont capables de tuer des humains.


" These violent delights have violent ends "

" Ces passions violentes auront une fin violente " 

 

Cette citation de Shakespeare reprise plusieurs fois dans la série est en fait une forme de révélation sur ce qui va se dérouler à la fin de la saison 1. La violence des humains se retourne contre eux dans un bain de sang orchestré par Ford, amenant de grands changements : les robots vont être capables de se défendre et vont peut être aller plus loin dans la saison 2.


Les créateurs Jonathan Nolan et Lisa Joy ont scénarisé une série complexe.  En surface, c'est un western, qui réunit les ingrédients du genre : Dolores la belle en danger (jouée par Evan Rachel Wood), Teddy le valeureux cowboy (joué par James Marsden), Maeve la mère maquerelle (jouée par Thandie Newton), et tous les personnages attendus, dans des décors sauvages avec montagnes, plaines, et ville où des fusillades éclatent à chaque coin de rue. Sauf que tout cela est mis en scène par une équipe planquée dans le sous-sol du parc, composée de sa patronne Theresa (jouée par Sidse Babett Knudsen, de son programmateur en chef Bernard (joué par Jeffrey Wright), de son vieux concepteur Robert (interprété par Anthony Hopkins). La série profite de la beauté de ses décors et de la qualité de ses effets spéciaux pour multiplier les séquences fortes : chevauchées, voyages en train, débarquement d'une pelleteuse monstrueuse, etc.

Elle déborde aussi de bonnes idées, comme ce piano mécanique qui joue des tubes modernes (Black Hole Sun de Soundgarden, No Surprises de Radiohead...) en mode western. Le récit ne manque ni de souffle ni de poésie, et mêle action, romance, science-fiction et mystère, avec la tension nécessaire pour capter notre curiosité.
Pour faire tenir un tel édifice, il fallait une distribution hors normes. La liste est vertigineuse, réunit des vedettes venues du grand écran, Hopkins, Harris, Wright, Rachel Wood, Newton, et une pléiade d'excellents acteurs connus.
Westworld offre une mise en abyme passionnante, qui aborde les notions du libre arbitre, de la prédestination, de la liberté, de la conscience etc.

 

wrestworld wililam


abs11.5 bleu2 Un grand spectacle au souffle métaphysique.


Contaminés par un virus joliment appelé " les rêveries ", certains robots vont apercevoir des éclats de leur passé, et développer une mémoire et donc s'humaniser. Mais leur passé n'est que l'accumulation de vies brutalement interrompues, car le même humanoïde est reprogrammé plusieurs fois pour tenir différents rôles en fonction de l'inspiration du scénariste du parc. Quelle nature va ressurgir une fois la machine libérée ? Peut-elle se reprogrammer d'elle même ou se retourner contre son créateur ?

 

abs11.5 bleu2 L'homme en noir, William et les autres humains

Cela fait 35 ans que William explore le parc. Il a progressivement sombré dans la violence. Au début, il est tombé amoureux de la fragile Dolorès. Il ne trouve aucun sens au monde réel et s'épanouit dans Westworld, en massacrant les hôtes, à la recherche d'expériences toujours plus violentes et plus fortes. Il est également l'actionnaire majoritaire. Il cherche le centre du labyrinthe mais il n'a pas compris que le labyrinthe était métaphorique et uniquement destiné aux hôtes.
Les humains s'interrogent sur le sens de leur existence, à commencer par Bernard Lowe, ingénieur en chef au passé douloureux, qui trouve un réconfort dans sa relation avec les robots, Ford, vieux sage taillé sur mesure pour Hopkins,  porte une piste narrative complexe, entre émotion et mystère. L'enjeu central de la série est profond : que va-t-il se passer dans les limites de Westworld, qui va vivre, survivre, dérailler, chercher à fuir, à abattre ou à protéger les humanoïdes ?
Les humains dans Westworld sont mis à l'épreuve. Que faire en face de robots qui imitent à la perfection le comportement humain : tuer, massacrer, désirer, faire l'amour, violer, pendre, aimer, protéger ?   

 

abs11.5 bleu2 Une lecture de Westworld

Cette série nous propose certaines pistes de réflexion.  Il n'y a fondamentalement aucune différence entre le sens à l'intérieur du jeu et à l'extérieur.  Les humains sont toujours à la recherche de sens. Les gens de l'extérieur sont allés à l'intérieur pour le chercher, et les gens à l'intérieur veulent sortir pour le trouver. Sans réflexion sur les conséquences de nos actes,  il n'y a pas de sens à la vie. Les actions non analysées ne produisent aucun sens. Cela fait 35 ans que William tue et massacre des robots sans savoir ni comprendre pourquoi.    


Cette série rappelle un bon film sorti l'année dernière  Ex Machina réalisé par Alex Garland, qui traite le sujet des androïdes et leur éventuelle révolte contre les humains.


Westworld, c'est la vie et la mort. Tuer ou être tué. Sauvez la jolie et frêle demoiselle ou la violer, la séduire ou la frapper.  Héros ou méchant dans un monde simple et primitif, où le moi animal est révélé et se doit d'agir.
Westworld  est en grande partie un spectacle sur les gens à la recherche de réponses. Des touristes riches et curieux cherchent à découvrir ce que l'on ressent en commettant un meurtre gratuit ou en se livrant aux pulsions sexuelles les plus primitives. Comme le dit un programmeur à une de ses créations androïdes, "Vous et tout le monde que vous connaissez, vous êtes construits pour satisfaire les désirs des gens qui paient pour visiter votre monde "
Westworld suggère que la conscience se développe non seulement dans les êtres, mais  parmi eux. La prise de conscience de soi est fondée sur une prise de conscience des autres. Quand un des androïdes commence à agir étrangement, un ingénieur s'inquiète que le problème puisse se révéler "contagieux" - et il a raison de s'inquiéter.


Bertrand Russel, le philosophe anglais, a dit  : nous serons si malheureux le jour où nous n'avons plus de problèmes matériels, nos cerveaux vont lutter pour trouver la signification de notre existence.
Je n'aimerai pas pénétrer ce genre de parc, je ne sais pas comment je vais me comporter dans ce Westworld. Je n'ai pas envie de voir la partie de moi que j'essaie de contrôler et d'oublier.   

 

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Deux films de Noël, un ancien et un récent

films noel

 

La fête de Noël est une fête religieuse et sociale. C'est une fête qui éclaire pendant quelques jours la grisaille hivernale, et fait oublier la neige, le froid et les longues nuits du mois de décembre.  


Le jour de Noël célèbre la naissance de l'enfant Jésus le 25 décembre ; beaucoup de traditions que nous associons à Noël, ont existé avant la chrétienté, ce qui permet à cette fête d'avoir une portée religieuse, laïque et sociale. Noël à la fin de Décembre marque le Solstice d'hiver dans de nombreuses cultures comme en Scandinavie ou dans la culture celtique.


De nouvelles coutumes de Noël apparaissent au Moyen Âge. La contribution la plus importante fut le chant qui, au XIVe siècle, était associé à l'observation religieuse de la naissance du Christ.
En Italie, une tradition s'est développée pour célébrer en peinture la naissance du Christ et de la nativité. Cela a été introduit par saint François dans le cadre de ses efforts pour apporter la connaissance spirituelle aux laïcs. Une figure éminente de Noël est Saint Nicolas honoré le 6 décembre, devenu depuis l'un des précurseurs du Père Noël.
Un autre rituel populaire a été de brûler une bûche, selon des cultes païens célébrant le feu et la nature. Progressivement, cette fête est devenue un rituel sophistiqué associant le religieux au social, la joie païenne à la charité chrétienne. Il suffit de regarder une crèche entourée de cadeaux sous un arbre décoré, sous le regard du père Noel pour comprendre combien cette fête est ancrée dans nos traditions.

 

Les films et Noel


Depuis le début du cinéma, les producteurs et les réalisateurs ont célébré Noel à leur façon pour profiter d'une fête à la fois religieuse et sociale, riche en symboles, et même en contradictions. Le repas de famille avec ses risques de dérapage, le contraste entre les réunions des familles et la solitude de certains, entre l'abondance et la pauvreté, entre la sincérité et l'hypocrisie.
Noël est parfois un arrière plan, pour montrer des boulevards décorés, des villes éclairés, et des gens heureux.  Noel peut être aussi l'occasion d'activités stressantes comme les réunions de famille, les voyages et les rencontres imposées par le rituel social. Noel est aussi l'occasion d'un moment de joie, de fête et d'optimisme.          

 

Shop Around the Corner James Stewart Margaret Sullavan


Un film ancien : Rendez-vous


ou The Shop Around the Corner de Lubitsch de 1940. C'est une histoire d'amour à Budapest
Une employée de magasin tombe amoureuse sans le savoir d'un collègue de travail grâce aux petites annonces ; c'est aussi l'homme qu'elle déteste au travail ; un célèbre et excellent film, Ernst Lubitsch a tourné le film avec James Stewart et Margaret Sullavan.  Nous voyons Margaret Sullavan et Jimmy Stewart batailler l'un avec l'autre, pendant que le spectateur devine qu'ils sont amoureux l'un de l'autre.

 

Shop Around the Corner Lubitsch


Noël joue un rôle important dans ce film, c'est l'époque des cadeaux, des rendez vous, de la foule dans les boutiques. L'histoire d'amour par lettres interposées entre les deux employés qui se détestent au quotidien est un appel à ouvrir les yeux sur le réel sans renoncer à ses rêves.   Ce film est une des plus grandes réussites de la période américaine de Lubitsch. En France, il sortit en 1945 sous le titre Rendez-vous.
Un remake de ce film fera sera aussi une triomphe, adapté par Nora Ephron en 1998 : " Vous avez un message. "

 

Une cloche pour Ursli

 

Un film récent : Une cloche pour Ursli

Une cloche pour Ursli : film suisse de 2015, film de Xavier Koller, à partir du livre pour enfant écrit par Selina Chönz et illustré par Alois Carigiet, qui compte quarante pages : vingt splendides dessins aquarellés en regard de courts textes narratifs. A partir de ce livre, voici un charmant film de Noël : un jeune et débrouillard garçon aidera sa famille dans l'embarras dans un décor de cartes postales de l'Engadine des alpes suisse, et participera à la fête des cloches (Chalandamarz) qui annoncent le départ de l'hiver...  


Une Suisse belle, joyeuse et solidaire dans cette adaptation d'un conte pour enfants.
Lors du désalpage, la carriole tombe dans un précipice et avec elle toute la production estivale de foin et de fromage. Le papa d'Ursli pleure, l'épicier est ravi : il récupère les meules dans la rivière. Le commerçant cupide est affublé d'un rejeton odieux qui réussit à s'approprier la chèvre préférée d'Ursli, et à faire main basse sur la plus grosse cloche du village.

Ursli va tout faire pour démasquer l'épicier voleur. Dans le matin plein de lumière il dévale la pente poudreuse assis à califourchon sur le toupin royal, tout le village chante en chœur devant la maison du glorieux Ursli qui récupère sa cloche.
Une cloche pour Ursli (Schellen Ursli), de Xavier Koller (Suisse, 2015), est un film charmant à voir en famille et qui mérite le détour.

Bonnes et joyeuses fêtes

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5 chefs d'oeuvre sur Danaé, le nu féminin normalisé

Danae sexualuite nu art causam

 

5 chefs-d'oeuvre sur Danaé, le nu à travers des siècles de peinture 

L'art en Europe est une succession de mouvements, de voyages, d'influences et de retour.
Dans n'importe quel musée, on ne peut qu'admirer ces liens délicats entre un tableau et un autre, entre un maître et un autre, comme si chaque tableau faisait partie d'un ensemble cohérent et riche.

 

Le Mythe de Danaé ?

Danaé était une princesse légendaire d'Argos. Le roi fut prévenu par un oracle que Danaé, sa fille unique, mettrait au monde un fils qui, plus tard, le tuerait.
Le seul moyen d'échapper à ce sort était de tuer Danaé. Le roi refusa, et décida de garder sa fille enfermée dans une tour de bronze loin de toute compagnie masculine. Cette tour fut isolée du monde, seul le toit s'ouvrait sur le ciel afin que l'air et la lumière puissent y pénétrer.
Elle vécut en captive accompagnée d'une servante. Zeus tomba amoureux de Danaé, il s'est métamorphosé en une averse d'or et a traversé le toit.
Cette pluie d'or atterrit sur le bassin de la jeune fille avant de remplir la chambre. Elle tomba de cette manière, enceinte de Zeus.
Pendant quelque temps elle cacha la naissance de son enfant. Un jour, le petit garçon, Persée, fut aperçu par son grand-père. " Ton enfant, Qui est son père ? " Quand Danaé répondit fièrement : "Zeus", il ne voulut pas la croire. Il fit faire un grand coffre de bois et les y plaça la mère et l'enfant. Le coffre fut emmené au large, sur un bateau, et jeté à la mer. Danaé et Persée voguèrent à la dérive, furent découverts par un pêcheur.
Après de nombreuses d'aventures, Persée et sa mère revinrent. Peu après leur retour, Persée entendit parler d'un grand concours d'athlétisme. Il décida d'y participer. Quand vint son tour de lancer le disque, le projectile fit un écart et tomba parmi les spectateurs. Acrisios se trouvait dans la foule. Il mourut sur le champ. La prophétie de l'oracle fut réalisée.
 
Cette légende demeure fidèle aux principes de la mythologie grecque. L'amour est sans limite, la force du désir sexuel, le destin tragique de l'homme.


Titien : Danaé avec sa servante (1560) huile sur toile

Titien danae


La jeune Danaé est nue dans son château, la princesse est prisonnière. Elle est étendue lascivement sur un lit, accompagnée de son petit chien. Surprise par la pluie d'or, la domestique tente de rassembler cet or dans son tablier.
La blancheur du corps de Danaé contraste avec la noirceur de la peau de la domestique. Alors que Danaé est étendue sur le lit, le corps est riche de courbes.
La main de Danaé cache son sexe, dissimulé dans l'ombre, laisse deviner la signification érotique de ce geste.
L'aspect du corps est fidèle aux critères de beauté de l'époque. La peau est blanche, les cuisses sont pleines, le ventre est légèrement bourrelé. La femme est sans parure sauf les cheveux défaits laissant supposer le réveil mouvementé de la femme surprise par les pluies d'or.
Les seins sont montrés sans retenus, comme les jambes.
La mythologie comme prétexte d'un nu féminin ? La femme face à son désir, à cette pluie d'or !


Tintoret : Danaé

Tintoret danae


Musée des Beaux Arts, Lyon

Dans ce tableau, Tintoret reprend le sujet de son maître Titien. On peut observer la présence du chien, l'averse d'or sous forme de pièces, la présence d'une servante qui tente de collecter les pièces d'or dans son tablier.
Les couleurs sont vives, le corps nu est délimité par des lignes sinueuses, plus de bourrelets et plus de muscles que dans les tableaux de Titien. La nudité demeure offerte au regard mais sans cette chair épanouie qu'on voit dans les tableaux de Titien
On peut noter également la grande taille de la femme, ses muscles, et une adiposité marquée (tissu gras sous la peau)
Tintoret ajoute plus de décor, plus de couleurs, plus de plis.
Il y a quelque chose d'artificielle dans la pose de la femme, elle est plus allégorique que réelle.


Mabuse dessine Danaé

Mabuse danae

Après 1508- Mabuse Musée de Munich

Danaé est ce tableau témoin de l'influence de Rome sur le peintre. Dans ce tableau, Danaé ressemble à une jeune adolescente, recouverte d'un drap bleu, assise sur un coussin rouge. Elle dévoile son corps pour recevoir la pluie d'or qui inonde son bassin. Danaé de Mabuse est plus jeune que les Danaés de Titien et de Tintoret.
Cependant elle garde les signes essentiels du récit mythologique ; C'est une femme en attente qui accueille la pluie d'or favorablement. Les jambes sont légèrement écartées comme un signe d'un consentement.
La fille est assise au centre d'un décor fait de colonnes et piliers disposés en rotonde. Les détails sont soignés, on devine que la tour de Danaé est en marbre. L'œuvre est traitée avec beaucoup de sensualité. Le corps est gracieux. Les muscles tantôt éclairés tantôt à contre-jour donnent aux jambes de Danaé un beau réalisme.
Danaé est seule en face du torrent doré du désir et de fertilité. Loin de Titien et de Tintoret, le peintre n'a pas ajouté de servante ou de chien ou un dieu. Danaé est seule. Une allégorie de la femme seule face au désir, en face de l'événement majeur de la vie d'une femme ; la maternité ?


Alexandre Jacques Chantron : Danaé réaliste

Chantron danae


Le peintre propose un nu féminin qui reflète la culture et la peinture du 19ème siècle. Nous sommes en face d'un corps féminin réaliste dans ses proportions, dans ses détails anatomiques, sans excès ni idéalisation. Danaé est seule avec la pluie d'or. Le nu féminin n'a plus besoin d'une justification mythologique ou allégorique, la femme est partout dans cette fin de siècle.
La société se féminise, le corps féminin fait partie de la vie comme le corps masculin.
Bien que le peintre ait dessiné un corps beau, harmonieux, naturiste, nous sommes loin d'une recherche effrénée d'un érotisme excessif.
On normalise progressivement le corps féminin, et le nu féminin.
Le nu dans la peinture sera considéré de plus en plus en fonction des relations qu'il noue avec le thème du tableau.


Klimt, Danaé dorée

Klimt danae


À Vienne, Klimt influencé par les arts d'autres cultures et par le mouvement psychanalyste, va tenter une approche différente, symbolique, abstrait et figuratif du nu féminin.
Le tableau de Danaé est sans perspective, les cuisses et les fesses de la femme sont mises en valeur offrant une impression de profondeur. Une jeune femme endormie, une voile brodée d'or dissimule une partie de son corps, une coulée d'or passe entre les jambes. Danaé est disproportionnée, dans la position qu'un foetus, ou sous la forme d'un œuf. La lumière éclaire l'or, en opposition au fond noir.
Danaé semble endormie, visage calme, en contradiction totale avec la sensualité de sa cuisse offerte au regard, et de son sein. La chevelure rousse, libre et structurée à la fois. Ses doigts n'ont pas position naturelle, sont crispé sur son sein, l'autre main est dissimulée par la cuisse. La bouche est entrouverte dans une sensualité affichée.
Le tissu est richement brodé de sphères brodées ou dorées. La cascade d'or passe entre les jambes de la jeune femme, quelques pièces d'or se dirigent vers le sol.  
L'expression de son visage témoigne du rêve érotique et du plaisir féminin. La nudité devient le décor. Par le choix du détail, le spectateur est submergé par l'ornementation chatoyante et sensuelle qui occupe le tableau.
On assiste à une scène intime, qui dévoile un monde de plaisir et de luxe. Voyeur, le spectateur découvre un monde fermé dans lequel la Danaé est repliée dans un doux cocon.
Au début de XXe siècle, la nudité féminine n'est plus taboue. Le nu féminin chez Klimt est naturel, le corps n'est pas maudit. La nouveauté est dans la validation du plaisir sexuel féminin, de l'extase, de la jouissance féminine, du droit de la femme à jouir, et avoir une sexualité.

 

Conclusion

Un long chemin entre Danaé de Titien et Danaé de Klimt, et les tableaux modernes de Danaé.
Les tableaux de Danaé sont un exemple sur l'évolution de nu féminin dans la peinture, un témoignage de l'image du corps féminin à travers les siècles, sur la sexualité féminine et sur les bouleversements qui ont transformé la peinture.
Le nu académique chez Titien, le nu lyrique chez Rubens, le nu voluptueux chez Boucher et à la fin le nu érotique et sensuel chez Klimt au début du XXe siècle.

 

Il a fallu de nombreuses années, les travaux de Freud, puis les travaux de Kinsey au milieu du XXe siècle pour reconnaître enfin la sexualité féminine. La peinture occidentale au début de XXe siècle a rendu le sexuel digne de représentation, et la sexualité féminine valide sans détour ni culpabilité.

 

Danaé: sexualité, nudité et peintres

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Malévitch en 7 tableaux clés

Kasimir malevitch

 

Malevitch, simplifier les formes, et la peinture

Malévitch est un grand peintre russe longtemps méconnu (1878-1935).
Il fait partie de l'avant-garde russe de l'art contemporain, ami de Kandinski. Il sera célèbre en 1915 en exposant des oeuvres au sein du mouvement  " suprématisme " où  l'art ne doit pas imiter les apparences de la réalité mais être un acte pur, libéré du poids du figuratif ; une affaire de sensation selon le peintre.

L'œuvre de Kasimir Malévitch est un condensé des problèmes esthétiques qui ont occupé les artistes du xxe siècle. Son premier texte s'intitule Du cubisme au suprématisme. Le nouveau réalisme pictural. Bien qu'il ait reçu des rudiments d'enseignement académique, Malévitch est un autodidacte.

Né à Kiev d'origine polonaise, il part pour Moscou en 1902, où il reçoit ses premiers rudiments d'éducation artistique tout en prenant activement part à la révolution manquée de 1905.


Il suit le mouvement impressionnisme ; puis il ré-invente avec d'autres compatriotes le primitivisme ; art direct, naïf comme un dessin d'enfant : une recherche d'un langage universel. Il s'essaie au cubisme puis expose l'art abstrait avec les toiles suprématistes où seule la couleur dans des formes géométriques est présente.

 

Malevitch La femme au chapeau jaune

La femme au chapeau jaune (1908) ; l'impressionnisme est présent dans ce tableau.  

Jusqu'en 1913, son œuvre porte surtout la marque de son apprentissage des codes de l'avant-garde européenne comme dans le tableau Baigneur de 1910 où l'influence du fauvisme est manifeste.

 

Malevitch Baigneur


Le linguiste Roman Jakobson explique ce que découvrit Malévitch en face de ces toiles révolutionnaires : " un tableau ne peut être un bout de nature, comme le croyaient encore les impressionnistes, mais un ensemble de signes arbitraires articulés selon une grammaire spécifique. "


Ses toiles de 1913-1914 constituent la première tentative de créer des  représentations de différents objets, chacun à une échelle différente, se juxtapose ou se superpose dans une même image comme son tableau Un Anglais à Moscou(Stedelijk Museum).  Cette fois le cubisme semble marquer ce tableau. Le procédé du collage cubiste sert à éroder la logique classique, à mettre l'accent sur les qualités plastiques autonomes des éléments de l'image.

 

Malevitch Un Anglais a Moscou

Un Anglais à Moscou(Stedelijk Museum)


Le Carré blanc sur fond blanc de 1918 (Museum of Modern Art, New York), premier tableau achromique de l'art moderne où il cherche à définir l'opposition entre le dessin, et le fond.

 

Malevitch Carre noir sur fond blanc

Carré noir sur fond blanc, tableau clé de l'art moderne articule en quelque sorte toutes les questions qui ont intéressé Malévitch depuis sa découverte du cubisme. Le tableau est un signe dont l'interprétation dépend des plusieurs facteurs. Il devance avec son Carré noir ce qu'on nommera la logique " déductiviste " dans la peinture américaine des années 1960.


Pas tout à fait carrée non plus, cette peinture témoigne, comme pour le Carré noir, d'une grande sensibilité. La trace de la main de l'artiste est visible dans la texture de la peinture et ses subtiles variations de blanc ; les contours imprécis du carré asymétrique produisant une sensation d'espace infini. Le blanc, légèrement bleuté pour la forme centrale, plus chaud et ocré sur la périphérie, crée une matière dense et complémentaire au point qu'on ne peut séparer forme et fond. La position décentrée du carré, comme pesant sur la droite, et le léger cerne noir autour, dynamisent l'ensemble, contribuant à la sensation d'espace.

Malévitch varie ses figures géométriques, la Croix noire. Il s'aperçoit qu'à l'exception des figures symétriques rien ne peut égaler son Carré noir. Il entreprend une série d'œuvres comme  Huit rectangles rouges  pour inviter le regard du spectateur à méditer.

 

Malevitch Huit rectangles rouges

 

Malévitch envisage une autre solution et peint son deuxième chef-d'œuvre.

Mais dès 1920, ces toiles abstraites sont sévèrement critiquées qualifiées " d'art dégénéré ". Adulé un temps par le pouvoir russe, ses œuvres seront interdites dans son pays trop modernes pour les temps troubles de la Russie de Staline.

En 1927, des nouvelles alarmantes parviennent à Malévitch lors d'un séjour en Allemagne. Rentré précipitamment en Russie, il est directement victime du durcissement de la politique culturelle. L'institut de la culture artistique de Leningrad, où il enseignait, est dissous, il parvient à trouver d'autres soutiens institutionnels et peut encore exposer, mais sa situation se dégrade de jour en jour.

En 1930, il est arrêté pendant plusieurs semaines. Il est difficile de savoir si l'œuvre tardive de Malévitch (retour à la peinture figurative) est le résultat des violences et d'intimidations du pouvoir stalinien, en 1935, Malévitch se contente d'imiter dans sa peinture les différents styles qu'il avait adoptés avant le suprématisme.

 

Malevitch Buste a la chemise jaune
Buste à la chemise jaune, K. Malévitch, vers 1928-1932. Musée national de Saint-Pétersbourg, Russie.

  

Malevitch La fille au peigne
La fille au peigne 1932


Ses nombreuses toiles, sont d'une grande modernité, les couleurs et les formes sont réduites à leurs plus simples expressions pour ne laisser qu'une sensation forte ou qu'une seule idée aux spectateurs qui les voient.


Certaines œuvres sont si actuelles : il y a quelque chose de simple comme un panneau signalétique et de puissant, une émotion forte s'en dégage, ses œuvres sont telles qu'elles font de lui un peintre du 21ème siècle. Il nous est familier, on vit dans son monde et il fait partie du monde d'aujourd'hui.

 

Références: 
 E. Martineau, Malévitch et la philosophie, L'Âge d'homme, 1977
 J.-C. Marcadé, Malévitch, Casterman, Paris, 1990

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Mr HOLMES, de Sherlock à Elementary

Mr Holmes Ian McKellen

 

Sherlock Holmes: 221 B Baker Street, Londres

Sherlock Holmes est le fameux personnage de fiction créé par Arthur Conan Doyle dans son roman policier Une étude en rouge en 1887. " Sherlock Holmes " création légendaire de Doyle est toujours populaire et fait encore l'objet de nombreuses adaptations, comme les séries télévisées Sherlock et Elementary et de nombreux films.


Sir Arthur Doyle petit-fils du célèbre caricaturiste John Doyle est né à Édimbourg, dans une famille d'origine irlandaise, élève de la grande école Public School catholique de Stonyhurst, puis étudiant en médecine à l'université de sa ville. Installé médecin généraliste, il débute et a peu de patients, il commence à écrire des livres dont les aventures de Sherlock Holmes personnage passé à la postérité.
Partagé entre sa carrière médicale et sa vocation littéraire, le succès des premiers récits de Sherlock Holmes le décide à vivre de sa plume. Pendant une quarantaine d'années, Doyle s'impose comme écrivain et comme personnalité.


Grand voyageur, sportif d'une extraordinaire vitalité, patriote, justicier, on lui attribue l'introduction du ski alpin en Suisse (1894), la création d'un mouvement de volontaires armés à la veille de la première guerre mondiale, la découverte de deux erreurs judiciaires au terme d'enquêtes menées de sa propre initiative. Engagé volontaire comme médecin, pendant la guerre du Transvaal, il est ensuite tenté par une carrière politique.


Défenseur d'une méthodologie scientifique, il croit fermement au progrès et à la capacité de la science d'avancer et de découvrir. Il écrit des romans associant dans un compromis réussi entre l'histoire, la science et la fiction. Conan Doyle est sans doute un des pionniers de la science-fiction, avec Jules Verne. Son roman Le Monde perdu (1912) est un chef-d'œuvre de la littérature de science-fiction.


Il invente Sherlock Holmes, le docteur Watson, et leurs aventures. La réussite de ces romans est à son époque hors du commun. Conan Doyle a crée un personnage typé, doté d'une faculté de déduction extraordinaire, un homme scientifique froid, sans émotion, concentré sur les énigmes. Soixante récits publiés, de 1887 à 1927. Holmes devient un personnage célèbre. On lit ses aventures en Europe et dans les pays de l'empire britannique. Les touristes de passage à Londres pensant qu'il s'agit d'un personnage réel, demandent même à visiter sa maison ou à le rencontrer à son adresse au 221 B Baker Street.  

Sherlok Holmes actors

 

Sherlock Holmes, génie ou autiste ?  

Doyle a créé un détective privé ayant des facultés hors du commun de déduction, une mémoire exceptionnelle. Lors de ses enquêtes, relatées dans quatre romans et cinquante-six nouvelles, Holmes est accompagné par son ami fidèle et biographe le docteur Watson.
Doyle renouvelé le genre en créant le détective Holmes. Un personnage qui va devenir une référence, un modèle pour les romans policiers et les histoires de détectives à venir dépassant ainsi les anciens auteurs comme Edgar Allan Poe et Émile Gaboriau (avec le commissaire Lecoq).


Holmes est méthodique, scientifique, solitaire. Comme un médecin, ses émotions n'interviennent pas dans ses conclusions et n'influencent pas ses décisions. Il croit à la science, à la déduction, à la logique, au progrès scientifique. Il utilise le microscope, la loupe, connait l'électricité, le télégraphe, comme il connaît les textes de lois, les effets des poisons. Holmes est une sorte d'un autiste génial, une encyclopédie efficace face aux énigmes.   


Ce personnage sera critiqué, analysé, ou parodié pour son cynisme, son détachement du réel.  
Pourquoi le locataire du 221 B Baker Street l'emporte-t-il sur ses prédécesseurs ? Parce qu'il est fils du positivisme qui domine la seconde moitié du XIXe siècle, l'apothéose de l'esprit scientifique, une encyclopédie, fils d'Auguste Comte, Stuart Mill et de Darwin.


Après Holmes, le polar ne sera pas le même. Les personnages de détectives comme Rouletabille (Gaston Leroux), d'Hercule Poireau d'Agatha Christy, plus tard de Maigret de Simenon sont influencés par Doyle. Dr House, est à sa façon un personnage de Doyle, typé, cynique, solitaire, hors du réel, résolvant des énigmes médicales (à partir des symptômes) un autiste capable d'être un génie dans un hôpital mais sans intelligence sociale pour bien vivre par ailleurs.    

elementary Liu Lee Miller

La Série Elementary

C'est la dernière série télévisée adaptée de l'œuvre de Doyle.  
C'est une série télévisée américaine créée par Robert Doherty en  septembre 2012,  une adaptation libre et modernisée des aventures de Sherlock Holmes. Le célèbre détective est consultant pour Scotland Yard, habite New York, il sort d'une cure de désintoxication, et cohabite avec Dr Joan Watson, ancienne chirurgienne.  Cette série a eu un grand succès ; la saison 5 est diffusée depuis octobre 2016.
La série reprend le personnage de Doyle, en insistant sur l'aspect autiste et génial. Holmes est entouré d'ordinateurs et de moyens de communication, il se comporte comme un ordinateur, avec ses déductions et ses conclusions inattendues. Ce Holmes est neutre, froid, sans émotions. Ses liens sociaux sont médiocres, il ne sait pas ce que signifie le terme bonheur ou joie de vivre, il est efficace, mais solitaire.

La série est globalement bien accueillie en raison d'une écriture rythmée et d'une approche nouvelle du personnage. Ses affiches portent la citation : nouveau Holmes, nouveau Watson à New York.

 

Mr Holmes Ian McKellen Milo Parker

 

Le film " M. Holmes "

Un film charmant de réalisé par Bill Condon en 2015 avec Ian McKellen (Holmes), Milo Parker (Roger) et Laura Linney (la mère de Roger) à partir du roman " Slight Trick of the Mind " de Mitch Cullin publié en 2005. Il s'agit du septième roman de cet auteur américain traduit sous le titre " Les Abeilles de monsieur Holmes ". Voici une une nouvelle version de Sherlock Holmes, le célèbre personnage d'Arthur Conan Doyle.
Sherlock est dans cette version, en retraite dans le Sussex, solitaire et âgé. A la campagne, il s'occupe de ses abeilles bien aimées.  
Marchant avec une canne, sa mémoire commence à manquer. Il vit avec sa gouvernante et son fils, le petit Roger.

Mr Holmes Ian McKellen Hattie Morahan

Il voudrait écrire sa dernière enquête, malheureusement sa mémoire lui fait défaut.
Sentant le danger de cette mémoire vacillante, il fait un difficile et fatiguant voyage au Japon pour trouver une plante médicinale réputée pour améliorer la mémoire, en vain.  En fait l'admirateur qui l'accueille au Japon, l'a fait venir pour lui demander de retrouver son père disparu.  


Obstiné, il prend de la gelée royale pour soutenir ses petites cellules grises.
De retour dans le Sussex, Il mène une existence paisible et c'est Roger le petit garçon qui le motive pour terminer la rédaction de cette dernière enquête.  
A la façon d'une intrigue policière il est à la recherche de  souvenirs qui lui reviennent par morceau, un gant parfumé, une abeille morte, une photographie d'une belle jeune femme.

On voyage avec le vieil homme dans ses souvenirs confus.
Que s'est-il passé avec la jolie femme pourquoi a-telle perdu son gant ? Et pourquoi retrouver le sens de cette affaire si ancienne ? Pourquoi cette affaire était -elle un échec qui a entrainé une grave dépression chez  Sherlock.

Pourtant, la dernière enquête était plutôt simple. Un mari soucieux de sa femme Ann la fait suivre par Holmes. Celle-ci-fortement éprouvée par un deuil se conduit d'une manière fort inquiétante.
Lors de sa rencontre avec Ann, Holmes comprend les indices qu'elle a lui laissés car se sachant suivie elle fit en sorte de provoquer cette rencontre. Ann   voulait lui poser une question existentielle essentielle. Holmes lit les indices, lui parle mais ne comprend rien à la jeune femme tout comme son mari,  ni à ses émotions. La  jeune femme souffre terriblement : " les morts sont de l'autre coté du mur et nous sommes seuls "  Comment continuer à vivre après un deuil aussi douloureux ? Avec qui partager la douloureuse solitude de l'existence ?


C'est tout le secret de cette ultime enquête. Un secret que le vieux Sherlock a oublié, car comprendre les faits ne suffit pas à tout expliquer. Ce sont les motivations des personnes qui expliquent les faits comme il finira par le découvrir aidé de son jeune apprenti enquêteur.


Le jeune Roger a perdu son père à la guerre et admire cet homme si intelligent capable en regardant quelqu'un de dire ce qu'il a fait dans l'heure passée. C'est la mère de Roger qui subira à ses dépens, ce scrupuleux et minutieux examen sous l'œil logique d'Holmes donnant à Roger l'explication inattendue de l'absence momentanée de sa mère. Celle-ci devant le déclin du vieil homme, cherche déjà un autre emploi.

Un film plein de joie de vivre, d'amitié et de tendresse d'un petit garçon vis à vis du grand homme.
A l'opposé du personnage froid et insensible d'Holmes et même d'autiste que les différentes adaptions nous ont montré, on suit ce sympathique personnage dans sa retraite campagnarde et tout comme Marcel " à la recherche du temps perdu ", le temps sera finalement " retrouvé ".  


Holmes est joué par un acteur anglais Ian McKellen acteur de théâtre et interprètre de Gandalf le magnifique magicien du seigneur des anneaux, il joue ici à la perfection ce rôle du grand homme vieillissant prenant un malin plaisir à démystifier le célèbre Holmes. A Londres, il donne une fausse adresse échappant ainsi à des touristes américains de Baker Street, et des excuses pour ne pas brandir le chapeau et la veste en tweed  (la pipe, le chapeau : des inventions de Watson bien-sûr). On s'en amuse avec lui. Il joue avec  le personnage réel (le vieil homme) et imaginaire (S. Holmes le détective) tantôt l'un tantôt l'autre, à la fois vieux et attachant, à la fois le détective mythique et éternel de Doyle.


Un moment à savourer où Holmes n'est pas sans émotions, sans relations, simple ordinateur. Non, dans ce film, il aime, il pleure, il aime les autres, il est aimé, il est heureux. Encore une facette nouvelle de ce personnage mythique.

 

 

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