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Hollywood pré code : liberté, divertissement et désir

harlow jane red dust

Jane Harlow , film : red dust

 

Hollywood pré code :  le divertissement et le désir  

La crise financière de 29 va se prolonger par un désastre économique sans précédent, ce qui va modifier en profondeur les valeurs et les croyances des Américains dans leur système, dans leur pays, dans leur classe politique.
Le rêve américain ne séduit plus en 1929, l'exception américaine, l'universalisme, l'autonomie et surtout l'individualisme, voilà des valeurs qui ne séduisent plus personne, laissant la place à des valeurs plus urgentes comme la solidarité, le collectif, la communauté.
Les valeurs traditionnelles trouvent alors une popularité croissante.
Le terme Pré-Code évoque l'époque de l'industrie cinématographique américaine avant 1934, avant l'instauration de " Motion Picture Production Code ", une sorte de code de bonne conduite dans la production du cinéma et des images nommé le code " Hays ", adopté en 1930 et appliqué à partir de juillet 1934.
Les films avant ce code contenaient des scènes de nudité, des insinuations à caractère sexuel ou érotique, des scènes de consommation de drogue, prostitution, infidélité, avortement, violence, et homosexualité.

 

Les films pré-code

Entre l'avènement du parlant et la mise en place du code, c'est à dire entre 1930 et 1934, un vent de liberté et de légèreté souffle sur l'industrie du film américain, avec colts et dentelles, gangsters et prostituées.
La fascination pour ces films "pré-code" peut être expliquée par le contenu léger, comique et suggestif de ces films : hommes et femmes se désiraient, s'aimaient, couchaient sans culpabilité, période qui se prolongea 7 ans (entre 1927 et 1934) de sexe, drogue, et adultère. Les films avant code exhibaient les problèmes sociaux, ridiculisaient les hommes politiques en les montrant incompétents et menteurs. Le besoin de leaders forts pouvant prendre en charge et orienter l'Amérique vers la sortie de crise, était un thème fréquent.

 

Norma Shearer la divorcee

Norma Shearer dans la divorcee

 

Les films avant code n'avaient aucun problème avec les dictateurs, on trouve des films pour glorifier Mussolini ou Adolf Hitler.
La violence attirait les spectateurs, les films avant code traitaient la criminalité individuelle et en groupe, la violence était présente, Hollywood avaient ses gangsters "célèbres", le genre était populaire, les affiches et les photos publicitaires éclatantes, provocantes.

Le film le plus souvent cité comme le premier film pré-code est "la divorcée" de Norma Shearer. On trouve un look sophistiqué, des dialogues drôles, le double standard sexuel, un homme qui couche est un séducteur, une femme qui couche est une garce. Le film fut considéré comme immoral, mettant en valeur une femme indépendante moralement et sexuellement. Le film fut un grand succès, et Shearer a remporté l'Oscar de la meilleure actrice pour sa performance.

 

Del Ruth Blonde Crazy

Del Ruth dans le film Blonde Crazy

 

Rétrospectivement, ces 7 ans de pré-code furent une croisée des chemins : émergence des entreprises de studio de production et de leur professionnalisation. Transition maladroite et hésitante du cinéma muet vers le parlant, révolution technologique concernant les caméras, la réalisation, et l'installation de la radio comme moyen de communication incontournable, l'apparition du monde des stars de cinéma grâce aux médias et aux journalistes, et le début de nombreux genres qui vont marquer le cinéma comme les comédies musicales ou les films d'action.

Cette époque se distingue par une liberté de création, et un esprit pionnier, novateur de certains producteurs, de certains réalisateurs.
La chose la plus étrange à propos de ces films pré-code est leur longévité, et l'engouement du public pour ces films avec des femmes en sous-vêtements, aux coiffures sophistiquées, et aux robes drapées ou stylisées. L'humour du dialogue, la nostalgie, le talent des actrices et des acteurs peuvent expliquer la longévité de ces films.

 

Wellman Safe in Hell

Wellman dans le film Safe in Hell

 

Les films avant code montraient les relations avec des maîtresses, l'adultère. Jean Harlow a été décrite dans le Encyclopédie de Hollywood comme "le sex-symbol des années 1930, propulsé à la célébrité dans les films pré-code, comme Platinum Blonde, Red Dust et Red-Headed Woman."

 

jane harlow red headed

Jane Harlow dans le film red headed

 

Le film Red-Headed Woman est cité comme exemple de ces films pré code. Elle y joue le rôle d'une secrétaire qui cherche à séduire son patron et à briser son mariage.
Au cours de cette séduction, il tente de résister, il la gifle. Ils finissent par se marier. Jane Harlow séduit ensuite un riche industriel qui est en affaires avec son mari. Bien que ce plan réussisse, elle a une autre liaison, et tue son mari pour partir avec son amant. Le film a été décrit comme un "chef-d'oeuvre", et nommé aux Oscars. Cependant, le film Red-Headed Woman fut interdit dans de nombreux états américains.

En 1932, personne ne souffre du péché de chair, les personnages de Gable et Harlow savourent le désir, la sexualité sans culpabilité. Bien que la caméra s'éloigne pour ne pas trop insister, le désir est présent, franc, montrable, et non pas un jeu subtile ou ambigu.

Ces films représentent un virage vers un contenu pour adultes, une vision du monde du plaisir et de la légèreté.

La mobilisation de l'église catholique s'organisa à partir de 1933, par la formation de la légion catholique de la décence. Il s'agit d'un groupe affilié à l'église catholique, qui émet une classification sur les films, pour déconseiller ou pour encourager la famille à regarder le film.
Au début, ces classifications n'affectaient pas les revenus des films. Progressivement, l'organisation a grandi, a commencé à faire pression sur le gouvernement.


Les studios et les producteurs ont décidé de négocier avec le gouvernement fédéral un code de bonne conduite autorisant une autorité désignée à censurer les scénarios, et les films selon des critères précis.
Ce code demandait aux producteurs et aux réalisateurs de promouvoir les valeurs traditionnelles de l'Amérique. Par exemple, les relations sexuelles hors mariage ne devraient pas être présentées comme des relations attirantes ou joyeuses, mais comme des relations coupables et problématiques.
Tout acte criminel devrait être jugé et puni, jamais récompensé. La violence devrait être maîtrisée. Les autorités morales, judiciaires et politiques devraient être traitées avec respect. En cas de présentation de policiers, d'hommes politiques, ou de juges méchants ou corrompus, il est important de signifier aux spectateurs qu'il s'agissait d'une exception à la règle.
Le code Haye affirme que le rôle des films est de divertir, qu'un excès de réalisme conduit à des présentations sociales, juridiques ou raciales problématiques. Cette tendance va durablement marquer le cinéma américain. Le cinéma hollywoodien sera critiqué par la suite en raison de sa capacité à divertir, sans présenter la réalité économique ou sociale du pays.
Les discussions qui ont accompagné l'élaboration du code de bonne conduite indiquaient que les films ne peuvent changer la société, ne peuvent cultiver un esprit de révolte ou de désespoir, ne peuvent fragiliser le système économique ou le système politique en place.

En 1934, le Production Code, code de censure connu en France sous le nom de "Code Hays" est adopté et un bureau mis en place pour relire tous les scripts de film en production.

 

C'est le début d'une censure organisée et centralisée aux USA, entreprise à l'initiative des studios eux mêmes pour éviter de voir leurs films dépecés par les censures étatiques locales.
Le code de bonne conduite est appliqué à partir de 1934 dans le cinéma américain. Il restera en vigueur jusqu'en 1968.

 

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Brooklyn

brooklyn movie

 

From ireland to brooklyn

J'ai bien aimé le film Brooklyn un film de 2015 de John Crowley et Paul Tsan avec Saoirse Ronan, Domhnall Gleeson à partir du roman de Colm Tóibín.

Une bien modeste jeune fille dans un village négligé mène une vie ordinaire entre sa mère et sa sœur, dans l'Irlande pauvre des années 50.

 

brooklyn ireland

 

Sa sœur la voyant sans avenir, aidée par le prêtre du village, la pousse à trouver du travail en Amérique, elle voyage par bateau avec d'autres migrants et est accueillie dans la communauté irlandaise de Brooklyn.
La- bas elle sera une vendeuse dans un grand magasin, malgré le mal du pays et de sa famille. Elle loge et vit dans une pension de famille. Jusqu'au jour où le prêtre de la communauté l'inscrit à des cours de comptabilité, lui permettant d'obtenir enfin un diplôme.

 

brooklyn film

 

A partir de ce moment, son destin change, la jeune fille voit s'ouvrir devant elle les portes jusqu'alors fermées. Elle rencontre un jeune italien qui veut l'épouser. Elle retourne en Irlande pour l'enterrement de sa soeur, et se voit proposer un emploi de comptable dans une entreprise. Un jeune homme irlandais de bonne famille lui fait la cour et veut la retenir auprès de lui. Sa mère désormais seule souhaite aussi sa présence.

Elle constate tous ces changements et dira " j'aurai bien aimé qu'on me propose tout cela avant "
Cette modeste jeune fille devenue une jolie jeune femme instruite, diplômée et capable, se voit solliciter à prendre son destin en main.

 

brooklyn film amour

 

La narration simple, efficace, rafraichissante sans le misérabilisme généralement associé aux migrants irlandais de cette époque, nous montre la lente transformation de la chrysalide en papillon aux couleurs éclatantes.

 

Elle choisira l'avenir à construire plutôt que le passé. Quand diplôme et éducation vous ouvrent les portes du destin....

 

 

 

 

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Hemingway : l'amour devient roman

hemingway love and war

 

Hemingway, vie de fêtes, d'amours, et des romans

En 1914, le jeune Hemingway rêve de participer à la Grande Guerre. Il est réformé à cause d'une mauvaise vue. Pour un salaire de 15 Dollars par semaine, il se fait engager au Kansas City Star comme apprenti reporter.
Il voulait apprendre à écrire, il devint journaliste chargé des faits divers et resta six mois dans cet emploi.

Il voulait de l'action, découvrir le monde, et la guerre. La Croix-Rouge a besoin d'ambulanciers en Italie. Il put, avec deux amis, s'embarquer sur le "Chicago" à destination de la France, passer deux jours à Paris et prendre le train pour Milan.
A 19 ans, il rejoint la Croix Rouge en Italie. Sur les photos, on voit un beau jeune-homme au front large, avec une chevelure abondante, un regard animé des certitudes de la jeunesse, le sourire des jeunes gens immortels.

Il débarque en Italie le 7 juin 1918, pour devenir ambulancier. A peine arrivé, il doit transporter les victimes d'une fabrique de munitions qui a explosé, aider les blessés en surveillant de grands dépôts de munitions encore susceptibles d'exploser, aider à éteindre l'incendie, et transporter les morts à une chambre mortuaire de fortune.
Ernest connaissait la mort, le sang et l'agonie des animaux pendant ses journées de chasse. Cette fois, la mort est différente.

Il voit des corps sans vie, inanimés sans émotion, sans rire, sans colère, même sans souffrance.
Il voit la fin tragique de la condition humaine, les mains froides, les joues pâles, les yeux fixés sur un horizon inconnu. Une dose amère de réalité va secouer ce jeune homme qui chassait pourtant depuis des années. Il perdra sa candeur pour entrer brutalement dans le monde des adultes.
Il est envoyé à Schio, ville plus calme, au pied des Dolomites puis sur le fleuve Piave en Vénétie, son rôle consistait à aller en bicyclette distribuer vivres et cigarettes aux soldats. Il se rendait souvent à la distillerie de grappa Nandini à Bassano, et pour boire et savourer de la grappa, boisson que l'on retrouve souvent dans ses récits de guerre.

Le 8 juillet 1918, il fut frappé, au genou et au pied par un obus autrichien. Dans cette tranchée avec trois hommes, les jambes criblées d'éclats, il évacue le seul survivant sur son dos et le ramène en lieu sûr. Acte héroïque d'autant plus qu'il est le premier Américain à être blessé en Italie. 237 éclats dans les jambes, deux balles de fusil mitrailleur dans le genou.

On l'hospitalise le 17 juillet à Milan, il risque de perdre sa jambe droite. Impatient comme il le sera toujours, il avait tenté d'extirper lui-même les éclats de mortier avec un canif, sa bouteille du cognac comme anti septique et comme calmant.
Il fut plusieurs fois opéré dans cet hôpital militaire où on l'a surnommé "Poupée cassée".
Il est décoré pour cet acte de bravoure de la Croce al merito di guerra (croix du mérite militaire), on retirera 28 éclats métalliques de sa jambe droite. En trois mois, et après plusieurs opérations, il peut remarcher à nouveau avec des béquilles.

 

hemingway Agnes Von Kurowsky

 

Aimer une belle infirmière

Pendant cette longue hospitalisation, il rencontre Agnès Von Kurowsky une infirmière originaire de Pennsylvanie, brune, grande, gracieuse, cheveux sombres et aux yeux gris-bleus.
Son aînée de sept ans. Jolie, brillante, spirituelle, joyeuse et sérieuse à la fois. Après le décès de son père en 1910, Agnès a pris un travail à la bibliothèque publique de Washington.
Elle suivra une formation pour devenir infirmière. A l'entrée de l'Amérique dans la Première Guerre Mondiale en 1917, elle s'est appliquée à rejoindre la Croix-Rouge. Après une formation additionnelle en France, Agnès et ses compagnes ont été envoyées par train dans le nord de l'Italie.
Agnès s'occupe alors d'Ernest blessé, transporté en ambulance vers l'hôpital militaire de Trévise, où on lui administre de la morphine et des vaccins anti-tétaniques.


- vous êtes trop jeune pour vous appeler Ernie. Je vous appellerai M. Kid.
- dans ce cas je vous appellerai Mme Kid. Ok ? "


Hemingway a 19 ans quand il tombe amoureux de cette américaine de 26 ans.
De jours, ils sont patient et infirmière, la nuit ils sont amants. " Je suis amoureux " écrit Ernest à ses parents. Elle l'appelle Ernie, Kid (gamin), Mr Kid, et signe Mrs Kid. Elle est amoureuse avec une certaine dose de prudence.
Elle est déjà une jeune femme, et juge Ernie trop jeune pour une relation sérieuse ou durable.
Pendant la convalescence d'Ernie, et qu'il recommence à marcher, les deux amoureux explorent Milan et vont même à l'opéra.
Il lui envoie 52 lettres durant cette liaison. La première date du 25 septembre 1918. Hemingway se trouve provisoirement à Stresa. La dernière lettre date du 7 mars 1919. Les lettres envoyées par Hemingway ont été brûlées, victimes de la jalousie du fiancé d'Agnès. Le règlement de la Croix rouge était strict ; les relations sentimentales étaient interdites. La correspondance entre Agnès et Ernest était clandestine.

En octobre, Hemingway retourna au front, puis revint à Milan pour une jaunisse. Ils se revirent alors une semaine avant qu'Agnès ne soit transférée de nouveau dans un autre hôpital à Trévise. Ils s'y rencontrent le 9 décembre 1918. Elle lui annonce qu'elle ne passera pas les fêtes avec lui.
Agnès apprécie le plaisir de se sentir désirable et séduisante. Les médecins italiens la courtisent. En mars elle lui écrit sa dernière lettre - une lettre de rupture un peu maternelle - à ce jeune amoureux, son " Kid ", qu'elle n'aime plus d'amour parce qu'elle vient de donner son coeur à un Italien qui désire l'épouser. Ce qui ne se fera pourtant pas, la future belle famille vénitienne ne voulant pas d'une Américaine.
Interrogée plus tard, elle dira que pour elle il s'agissait d'un simple flirt, en dépit des 52 lettres échangées en six mois.

En Janvier 1919, Hemingway quitte l'hôpital, continue à lui écrire. Alors qu'ils avaient décidé quelques mois plus tôt, dès sa sortie de l'hôpital de retourner aux États-Unis pour se marier, Ernie rentre seul aux USA, il espère qu'elle l'y rejoindra pour l'épouser.
Agnès Von Kurowsky a décidé qu'elle devait finalement le convaincre que la relation était finie. Le 7 Mars 1919, elle écrira à Hemingway :
" Ernie, cher gamin,
Je vous écris tard dans la nuit après une longue réflexion, je crains que cela puisse vous faire du mal, je suis sûre que ce ne peut vous nuire de façon permanente.
Je tentais de me convaincre qu'il s'agissait d'une véritable histoire d'amour. Après quelques mois loin de vous, je sais que je suis toujours attachée à vous, plus comme une mère  qu'une amie.
Gamin, pouvez-vous me pardonner un jour pour vous avoir inconsciemment trompé ? Je ne suis pas vraiment mauvaise, je ne veux pas faire du mal. Je me rends compte que c'était ma faute dès le début. Je me sens qu'un jour je serais fière de vous.
Je pense à me marier bientôt. J'espère et prie pour que vous seriez un jour en mesure de me pardonner, de commencer une belle carrière et de montrer l'homme vous êtes vraiment. Avec mon admiration et ma tendresse,
Ton amie, Aggie "

On ne connait pas la réponse d'Hemingway à cette lettre de rupture. Dans une lettre de Juin 1919 à son ami Howell Jenkins, Hemingway écrit :
" Je l'ai aimée, elle m'a largué. Je ne lui donne pas tort. J'ai fait en sorte de cautériser son souvenir et je l'ai brûlé avec de l'alcool et d'autres femmes et maintenant c'est envolé ".

 

hemingway amour et guerre

 

Un souvenir "envolé" mais pas entièrement.

Agnès Von Kurowsky va inspirer le personnage de Catherine Bakley, belle et infirmière américaine qui soigne et tombe amoureuse d'un soldat américain dans un hôpital italien en 1929 dans le roman "A Farewell to Arms" (l'adieu aux armes).
Leur histoire est le scénario d'un film en 1996, In Love and War (Le Temps d'aimer), réalisé par Richard Attenborough, et interprété par Sandra Bullock, Chris O'Donnell, Mackenzie Astin.

Hemingway n'a jamais revu Agnès Hannah von Kurowsky. Il a reçu une lettre d'elle, le félicitant pour son premier mariage, et lui disant qu'elle était fière d'avoir connu son " Kid ".


Hemingway va utiliser ses expériences en Italie comme base de plusieurs nouvelles. Les personnages de romans basés sur Kurowsky apparaissent dans les nouvelles, les neiges du Kilimandjaro ou l'Adieu aux armes.

 

 

 

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Larsson: peindre le bonheur familial

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Larsson  dessine son bonheur en famille 

Il est un des peintres suédois les plus connus ; Larsson est célèbre pour ses aquarelles réalisées pour la plupart dans sa maison à Sundborn, où il vivait avec sa femme artiste et ses enfants pendant les années 1880.
Son style de peinture est bien identifiable riche en couleurs. Ce style ne reflétait pas la personnalité du peintre éprouvé par des épisodes de dépression, de difficultés et de doute.

Carl Larsson est né en 1853 dans le vieux Stockholm. A l'époque, la suède connait de mauvaises récoltes et les épidémies de choléra sévissent. Dans ce contexte dramatique, de nombreux suédois émigrent outre atlantique.


Les parents de Larsson vivent dans un quartier misérable, le père manœuvre et la mère blanchisseuse.
C'est de son grand-père peintre- artisan que son goût de l'art lui vient. Son instituteur le remarque et l'inscrit à 13 ans à l'école préparatoire des beaux arts. Il suit le cursus et est aussi caricaturiste dans le journal satirique Kasper. Il a un talent pour les esquisses et dessins pris sur le vif, il entre comme dessinateur au Ny illustrerad Tidning où il reçoit un salaire ce qui lui permet d'aider ses parents. Il veut devenir peintre officiel.
Par la suite, avec un ami il part à Paris et vit à Barbizon dans la petite colonie de peintres suédois expatriés en France, il y découvre la technique de l'aquarelle. Dans le cadre campagnard de Greze en Loing (près de fontainebleau), il est influencé par l'impressionnisme et sa palette devient plus fluide, transparente. Il peint en plein air célébrant la beauté de la nature. Il rencontre le mécène Furstengerg qui l'encourage, et en 1879 Karin Bergöö qu'il épouse, artiste-peintre également, elle lui offre un cadre familial serein propice à son art et il illustre des livres (les contes d'Andersen). Sa notoriété s'envole le jour où des éditeurs publient ses peintures et aquarelles sous forme de livrets illustrés en couleurs notamment en Allemagne (la maison sous le soleil) où ces publications conquièrent un public enthousiaste.

 

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A partir des années 1890, comme ses contemporains, ses aquarelles subissent l'influence des estampes japonaises avec un style plein de concision et une absence de relief et d'ombre en soulignant de noir ces sujets.
Ces aquarelles intimistes reflètent au détail près, sa vie de famille, sa maison que ces illustrations vont faire connaître au grand public. L'intérieur joliment décoré par sa femme Karin avec meubles élégants, boiserie claire, tapis coloré, étagères sur mesure, agencement spacieux et lumineux de la maison familiale vont diffuser une atmosphère douillette, un style de vie et le design moderne gustavien.

 

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Ses aquarelles sont une ode à la joie de vivre à la campagne et à la famille.
Les enfants faisant des boules de neige, se baignant l'été à la rivière, jouant des pièces de théâtre, ou avec les animaux de la ferme, la famille déjeunant en plein air etc.

 

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Ces aquarelles ont des thèmes simples et amusants et relatent comme des bandes dessinées ou des mangas, le quotidien familial dans un cadre calme et apaisé.

 

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On peut penser que cet hymne à la famille et aux joies simples furent un baume au cœur de cet homme dont l'enfance fut si misérable avec un père qui le détestait et qui lui manifestait tant de colère.

 

Cet amour des siens, de cette vie de famille heureuse, le bonheur d'être ensemble transparait, nous interpelle et nous rappelle que les joies simples du bonheur familial restent une valeur recherchée voire inégalée.

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De la romance aux films romantiques

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Films romantiques: bougies, Jazz et mer au loin

Les histoires d'amour nous sont familières, variées dans leur intensité, dans leur fin et selon les cultures, et selon les époques. Généralement, une histoire d'amour exige une dose de romance. L'attirance devrait être embellie de rêves, de rituels, de cadeaux, et de couleurs. Un homme aime une femme, il essaie de la séduire, dans un milieu plus ou moins hostile. Voilà comment se présente la formule de base de toute romance.

Dès ses débuts, le cinéma américain joua la carte de la romance comme genre populaire. Pendant la première moitié du 20ème siècle, les "bonnes" relations amoureuses se terminent en mariage. La nuit de noce après le fameux baiser était la fin heureuse d'une longue romance. Le cinéma rejoint la littérature pour produire des histoires sur les relations et les émotions.

 

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Amour romantique : thèmes imposés

Les films romantiques explorent certains thèmes : l'attirance, le coup de foudre, l'amour romantique, l'obsession amoureuse, l'amour platonique, amour sexuel et passionné, le couple, la rencontre et la séduction. Il n'existe pas de définition qui désigne un film de romance. C'est une histoire d'amour, avec quelques difficultés ou obstacle, qui déroule dans des lieux réputés romantiques par ex comme l'automne à New York sur un morceau de Jazz, à des moments particuliers comme la Saint valentin, ou au bord de la mer, dans les musées, ou à central Park. Chaque film a sa recette pour créer sa romance. Ces "histoires de relations" ont fini par influencer le discours de la société sur l'intimité, et sur les relations. Ces histoires écrites ou filmées sont à la base de la psychologie populaire. Ces films de romance ne détaillent plus comment un homme peut séduire une femme, mais comment évolue la relation, comment évolue le mariage, comment évoluent les relations extraconjugales.

 

 

Dans certains livres, comme dans certains films, il s'agit d'analyses plus ou moins simples sur l'intimité, sur les échanges dans le couple, sur les crises du mariage.
Récemment, on parle plus de la rencontre que du couple, Le discours dominant sur le couple et l'intimité n'est plus "Jusqu'à ce que la mort nous sépare ", mais plutôt un discours sur l'émotion, sur les relations, sur le rôle de l'autre dans notre vie. Si la littérature de romance a été considérée comme un genre littéraire secondaire aux États-Unis, le cinéma de romance a fait un progrès extraordinaire sur le plan technique, commercial, comme sur le plan de scénario. L'amour romantique moderne est l'enfant du cinéma hollywoodien, est le cousin de ces romans d'amour destiné aux femmes.

Dans ces films de romance, l'amour est roi, les hommes découvrent qu'ils ont besoin d'une relation et les femmes développent une meilleure estime du féminin dans le sillage de la deuxième vague du féminisme. Depuis les années 1970, le sexe est devenu une partie de la relation. Un film de romance doit avoir sa dose de sexe. C'est le cas des romans d'amour aussi. Le sexe marque le début de la relation, juste après l'attirance, et devient une question importante, quand le couple s'installe dans une relation sérieuse.

 

Amour romantique, consommation et capitalisme


De nombreux facteurs ont participé à la naissance de cette culture de l'amour romantique moderne : Au XXe siècle, la culture de la consommation encouragée par la recherche individualiste de l'amour, a institutionnalisé l'amour romantique et la culture de la romance. La consommation n'est pas seulement une culture matérialiste, mais une culture émotionnelle. Cette culture de la consommation a largement utilisé l'image du couple heureux et amoureux pour vendre des produits, et pour passer le message de la sécurité, et de l'autoréalisation dans une interaction romantique entre un homme et une femme. L'industrie des loisirs a utilisé l'image des couples pour vendre un film ou pour aller au restaurant. Le romantisme hollywoodien se définit par des repères visuels, par certaine atmosphère : Un dîner romantique se passe généralement dans un lieu isolé, élégant, à proximité de la mer par exemple, avec un rituel particulier comme les bougies, et la musique.

 

 


L'amour romantique moderne est une sorte d'utopie, un récit qui permet à l'être humain de dépasser sa condition ; l'utopie romantique décrit l'autoréalisation, l'authenticité, et le bonheur atteint dans une expérience amoureuse. Un des principaux facteurs est la distinction entre la sphère privée et la sphère publique.

 

L'amour devient le fondement de la sphère privée, et de plus en plus son unique fondement. L'amour romantique ne peut s'épanouir en dehors d'une culture individualiste.

 

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