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Film culte : Un singe en hiver

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Singe en hiver, poésie et d'ivresse

Un film de 1962, d'Henri Verneuil avec Jean Gabin, Jean-Paul Belmondo, Suzanne Flon.
Ce film prouve que le cinéma peut être une réussite sans effets spéciaux et sans vulgarité. Excellente comédie, à partir du roman d'Antoine Blondin, Verneuil réalisateur, Michel Audiard dialoguiste, Michel Magne à la musique, et deux comédiens brillants Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo.
Un des meilleurs films du cinéma français, une belle histoire d'amitié entre deux hommes. On peut dire que c'est le meilleur rôle de Belmondo. Dans ce film, il est jeune, beau, lumineux. Il est à la fois léger et vulnérable, inconscient et grave.


Si vous pensez que c'est parmi les meilleurs rôles de Gabin et de Belmondo, je suis d'accord avec vous. Un feu d'artifice du 7ème art, comme le spectacle pyrotechnique qui termine ce chef d'œuvre.
Fin connaisseur de littérature, Audiard proposa d'adapter le roman éponyme d'Antoine Blondin, qui avait obtenu le prix Interallié en 1959 ; un chef-d'œuvre de littérature, d'une plume sensible et talentueuse.
A sa sortie, en mai 1962, l'histoire ne fait pas l'unanimité. Parmi les rares critiques positives, on cite Jean Rocheteau dans La Croix : "Je sais je ne devrais pas écrire cela. Ce n'est pas bien, certes, de soutenir une œuvre querellée par le ministère de la santé publique mais qu'y puis-je si Un Singe en Hiver m'a mis le printemps au coeur." La réussite populaire est au rendez vous.

 

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Histoire simple : vin, voyage, ivresse  

 
L'action se situe en 1944 à Tigreville sur la côte normande aux environs de Deauville. Albert Quentin (Jean Gabin) ancien fusilier-marin d'indochine tient avec sa femme Suzanne (Suzanne Flon) l'Hôtel Stella. Albert, accro à la bouteille, promet à Suzanne de ne plus toucher une goutte d'alcool si leur hôtel échappe aux bombardements. L'hôtel tient bon, promesse tenue !

 


15 ans plus tard débarque Gabriel Fouquet (Belmondo) qui, lui, boit pour oublier l'échec de sa vie sentimentale avec Claire, qui vit à Madrid alors que leur fille est pensionnaire à Tigreville.
Les deux hommes, qui n'ont pas "le vin ni la cuite mesquine", vont connaître deux jours euphoriques, heureux, poétiques mémorables pour eux, et pour les habitants grâce à l'ivresse. L'un va retrouver l'Espagne, l'autre...la Chine.
L'apothéose de cette soulographie s'achèvera par un feu d'artifice (dantesque) sur la plage... Puis...chacun retournera à sa vie d'avant.

 

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Les films cultes sont composés de scènes cultes


On trouve dans ce film des perles, un mélange délicieux de la plume de Blondin et d'Audiard comme cette tirade de Quentin :


" Les princes de la cuite, les seigneurs, ceux avec qui tu buvais le coup dans le temps, mais qui ont toujours fait verre à part. Dis-toi bien que tes clients et toi ils vous laissent à vos putasseries, les seigneurs ; ils sont à cent mille verres de vous. Eux, ils tutoient les anges. Vous avez le vin petit et la cuite mesquine ; dans le fond, vous ne méritez pas de boire. "


Ou encore ce dialogue mémorable de Quentin :  


- Je ne vous apprendrais rien en vous rappelant que Wang-Ho veut dire fleuve jaune et Yang-Tse-Kiang fleuve bleu. Je ne sais si vous vous rendez-compte de l'aspect grandiose du mélange : un fleuve vert, vert comme les forêts, comme l'espérance. Matelot Hénault, nous allons repeindre l'Asie, lui donner une couleur tendre. Nous allons installer le printemps dans ce pays de merde !


Le lundi 22 septembre 2014, cinquante-deux ans après le tournage du film, Jean-Paul Belmondo est revenu dans la commune de Villerville (tigreville) pour recevoir un hommage largement mérité pour son talent et sa carrière exceptionnelle. Le public n'a pas oublié le grand acteur Belmondo ni ce grand film qui est devenu un des trésors du cinéma français.
L'année dernière, hommage à Lyon à Belmondo. Quand on demande à l'acteur quel film projeter pour cette soirée d'hommage, il choisit bien sûr un singe en hiver.     

 

 

 

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De Caruso à Pavarotti : rendre l'opéra populaire

caruso opera lyrique

 

Caruso:  l'opéra comme une chanson  

Tout le monde se souvient de Pavarotti et ses tournées mondiales réunissant la foule au champ de Mars ou à Coven Garden en compagnie de Queens, U2 ou Elton John ou encore de ses deux amis Dominguez et Carreras. Pendant ces concerts, Pavarotti et les autres ténors captivaient l'attention de leur public en interprétant des airs lyriques populaires. Ils prolongeaient ainsi une belle tradition.

 

Avant Pavarotti, un autre italien enchanta le monde avec les airs populaires de l'opéra : il s'agit d'Enrico Caruso, le célèbre ténor à la voix d'or.
Il est né à Naples en 1823 dans un milieu modeste d'un père mécanicien. Avec le soutien de sa mère, il est choriste à l'église et chante aux terrasses des cafés les airs populaires napolitains. Par la suite il suivra durant 3 années des cours de chant pour se préparer à faire carrière à l'opéra. En 1885 avec de grande difficulté, il débute à l'opéra.

En 1897, il est devenu un artiste reconnu, et vit de son métier. Il tombe amoureux d'Ada Giachetti-Botti, soprano étoile avec laquelle il chante la Traviata. Ces représentations furent un succès éblouissant pour les deux chanteurs. Ada bien que mariée et mère, quitte son mari pour devenir la compagne de Caruso et la mère de ses deux premiers garçons, Rodolfo et Enrico.

Avec l'aide d'Ada, Caruso améliore sa technique vocale, sa carrière lyrique s'envole. En 1989 il crée Fedora, célèbre opéra de Giordano, un immense succès. En 1900 il fait ses débuts à la Scala dans la Bohème sous la direction d'Arturo Toscanini, ce dernier dira : " si ce Napolitain continue à chanter ainsi, le monde entier parlera de lui ".

En 1902 il chante à Covent Garden, et réalise le premier enregistrement sonore de sa voix. Caruso rencontre Gaisberg ingénieur du son et représentant de la compagnie Gramophone qui l'entend pour la première fois et qui cherche des chanteurs pour lancer cette nouvelle technique d'enregistrement de musique sur cylindrique (avant la création du disque vinyle).
Caruso est enchanté. Il enregistre dix morceaux de deux heures pour une belle somme d'argent. Gaisberg déclara que les enregistrements de Caruso " avaient mis au monde le gramophone ". L'enregistrement de Caruso fut publié en 1903 comme le premier du label Victor Red Seal (le phoque rouge), et le premier enregistrement de Nipper, le chien de "La Voix de son maitre" logo de (HMV), écoutant le pavillon du gramophone.

Les premiers enregistrements du chanteur se vendent à plus d'un million d'exemplaires malgré la rusticité des gramophones de l'époque.

En 1903 à 30 ans il débute au Met de New York dans Rigoletto.
Acclamé par la critique, il va conquérir New York et devenir la coqueluche de cette ville et le Met son théâtre pendant 17 ans. Il va y créer la plupart des rôles de ténors italiens et devient célèbre et riche. Il fera de nombreux enregistrements sonores qui participeront à sa célébrité. Il est une personnalité joviale, une cour d'admirateurs s'installe autour de lui qu'il subventionne généreusement.
Il sillonne les états unis, l'Amérique du sud et devient une star.

En 1908, Ada le quitte brutalement lasse de tous les sacrifices consentis (de son mariage à sa carrière), elle abandonne son argent, ses maitresse et son succès.
A partir de 1909, des ennuis de santé surviennent, la première guerre mondiale le prive de l'Europe.
Il rencontre la jeune américaine Dorothy Park Benjamin qu'il épouse en 1918, et avec qui il aura une fille l'année suivante.

En 1920 il retourne à Naples se reposer mais y meurt d'une septicémie suite à un abcès mal soigné, les antibiotiques étant inconnus à l'époque, il a 48 ans.

L'Italie décrète un deuil national, il est un modèle pour les ténors de toutes les époques.

Il est possible d'écouter ses enregistrements de grands airs d'opéra ou de chansons traditionnelles parmi lesquels : Una furtiva lagrima, Addio a Napoli, Celeste Aida (Aida), Amore o grillo (Madama Butterfly), Vesti la giubba (I pagliacci), Libiamo ne' lieti calici (La traviata).

 

 

Daniel Auteuil dans la fille du puisatier (2011) a choisi pour la bande d'annonce la musique d'une chanson de Caruso, et termine son film sur une image tendre et nostalgique de la famille réunie avec core'ngrato (cœur ingrat) de Caruso (remixé par Alexandre Desplat) :

Les paroles de cette chanson populaire italienne sont simples :


Catarì, Catarì, Pourquoi me dire ces paroles amères,
Pourquoi tu me parles et tu me tourmentes le cœur, Catari ?
N'oublie pas que je t'ai déjà donné mon cœur, Catari N'oublie pas !
Catarì, Catarì, que veulent dire ces paroles qui me donnent des spasmes ?
Toi, tu ne penses pas à ma douleur, toi, tu n'y penses pas, tu ne t'en soucies pas
Cœur, cœur ingrat Tu as volé ma vie, tout est fini et tu n'y penses plus
Catarì, Catarì, Tu ne le sais pas, que même jusqu'à dans l'église
Je suis rentré et j'ai prié Dieu, Catarì Et je l'ai même dit au confesseur :
Je suis en train de mourir Pour celle là !
Je souffre, Je souffre, vous ne pouvez pas le croire,
Je souffre tous les tourments ! Et le confesseur, personne sainte,
M'a dit : Mon fils, laisse la, laisse la
Cœur, cœur ingrat
Tu as volé ma vie
Tout est fini
Et tu n'y penses plus

 

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Cabaret vert à Charleville et non pas à Charleroi

cabaret vert Rimbaud

 

Cabaret vert : Charleville fête Rimbaud 

En hiver 1870, Rimbaud continue ses voyages. Cette fois, il est en Belgique, ce pays voisin des Ardennes qu'il aimait fréquenter et passer du temps. Il arrive à Charleroi, il se restaure dans une auberge. Il écrit son poème, léger, enjoué le cabaret vert, comme on écrit dans son récit de voyage ou actuellement comme dans un blog.

 

Au cabaret Vert

"Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J'entrais à Charleroi.
- Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
De beurre et du jambon qui fût à moitié froid.
Bienheureux, j'allongeai les jambes sous la table
Verte : je contemplai les sujets très naïfs
De la tapisserie. - Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,
- Celle-là, ce n'est pas un baiser qui l'épeure ! -
Rieuse, m'apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède, dans un plat colorié,
Du jambon rose et blanc parfumé d'une gousse
D'ail, - et m'emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré."

Octobre 1870

Selon la pléiade, il n'y a jamais eu de cabaret vert à Charleroi, mais une maison verte, auberge avec une façade peinte en vert, meubles verts et une enseigne verte.
Certains habitants prétendent que la serveuse était une flamande prénommée Mia.
Dans ce texte, Rimbaud nous raconte le bonheur simple d'un voyageur qui se repose, prend un repas accompagné du sourire d'une jolie serveuse.
C'est un texte de jeunesse, un moment d'enchantement, différent des autres textes de Rimbaud, parfois plus sophistiqués ou plus mystiques.
Il était jeune, il avait 17 ans, aimait la vie. Le poète transforme une auberge en cabaret et immortalise la belle flamande rieuse.

Depuis plusieurs années, le cabaret vert n'est plus à Charleroi, mais un festival de rock à Charleville Mézières sur les bords de Meuse.


Rimbaud n'aimait pas sa ville natale, comme Mozart n'aimait pas Salzbourg, deux enfants rebelles qui voyagent loin, puis reviennent, plus tard, pour toujours dans la mémoire et les cœurs des habitants.
Plus le talent, un point commun entre Mozart et Rimbaud.


Ce festival semble grandir d'année après année avec ses deux piliers écologie et rock.
Rimbaud aurait aimé discuter écologie et écouter du rock,
Rimbaud a dit :

" Il faut être absolument moderne. "

 

 

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5 chefs d’œuvre de la peinture : Vénus

Les mythes sont des histoires que nous nous racontons. Ils sont les idées qui fleurissent dans nos vies. Les mythes sont des croyances religieuses simplistes et infantiles disent certains, mais dans notre civilisation fondée sur la raison, les mythes continuent à nous influencer pour expliquer ce que nous ne pouvons pas expliquer.

 

Aphrodite, vénus et  la peinture

L’archétype d’Aphrodite a capturé l’imagination humaine, en occident, au moyen orient, en méditerranée, comme symbole de désir et d’attirance sexuelle.

Aphrodite est la femme dans sa complexité, la mère dévouée, la séductrice, l’attirante, la séductrice, la jalouse, la fidèle et l’infidèle.

Séductrice ultime, elle prend plaisir à soumettre les autres par la force de sa beauté et de sa séduction, par ses attributs physiques qu’elle accorde comme un don à ses amants.

Elle met les hommes et les femmes ensemble, encourage l’amour et le couple, et rend les femmes désirables. Adorée par des artistes de sa naissance à nos jours, de Botticelli aux bandes dessinées les plus récentes, représentée nue ou drapée, habillée avec son sourire légendaire, moqueur, séduisant, et surtout belle.

 

venus titien

 

Titien et Vénus

Titien, 1538 (Tiziano Vecellio ou Titien (1488- 1576) à Florence.
En hommage à son maître, Titien s'inspira de la " Vénus endormie " de Giorgione, et réalisa un tableau similaire. Cette Vénus d'Urbino est située dans un cadre intérieur, parfaitement éveillée, avec un geste " pudique" de la main, exprime un certain coté lascif.
Titien nous fait définitivement sortir de l'antiquité pour nous inviter à une nouvelle forme d'expression contemporaine, celle de la Renaissance, car en dépit de sa nudité, son regard nous toise sans aucune inhibition pudique.
Pour la première fois, un peintre se permet de ne plus faire directement appel à un thème d'ordre mythologique ou biblique pour exposer un corps nu ; Titien propose une esthétique féminine dans sa forme la plus naturelle, belle, et épanouie.

Le coquillage traditionnel ayant disparu pour se métamorphoser en animal familier. Le chien symbole de fidélité, et aussi du désir charnel. Un superbe coucher de soleil se voit dans l'embrasure de la fenêtre.

 

venus Botticelli

 

La naissance de Vénus. Botticelli


XV siècle, Florence, Sandro Botticelli (1445- 1510).
C'est un tableau majeur de Botticelli, peint vers 1485, conservé aux Offices de Florence. Il a osé en dépit d'un christianisme hostile au corps n'acceptant que des femmes pécheresses punies et chassées du paradis.
L'action du tableau est simple. Venus sort de l'eau sur une coquille, conduite sur le rivage par le dieu du vent au milieu d'une pluie de roses. Lorsqu'elle va poser le pied sur la terre, une nymphe, l'une des Heures, l'accueille avec un vêtement pourpre.
Une pluie de rose accompagne la déesse de l'amour comme l'avait décrite le poète grec Anachréon (580 -495 av. J. C.). Les anémones à ses pieds et sa robe parsemée de bleuets annoncent le printemps, saison durant laquelle Vénus fait revenir la beauté et la vie après les rigueurs de l'hiver.
Le manteau pourpre présenté à la déesse sur le rivage n'a pas seulement une fonction esthétique, mais aussi une signification rituelle, il marque la frontière entre deux domaines : le nouveau né comme le mort était toujours enveloppé dans un linge rouge.

La Vénus de Botticelli est si belle que nous ne remarquons pas la longueur artificielle de son cou, la chute excessive de ses épaules et l'étrange façon dont son bras gauche est relié au corps.

 

venus bouguereau

 

Toilette de Venus, Bouguereau


1873, musée des beaux arts, Buenos Aires, William Bouguereau (1825 - 1905).
Fidèle à la peinture académique, Bouguereau dessine une Vénus seule, au bord de l'eau, pour nous offrir un nu académique qui porte la marque Bouguereau : réalisme presque photographique. Elle est prés d'une rivière, ou sur la rive de l'océan. Derrière elle, il y a des branches et le feuillage, puis des rochers pour la
protéger des regards. Elle regarde le spectateur, avec une expression sereine et amicale. Elle est à l'aise.

Son corps est d'une taille élancée à la peau lisse, seins fermes et juvéniles, taille fine, hanches étroites et les jambes bien en forme élégantes lisses. Elle est accroupie, pied gauche coincé sous elle, assise en équilibre avec élégance sur le terrain. Sur la gauche, ses bijoux sont placés dans une pile ordonnée sur le sol après avoir été retiré avant le bain.
C'est une belle femme comme on les aimait au 19ème siècle, bonne santé, peau blanche, quelques rondeurs. Sa nudité est plus réaliste qu'académique, montrée entièrement sauf le bas ventre dissimulé par la jambe droite.

 

venus cabanel

 

Naissance de Vénus, Alexandre Cabanel,


1863, musée d'Orsay, Alexandre Cabanel (1823-1889).
La Naissance de Vénus est l'un des plus grands succès de Cabanel, tableau acquis par l'empereur Napoléon III pour sa collection personnelle. Selon les principes de la peinture d'histoire, la déesse est peinte grandeur nature. Elle repose sur les vagues (Aphrodite anadyomène " celle qui sort de la mer ". De petits Amours forment une guirlande au-dessus d'elle).
Le corps de la déesse est idéalisé : les contours sont définis, les courbes sensuelles accentuées, toute pilosité a disparu. La position alanguie, les bras rejetés derrière la tête, le sourire et le regard coulés vers le spectateur ne sont pas dénués d'ambiguïté.

Émile Zola écrivit : " La déesse, noyée dans un fleuve de lait, a l'air d'une délicieuse lorette, non pas en chair et en os, cela semblerait indécent, mais en une sorte de pâte d'amande blanche et rose. Cet heureux artiste a résolu le difficile problème de rester sérieux et de plaire. "

 

venus Veronese

 

Vénus et Adonis dormant, Véronèse.


XVI siècle. Museo del Prado à Madrid.
Véronèse a réussit une toile magistrale qui mérite le détour, et une longue observation.
Torpeur du jeune homme et douceur champêtre de l'instant sont ainsi minées par l'annonce de la mort prochaine d'Adonis, déchiré par un sanglier au cours d'une chasse. Spectacle du bonheur et de la douceur de vivre, et aussi l'image du bonheur perdu.

Le sommeil d'Adonis préfigure sa mort. Les chiens et l'Amour, images de la modération et de la fougue des sentiments, suggèrent l'harmonie du couple. Selon un code suivi par Véronèse, l'amant mortel, vêtu de rouge, couleur de la passion, pose sa tête sur les genoux de la déesse, dont la semi-nudité parée de bijoux
exprime la volupté.


Cette toile témoigne de l'intérêt nouveau que Véronèse porte au paysage. Les personnages s'intègrent dans une nature qui semble refléter les sentiments ou la tension psychologique qui sous-tend le sujet. La lumière solaire dore le corps de Vénus et fait miroiter les feuillages protecteurs sur un ciel tendre et changeant. Mêlant mythologie, érotisme et observation psychologique, Véronèse donne à cette toile une densité lumineuse.

 

 

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Pathé et Gaumont : deux génies du cinéma français

pathe gaumont

 

Pathé et Gaumont  et le cinéma français

A chaque fois que je regarde un film, je suis saisi par le jeu des acteurs, par le scénario, conscient de la difficulté du réalisateur à transformer un texte en images. Je pense au producteur quand les logos familiers de Gaumont avec sa marguerite et de Pathé avec le fameux coq gaulois apparaissent.
On connait les noms Pathé et Gaumont, firmes de production de film mais qui connait les deux hommes et leur immense succès.

 

Deux personnages; génies et bagarreurs productifs.

La chaine Arte vient de diffuser, mardi 16 août, un reportage enrichi de nombreux documents d’archive sur cette époque si prometteuse.
Mais c’était quand ? C’était il y a un siècle ; à l’époque des écrans argentiques diffusant des films muets en noir et blanc.

 

fantomas feuillade film

 

En lisant leurs biographies ou en regardant des reportages, on est surpris de voir combien la concurrence acharnée fut productive, et combien l’ingéniosité, la perspicacité et la modernité de ces deux hommes se sont avérées pleines de succès. Ils ont démontré leur avance sur leur époque, et leur grande capacité à anticiper les évolutions dans ce milieu neuf et créatif du cinéma au début du 20ème siècle.


Cette avance technologique et industrielle sera ralentie par la première guerre mondiale, laissant le champ libre à l’industrie du cinéma américain.

On connait les noms des Frères Lumière, inventeurs du cinéma, le nom de Méliès et sa production pleine de créativité, suivront deux géants, hommes d’industrie. Charles Pathé et Léon Gaumont furent de véritables créateurs à leur époque. L’optimisme et l’ingéniosité de ces deux personnages s’affrontaient dans une compétition bénéfique pour le cinéma français sur le plan de la production, distribution et réalisation,
Ils ont transformé le cinéma débutant en 7ème art.

 

pathe affiche

 

Charles Pathé homme avisé et doué dans les affaires a réussi à créer des succursales et des alliances en Europe (Belgique et Espagne) et aux USA pour la production de films.
Léon Gaumont avec ses réalisateurs Alice Guy puis Louis Feuillade inventa le cinéma « esthétique » un genre qui se voulait bourgeois et recherché à l’opposé du cinéma populaire et comique de Pathé avec son cinéma burlesque de Max Linder.
Gaumont ingénieur de formation inventa avant tout le monde, le cinéma couleur et le parlant.

Tous les deux sont à l’origine des série-feuilletons à suspense, genre nouveau qui laisse le spectateur en haleine, comme les aventures de Pauline (aux USA), les mystères de New York, les vampires, Fantômas, Judex et autres.
Après de longues années de rivalité et compétition, ils ont fini par devenir amis après leur retraite. De vieux amis mêmes.

 

pathe affiche exploits elaine

 

On peut se demander qui aura la bonne idée de créer une série-télé, sur la vie de ces deux hommes, eux qui ont produit et inventé le cinéma d’aujourd’hui.

Pour savoir plus : Arte

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