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Amour : maladie, folie ou addiction ?

amour passion

 

Amour : émotion, sentiment ou addiction ?

Isaac singer disait que l'amour est plus fort que les convictions d'un homme.
Omar Khayyâm disait : "L'amour qui ne ravage pas n'est pas l'amour." On peut disserter sur l'amour pendant des heures, on finira par admettre que l'amour, et surtout l'amour romantique fait partie des mystères de la vie, de l'humanité.

L'amour est un sentiment plus complexe qu'une émotion. Il est difficile à définir, il est différent d'une personne à autre.

On reconnait facilement ce sentiment par ses conséquences et ses symptômes. On identifie le sentiment amoureux comme on identifie la grippe ; après le début des symptômes, on cherche la cause, on se questionne avant d'admettre qu'on est amoureux. L'amour est le sujet poétique par excellence. L'amour est un sujet philosophique également.

Aucun livre de poésie, de philosophie n'échappe à ce sujet. Cependant, la philosophie, la poésie ou les chansons ne peuvent pas aider réellement une personne qui souffre d'un amour non partagé ou non satisfait. Malgré des siècles de vaines tentatives à définir l'amour, la médecine et aussi la psychologie admettent l'existence de ce sentiment, admettent que l'amour est un besoin naturel et essentiel aux humains pour avoir une bonne qualité de vie, tout comme le besoin de se reposer, de dormir, ou de se divertir.

 

Par le passé, le sentiment amoureux était rattaché au "coeur". Le coeur des gens amoureux bat plus vite etc... réagit avant la rencontre amoureuse, ou après la déception ou la rupture. Progressivement, la relation entre le coeur et le sentiment amoureux devient métaphorique plus qu'organique, cette relation traduit combien le sentiment amoureux est vital et profond dans la vie humaine, aussi essentiel que le battement du coeur.

Dans l'amour romantique surtout, il existe au début de la rencontre une période d'euphorie et un sentiment profond de manque. La personne amoureuse exprime des sentiments étranges comme l'incapacité de vivre sans l'autre, des jugements excessifs et irréels sur les qualités de l'autre, et aussi des attentes déraisonnables vis à vis de l'être aimé. On retrouve ces moments d'euphorie surtout dans les amours des adolescents, avec des réactions parfois excessives, et parfois aussi dangereuses.


amour sexualiteLa passion comme folie-dépendance

Tu me rends fou. Elle me rends folle. Voila des phrases banales entre amoureux. Je suis fou de toi, traduit un comportement déraisonnable, un comportement de gens malades. L'amour peut rendre une personne incontrôlable, euphorique, et étrangère. L'adolescent amoureux peut devenir malade ou violent, peut négliger ses activités, peut avoir un comportement à risque. L'amour passionné était redouté au Moyen-âge.

 

La passion était une maladie, une folie en soi. Dans le passé, la passion amoureuse était nommée le mal d'amour, avant de devenir la maladie d'amour. Cette maladie d'amour était considérée comme une folie, une aliénation. Dans ces termes, on retrouve la maladie mentale sous une forme ou sous une autre. L'état amoureux peut faire surgir de chacun des faits étranges qui rappellent le comportement des malades mentaux. La personne euphorique en raison d'une attirance sexuelle débutante, ou en raison d'un amour romantique puissant perd sa capacité à être raisonnable, la passion devient l'ennemi de la raison, et de la sagesse. Dans la passion amoureuse, il y a la folie de l'attirance, la folie du manque.

Jean de la Croix écrivait :

 

"Je vis, mais sans vivre en moi-même, Et mon espérance est si haute, Que je meure de ne pas mourir."

 

Dans la passion, comme dans l'amour romantique, comme dans l'attirance sexuelle, il y a une euphorie, l'absence de limites, un manque cruel, une souffrance, et un comportement étrange. Curieusement, on a toujours noté que la séparation augmente ses symptômes, l'absence de la personne aimée et de sa sexualité aggrave les symptômes, et la souffrance de la personne.

 


baiser jeune coupleL'amour et le cerveau

L'évolution scientifique a permis une approche supplémentaire pour comprendre l'amour, pour comprendre précisément la biologie de l'amour. Le sentiment amoureux active des zones précises dans le cerveau humain identifiées par l'IRM (imagerie par résonance magnétique). D'autres approches scientifiques utilisant la neurobiologie permettent de cartographier les zones cérébrales activées pendant l'attirance, l'excitation sexuelle et l'épisode d'amour romantique.

Ces études ont suscité beaucoup d'intérêt à leurs débuts. Dans un journal de neurophysiologie, les chercheurs ont suivi l'activité cérébrale de 15 personnes (10 femmes et 5 hommes) auto-déclarées amoureuses. Les chercheurs ont comparé l'activité cérébrale de ces personnes après un contact avec le bien-aimé, un contact réel ou contact visuel par l'intermédiaire d'une série de photographies.

Les résultats montrent que le sentiment amoureux intense entraîne l'activation des régions riches en dopamine dans le cerveau comme le noyau strié qui abrite le centre du plaisir. Le sentiment amoureux entraîne l'activation de zones cérébrales associées à la motivation et à la recherche d'une récompense.

À partir de ces résultats de ce petit échantillon, les chercheurs ont formulé les premières conclusions : l'amour romantique est un état de motivation cérébrale à la recherche d'une récompense, l'amour romantique n'est pas une émotion, n'est pas un sentiment, mais une motivation.

La personne amoureuse est fortement motivée pour être avec son bien-aimé, à la recherche d'une récompense neurologique, c'est-à-dire à la recherche d'une satisfaction. La personne amoureuse se sent mieux, et plus satisfaite avec son bien-aimé.

 

Dans d'autres études publiées dans le journal de médecine sexuelle, l'activité cérébrale a été examinée chez 20 personnes, en utilisant l'I.R.M., après avoir visionné les photographies des personnes aimées ou désirées. Les auteurs ont dessiné une carte précise des ondes cérébrales activées pendant cette visualisation : le désir sexuel et l'amour romantique activent le noyau strié. L'amour romantique active une zone cérébrale nommée l'insula (ou le cortex insulaire) située au fond du sillon latéral.

Ainsi, on peut dire que le noyau strié est responsable de l'attirance initiale, du désir sexuel, alors que le cortex insulaire est responsable de transformer ce désir en amour, en associant les besoins inconscients aux comportements conscients.

 

couple champagneAmour dépendance

Cette découverte de la participation du noyau strié dans le sentiment amoureux entraîne une question simple : on sait déjà que ce noyau est responsable de la dépendance et de l'addiction chez l'être humain, par un processus d'anticipation du désir et de la récompense. Est-ce que l'amour romantique, ou l'attirance sexuelle sont une addiction ?

Dans les études récentes, aucune conclusion définitive n'est possible, par contre, on peut considérer l'amour comme une habitude constituée du désir sexualisé qui cherche une récompense.

Cette découverte de similitudes entre l'amour romantique et l'addiction comportementale (addiction sexuelle, addiction au jeu), entre l'amour romantique et l'addiction chimique (drogue, alcool) peut aider à expliquer certains comportements amoureux excessifs, voire obsessionnels. Dans certains cas, on retrouve dans le comportement amoureux un harcèlement, de la violence, suicide et dépression. L'amour romantique peut être considéré comme une forme de dépendance similaire à la dépendance aux sports, ou à l'exercice physique. En cas de manque, un sentiment d'inconfort surgit. En cas de manque sévère, un comportement agressif, violent ou dépressif peut apparaître.


En pratique

L'expérience amoureuse n'est pas une maladie, n'est pas un état pathologique. Pour la plupart des gens, on peut comparer le sentiment amoureux au plaisir du sport, au plaisir artistique, c'est un comportement joyeux, optimiste, sain, qui s'accompagne d'euphorie, de motivation et de projets. Ce sentiment amoureux est indispensable pour la survie de notre espèce comme les autres besoins essentiels de l'être humain.

Comme d'autres comportements, l'addiction peut surgir. En cas d'amour romantique, d'une attirance sexuelle forte, certaines personnes peuvent apparaître obsessionnelles, confuses, addictes ou même en état second car le contrôle cérébral raisonnable s'affaiblit, alors que d'autres personnes vont vivre la même expérience, les mêmes pensées et les mêmes sentiments d'une façon différente, avec motivation et esprit positif.

Schématiquement, en prenant l'approche neurobiologique, la relation amoureuse ou l'attirance sexuelle active des zones bien précises dans le cerveau, les mêmes zones responsables de la dépendance et de l'addiction, utilisant la même procédure : anticiper le désir, rechercher la satisfaction. Cet état amoureux évolue vers une relation modérée pour le reste du cerveau humain, s'accompagne d'émotions, de raisonnements, d'une construction consciente à la recherche de l'intimité, et de la relation durable.

 

Mais chez certaines personnes, surtout les personnes affectées d'anxiété, victimes de traumatismes pendant l'enfance, personne dépressive, ou souffrant d'une phobie sociale, l'amour romantique ou l'attirance sexuelle devient une addiction à la recherche d'un soulagement du stress, de l'anxiété, de la dépression ou de la phobie.

Ces personnes prolongent l'amour romantique, l'amour fusionnel, retarde autant que possible, la transformation de l'attirance sexuelle en intimité. La phobie sociale, la peur de l'intimité et ou la dépression invitent ces personnes, à la façon des toxicomanes, à rechercher leur soulagement sans aller plus loin. Dans ce cas, l'amour romantique et l'attirance sexuelle n'évoluent pas vers une relation, mais plutôt vers amour-dépendance, une dépendance affective.

On retrouve le même schéma en cas de rupture amoureuse. En cas de dépendance affective ou d'amour dépendance, la rupture amoureuse devient un sevrage, la personne souffre, refuse d'admettre ce sevrage, et peut manifester vis-à-vis de son partenaire un comportement de harcèlement, de chantage, ou parfois même un comportement violent et dangereux.

Cette approche théorique permet d'aider les personnes en souffrance après une rupture amoureuse ou en difficultés relationnelles. La personne serait invitée, avec l'aide de la thérapie, à comprendre déjà la nature du problème. L'amour n'est pas un problème en soi, l'attirance sexuelle n'est pas un état pathologique, mais peuvent devenir problématiques en dévoilant une dépression, une anxiété, ou une phobie sociale, etc. Le traitement pourra aider à soulager l'anxiété ou la dépression, l'amour romantique peut évoluer vers une relation durable apaisée, de même la rupture amoureuse peut être ainsi mieux acceptée, et rapidement oubliée.

Il s'agit d'un schéma de neurobiologie pour conceptualiser l'amour romantique et l'attirance sexuelle. Ce schéma ne peut tout expliquer bien sûr, mais il a sa place avec les autres schémas qui traitent le sentiment amoureux, y compris les schémas philosophiques ou poétiques.

 

"Je ne veux à l'union de deux ames sincères admettre empêchement.

L'amour n'est point l'amour s'il change en trouvant ailleurs le changement ou s'éloigne en trouvant en l'autre l'éloignement...."

Sonnet 116 de W. Shakespaere

 

Réf

A. Aron, H. Fisher, D. Mashek, G. Strong, H. Li, and L. Brown, "Reward, Motivation and Emotion Systems Associated with Early-Stage Intense Romantic Love," Journal of Neurophysiology, 2005, 93 : 327-337.
J.G. Pfaus, T.E. Kippin, G.A. Coria-Avila, H. Gelez, V.M. Afonso, N. Ismail, and M. Parada, "Who, What, Where, When and Maybe Even Why? How the Experience of Sexual Reward Connects Sexual Desire, Preference, and Performance," Arch Sex Behav, 2012, 41(1) : 31-62.
H. Fisher, L.L. Brown, A. Aron, G. Strong, and D. Mashek, "Reward, Addiction and Emotional Regulation Systems Associated with Rejection in Love," Journal of Neurophysiology, 2010, 104 : 51-60.
Cazenave Michel : histoire de la passion amoureuse, éditions du félin, Paris, 2001

 

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Matisse, le dépassement de soi

matisse luxe calme volupte

 

Matisse, l'Art de se dépasser

Tout le monde connait Henri Matisse (1869-1954), le grand peintre. Toute sa vie fut consacrée à son œuvre principalement à la peinture.
A vingt ans, pendant un séjour à l'hôpital pour appendicite, il commence à dessiner. Travailleur acharné, il suit des cours de dessins notamment à Paris et commence à exposer en 1896 au salon des 100.
Peintre classique de natures mortes, il suit des cours de sculptures, découvre bientôt l'impressionnisme.
En 1905 il participe au salon des indépendants où ses tableaux sont qualifiés de " fauves " en raison de couleur flamboyante et provocante et d'une simplicité des formes inhabituelles intriguant les critiques d'art de l'époque.
Le mouvement du fauvisme est lancé. Il devient un peintre reconnu, célèbre.

 

matisse femme au chapeau


Ses tableaux sont achetés par les marchands d'art notamment les Stein.
Sa renommée grandit et son art s'exporte aux Etats-Unis où il influencera l'art abstrait dans cette quête de simplification des formes.

Tout le monde connait ses toiles joyeuses baignées de couleur dorée qu'il peindra dans le sud de la France, à Nice ou en Corse.

A l'apogée de son art, il tombe malade. Opéré du colon, il s'en suit une éventration le rendant incapable de rester debout longtemps, trop affaibli pour peindre.

 

matisse nu en bleu

 

Avec force et ingéniosité, malgré son âge, il dépassera cette incapacité physique et inventera une nouvelle technique pour peindre : à l'aide d'assistante, il fait des collages de papiers gouachés découpés aux ciseaux sur de grande toile murale qui produiront une très grande simplicité à la composition. L'effet est immédiat, le résultat est magnifique, d'une simplicité et élégance jamais vues ; il réussit de façon inattendue à produire ce qu'il recherchait depuis des années.

Ces dernières compositions sont connues dans le monde entier : les nus bleus, la gerbe de fleurs, l'escargot, la tristesse du roi, emblématiques de l'art moderne.

 

matisse la gerbe


Certains considèrent ces dernières productions comme les plus appréciées de son œuvre.

A la fin de sa vie, il écrivait à un ami :

 

 " J'ai toujours essayé de dissimuler mes efforts, j'ai toujours souhaité que mes œuvres aient la légèreté et la gaieté du printemps qui ne laisse jamais soupçonner le travail qu'il a coûté."

 

 

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Pourquoi Austen redevient populaire ?

Ausen si moderne

Pourquoi Austen redevient populaire ?

Comment expliquer la popularité à notre époque de Jane Austen surtout parmi les femmes ? Est-ce le retour de l'amour romantique ? Est-ce par la féminisation de notre société et de notre mode de vie ? Est-ce par les changements de nos rapports au couple? Sans doute un peu tout cela.

Dans nos sociétés occidentales apaisées, riches, sans guerre depuis une ou deux générations, et basées sur l'individualisme, le couple prend une importance particulière. Il est la traduction de l'amour, la dernière cellule de résistance à l'individualisme, le dernier havre de paix dans une société sans liens. L'amour moderne est différent de l'amour romantique de Jane Austen par ses liens avec la sexualité, l'érotisme et la réalisation de soi.

Dans une société occidentale permissive, une jeune femme à l'âge d'Élisabeth Bennet se retrouve pratiquement dans la même situation qu'Élisabeth Bennet, en dépit des spectaculaires changements de la condition féminine.

citation autsen francais anglais

 


Comment choisir le bon partenaire? Comment savoir si cette relation est sincère? Comment se réaliser dans un couple sans se perdre? Comment dépasser l'attirance sexuelle vers l'amour? comment éviter le célibat et ses pièges ?

Dans son livre, la déliaison amoureuse, Serge Chaumier décrit la crise de conjugalité dans la société française (page 17) : «la crise de la conjugalité ordinaire ne s'exprime pas seulement par un record de séparation, par des unions de plus en plus brèves et successives, des monogamies séquentielles, mais aussi par un taux non négligeable de personnes célibataires. Louis Roussel pronostique que la perspective d'ici 15 ans d'un célibat définitif de 25 % de la population ne paraît pas déraisonnable.»

 

citation autsen mansfield park francais anglais

 

Cette crise de conjugalité rappelle étrangement le fondement du travail romanesque de Jane Austen ; si les héroïnes de Jane Austen cherchaient le mariage pour des raisons financières et sociales, une fille de 25 ans aujourd'hui risque d'avoir le même problème pour des raisons différentes : trouver le partenaire adéquat pour accéder à une sexualité épanouie, à la maternité, et à la sécurité émotionnelle et financière du couple. La conception de l'amour romantique chez Jane Austen coïncide, en partie, avec notre conception moderne de l'amour romantique. L'importance n'est pas dans la similarité entre deux modèles d'amour, mais dans leurs différences. Élisabeth Bennet insistait sur l'amour pour réussir un couple, et non pas de trouver l'homme de sa vie. L'amour pour Bennet est un moyen pour une meilleure qualité de vie, il devient à notre époque, selon nos conceptions de l'amour romantique hollywoodien, une fin en soi où il faut aimer pour exister. Dans une époque de crise de conjugalité, de couples, de célibat, de difficultés à rencontrer, de sites de rencontres payants, de cabinets de conseil sur la drague, et la séduction, Jane Austen devient plus moderne que jamais.

citation autsen oregueil et prejuges francais anglais


Elle aurait conseillé les femmes et les hommes à la recherche de l'amour du couple : de ne pas cultiver leurs sentiments et leur attirance avant d'être certains de la réciprocité et de la bienveillance de l'autre, pour éviter souffrance et frustration.

 

citation autsen raison et sentiments francais anglais

Elle aurait conseillé surtout de ne pas chercher un modèle, de ne pas rejeter les gens qui ne correspondent pas à ce modèle, mais d'avoir l'intelligence de discuter d'autres modèles et d'autres possibilités. Ne pas chercher toujours l'attirance sexuelle comme la seule justification d'un couple.

 

Ne pas être cyniques, de ne pas être cruels. Les héroïnes chez Austen sont sympathiques, charmantes, souriantes, pleines de vie, capables de plaisanter, attachantes. Ces héroïnes ont toujours su distinguer le désir de la raison, l'insignifiant de l'essentiel.

 

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Vermeer, peintre érotique ??

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Vermeer et l'art érotique

L'érotisme est un discours sur l'amour, une métaphore sur le désir et l'attirance sexuelle. Ce terme désigne une suggestion, une représentation raffinée et sophistiquée des émotions et des gestes liés à la sexualité.
L'érotisme évoque l'amour physique via des gestes sensuels, des mots ou une attitude. Contrairement à la pornographie, l'érotisme suggère mais ne montre pas et  possède une dimension artistique.


Comment réagit-on face à un tableau érotique ou  à un texte érotique ?
Les œuvres d'art, comme les textes littéraires peuvent être sensuels, attirants par leur beauté et par leur contenu.

Johannes Vermeer naît à Delft en 1632. Sur les trente-sept tableaux attribués au peintre, la musique et les instruments de musique figurent à dix reprises, l'instrumentiste est toujours une femme. La lettre (d'amour en général), lue ou écrite, revient à plusieurs reprises et c'est toujours une femme qui lit ou écrit. Les bijoux sont présents et ce sont essentiellement des perles portées en boucles d'oreilles ou en collier. Les activités domestiques ne sont évidemment pas omises : dentellière, jeune femme à l'aiguière, laitière.

Le thème omniprésent est la féminité. La popularité actuelle de Vermeer correspond probablement aux valeurs de notre temps : l'occident du début du 21e siècle est l'époque de l'histoire de l'humanité la plus favorable aux femmes et à la féminité.

Depuis quelques années, certains trouvent dans les tableaux de Vermeer des métaphores érotiques.
On peut citer l'exemple du tableau la laitière peint par Vermeer (1657-1658). Les laitières avaient une réputation de disponibilité sexuelle aux Pays Bas dans ce 17ème siècle. Certains chercheurs suggèrent la présence d'un message érotique. La présence d'un chauffe - pieds ou une chaufferette sur le plancher peut suggérer le désir féminin (le chauffe-pieds chauffe sous la jupe d'une femme).

 

vermeer laitiere

 

Un roman à succès puis un film relativement récent suggèrent ce message érotique.

Autre tableau de Vermeer : La Jeune Fille à la perle. Il s'agit aussi d'un film britannique réalisé par Peter Webber, 2003, adaptant le roman de Tracy Chevalier.

Ce roman raconte l'arrivée de la jeune Griet, servante dans la maison du célèbre artiste Johannes Vermeer. La douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître, qui l'introduit peu à peu dans son univers pour l'aider dans son atelier et aussi pour poser. Elle sera le modèle pour son tableau : la jeune fille à la perle. Quand on dévoile le tableau, la force érotique de ce portait choque la famille et surtout l'épouse du peintre qui perçoit une intimité et une sensualité coupables. La perle, la lueur étrange sur les lèvres de la fille du tableau comme des lèvres qui viennent d'être humectées par un baiser, un certain regard complice et intime.

 

vermeer jeune fille perle film

Ces analyses des tableaux de Vermeer suggèrent que l'art érotique est capable de provoquer des sentiments sexuels et de cultiver le désir des spectateurs. Dans certains cas, l'art érotique n'a pas toujours besoin d'être sexuel explicite. Parfois on utilisait les symboles pour ajouter à l'art une dose discrète d'érotisme comme le faisait Vermeer.
C'est la lecture actuelle de certains tableaux du grand peintre.

 

 

 

 

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Flaubert décrit les égos sur Facebook

Comme sur Facebook, Instagram, on lit les histoires de chacune, de chacun, sous une forme de surenchère, bon enfant souvent, perfide parfois, ou rusé pour faire enrager les autres. Livrer régulièrement à ses amis la version « luxe » de sa petite existence, documentée par des photos radieuses : vacances inoubliables, baisers sur la plage, seins parfaits, fêtes mémorables, cadeaux insensés, chatons adorables, spa de folie, enfants angéliques. Le reste, le médiocre, le moins joyeux, est censuré.

egos moi individualisme egotisme facebook

Egos en guerre

Je fréquentais il y a quelques années un forum de célibat où des filles célibataires discutaient, mettaient leurs photos, pour organiser une rencontre. Les photos sont devenues de plus en plus dénudées, puis des photos nues sont apparues.

D'autres mettaient en ligne les photos de leurs vêtements, sous-vêtements, leurs achats et même de leurs meubles de cuisine. Nous autres, les hommes connectés, on souriait, on envoyait quelques commentaires, on regardait étonnés au début, indifférents par la suite. Les filles parlaient de leur quotidien dans une sorte de surenchère entre la belle du forum et les autres filles, entre « la sexy » et les autres, la mince et les moches.

Puis le forum s'est transformé en bataille d'égo. Celle qui montre son corps faisait réagir (enrager) les moins jeunes, les moins minces. Celle qui montre ses rencontres faisait hurler les célibataires. Ainsi le forum est mort progressivement. Il y avait une souffrance,... même si tout le monde relativisait.


Quand Flaubert décrit les réseaux sociaux

Ce comportement me fait penser à Flaubert et à son héroïne. Les rêveries d'Emma ont été à l'origine du concept de fantasme sexuel, il a fallut attendre Freud pour remplacer le mot "bovarysme" par fantasme.

 

Au début du 20ème siècle, Emma Bovary fut l'exemple de la femme victime de la société de consommation qui gagna les esprits après la révolution industrielle.


Pour les féministes, Emma est l'exemple de la femme dépendante des hommes, elle est victime des hommes. Pour les non-féministes, elle est la vénale, l'infidèle, femme consommatrice de sacs à main, chaussures et aussi de sexe ; Charles son mari est l'exemple de la disparition du pouvoir masculin selon certains, le "cocu heureux" qui cherche à plaire à sa femme.
Monsieur Bovary existe aussi. Et il commence à jouer le jeu.

 

citation flaubert Mme Bovary

 

Fear of missing out

Depuis quelques années, ce comportement provoqué par les réseaux sociaux pointe son nez, ces femmes qui souffrent en lisant ou regardant la vie (réelle ou rêvée) d'autres femmes, les robes, les voyages, les amours torrides sur les plages exotiques des web. Elles encaissent frustration et jalousie comme Emma Bovary.

Les anglais nomment cette souffrance "Fomo" « fear of missing out » « peur de manquer quelque chose » ou le bovarysme de Facebook, en attendant d'autres termes plus précis.
Flaubert est encore là, au delà du style ou même de la littérature. Le bovarysme, sentiment de frustration éprouvé par Madame Tout-le-Monde, quand elle constate combien son train-train quotidien est pauvre comparé à la vie (réelle ou plus souvent imaginaire) d'autres femmes sur le net.


Arthur C. Brooks écrit dans le New York Times : « nous passons, pour les plus atteints d'entre nous, la moitié de notre temps à prétendre être plus heureux que nous le sommes, et l'autre moitié à regarder combien les autres semblent être bien plus heureux que nous !!!».

 

Dans une étude publiée par l'université de Boston, on trouve un lien entre le taux de divorce et le temps passé sur les réseaux sociaux. La vision du bonheur conjugal (présumé) d'autrui s'avère apparemment fatale pour beaucoup (ceux qui regardent).


C'est amusant ou affolant d'apprendre qu'il ne s'écoulera pas plus de dix minutes désormais, entre l'arrivée d'un client dans un hôtel à l'autre bout du monde et le moment où il poste un selfie pour se montrer, frimer et fanfaronner devant les autres.


Évidemment les plus fragiles, ados, dépressifs, trentenaires fauchés ou esseulés, salariés précarisés, jeunes parents, maman solo, les malades, les obèses, les couples à la dérive, sont les plus exposés aux effets pervers de cette mise en scène de soi. Ils risquent une dose dangereuse de bovarysme.

Les plus équilibrés se contentent d'éprouver un petit blues du dimanche soir, quand ils ont passé le week-end à repeindre leur salon alors que les autres ont passé l'après midi dans un hôtel ou la soirée du samedi dans un restaurant (de rêve bien sûr).

On vit avec les réseaux sociaux, au rythme de journaux peu intimes, destinés à la promotion efficace de « Moi Moi Moi ».

 

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