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Cadeaux de Noël : un peu de psychologie

Noel cadeau

 

Acheter les cadeaux à Noël est un moment stressant pour certains, un amusement pour d'autres, mais le choix des cadeaux n'est pas un geste simple. Il suffit de penser à nos motivations pour découvrir qu'il s'agit d'un geste pratique et symbolique.
On prépare la liste, on vérifie ce qu'on a offert l'année dernière, on cherche les prix, on cherche le sens et le message qui va avec. Pour les chercheurs en psychologie, les cadeaux de Noël sont un indicateur intéressant de nos comportements. Quel message voulez-vous transmettre ? Comment interpréter les cadeaux des autres ? Etc.

 

Le cadeau de noël est un message

 

Cette idée devrait être présente au moment du choix. Le prix et le caractère personnel dépendent de la personne, de la relation que vous avez avec lui et du message que vous voulez transmettre en offrant ce cadeau.


abs11.5 rose Ils l'ont voulu, ils l'ont eu
C'est une stratégie simple et pratique. Vous avez la liste de ce que les gens que vous aimez attendent, vous offrez des cadeaux selon cette liste. Dans une étude publiée dans le Journal of Experimental Social Psychology, les gens apprécient de recevoir des cadeaux demandés et attendus. Le message est : j'ai répondu à vos désirs. C'est le cas généralement. L'inconvénient, certains préfèrent des cadeaux plus réfléchis, moins attendus, moins communs. Si votre conjoint a parlé d'une jolie cravate qu'il a vue, il sera content de recevoir sa cravate à Noël. Il peut apprécier un autre cadeau que vous avez choisi pour lui car le message est plus personnel : j'ai désiré ce cadeau pour toi.

 

noel cadeau psychologie


abs11.5 rose Penser à la personne et non pas au cadeau
Dans une étude publiée en avril 2014 dans le Journal of Consumer Research, il semble que certaines personnes privilégient le choix du cadeau plutôt que la personne qui le reçoit. Le risque dans ce cas est d'acheter de beaux cadeaux pour la mauvaise personne. Vous pouvez être séduit par un objet de décoration, ou par un livre, le plus important est de penser à la personne qui va recevoir le cadeau, à sa réaction et non pas à l'importance ou à l'originalité du cadeau.

 

abs11.5 rose Ce que les gens achètent pour nous
Voilà un paramètre qu'on utilise dans le choix des cadeaux. Si un cousin vous offre des livres, on peut conclure qu'il aime les livres, ou qu'il n'a pas le temps de choisir d'autres cadeaux. Pour le choix de son cadeau vous avez deux solutions : lui offrir un livre, ou trouver pour lui un produit culturel comme par exemple un DVD ou une bande dessinée. C'est un message simple et amical : je partage tes passions.

 

abs11.5 rose Simplicité, utilité
C'est normal d'être généreux avec les gens qu'on aime. Dans les études publiées dans les journaux de consommateurs, la majorité des gens préfèrent recevoir un cadeau, facile, pratique et utile. La simplicité est le mot-clé dans le choix des cadeaux. Qui a envie de passer trois heures à lire le mode d'emploi d'un appareil ou d'un jouet ?

 

abs11.5 rose C'est l'idée qui compte
Dans une étude publiée dans Journal of Experimental Psychology, une majorité de gens apprécie les cadeaux bizarres, recherchés, et inattendus, cela transmet un message important et appréciable: j'ai passé du temps pour choisir ce cadeau.

 

abs11.5 rose Donner de l'argent
On peut être étonné, ou navré. Toutes les études confirment que l'argent est le cadeau le plus souhaité. Ce souhait est rarement déclaré. Si offrir de l'argent fait plaisir, les études confirment qu'il s'agit d'un message impersonnel, un choix de facilité. Si vous souhaitez donner de l'argent, vous avez des solutions intermédiaires, les bons d'achat par exemple, ou les abonnements. Un bon d'achat d'un magasin de produits culturels ou sportifs est un choix plus personnel que de simples billets.

 

En conclusion, Il est juste de constater que la fête de Noël s'accompagne d'une tendance à la consommation. Mais cette fête continue à être une fête familiale, chargée de symboles, y compris dans ses cadeaux, dans ses rituels, et surtout dans ses souvenirs qui marquent notre enfance.

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Fascisme japonais : crise économique et refus de modernité

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Fascisme japonais : de la crise au refus de modernité


Le fascisme japonais et le fascisme européen ont de nombreuses similitudes : régimes autoritaires et tendances totalitaires.
Cependant, il existe une différence importante : le fascisme japonais est un mouvement sans réel soutien populaire, tandis que la montée de l'extrême droite en Europe était portée par un mouvement de masse en Italie et en Allemagne. Au japon, crise et peur de la modernité ont amené l'extrême droite au pouvoir.  

 

La modernité frappe à la porte de l'ile empire    

La mort de l'empereur Komei donna l'occasion au jeune prince Mutsuhito, devenu le successeur de son père, d'abattre définitivement les partisans du shogunat (gouvernement militaire) dans la Guerre de Boshin. Après son accession au trône, le jeune souverain ordonne le transfert officiel de la capitale impériale de kyoto à l'ancienne résidence des shoguns (aujourd'hui le Palais impérial), à Edo, ville qui fut rebaptisée " Tokyo ", c'est-à-dire la "Capitale de l'est".


L'ère Meiji commença le 23 octobre 1868, permettant l'entrée organisée et volontaire du Japon dans l'ère industrielle, l'abandon d'un régime féodal. La Charte en 1868 des dirigeants Meiji stipulait la mise en place d'assemblées délibérantes, la participation de toutes les classes dans les affaires politiques, abrogation des restrictions de classe sur l'emploi, recherche de la connaissance internationale.
Une constitution fut élaborée en 1889 comportant 11 articles. On voit la naissance d'un Conseil d'État, des organes législatifs, du suffrage universel, de nouvelles règles administratives locales.
Autre réforme importante, l'abolition de la classe guerrière les samouraïs.


La Conférence d'Osaka en 1873 aboutit à la réorganisation de l'administration d'un système judiciaire indépendant et à la création d'une chambre des anciens, chargée d'examiner les propositions de la législature.

Bien que le gouvernement ne s'opposa pas au parlementarisme, il continua à contrôler la situation politique. De nouvelles lois en 1875 interdisent la presse de critiquer le gouvernement et l'examen des lois nationales. La loi sur les réunions publiques (1880) limite sévèrement les rassemblements publics en interdisant la participation des fonctionnaires et nécessitant une autorisation de la police.

Cette réforme ne fut pas acceptée par tous, et provoqua en 1877 la rébellion de Satsuma menée par l'un des fondateurs de la nouvelle ère, Takamori Saigo, alimentée par des réflexes xénophobes et conservateurs de la société japonaise. Celle-ci sera rapidement matée au bout de six mois par les forces impériales.


Le japon est partie en guerre contre la Chine en 1894-95. Cette première guerre sino-japonaise va durer du 1er août 1894 à 17 avril 1895 opposant la Chine de la dynastie Qing à l'empire du Japon, pour le contrôle de la Corée. Après six mois, les Qing demandent la paix en février 1895. Cette guerre indique la domination japonaise en Asie orientale et une sévère perte de prestige et de pouvoir de la dynastie Qing, et inaugure une importante vague de protestation, et de révolutions.

Le Japon a connu, durant les années qui ont précédé la guerre, un fort développement économique instauré dès 1872 pour transformer le régime féodal et moderniser le pays. Le Japon s'est organisé comme un État moderne, au pouvoir central fort, avec un régime parlementaire. La modernisation s'est étendue à l'armée, et à l'industrie militaire.

La Corée était traditionnellement tributaire de la Chine. La première guerre sino-japonaise en 1894-1895, permettra à l'Empire du Soleil Levant, par le traité de Shimonoseki de mettre la main sur Taïwan, l'archipel des Pescadores et la presqu'île du Liaodong, ainsi que de placer La Corée sous sa sphère d'influence (signature d'un traité d'alliance militaire).


Dans un quart de siècle, le "miracle de Meiji "sous forme de modernisation accélérée a transformé le japon d'un pays sous-développé en une puissance mondiale.


Le japon entre en guerre en 1894. Pour la même occasion, il exige une révision de ses traités inégaux avec les nations occidentales. Cette révision est aussi devenue une demande populaire.
En dépit des divergences de vue parmi des intellectuels et et les hommes politiques sur les méthodes de modernisation et les valeurs culturelles, cette victoire faisait une exceptionnelle unanimité au sein de la société japonaise.


La crise : porte ouverte à l'extrême droite


La crise de 1929-30 allait provoquer un changement radical de la politique de coopération avec l'occident. La crise encouragea les courants les plus radicaux. Ces mouvements appelaient à un régime autoritaire qui imposerait sa volonté à intérieur et à l'extérieur.

En 1925, l'Union soviétique reprend le contrôle de la Mandchourie. En 1931, l'incident de Mukden dans le sud de la Mandchourie sera à l'origine d'une guerre. Il s'agit d'un attentat contre une section de voie ferrée appartenant à la société japonaise : chemin de fer de Mandchourie du sud (Minami Manshu Tetsudo Kabushiki-gaisha).

L'armée japonaise intervient en Mandchourie. Le 18 février 1932, le Japon déclare la zone indépendante de la république de Chine, sous le nom de " Grand État mandchou (Mandchoukouo) de Chine".
Suivant une politique d'expansion impériale, le Japon va reproduire ce modèle en installant des gouvernements d'occupation pro-japonais dans la république de Chine, aux Philippines, et en Thaïlande. Le Mandchoukouo est utilisé comme base arrière pour les invasions japonaises, et lieu de déportation des Chinois après la guerre sino-japonaise.

 

fascisme japon eleves instruction militaire


L'armée faisait la guerre à l'extérieur, les ultra-nationalistes de droite à l'intérieur et à l'extérieur en commençant à terroriser la population à l'intérieur du Japon,  intimidant les libéraux, les industriels, et les investisseurs. Libéraux et capitalistes furent jugés responsables de l'état du pays.
Le politologue Masao Maruyama (1914-1996) décrit les idées de l'ultra-nationaliste  :


" Le contenu de leur idéologie était extrêmement vague et abstrait. Le principe était d'accepter l'autorité absolue de l'empereur et de se soumettre à ces ministres. Toute tentative pour formuler une idée opposée à la volonté impériale devrait être considérée comme une invasion, une agression. Ils diffusaient une sorte d'optimisme mythologique et simpliste selon laquel il suffit de liquider les méchants et les corrompus pour que les nuages se dissipent, et que le soleil impérial du Japon brille à nouveau."

 

Ces idées gagnèrent aussi certains pays européens comme l'Allemagne et l'Italie.

En mai 1932, un groupe de jeunes officiers de marine assassinent le premier
ministre. Les gouvernements démocratiques ne gouvernent plus. Les deux grands partis continuent à gagner les élections en attendant leur dissolution en 1940 au nom de l'unité nationale.
A partir de 1932, le premier ministre nommé par les militaires, est encadré par des bureaucrates qui coopèrent avec les militaires.


Cette phase de l'histoire est décrite par les japonais comme la phase de fascisme de leur pays, qui a impliqué le japon dans la guerre du Pacifique et, enfin de compte, pour aboutir à sa défaite militaire en 1945.


Bien que la plupart des chercheurs occidentaux soient réticents à appliquer le concept européen du fascisme à l'évolution du Japon pendant cette période, il est clair que, sous la pression internationale et les crises internes, la démocratie parlementaire qui avait évolué au Japon à partir de la moitié de la période Meiji, s'est complétement désintégrée devant la crise économique, et devant la montée de l'armée, celle-ci ayant réussi à établir un état oppressif dès la fin des années 30.

 

Les fascistes en Europe ont été inspirés par des "leaders" comme Hitler et Mussolini, ils sont arrivés au pouvoir grâce à des mouvements de masse. Au japon, aucune mouvement de masse n'a participé à l'installation d'un état policier. En raison de la crise, les militaires ont fini par convaincre d'être les dépositaires de l'esprit national et traditionnel japonais, d'être le seul espoir pour l'unité de la nation.


Une fois au pouvoir, l'ennemie qui avait conduit le peuple égaré fut désigné : la modernité et les doctrines et idéologies socio-politiques propagées par l'occident.
Dans un tract publié en 1937 intitulé les principes Fondamentaux de notre politique nationale :

 

" On peut dire qu'en occident comme dans notre pays, l'individualisme est dans l'impasse, il conduit à la confusion idéologique et sociale et aux crises."

 

Les militaires ont diffusé l'idée que le Japon était une terre sacrée, gouvernée par un bon empereur, que les citoyens étaient membres d'une grande famille, censés servir l'Etat avec fidélité. Les militaires avaient la sainte mission d'étendre l'influence japonaise à l'étranger et de préserver la paix à l'intérieur.

Durant ces années, de nombreux auteurs et artistes furent interdits ou poursuivis, non seulement les auteurs communistes ou auteurs de gauche mais des dramaturges, des professeurs et des écrivains. Il était interdit de commenter ou de juger la politique dans les journaux comme dans les universités.

 

Les idées des militaires et de leurs alliés critiquaient également les modes, et les " grotesques habitudes " et "l'absurdité des idées occidentales".

On interdisait les salles de danse, les revues féminines, les mini golfs, et même les mots croisés.

 

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Nietzsche à Freud : sortir la civilisation du chaos

Freud Nietzsche irrationnel chaos

 

Nietzsche le chaos extérieur, Freud le chaos intérieur

Freud pensait que si le développement de la civilisation continue sur sa forme actuelle, " l'ensemble de l'humanité risque de devenir névrotique, " écrit-il dans Malaise de la civilisation en 1930.  
Quelques années avant lui, Nietzsche critiquait les opinions conventionnelles de son temps. Il ne croyait pas à la réforme sociale, il détestait le gouvernement parlementaire et le suffrage universel. Il détestait les libéraux, les conservateurs, les communistes et les socialistes. Il ne partageait pas la vision du progrès caractéristique de la tradition intellectuelle occidentale. Il condamnait  la morale chrétienne. Il se moquait de la notion libérale qui pense que l'homme est intrinsèquement bon.


Selon lui, l'homme doit comprendre que la vie n'est pas régie par des principes rationnels. Mais que la vie est pleine de cruauté, d'injustice, d'incertitude et d'absurdité. Il n'y a pas de normes absolues du bien et du mal. Il n'y a qu'un homme nu vivant seul dans un monde absurde et chaotique.
Contre les tendances de la société bourgeoise de son époque, Nietzsche a souligné que l'homme doit connaître son monde intérieur, que ses instincts sont sa vraie force. Il écrivait "Du sollst werden, der du bist", ou  "devenez ce que vous devez être."

 

chaos

 

Pour que l'homme réalise son potentiel, il doit rompre sa dépendance à la raison et à l'intelligence en développant ses instincts, son dynamisme et sa volonté. Ainsi, dans son livre, l'anti-Christ de 1888, Nietzsche écrit que le christianisme a mené une guerre contre ce type d'homme " supérieur ", cultivant les faiblesses des humains et non pas leur force.


 "Dieu est mort," écrit il. Les anciennes valeurs et vérités ont perdu leur vitalité et leur validité. Il n'y a pas de valeurs morales. Nietzsche dit l'homme doit dépasser le nihilisme, produit de sa vie quotidienne,  créer de nouvelles valeurs, devenir son propre maître et être fidèle à lui-même.
Selon Nietzsche, l'homme pourrait être sauvé par un nouveau type d'homme, le Surhomme. Ces hommes qui se libèrent de la foutaise de la civilisation moderne, pour créer leur propre morale fondée sur les instincts, l'entraînement et la volonté.
Nietzsche a saisi l'un des problèmes fondamentaux du XXe siècle.

 

Dans le dernier quart du 19ème siècle, Nietzsche ne voyait que déclin. Avec la mort de Dieu, une mort décidée par la révolution scientifique, l'individualisme de la classe moyenne, le marxisme, le darwinisme, le positivisme et le matérialisme, les valeurs morales traditionnelles avaient perdu leur valeur et leur signification, la philosophie de Nietzsche cherchait la solution.


Freud : le pessimiste enfant des lumières  

Nietzsche quitte ce monde en 1900. Un autre grand penseur va marquer le siècle, Sigmund Freud (1856 - 1939) lui va réhabiliter les idées du 18ème,  siècle des Lumières.
La raison humaine et les sciences sont selon lui le chemin pour la connaissance. Freud est l'enfant des Lumières.  Il va se concentrer sur le pouvoir et l'influence des facteurs non-rationnels, des impulsions de la pensée et du comportement humain.

Dans les années 1840, Karl Marx disait ; les individus croient qu'ils pensent librement, mais en fait,   leurs idées reflètent la culture dominante. Marx parlait de "fausse conscience".

Freud croyait aussi que nos pensées conscientes sont déterminées par quelque chose de caché : nos pulsions inconscientes.

Freud ne s'éloigne pas de Nietzsche.  Il pense que l'irrationnel est un un danger potentiel. Freud était convaincu que l'homme n'est pas un être rationnel, son comportement est guidé par des forces intérieures.
L'esprit inconscient explique selon Freud certaines actions humaines.
Freud n'a pas découvert l'inconscient. Les romantiques européens, Rimbaud, Shakespeare, Dostoïevski et Nietzsche ont discuté cet esprit inconscient. Contrairement à Nietzsche, Freud était un homme scientifique. Le médecin Freud s'était spécialisé dans le traitement des troubles mentaux. Il a conclu que le chaos intérieur est le résultat de craintes vécues durant l'enfance. Les névroses prennent selon lui plusieurs formes : hystérie, anxiété, dépression ou obsession. Pour traiter un comportement névrotique, Freud discutait les expériences de l'enfance. Freud traitait ses patients de deux façons. La première la libre association : dire tout ce qui vient à l'esprit peut révéler quelque idée cachée. La deuxième méthode est l'interprétation des rêves. Les rêves selon lui révèlent les désirs secrets.

 

Freud souligne que le chao intérieur est le résultat d'un conflit entre les pulsions et les exigences de la civilisation. Il a développé cette thèse dans son livre court de 1930, Malaise dans la civilisation.  La coexistence est douloureuse entre nos pulsions et les limites de la société. Elle est à l'origine de nos anxiétés, nos frustrations et nos culpabilités.
 La vie civilisée augmente la souffrance des gens et le risque pour leur santé mentale.

 

Comme Nietzsche, il pense que les gens ne sont pas bons par nature. L'individu est une créature d'instincts et d'agressivité.
La civilisation est un fardeau que les individus doivent supporter pour éviter le chaos. En face de cette souffrance, on trouve anxiété, dépression, alcool et autres drogues.

 

chaos modernite philosophie

 


Nietzsche, Freud vont changer la civilisation occidentale

Leur travail a créé une grande révolution culturelle que nous appelons le modernisme, une révolution caractérisée par la prise de conscience de Soi. Les artistes modernistes ont abandonné les traditions artistiques et les conventions littéraires et ont commencé à expérimenter de nouveaux modes d'expression. Ils ont détruit l'histoire afin de créer leur propre histoire.
Des écrivains comme Thomas Mann (1875-1955), Marcel Proust (1871-1922), Rimbaud (1854-1891), DH Lawrence (1885-1930), James Joyce (1882-1941) et de Franz Kafka (1883-1924) et Yasunari Kawabata (1899-1972) au japon ont exploré la vie intérieure. Leurs romans traitent de l'homme moderne qui rejette les valeurs de sa culture en payant le prix de la culpabilité, de la frustration, d'une sexualité stigmatisée, de solitude.

Pour les modernistes, la réalité est personnelle, individuelle et subjective.
L'artiste fait sa propre réalité.  Le moderniste façonne un monde irrationnel.
Igor Stravinsky (1882-1971) présenta Le Sacre du Printemps à Paris en 1913, les impressionnistes vont rompre avec les traditions picturales classiques.  Renoir (1841-1919), Monet (1840-1926), Manet (1832 à 1883), Degas (1834-1917) et Picasso (1881-1973), ont tenté de capturer l'instant (mouvement, couleur et lumière) comme il est apparu à l'esprit à un moment donné.

En 1900, les artistes ont tenté de pénétrer dans les profondeurs de l'inconscient, véritable source de la créativité. Ils ont essayé de représenter visuellement ce qui ne pouvait pas encore être donné l'expression verbale. L'art cubiste présente des objets à partir de plusieurs points de vue dans un seul et même temps.

 

Conclusion  

Le modernisme dans l'art, la philosophie  et dans la littérature est le reflet de la puissance et l'attrait de la partie irrationnelle de l'existence humaine.  Le modernisme fait partie de la même expérience européenne qui a produit Nietzsche et Freud.
Nietzsche et Freud n'ont pas enfanté le modernisme. Leur diagnostic de la société occidentale n'était pas erroné.

Les analyses d'une société ou d'une culture ne prédisent pas son avenir. La condamnation de Nietzsche et de Freud de cette civilisation si elle était fondée, n'a engendré ni désintégration, ni déclin. Par contre la civilisation a changé, s'est modernisée pour s'adapter.
Elle changera encore et encore.

 

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Crise, mondialisation : la solution reste à inventer

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Japon 1942 :  " retour à la maison perdue "


En 1942, " surmonter la modernité " était le titre d'un célèbre colloque organisé au japon par les intellectuels, témoin de l'incapacité de la société japonaise à trouver un consensus sur les questions complexes relatives à la modernité.
Romanciers, poètes, professeurs de littérature, réalisateurs, critiques cinématographiques, philosophes, compositeurs, scientifiques, psychologues, et historiens vont discuter la modernité et ses conséquences sur la société japonaise. Les résultats furent mitigés, les participants n'ont même pas réussi à forger une définition consensuelle de la modernité, et aucune conclusion sur les moyens pour surmonter les problèmes posés par cette modernité.
Les marxistes, comme les romantiques ont blâmé l'introduction de la modernité occidentale qui a provoqué la perte de l'esprit japonais. Kamei a vu dans l'égoïsme et dans la rationalité occidentale des poisons pour la civilisation, et  réclamait le retour vers les classiques.
Le chef du groupe Romantique Yasuda Yojuro pensait que le retour vers les racines était la solution. Les membres de l'école romantique définissaient la modernité comme une influence étrangère occidentale, qui véhicule l'américanisme, le matérialisme grossier et l'hédonisme.
D'autres participants pensaient que la modernité est un problème universel qui a commencé avec la révolution française. On critiquait le bureaucratisme occidental, la spécialisation fonctionnelle, et la production en série et le consumérisme.
Cette confusion reflétait la nature des débats sur la modernité chez les intellectuels et les acteurs sociaux tout au long des décennies entre les deux guerres. La critique de la modernité occidentalisée était présente dans les livres, les dessins animés Manga et dans le cinéma.

Ces critiques n'ont jamais suggéré de renoncer au confort de la science moderne ou à la technologie. Les critiques étaient avant tout culturelles, contre la rationalité, la perte de la créativité, la marchandisation de la culture, la perte de la vie en commun.
Les jeunes, garçons et filles, incarnaient ces défis posés par la modernité, le rôle de chaque sexe, ou le rôle du genre devenant un sujet problématique.
La critique de la modernité était intense durant les années 1930. Cependant la deuxième guerre mondiale ne sera pas réellement soutenue par une majorité des intellectuels japonais, conscients que la modernité est un courant historique et non pas un incident ou une simple difficulté.

 

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La France 2016 : " retour à la France éternelle "

Nous y sommes ou presque. Nos intellos sont perdus dans cette modernité qui nous assiège. Comme les japonais des années 40 qui subissaient une modernité " made in ouest ", nous subissons une modernité liée à une révolution industrielle et numérique, à une mutation sociétale liée aux changements de la condition féminine et de la famille et du couple, à l'apparition des minorités sexuelles, culturelles, religieuses dans le débat publique, et à des mutations politiques. Comme les japonais, vous écoutez les intellos et les hommes politiques, personne n'est d'accord avec personne sur le diagnostic ni sur les solutions. Pour Jean-Luc Mélenchon, la réponse est moins d'Europe, et plus d'impôts pour assurer plus de justice sociale. Pour Nicolas Sarkozy, la réponse est le retour vers des valeurs identitaires et une modernité économique. Pour Marine Le Pen, la solution est de quitter l'Europe, cultiver l'identité française traditionnelle et distribuer les recettes fiscales. Pour la gauche au pouvoir, plus d'impôts, plus de distribution aux pauvres, plus de sécurité et plus d'identité.
SI vous lisez Éric Zemmour, le passé était plus simple, la France doit retrouver ses structures et ses attributs du siècle dernier. Vous écoutez Michel Onfray, il répète que la solution est à gauche, dans les mouvements de citoyens pour arrêter cette modernité.
En France, on évite de parler modernité ou progrès, car ces termes sont liés culturellement à notre histoire. On parle mondialisation pour désigner notre crise ; et Arnaud Montebourg voulait lui "démondialiser".
Pourtant, l'évolution de l'économie mondiale et l'apparition de puissances industrielles émergentes sont un mouvement historique.

 

crise individualisme


La révolution numérique qui risque de fragiliser un nombre important de nos emplois est un mouvement historique.
Le comportement individualiste en occident est sans doute sans retour, comme la recherche de la qualité vie, le travail qui devient un moyen et non plus une fin en soi, les évolutions de la la société, les âges, et les habitudes.
Des réflexions partent d'un constat considéré comme une évidence : la crise est un problème, la mondialisation est un incident qu'on ne peut arrêter.

En 1942, les intellos japonais ont fini par admettre et dire que la modernisation n'est pas un incident mais un courant historique.
Et c'était vrai pour nous aussi ? Finira-t-on par dire que la mondialisation comme la révolution numérique et les changements sociologiques, est un courant de l'histoire et non pas une crise ?


Et si on commençait par dire que nous avons les moyens de nous s'en sortir à condition de construire un modèle nouveau et non pas de chercher les solutions dans le modèle actuel ou dans le passé ?

 

 

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Etre leader : compétence et pensée positive

leader

 

Un Leader : personne confiante, créative et positive


Un leader est une personne qui trouve sa place dans un groupe, pour aider, trouver des solutions ou diriger les autres.
Le leader est une personne capable d'influencer un groupe de personnes vers un but commun.
Le secret d'un leader est sa confiance en lui, et dans l'avenir du groupe. Le mot clé est la confiance, mais aussi la créativité et la pensée positive.

Il est né leader ou il l'est devenu ?
Un groupe de biologistes, d'anthropologues a examiné la question du leadership dans le monde animal dans quatre domaines : le mouvement, l'acquisition de la nourriture, le rôle dans les conflits, et entre les interactions au sein du groupe. Ils ont noté que le leadership chez les animaux est avant tout une question de force et de compétence. Le plus rapide, le plus doué, le plus fort devient leader.
Les études confirment qu'être leader est un apprentissage, une formation, et non pas de naissance. Le développement du leadership est une progression.
Un leader doit avoir quelques qualités : auto-efficacité, confiance dans ses capacités à diriger, compétence, motivation, et optimisme.
Quand une personne manque d'auto-efficacité, il répète : "Je ne pense pas vraiment être capable d'être leader" ou "Je ne suis pas confiant dans mes capacités". Ces doutes sont fréquents parmi la population. Certaines personnes tentent de se défaire de ces idées pendant leurs formations ou pendant leur travail, d'autres non.


Personne ne nait leader, c'est un travail pour acquérir les compétences nécessaires, c'est un travail sur soi pour développer la capacité à créer, et la faculté à être positif et optimiste.

 

leader positif

 

Un leader : compétence et psychologie positive

Selon de nombreuses études, dont la plus récente date 2016, publiée par l'université du Texas à San Antonio, un leader est une personne créative et confiante. La créativité est appréciée dans toutes les organisations, et les entreprises. Elle devient même la qualité première dans les entreprises innovantes et modernes. On devient chef de file quand on est capable de trouver des idées nouvelles et des solutions utiles. Selon ces études, les dirigeants inefficaces ou abusifs vont créer des situations stressantes pour leurs employés, et vont perdre progressivement leurs confiances. Cette perte de confiance retentit sur la productivité du groupe.
Les dirigeants en général sont confiants quand ils sont créatifs, quand ils trouvent des solutions, leurs subordonnés deviennent également plus créatifs.
Les leaders créatifs ont l'expérience pour alimenter leurs idées. Ils sont confiants, et deviennent plus confiants en cas de réussite. Les études confirment également que la créativité et la confiance d'un leader sont contagieuses.

 

leader politique


C'est le pouvoir de la pensée positive ; un leader peut diffuser sa confiance et sa créativité aux autres en donnant le bon exemple.
Un leader créatif et confiant cultive de bonnes relations avec les autres. La créativité se développe dans des environnements apaisés et sains.


Un leader dans le monde de l'entreprise ou dans le monde politique doit être compétent, positif, et capable de rassembler les autres.

 

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Technologie numérique et éducation : égalitaire ? utile ?

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La technologie numérique dans nos écoles

Pour préparer la rentrée scolaire, avez-vous accompagné vos enfants pour acheter une tablette numérique ou un ordinateur ? C'est le cas de nombreux parents. Les équipements numériques figurent de plus en plus sur la liste des lycéens et parfois des collégiens.

 

Les hommes politiques : toujours modernes


Dès l'apparition de la technologie numérique, dans les années 1990, les hommes politiques, les industriels liés à la technologie numérique, et les experts en pédagogie ont vanté l'importance de la technologie numérique comme technologie égalitaire dans nos écoles. En France, on parlait de fracture numérique à éviter, une égalité de chances vis-à-vis de ces technologies. Dans les médias américains, on parlait d'Internet à l'école comme un moyen pour offrir aux étudiants défavorisés leurs chances d'accéder à une instruction de bonne qualité.
Ces politiques enthousiastes ont été à la base de nombreux projets pédagogiques sous forme de programmes informatiques, sites Internet, contenus numériques, et livres numérisés.
La fondation de Bill Gates par exemple déclare qu'elle est toujours à la recherche des meilleures idées et des meilleurs projets capables de favoriser la collaboration entre élèves, l'autonomie des enseignants, la richesse des programmes, et l'égalité de chances.
La technologie numérique peut offrir un accès plus facile et plus abondant à l'éducation et à la formation par exemple, on pense qu'internet a augmenté de façon spectaculaire la diversité éducative, et la créativité des méthodes éducatives. La mise en ligne des cours et des programmes scolaires a permis aux professeurs du monde entier, de comparer leurs expériences, d'échanger et de dialoguer. Cette mise en ligne des cours et des programmes a permis aux élèves élargir leur choix, a multiplié les options apprentissage disponible.
La technologie numérique permet également d'apprendre par soi-même, en suivant les cours des meilleurs professeurs et de bénéficier de l'expérience des autres participants.
L'espace numérique peut être considérée comme un lieu idéal de discussions, de collaboration et de conversation.
La technologie numérique peut offrir des moyens variables et efficace de réduire les coûts de l'éducation, et d'atténuer ainsi les obstacles qui peuvent exclure les populations défavorisées.
Ces développements historiques peuvent apporter l'éducation, à des millions des personnes à travers le monde, en créant des nouveaux modes d'apprentissage qui n'ont jamais existé auparavant. Ces développements feront sans doute parti d'nouveau modèle économique mondial.
On trouve de plus en plus sur le net des programmes pour l'apprentissage et pour la formation dans un modèle ouvert "open ressource éducation." Ces programmes ont vu le jour dans les années 2000. Actuellement des milliers établissements d'enseignement dans le monde suivent leur contenu, presque gratuitement grâce à des modèles comme iTunes U, Academic Earth et Udemy.
Parallèlement à ces initiatives, certains chercheurs pensent qu'il est possible de rendre la scolarité obligatoire en utilisant Internet en créant des écoles cyber et des classes en ligne. La prise en charge de la scolarité sur Internet existe déjà aux États-Unis et en Europe.
La technologie numérique propose des alternatives accessibles à l'enseignement traditionnel dans les pays sous-développés comme l'Inde ou certains pays africains en utilisant plusieurs plates-formes, Cloud, Skype et autres. Après les événements du Moyen-Orient, la technologie numérique a été proposée pour l'éducation des réfugiés dans leurs camps.

 

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L'éducation de plus en plus inégalitaire


On peut dire qu'il existe un consensus général sur ce point : les formes traditionnelles d'enseignement sont loin d'être justes, égalitaires et démocratiques.
Ce constat est valable dans la plupart des pays développés. On peut élargir ce constat vers d'autres pays. Le système éducatif dans le monde souffre d'un problème chronique d'inégalité de chances dans l'accès à l'enseignement, et dans les résultats scolaires.
Dans les pays développés, l'enseignement secondaire, et universitaire continuent à créer la disparité et l'inégalité sociale.
En dépit d'innombrables réformes, le système éducatif n'a pas suffisamment changé. L'accès à une éducation de qualité dépend du niveau social, de l'aisance financière des parents, et de l'environnement culturel de l'étudiant.
La question d'une éducation démocratique, égalitaire, efficace est une question urgente et prioritaire dans le monde entier.

 

La technologie numérique : une nouvelle inégalité?


De nombreux élèves souffrent du manque d'accès au monde numérique pour des raisons économiques, ou en raison de leur incapacité à exploiter cette technologie. Les inégalités numériques commencent à l'école maternelle, et se prolongent. L'accès à la technologie exige des équipements valables, correspondant au nombre d'élève, un investissement dans la formation, dans l'entretien et la mise à jour de matériel éducatif.

 

Bilan mitigé : l'enfant riche est plus connecté


On comprend que les partisans de l'éducation numérique insistent sur les bonnes nouvelles et sur les succès. Les études indépendantes sur les programmes et l'efficacité des moyens numériques dans l'éducation sont rares. Quelques études ont souligné que les enfants aisés sont plus aptes à utiliser les moyens technologiques que les enfants pauvres. D'autres études ont signalé que les programmes proposés par les plates-formes numériques fournissent un apprentissage de bas de gamme, ou un apprentissage adapté aux pays occidentaux. Dans certains programmes, on insiste sur l'apprentissage de l'anglais par exemple en négligeant la langue du pays. Ces études semblent indiquer que les moyens numériques n'assurent pas la démocratisation espérée de l'éducation. Les expériences des personnes en face de l'éducation numérique sont influencées par leur classe sociale, ou par leur culture.
Dans l'ensemble, l'éducation par les moyens numériques peut améliorer l'accès de certaines personnes à un enseignement de bonne qualité.


Cependant, si les technologies numériques ne peuvent pas résoudre tous les problèmes liés à l'inégalité d'une éducation, mais ne semblent pas pour autant l'aggraver.

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Nos bourgeois, hier et aujourd'hui

le charme discret de la bourgeoisie

Le Charme discret de la bourgeoisie, film de Luis Buñuel

 

Le bourgeois ; un terme vague et péjoratif


Il suffit de lire les livres ou d'écouter les chansons du siècle dernier pour avoir une idée sur la férocité des attaques contre les bourgeois. Les classes populaires les considéraient comme responsables de l'injustice sociale, de la décadence, du libéralisme économique, et de tout ce qui est contraire aux intérêts des travailleurs.
Dans un village, les habitants bienveillants vont traiter un homme riche d'un monsieur, d'autres vont utiliser le terme bourgeois, et certains vont utiliser le terme sale capitaliste.

Pour des raisons multiples, historiques et culturelles, la bourgeoisie était stigmatisée, critiquée, et combattue par les classes populaires, et par les partis de gauche qui cherchaient à défendre les intérêts des classes populaires.

 

citation flaubert

 

D'où viennent les bourgeois ?


À la différence des aristocrates de l'ancien régime qui savaient très bien d'où ils venaient, les bourgeois n'avaient pas d'arbres généalogiques précis. Ils habitaient les villes, les bourgs, et les cités, pour devenir artisans ou négociants.
La révolution française va faire triompher la bourgeoisie. Le tiers état était peuplé de bourgeois influencés par la philosophie des lumières, par les textes de Jean-Jacques Rousseau, par une séparation entre la religion et l'État et par la liberté économique. Ce triomphe politique de la bourgeoisie s'est accompagné d'une belle réussite économique.
En fait, il est difficile de définir le bourgeois et la bourgeoisie mais en règle générale, c'est une classe sociale qui possède une certaine fortune, une certaine éducation, et une instruction. On appelait d'une manière générale cette classe sociale les gens du monde.


Marcel Proust a bien dessiné les caractères de cette classe sociale qui remplaça progressivement l'aristocratie. Il insiste sur un point important : pour devenir bourgeois, il faut être accepté dans les milieux bourgeois, et faire partie des gens du monde. Il n'est pas tendre avec cette classe sociale critiquée par les aristo et par les classes populaires à la fois.

 

citation proust1


Avec le temps, on distingua la grande bourgeoisie caractérisée par un train de vie luxueux, comme les riches propriétaires, les présidents de tribunaux, les hauts fonctionnaires, les industriels, les financiers, les médecins célèbres, de la petite bourgeoisie qui englobait les fonctionnaires d'État, les petits officiers de l'armée, et les artisans, commerçants. La bourgeoisie comptait sur l'instruction pour garder ses privilèges et son statut social. Un pharmacien peut le devenir car il possède l'instruction, c'est plus difficile pour un commerçant, ou pour un agriculteur. Les professions libérales, les officiers ministériels, les avocats étaient des bourgeois car exerçaient des professions exigeant une instruction plus poussée que les autres.

 

Les bourgeois de droite, symboles des patrons et des riches

À la fin de l'ancien régime, à partir de la restauration, les bourgeois commençèrent à s'installer dans les villes, dans de confortables hôtels particuliers. À la campagne, ils construisaient de jolies maisons. À la révolution industrielle, ils ont fondé des entreprises plus ou moins florissantes, ils sont devenus les patrons, employeurs, banquiers.
La France s'enrichissait de ses exportations agricoles. Pour éviter de se voir fermer les marchés étrangers, les agriculteurs exportateurs furent de libres échangistes, soutenus par la classe dirigeante et par les bourgeois. Le XIXe siècle fut celui du triomphe de la bourgeoisie et du capitalisme, sans que les bourgeois en soient les principaux acteurs, et progressivement ils vont devenir le symbole de ce capitalisme, mais également de ses méfaits et conséquences sur les classes populaires.

 

citation michalska

La nouvelle bourgeoisie de gauche : les "bobos"


Durant la première moitié du XXe siècle, la bourgeoisie était synonyme de richesse et de capitalisme. Les partis politiques de droite cherchaient à séduire cette population, tandis que les partis de gauche cherchaient à séduire la classe ouvrière et les classes populaires ou laborieuses.
À la fin du XXe siècle, les choses vont changer.
L'essayiste américain David Brooks invente en 2000 le terme Bobo pour décrire une nouvelle bourgeoisie new-yorkaise, bohême et branchée, plutôt à gauche. Le terme bobo a quitté le champ sociologique pour devenir une caricature politique.


Brooks écrivait :

" le bobo est un homme libéral sur le plan économique comme sur le plan moral, hypocritement préoccupé des questions sociales, gagnant sur tous les plans grâce à son art du politiquement correct "


Se réclamer du peuple devient problématique pour les partis de gauche dans le monde occidental. Des techniciens et des personnes bien formées remplacent progressivement la classe ouvrière. Ces techniciens ont tendance à être plutôt des bourgeois que des travailleurs. L'individualisme gagne progressivement la société occidentale comme culture dominante.
Les bourgeois nouveaux, de gauche, sont des personnes souvent diplômées, dotées d'un solide capital culturel, travaillant dans des métiers valorisants comme la culture, communication, ou la santé, et se distinguent de la bourgeoisie classique par leurs quartiers. Ils préfèrent en général les quartiers populaires, ils rénovent les vieux ateliers et les immeubles délaissés.
On voit cette bourgeoisie partout en Occident, et dans les autres pays. Cette bourgeoisie nouvelle est préoccupée par l'écologie, la justice sociale, mais également par l'individualisme, et par la liberté d'entreprise, par la liberté des mœurs.


Les bourgeois ont quitté nos villes, ou sommes-nous tous devenus bourgeois ???

 

 

 

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Japon : Boom touristique, France : désertion

japon kimono tourisme

 

Japon : Boom touristique

 

19,73 millions de personnes ont visité le Japon en 2015. Le japon est certain de dépasser le chiffre de 20 millions de visiteurs étrangers en 2016.
C'est une surprise pour le gouvernement japonais qui se voit obligé de créer une secrétaire d'état au tourisme.
Les dépenses de ces visiteurs sont en hausse de 71.5%. En 2016, l'industrie du tourisme au Japon équivaut à celle de ses exportations d'automobile.
Les responsables restent prudents sur cette croissance rapide, citant des incertitudes sur l'économie chinoise, les destinations principales comme Tokyo et Osaka ayant presque atteint leur capacité à recevoir l'afflux de tourisme.
Selon l'Organisation National du Tourisme Japonais, les voyageurs en provenance de Chine sont en tête de liste, suivis par la Corée du Sud puis par les américains. Ces touristes ont choisi le japon pour plusieurs raisons, mais la dévaluation du yen a sans doute joué un rôle, les prix et les questions de sécurité ont détourné les touristes asiatiques et nord américains de l'Europe.
Cette semaine, le gouvernement japonais annonce des prévisions de 40 millions de touristes par an en 2020. Après les Jeux Olympiques, l'objectif du gouvernement est d'attirer 60 millions de visiteurs étrangers par an d'ici 2030.
Depuis quelques années, le japon modernise son industrie du tourisme ; ouverture de chambres d'hôtes à Kyoto et Akasaka au public, rénovation des parcs nationaux , amélioration esthétique des sites touristiques et efforts de promotion pour attirer plus de touristes en provenance d'Europe, des États-Unis et d'Australie, ainsi que les riches touristes d'autres nations.

 

japon mont fuji tourisme


En aout 2016, la voie dite d'or (autoroute) entre Tokyo et Osaka était presque saturée. Le taux de remplissage des hôtels à Osaka est 85,2 %, Tokyo 82,3 %, et 71 ,4% à Kyoto, et de 70,9% à Aichi. Du jamais vu.
Depuis 2015, le japon découvre ces touristes à fort pouvoir d'achat, qui recherchent des paysages, le climat, mais aussi un service raffiné et le shopping.
Les japonais parlent de " bakugai " pour désigner les achats impulsifs de ces touristes surtout chinois.

 

En France, baisse inquiétante des recettes touristiques.


Il est difficile de dire que ces touristes ont fuit la France même si on peut regretter la baisse du nombre de touristes en France. Les événements dramatiques de cette année ? Les prix qui placent la France parmi les destinations les chères ? La qualité de nos services ?

 

paris effel tourisme

 

Le Figaro de 23 août mentionne que les recettes touristiques de Paris sont inférieures de 1 milliard d'euros par rapport à 2015. En cause, la menace terroriste mais pas seulement.


Selon Valérie Pécresse présidente du conseil régional d'Île-de-France, nous assistons en particulier à une dégringolade des touristes asiatiques. Une baisse jamais vue. Ce manque à gagner est inquiétant pour l'activité économique de la région et l'emploi de la filière. Les attentats sont la première cause de cette chute. Mais la dégradation est profonde, la menace terroriste n'explique pas tout. Les touristes restent moins longtemps à Paris qu'à Londres. Ils dépensent moins qu'ailleurs.

 

La qualité de notre offre se détériore, il est urgent d'ouvrir les yeux. Nous devons prendre à cœur notre mission d'accueil touristique.

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