En vedette

Avez vous pensé au Brexit en votant Macron ?

brexit

Avez vous pensé au Brexit en votant Macron ? 

Selon les médias anglais, comme le journal Independent ou le Guardian, le brexit semble difficile, en supposant qu'il soit possible, va entraîner un coût important, et des complications politiques pour la Grande-Bretagne. L'échec des conservateurs au pouvoir dans les élections de 8 juin donne une idée sur le doute qui commence à gagner les citoyens britanniques.
Sur le continent, la victoire des eurosceptiques en Angleterre a déclenché l'alarme dans les autres pays européens, y compris en France. Les Français ont décidé le 7 mai d'envoyer à l'Élysée un président europhile avec 66 % du vote, en s'éloignant nettement des partis populistes anti-européens, et en confirmant leur attachement à l'Europe. D'autre part, les Français ont manifesté pendant l'élection du 7 mai leur refus d'abandonner l'Euro.


Le Brexit a joué probablement un rôle, en exposant aux peuples européens les difficultés de la politique britannique à trouver une solution valable en cas de sortie de l'union européenne. Après le Brexit, les mouvements populistes anglais comme Ukip désertent progressivement la scène politique, ni député élu, ni tête d'affiche, leurs discours populistes électoralistes aussi.


Le gouvernement britannique actuel est affaibli après les élections du 8 juin. La commission britannique n'a pas encore donné son point de vue sur ses relations futures avec l'europe. Vont-ils rester dans l'union douanière pour préserver les intérêts des entreprises britanniques, dans ce cas, la Grande-Bretagne doit accepter les traités européens, et le Brexit sera sans valeur, ou avec des unions douanières particulières comme pour la Turquie, ou choisiront-ils le modèle norvégien d'affiliation à l'espace économique européen, ou le modèle suisse à travers des accords bilatéraux ?


En prenant l'option de la Turquie, l'union européenne pourrait signer des accords de libre-échange au nom de la Grande-Bretagne. En prenant l'exemple norvégien, l'Angleterre devrait accepter les lettres du marché unique, la liberté de circulation, la juridiction européenne et la contribution au budget de l'union.


Aucun de ces modèles ne peut répondre aux discours des eurosceptiques qui cherchaient à travers le Brexit une souveraineté retrouvée. Les Britanniques découvrent la complexité de la souveraineté à l'ancienne dans un monde économiquement globalisé.


Le Brexit est qualifié par de nombreux journalistes britanniques et par des hommes politiques comme une aventure, une sorte de coup de tête encouragé par les populistes et les eurosceptiques soutenus par certains médias. Les Français ont refusé cette aventure, donnant à l'Europe une deuxième chance. Les Français savent que l'Europe aura du mal à exister sans la France.


Le lendemain de l'élection française, l'ambiance en Europe était au soulagement. Les Français ont donné un coup d'arrêt à cette vague populiste, ont choisi la patience et la colère.


Est-ce que les lecteurs français pensaient à ces difficultés du Brexit en votant pour le président Macron à 66 % ? C'est probable.

Lire la suite
493 lectures
0 commentaires
En vedette

Présidence Hollande : échec économique

hollande echec

Présidence Hollande : échec économique sans précédent

Deux dates résument la présidence de François Hollande : le 15 mai 2012 et 1er décembre 2016.
Pourtant, tout avait pourtant bien commencé en ce jour du 15 mai 2012. Les Français avaient décidé de choisir un président qui n'avait jamais eu de fonctions ministérielles, et de mettre fin à la présidence impopulaire de Nicolas Sarkozy.


Les français saluaient également la réussite des élections primaires socialistes en pensant qu'il s'agissait d'un acte démocratique. Ils n avaient pas deviné l'étendue de la guerre interne au sein du parti socialiste, entre son aile gauche et son aile droite, cette guerre allait emporter François Hollande et le parti socialiste en 2017.
Le 1er décembre 2016, François Hollande apparaît à la télé pour annoncer aux Français sa décision de ne pas briguer un second mandat en 2017. Lucide, digne, il avoue ainsi son échec personnel et politique. En effet cet échec économique et social l'entraîne dans des abîmes d'impopularité insurmontable, et paralysante.

Echec économique : manque d'efficacité et idéologie  


L'échec de François Hollande est avant tout économique, chômage trop élevé et ras-le-bol fiscal.  Il est injuste d'incriminer un homme seul, c'est l'échec des socialistes, des cadres du parti comme des députés. Au début du quinquennat, la gestion économique du pays fut hasardeuse et surannée. La gauche arrive au pouvoir avec des idées fausses, sur l'économie et sur la finance, des idées de 1990.


Ils pensaient qu'il suffisait d'augmenter les impôts pour redresser les comptes publics, injecter de l'argent public et refaire des emplois aidés pour mettre la croissance sur les rails.
Pression fiscale sans précédent, la France de François Hollande est devenue parmi le pays le plus imposé en Europe. Les socialistes ont parlé idéologie et justice sociale sans apercevoir le vrai problème de l'économie française : sa compétitivité.
Il a fallu plusieurs mois, presque un an, avant d'ajuster la politique gouvernementale pour aider les entreprises et réduire l'hémorragie des emplois. Mais le diagnostic n'était pas partagé ; lorsque le gouvernement tente d'améliorer la compétitivité des entreprises, les frondeurs socialistes font pression pour continuer la politique de redistribution sociale et de pression fiscale sans réformer le pays.


Pendant sa présidence, l'équipe de François Hollande a démontré son manque d'expérience du pouvoir, et son manque de décision : flottements, hésitations, politique économique en échec.
La politique économique de François Hollande manquait de clarté, et d'efficacité. Les relations du gouvernement socialiste avec les entreprises étaient mal engagées, en raison de mesures politiques, et fiscales destinées à satisfaire un électorat de gauche, qui réclamait en même temps la baisse du chômage.


Après le changement de cette politique, les solutions furent peu efficaces et bureaucratiques. Par exemple, le paiement du crédit d'impôt destiné à aider les entreprises était différé, les entreprises ont différé la décision d'embauche en raison de contraintes de trésorerie. Pourquoi créer ce système de crédit d'impôt et ne pas baisser les cotisations sociales ? La réponse est à la fois idéologique et pratique. L'État cherchait à gagner un an avant que l'abattement ne se fasse sentir sur les comptes publics, et de baisser les cotisations selon une orientation idéologique, précise (lutter contre le temps partiel et la précarité).
Le choc de simplification est un échec, après le départ de Hollande, le bulletin de paie en France demeure l'un des plus complexes en Europe.        


François Hollande comme Nicolas Sarkozy avait une vision ancienne, surannée de l'économie, fondée sur le budget et la fiscalité, oubliant la compétitivité, et les mutations de l'économie.
Pour certains socialistes, l'échec du quinquennat s'explique par le refus d'assumer l'orientation sociale-libérale pour d'autres, cette orientation est la cause du rejet des Français de la gauche. C'est une discussion théorique si on omet le mot clé en économie : l'efficacité.


Les français ont jugé sévèrement cet échec pendant les dernières élections de 2017. 

Lire la suite
272 lectures
0 commentaires
En vedette

Bonheur individuel ou bonheur collectif

crise individualisme

Bonheur individuel ou bonheur collectif

Les débats de la dernière élection présidentielle française peuvent être interprétés comme un questionnement sur notre modèle de société, sur le bonheur individuel ou bonheur collectif. Le modèle social français est la traduction de cet équilibre recherché entre l'individuel et le collectif.

individualisme nacrissisme

Plusieurs siècles d'individualisme


" Le bonheur terrestre est où je suis" disait Voltaire dans son poème ", Le mondain" en 1736.


Les égyptiens et les Grecs privilégiaient l'harmonie collective au bonheur individuel. Le bonheur individuel pour Platon, Confucius ou bouddha ne peut être conçu en dehors d'une cité, d'une communauté.
Pour les philosophes du XVIIIe siècle, le bonheur individuel promis dans la déclaration d'indépendance américaine, et dans la déclaration universelle des droits de l'homme devenait un grand projet. Améliorer le bien-être individuel dans une société plus juste et plus respectueuse des personnes.


Au début du XXe siècle, le retour du bonheur collectif réapparait sous forme d'idées communistes galvanisant les personnes qui croient que le bonheur collectif devrait être un idéal pour chaque humain.
À la fin des années 60, on note une extension des libertés individuelles dans une société de compétition et de consommation. Les individus deviennent occupés par eux-mêmes, par la satisfaction de leurs propres désirs, par l'espoir de s'enrichir et de réussir. Pour la première fois, le lien entre le bonheur individuel et le bien commun est rompu.

individualisme

Les critiques de l'individualisme


Dans son essai " L'Ère du vide " Gilles Lipovetsky analyse cette seconde révolution individualiste. L'individu qui était imprégné de grands idéaux collectifs, devient progressivement individualiste occupé par la quête d'un plaisir immédiat, d'une réussite personnelle, et de la défense de ses propres intérêts.
Dans les années 2000, Michel Houellebecq ne se montre pas tendre non plus, avec des personnages individualistes, égoïstes, apathiques, frustrés, cyniques, hédonistes, narcissiques et désabusés. Dans ses romans, Houellebecq cherche les limites de cet individualisme, qui risquerait, selon son approche, de mettre les liens humains en danger, y compris les liens les plus intimes, les liens du couple et de la cohabitation entre hommes et femmes. Avec un pessimisme excessif, il décrit une société dangereuse où les désirs instinctifs sont libérés produisant un nihilisme sans précédent.
Dans ces années, d'autres courants de pensée ont commencé à gagner leur place en Occident, comme les courants du développement personnel, la psychologie positive, le retour d'une certaine sagesse orientale. La conscience écologique est parfois utilisée pour montrer les limites de ces courants individualistes.
Depuis quelques années, certains courants politiques de gauche comme de droite, nationalistes, souverainistes critiquent l'individualisme au nom de la solidarité ou au nom de l'état-nation.      

egos moi individualisme egotisme facebook

Le bonheur collectif et le modèle social


Aujourd'hui les catégories sociales sont bousculées, les ouvriers sont moins nombreux, privant le communisme de sa classe laborieuse, les femmes travaillent de plus en plus, les rôles sociaux éclatent, les institutions de socialisation comme la famille ou l'école se transforment. Les politiques sociales se déplacent vers l'individu.
Les liens primaires (famille, village, travail) ont disparu. Les liens sociaux, liés aux solidarités de classes et d'appartenance religieuse et sociale, sont fragiles. L'égalité s'oppose à l'autorité, l'ouverture s'oppose à la fermeture, le droit au devoir.  La société moderne est paradoxale : l'individu est célébré pour son autonomie, mais l'individualisme est perçu comme un vice, comme un égoïsme, comme une destruction du lien social.  


L'individualisation est devenue une valeur, la démocratie doit considérer sérieusement cette donne, au risque de perdre le soutien des électeurs.


Comment faire quand l'individu préfère la propriété, le parcours individuel à la contribution collective ? Les décisions autoritaires comme augmenter les impôts au nom de la solidarité ou de l'égalité, finissent par rendre le pouvoir impopulaire, et les sanctions électorales suivent.


Comment l'Etat-providence peut-il demeurer garant du bien-être commun et individuel quand l'individu contemporain se montre sceptique à l'endroit de l'Etat et de son efficacité. Les Français critiquent l'état et tissent désormais des réseaux sociaux où l'affectivité et l'entre-soi prévaudraient sur le grand collectif sous forme d'associations, et de réseaux d'entre-aide.

Pour se développer dans nos sociétés, l'individu a besoin d'être soutenu par un système politique personnalisé. Les droits sociaux ne peuvent plus être vus comme des formes d'assistanat généralisé ou égalitaire, mais plutôt comme des leviers de reconnaissance et d'expression individualisés. L'Etat social pourrait fournir un cadre collectif propice au développement de l'individu : formation professionnelle, accompagnement, médiation, aide en cas d'accidents etc.

Le modèle social pose la question de l'individuel et du collectif. Quelles sont les limites entre l'individualisme et la solidarité ?
Comment le modèle social pourra-t-il prendre en compte la vie personnelle, et ses aléas, comme les problèmes liés à la séparation des couples, et la nécessité pour les parents de trouver des solutions sur le plan personnel et professionnel. Le modèle social devrait également répondre aux besoins grandissants en formation et apprentissage dans une société en constante évolution.


Dans une société individualiste, il est important de personnaliser la solidarité, et de mieux fixer les limites entre l'individu et le collectif.

Lire la suite
377 lectures
0 commentaires
En vedette

Se laisser gagner par l'optimisme, l'espoir de réussir

macron optimiste

Se laisser gagner par l'optimisme

L'optimisme est une attitude mentale, sociale et culturelle qui prévoit sans raison valable des conséquences positives. Le pessimisme est le contraire, c'est une attitude mentale, sociale et culturelle qui redoute, sans raison valable des conséquences négatives et ou désastreuses.     
Une attitude optimiste peut améliorer la santé, en réduisant l'anxiété et le stress, peut améliorer les résultats scolaires et académiques, et peut favoriser de meilleures relations avec les autres. Les étudiants optimistes bénéficient de résultats académiques plus favorables que les pessimistes, et sont capables d'élaborer des projets et de réussir plus que les autres.

Espoir ou optimisme ?

Dans de nombreuses études, on pose la question sur la différence entre espoir et optimisme. Dans une étude, qui va être publiée en octobre 2017, dans le journal Personality and Individual Differences, les chercheurs psychologues à l'université de médecine de Chicago, ont tenté de déterminer si l'espoir et l'optimisme étaient deux constructions mentales différentes.
Pour aborder l'espoir, ils ont utilisé le questionnaire développé par le psychologue Rick Snyder dans les années 1990.
Rick Snyder considérait l'espoir comme un processus cognitif, comme une réflexion capable d'aider les gens à planifier et à poursuivre leurs buts. Pour Snyder, l'espoir est une construction mentale et psychologique qui précède l'acte, en élaborant des chemins et des plans réalisables pour atteindre les objectifs. L'espoir dans ce cas produit de la motivation, cette force motrice indispensable pour réaliser les objectifs désirés.

optimisme motivation


Les chercheurs ont utilisé des tests d'orientation pour mesurer l'optimisme, considéré comme une vision positive de l'avenir, une attitude mentale et philosophique qui ne dépend pas nécessairement d'un projet.
Les résultats de l'étude confirment la présence d'un tronc commun entre optimisme et espoir, cependant, il existe de nombreuses différences entre ces deux attitudes. Les personnes participant à l'étude semblent utiliser les deux composantes selon des stratégies personnelles.


Par exemple, quand une personne sollicite un stage dans une entreprise, il croit à ses capacités et à sa chance d'obtenir ce stage. En cas de refus, une personne optimiste peut poursuivre son projet en sollicitant d'autres stages dans d'autres entreprises. Cette personne a utilisé deux stratégies différentes : en premier temps, elle avait l'espoir d'obtenir le stage, et en deuxième temps, elle avait l'espoir d'obtenir un stage dans une entreprise différente.
Le résultat de cette étude suggère que l'espoir et l'optimisme sont différents, et partiellement comparables. Notre interprétation personnelle modifie notre définition de ces deux entités. Certaines personnes insistent sur la différence de ces deux entités, d'autres personnes préfèrent mettre en premier la similitude de ces deux entités.

citation henry ford

Optimisme et culture : Voltaire, cet incurable pessimiste  

En sortant du plan individuel, domaine privilégié de la psychologie, nous pouvons poser la question sur la société, et sur son manque d'optimisme.
Il existe peu de pays qui sont définis par leurs écrivains. La France est le pays de Voltaire.  
Cependant, Voltaire avec ses doutes et son incurable cynisme, a fini par rendre l'optimisme suspect, en prétendant que l'optimisme est un manque de lucidité et d'intelligence.

Dans Candide, Voltaire ridiculise les thèses du philosophe allemand Leibniz, fervent de l'optimisme comme attitude mentale et philosophique.
Candide, jeune Allemand à l'esprit simple, de naissance noble mais illégitime, a été recueilli par le baron de Thunder-ten-Thronck. Au château, il est l'élève du docteur Pangloss, partisan comme Leibniz d'une attitude optimiste. Voltaire caricature l'optimisme en parlant d'un candide naïf dans son optimisme, qui va être expulsé de son paradis après avoir été surpris par le baron en train d'embrasser Cunégonde, sa fille légitime. Les ennuis commencent pour Candide.
Voltaire s'amusait dans une critique acerbe des optimistes, en envoyant Candide dans des aventures cruelles, exotiques de Buenos Aires à Constantinople, pour démontrer à son lecteur comment la vie éduque les naïfs optimistes. Candide finira par abandonner ses croyances optimistes, en se retirant pour cultiver son petit jardin.


Voltaire, au moment de rédiger Candide, était bouleversé par le tremblement de terre de Lisbonne qui détruisit la ville en 1755, ainsi par la guerre de sept ans. Banni par le roi, il fut sujet d'un profond pessimisme. C'est lui qui écrivait :


 " Un jour, tout sera bien, voilà notre espérance. Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion. "

Certains philosophes critiquent l'optimisme en disant qu'il semble se référer à quelque chose en dehors de l'homme, que l'optimisme est lié à une notion de possibilité. Certains pensent que l'optimisme peut dépendre des circonstances et de l'environnement.

L'optimisme gagne parfois

En dépit de nos penchants pessimistes naturels, utilisés parfois pour justifier nos peurs, en dépit du fait que nous critiquions plus facilement les optimistes que les pessimistes, les études sociologiques confirment que les gens optimistes attirent les autres. On critique les optimistes par jalousie ou par frustration envers ces gens heureux, ou encore parce que nous trouvons l'attitude optimiste trop limitée dans un monde complexe. La volonté de voir le monde de manière positive est souvent comparée un aveuglement, à une cécité qui ne veut apercevoir que le côté sombre de la réalité.
Dans une société individualiste, l'humain est responsable de plus en plus de son destin. Il est important de se souvenir que l'optimisme et l'espoir sont des attitudes vides de sens sans l'élaboration de plans pour réussir et sans la motivation nécessaire.
Pour échapper au cynisme excessif de Voltaire, et pour ne pas être candide, on peut accepter la définition proposée par nombreuses écoles psychologiques :


" Face à l'incertain, l'optimiste suppose qu'il existe une issue favorable pour agir ".


Référence :  
Drew Fowler, Emily Weber, Scott Klappa,  Steven A. Miller: Replicating future orientation: Investigating the constructs of hope and optimism and their subscales through replication and expansion.
Personality and Individual Differences , 116:22-28 · October 2017

Lire la suite
332 lectures
0 commentaires
En vedette

Hommes blancs en colère votent Trump

trump colere

Hommes blancs en colère votent Trump

Pendant  huit ans, l'Amérique a eu un président afro-américain. Aujourd'hui l'Amérique vient d'élire un président avec un projet et des revendications radicales.


Le sociologue Michael S. Kimmel est l'un des meilleurs spécialistes de la masculinité dans le monde anglo-saxon, il a déjà publié plusieurs livres sur les hommes aux États-Unis et en Angleterre, sur la condition masculine actuelle, le statut des hommes dans la société, dans le couple, et dans le milieu professionnel. À travers plusieurs entrevues, il avait déjà publié des études sur la masculinité, sur la virilité, sur l'homme occidental contemporain, ses problèmes et ses frustrations. Il est connu du monde universitaire, et récemment du grand public, pour ses appels à l'égalité entre les deux sexes en respectant les droits et les besoins de chaque sexe.
En 2013, Michael Kimmel publie un livre de sociologie,  Angry White Men ,  " des hommes blancs en colère " pour analyser la colère qui animent un certain nombre d'hommes  blancs de la classe moyenne, principalement de la classe moyenne inférieure. Il cherche à comprendre pourquoi cette rage, cette violence verbale et cette radicalité. Il commence son étude en refusant l'image donnée de ces hommes par les médias, des perdants violents et racistes. Il détaille les colères d'hommes aux USA, colères contre un système social, économique et culturel, leurs arguments et leurs projets.  

Trump hommes blancs colere

Depuis l'élection de Trump, de nombreux médias cherchent dans ce genre d'études sociologiques de quoi expliquer ce virage. Certains intellectuels avaient déjà prévu le phénomène Trump, comme la conclusion d'une lente accumulation de colères et de frustrations.  Sommes-nous à la conclusion ou au début d'une traduction politique d'un réel mouvement sociologique ?  Si le livre est une étude purement sociologique, il est tout à fait d'actualité dans l'Amérique du président Trump.    


Ces hommes en colère

Les fusillades collectives et les agressions par armes à feu aux États-Unis impliquent généralement de jeunes hommes blancs. Après les fusillades, les médias américains ont discuté les problèmes liés à l'accès aux armes à feu, aux maladies mentales, aux histoires familiales, sans jamais analyser les motivations de ces tueurs, et les points communs entre ces hommes blancs violents et meurtriers. Pourquoi ces hommes blancs de la classe moyenne sont-ils en colère contre la société, le féminisme, le modèle économique, et la culture ambiante ?
Michael Kimmel, par l'intermédiaire d'entrevues, et de rencontres étudie la colère de ses hommes, les motivations, les revendications et leurs points communs. Il formule une première conclusion : ces hommes sont en colère contre un modèle qui les marginalise dans le travail, dans le couple, dans la parentalité. Il dit dans son livre la masculinité américaine (et probablement occidentale) est en train de se transformer, de changer d'époque.
D'où vient cette colère ? Michael Kimmel écrit :

" La colère d'hommes blancs est réelle, profonde et sincère. "

En face d'une société qui les marginalise, ils deviennent conservateurs ou réactionnaires. Ils votent à droite, ou à l'extrême-droite.
Dans son étude, il cherche les motifs de ces colères collectives chez les hommes de la classe moyenne. Il découvre qu'ils ont la nostalgie d'une époque où " être homme " représentait un devoir et un privilège. Ces hommes ne trouvent plus leur place dans la société actuelle, par manque de travail, par manque de perspectives, par les crises économiques successives, par délocalisation, et par déclassement social. Sur le plan sociétal, ces hommes ne trouvent plus leur place dans le couple, dans le rôle de parents. Ils ne sont plus chefs de famille, ils n'ont presque aucun droit dans le couple, et doivent s'adapter continuellement avec un mouvement féministe sans limite.


À la différence de l'approche générale des médias en Occident, l'auteur ne considère pas ces hommes en colère comme une aberration, comme un comportement individuel, mais plutôt comme un groupe ayant certains points en commun. Ces hommes blancs expriment leur colère dans une radicalité vis-à-vis du modèle économique et vis-à-vis du modèle sociétal. Ils sont contre les homosexuels, les considérant comme une atteinte à l'image et au rôle de l'homme dans la société, ils sont contre le féminisme, le considérant comme un facteur de destruction du couple, un moyen de marginaliser les hommes, de les priver de leurs droits dans le couple, et sur les enfants. Ces hommes n'expriment aucun désir de lutte sociale ou syndicale, se drapent dans une radicalité défensive contre les étrangers, contre les multinationales, et contre les changements. Dans ce sens, ils sont conservateurs, individualistes, cherchant dans le passé des solutions pour les problèmes d'aujourd'hui.

Trump hommes


Kimmel souligne l'importance de cette colère masculine, qui gagne de plus en plus les hommes de la classe moyenne inférieure, en raison des transformations économiques et sociales, politiques et culturelles. Presque tous les hommes interviewés dans son livre parlent de " droits bafoués ".  Ces hommes ne croient pas que la politique actuelle est dans le sens de l'histoire et cherchent par les moyens disponibles à influencer la société, y compris par leurs cartes d'électeur.   

Kimmel couvre dans ce livre un certain nombre de motivations de colère, les pères et les droits après la séparation, les lois jugées favorables aux femmes, le chômage, le déclassement social, la situation de l'homme sans emploi dans la famille, la culture médiatique favorable aux minorités et aux femmes, les lois contre la violence conjugale ne prenant en compte que la violence masculine. Dans le cas américain, on trouve également des motivations raciales comme la supériorité de la race blanche ou le port des armes.

Kimmel reconnaît que certaines de ces réclamations sont légitimes. La vie des hommes qui ont participé à son étude était balayée par d'interminables ondes de réformes économiques néolibérales, par des usines fermées ou délocalisées. Ils ont subi des réformes de la société favorables aux femmes sans se soucier des problèmes masculins dans le couple. Ces hommes déclassés perdent leur travail, leur rôle dans la famille, et même leurs couples. Ils ont du mal à voir leurs enfants une fois par semaine, gardés par l'ordre des juges chez leurs ex-femmes.

Ces hommes se sentent bafoués, ignorés et abandonnés. Leurs discours sur les médias sociaux est un terrain fertile pour les théories extrêmes. Ce discours radical joue un autre rôle, il contamine les autres, et transforme l'angoisse des hommes en colère en révolte. C'est visible dans les médias, les forums, les radios et la presse écrite.

Cette colère ignorée, mal interprétée et caricaturée par les médias se transforme en ressentiment qui se traduit de plus en plus par une demande de politique réactionnaire qui bloque la société et freine les changements jugés injustes et inéquitables.

Pour certains hommes, le vrai problème a commencé avec le capitalisme financier qui a lésé la classe moyenne inférieure, qui a privé ces hommes de travail et d'avenir, pour d'autres, le problème a commencé par les lois favorisant les femmes en cas de divorce, en cas litige avec les hommes. Pour d'autres, il s'agit du même mouvement, le féminisme de consommation allié du capitalisme financier, de même que les minorités et les immigrés qui " volent les emplois."

Trump homme blanc colere


Etre un homme occidental aujourd'hui

On a fini avec les scènes de ménage, avec les discussions entre les hommes et les femmes, passons à l'action, encourageons politiquement toute radicalité. Selon ces hommes, être un homme en Occident aujourd'hui est un synonyme de déclassement, d'effondrement de la classe moyenne, de culture féministe dominante, de crises économiques avec raréfaction d'emploi, de cohabitation avec les minorités. Être un homme aux États-Unis devient problématique, sans rôle défini dans la société, sans rôle dans le couple, sans rôle dans la vie de ses propres enfants.
Ces hommes avouent être éduqués à subir silencieusement, la masculinité occidentale n'aime pas les émotions, n'aime pas les hommes qui pleurent ou qui se plaignent. Par contre, ces hommes disent qu'ils ont compris en imitant les mouvements féministes qu'il faut se victimiser, et utiliser le droit de vote pour changer la société.
M. Kimmel parle réellement aux gens. Il sort pour trouver des groupes d'hommes fâchés et discute avec eux pour entendre leur version de l'histoire. Il écoute les activistes des droits des hommes, des masculinistes, et les hommes qui soutiennent ce mouvement.

Kimmel souligne que de nombreuses revendications de ces hommes sont légitimes en ce qui concerne le chômage, déclassement social, les droits des pères, les droits des hommes pendant les procédures de divorce et mentionne combien les revendications sociétales sans limite peuvent engendrer de la colère.


Il indique en même temps que cette colère masculine est parfois mal orientée, épargnant les vrais responsables.
Par contre, certains hommes blancs en colère formulent des revendications anachroniques et mêmes nuisibles à la société comme les partisans de la suprématie blanche.


Est ce que les hommes blancs en colère sont du côté perdant de l'histoire ou finiront-ils par gagner progressivement les esprits et le pouvoir ? 

L'auteur est plutôt optimiste et pense que la société égalitaire pourrait répondre à certaines revendications légitimes.
Trois ans après ce livre, l'Amérique choisit le président Trump.
A chacun de formuler sa propre conclusion.
A noter que le livre est bien écrit, amusant, facile à lire surtout si vous aimez la sociologie et les études du genre. 

Lire la suite
440 lectures
0 commentaires
get('text_top_button', JText::_('DEFAULT_GOTO_TOP_TEXT'))*/?>
get('text_bottom_button', JText::_('DEFAULT_GOTO_BOTTOM'))*/?>

 

 

 

Catégories

 

CULTURE

SOCIETE

BIEN-ETRE

SCIENCES

VIDEOS

 

 

 

Suivez-nous !

 

causam picto twitter

 

causam picto facebook