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Le Postféminisme dans la culture populaire

Post feministe

 

Le Postféminisme dans la culture populaire


Dans les années 90, on pouvait lire dans les médias des critiques souvent véhémentes des livres, des films et des séries télévisées jugées antiféministes ou peu féministes. Certaines de ces productions étaient écrites ou réalisées par des femmes.   


Les féministes radicales s'insurgeaient contre cette " nouvelle image " de la femme qui ne milite pas, qui cherche à s'auto-réaliser dans une société individualiste, en cherchant l'amour et la réussite personnelle.  Ces productions culturelles ne décrivaient plus des femmes victimes de l'injustice et de discriminations, mais des femmes accomplies et heureuses dans cette société, qui passaient leur temps à aimer, à consommer et désirer. Progressivement le nom de post féminisme fait son apparition dans la culture populaire.

Depuis les années 2000, le postféminisme est devenu un sujet important pour le grand public et pour les chercheurs. Les romans, les films et les séries télévisées glissent progressivement vers le post-féminisme.

Le post féminisme n'est pas contre le féminisme. " Il s'agit du féminisme aujourd'hui" selon le terme de Brooks en 1997. On peut définir le postféminisme selon The Wiley Blackwell Encyclopedia of Gender and Sexuality Studies d'avril 2016 comme l'étape après le féminisme, considérant le féminisme come un héritage compliqué, encombrant et utile à la fois. Le post féminisme désavoue le féminisme en ce qui concerne la sexualité, l'individualisme et l'identité. Le post féminisme pense que les femmes ont eu leurs droits dans les années 80 et qu'il est temps de penser à leur qualité de vie personnelle.  

Les discours des médias jouent un rôle crucial dans la représentation, l'évolution et le développement de ce nouveau féminisme, de Sex and the City à Bridget Jones, Outlander, ou à Grils. Le postféminisme est encouragé par la tendance individualiste de la société occidentale qui refuse les contraintes de la collectivité, préférant le libre choix et l'autodiscipline à l'idéologie et aux pressions.

 

Post féminisme : critique et dégagisme du féminisme " à l'ancienne "

Le postféminisme critique les féministes anciennes, radicales, ou " le féminisme à guillotine". Les post féministes se posaient la question : après l'égalité et la parité avec les hommes, que reste t il à gagner encore ?

Quand les féministes radicales parlaient de la nécessité de lutter pour les autres femmes. Le post féminisme s'interroge sur l'action universelle. Faut-il manifester en France et attaquer les hommes pour les femmes africaines ? Faut-il continuer à militer contre les hommes pour la cause des femmes dans les pays musulmans ?

Est-ce que ces femmes veulent vraiment adopter le style de vie occidental ?
La réponse est non. Le postféminisme admet que chaque femme doit reconnaître son propre mélange d'identités, et refuse l'hypothèse d'une identité universelle. Les femmes ne sont pas une catégorie homogène, et n'ont pas les mêmes cultures ni les mêmes identités.

Le féminisme radical avait formulé une vision pessimiste et triste de la sexualité en mettant l'accent sur la domination masculine dans le domaine de la sexualité et et sur les inconvénients des relations. Dans les années 80, de nombreux livres célébraient le vibromasseur pour remplacer les hommes er louaient l'orgasme solitaire. Ces féministes pensaient que la pornographie augmente le nombre des viols, et altère l'image de la femme.

La société individualiste en mettant l'accent sur le choix personnel encourage le post féminisme à rejeter la culture de la solitude, et du vibromasseur, à célébrer la sexualité et à consommer la pornographie si on veut. Le post féminisme accepte le modèle de cette société où le sexe et la sexualité dans toutes ses formes sont largement présents dans les médias, où l'érotisation touche à la fois l'image masculine et l'image féminine.

La pensée centrale du féminisme radical est que la féminité et le féminisme sont opposés : refus de se raser les jambes, et les aisselles, rejetant les cosmétiques, considérant les vêtements aguichants comme une création du patriarcat. Le post-féminisme conseille les femmes d'êtres féminines, séduisantes et belles. Le rouge à lèvres n'est plus en conflit avec le pouvoir féminin. La possession d'un "corps sexy" devient un atout supplémentaire.

Le discours post-féministe peut être considéré comme une forme de résistance ou d'adaptation à la société actuelle. La consommation devient un choix, un outil du plaisir, ou une voie pour encourager l'estime de soi.

Pour certains, le post féminisme est une trahison du féminisme du passé, pour d'autres c'est le seul féminisme acceptable dans une société libérale et individualiste où les hommes commencent à s'organiser pour lutter contre le féminisme radical en caricaturant ses excès.  A la différence du féminisme radical ou des autres vagues de féminisme, le post féminisme n'a pas ses philosophes, ni ses références, c'est un mouvement de la culture populaire, une critique du féminisme ancien avec ses excès sur l'universalisme, sur la sexualité, pour un modèle possible plaidant pour la responsabilité et le libre choix.

 

Post féminisme, un courant culturel

Cette féminité nouvellement définie est reprise dans la culture populaire et peut (à nouveau) être illustrée par les séries télévisées "Sex and the City", "Ally McBeal" et "Desperate Housewives", Bridget Jones, Outlander et d'autres.
Dans son livre " Single Women in Popular Culture " publié en 2012, Anthea Taylor souligne que la figure de la femme seule a profondément marqué la culture occidentale ; cette femme cherchait sa liberté dans le siècle dernier, elle cherche l'amour et de la qualité de vie à notre époque.    

 

Sex and the city post feminisme

 

Après le succès du livre, sex and the city apparait à l'écran en 1998 pour un succès durant 6 saisons. Les critiques contre ce féminisme de consommation et de sexe furent nombreuses, sans diminuer la réussite populaire de cette série. Ces quatres femmes présentaient un modèle différent de la femme occidentale, cette femme post féministe  

 

bridget jons post feminisme

 

 En 2001 le livre Le Journal de Bridget Jones devient un film après un succès littéraire indéniable. C'est une femme qui se dit féministe, qui passe la moitié de son temps à critiquer les hommes, et l'autre moitié à faire l'amour avec eux, et à chercher le partenaire idéal.    

Bridget Jones est une femme célibataire, attachée à sa liberté et à son indépendance. Elle n'est pas une femme de consommation, elle n'est pas riche, elle n'est pas une reine de beauté. C'est la femme des années 2000, une post féministe, qui tente de survivre dans une société individualiste.

 

Outlander Post feminisme


En 2014, le roman Outlander de Gabaldon devient série télévisée. Le succès est au rendez vous, la troisième saison est diffusée actuellement. A travers une comparaison entre le 18ème siècle, et notre époque, cette romance enseigne à la femme, le rôle et les valeurs traditionnelles de la masculinité, et explique à l'homme les capacités et les besoins des femmes. Elle dirige, elle décide, elle aime son mari, elle défend son pays, mais elle veut bien être désirée et aimée comme une femme. Ni consommation, ni égalité revendiquée, mais deux rôles différents, et indispensables pour la survie. L'égalité va de soi.   

 

Girls post feminism


La série Girls a commencé le 15 avril 2012. Après 6 saisons, la série termine son succès en 2017.
Nous sommes après la crise économique de 2008.  La série montre un tableau cru et sans retouche des filles de 20 ans à New york.  Ni consommation, ni féminité triomphante, ni domination, mais précarité économique, médiocrité des relations, sexualité sans projet et rupture, solitude.

 


Dans un article de 1982, Susan Bolotin,  utilise le terme "post-féminisme" dans le NY times  pour  expliquer comment la plupart des jeunes femmes  se déclaraient  non féministes,  en jugeant le féminisme comme un mouvement "trop radical" qui les laisserait "solitaires et amères".  

 


Dans la série Girls, les femmes post-féministes veulent pouvoir choisir entre une vie professionnelle ou rester à la maison pour soigner les enfants, fuient la solitude, insistent sur la liberté de choix ; aucune option ne devrait être stigmatisée ou dévalorisée. Le corps féminin est libre, les femmes sont représentées comme des individus sexuels.


Certains critiques classent la série Grey's Anatomy comme une série post féministe aussi.
Post féminisme en littérature et dans le cinéma


Après le succès planétaire de 50 nuances de grès ou Fifty Shades of Grey (E.L. James, publié en France par Lattès),  Beau salaud  (Christina Lauren, publié par Hugo Roman) vendus à  plus de deux millions d'exemplaires aux USA, racontant une relation patron-assistante, à deux voix à la façon des Liaisons Dangereuses,   suivie d' un autre best seller 80 notes de bleu (vina Jakson) dans l'univers de BDSM  et Calander girl dans l'univers des escortes.  


Dans ces romans, écrits par des femmes, la femme est montrée forte, libre, libérée de toute domination, post féministe, attachée au plaisir sexuel et à sa qualité de vie.


Etant post féministes, ces femmes refusent le choix proposé par certains courants du féminisme radical entre liberté et solitude. Elles veulent partager cette liberté à égalité avec des hommes virils, séduisants et aimants. Ces femmes post féministes revendiquent leur droit à avoir une sexualité épanouie, y compris les jeux érotiques de soumissions.


Il est difficile de compter les livres de nouvelle romance vendus dans le monde. Les féministes radicales stigmatisent ce genre en répétant qu'il s'agit d'une pornographie écrite par des femmes, d'une littérature de boudoir. Cela ne change rien au succès de ce genre littéraire ni aux films réalisés à partir de cette nouvelle romance comme Twilight (2008).

Réf
Michele Schreiber American Postfeminist Cinema: Women, Romance and Contemporary Culture (Traditions in American Cinema EUP) Reprint Edition , 2015

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« Outlander » : femmes fortes qui aiment les hommes

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« Outlander »: féminisme, amour, et romance

Produite par la société Starz, Outlander termine sa deuxième saison. Il s’agit d’un feuilleton divertissant, soigné, qui mérite d’être vu.
Tirée du roman de Diana Gabaldon, la série Outlander est un compromis entre le fantastique et la romance historique.
C’est une histoire de triangle amoureux, de sexe, de guerre. Le succès de Game of Thrones a attiré l’attention des producteurs sur un éventuel changement du goût des téléspectateurs en matière de sexe, de violence, de relations amoureuses, de nudité, et de paysages.

 

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Une dose de science fiction


Outlander est adapté du livre culte de l'écrivain américain Diana Gabaldon de 896 pages. Une recette intelligente et si efficace : une dose de science fiction pour voyager dans le temps d’une infirmière appelée Claire Randall (Caitriona Balfe) qui se rend en Ecosse en 1945 avec son mari Frank (Tobias Menzies), dans l'espoir de raviver leur relation. Claire est le témoin d’un rituel ancien se déroulant sur une colline entourée de pierres levées. Elle se retrouve alors, transportée dans le temps en Ecosse de 1743, une femme seule dans le feu croisé de la rébellion écossaise "jacobite" contre les Anglais.

 

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Décors, paysages, costumes et aventures


Un monde vert vallonné riche de rivières, de montagnes brumeuses, de forêts et de châteaux. Elle découvre que son mari (ou plutot son ancêtre) était présent au 18ème siècle, comme un anglais terriblement cruel qui pourchassait les Highlanders. Elle va tomber amoureuse d’un jeune, beau et héroïque écossais Jamie Fraser (Sam Heughan). Claire est déchirée entre son mari du 20ème siècle et son amoureux du 18ème siècle, entre la fidélité et le désir, entre deux hommes très différents dans deux vies irréconciliables.
Comme ils se déplacent avec leurs plans pour essayer de mettre fin à la rébellion jacobite, Claire et Jamie s'intégrent dans la société écossaise puis dans la société française.
Une partie de la deuxième saison se déroule en France. Versailles, spectacle, décors, costumes, jardins et raffinement.

Comme une romance historique, Outlander dessine le désir comme le plaisir d’être avec son amoureux  et la douleur quand l’autre est loin ou en danger.
Claire et Jamie flirtent tout le temps, leur passion est à la fois romantique et sexuelle.

 

Violence

Meurtres, guerres, maladies, canons, batailles, et agressions sexuelles. L’approche de la violence dans cette série est moins spectaculaire que dans Game of thrones sauf en ce qui concerne la relation entre les deux amoureux. Oulander reflète la violence d’un monde sans justice sociale, un monde cruel, ignorant, sauvage et sans sécurité.

Il existe certains écarts entre le livre et la série, comme donner à Jamie la voix off , alors que le livre lui, est raconté par Claire, ou comme la guérison de Jamie après son agression, mais la série reste fidèle globalement au livre.

 

Nudité

Peut-on parler de nudité de bon goût ? En tous cas, la nudité est présente sans agresser, sans choquer. La nudité masculine comme la nudité féminine. Curieusement, la nudité de Jamie est plus discutable, son corps est parfois traité comme un produit d’appel. Dans certains passages, la nudité masculine est totale (le pénis est montré.)

 

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Femmes fortes, féministes un peu

Les femmes sont fortes dans cette série. Elles ne subissent pas, elles agissent. Claire et les autres femmes font l’amour avec consentement, font des enfants, font la guerre avec courage et défendent leurs hommes et leurs villages sans hésiter.
On voit également certaines nouveautés. Claire est une femme sans culpabilité avec son désir, n’a jamais honte de son corps ou de sa sexualité. Elle aime le corps de son homme, et revendique son droit à ce plaisir. On parle de règles, du lait, d’allaitement... le féminin est normalisé ou presque.


Claire est un personnage positif, dans sa lutte pour la survie, et dans son intimité. Cette série est une épopée imaginaire, un brin féministe, une approche historique et réaliste de la période qui précéda la rébellion Jacobite en Écosse.

 

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La sexualité en feuilleton

Comme dans les autres séries populaires actuelles, Outlander n’oublie pas la sexe.
“Outlander” modifie quelques idées reçues sur le sexe à la télé. Les relations sexuelles entre Claire et Jamie sont romantiques, sans violence, recherchées et désirées. Rien de révolutionnaire dans la représentation de la nudité, de l'intimité, sauf l'intervention du point de vue féminin. Dans cette relation charnelle, il existe une nouvelle définition de la masculinité. Jamie peut être un guerrier, un homme sans merci avec ses ennemis, il est tendre, respectueux, amoureux dans le lit de sa femme. C'est un homme qui montre également sa fragilité et ses doutes sans être pour autant un antihéros, ou un homme anxieux.


Claire est une femme sexualisée, épanouie, sans chercher à se victimiser, ou à afficher sa fragilité.


Par exemple, dans l'épisode du mariage de Claire et Jamie, on voit une nouveauté. L'érotique est raconté du point de vue féminin. Claire n'acceptera pas une nuit de noces lapidaire ou violente. Le couple va parler, échanger. Chaque partenaire va apprivoiser les émotions et les sentiments de l'autre. Jamie, malgré sa masculinité, acceptera volontiers d'être initié par Claire. Finalement, ils ont des rapports sexuels pour la première fois.

La clé du succès de cet épisode est dans la danse de ce couple. Pas après pas, le couple va créer une sorte d'intimité. Cet épisode a été dirigé par une femme, Anna Foerster, et écrit par une autre femme, Anne Kenney. Il semble que ce fait a joué un grand rôle dans la réussite de l'épisode du mariage.
Vers la fin de leur première nuit ensemble, Claire a demandé Jamie de se déshabiller pour elle. Elle touche son corps, pour apprendre à le connaître, à l’apprécier.


Outlander est une série intéressante, avec des nouveautés, sans oublier l’essentiel : suspense et divertissement.

 

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