Encyclopédie: sexologie et couple

Attitudes vis à vis de la bisexualité

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Attitudes vis à vis de la bisexualité

Il existe de nombreuses attitudes vis à vis de la bisexualité, en raison des racines de la bisexualité considérée comme une exception ou une transition entre hétéro - et homosexualité.

1- La première attitude est de nier la bisexualité (Klein, 1978, 1993; Ochs, 1996). Les bisexuels seraient des lesbiennes ou des gays qui nient leur sexualité car ils traversent une phase transitionnelle, ou ils ont peur de faire face à leur propre sexualité en raison de l'homophobie ou de la pression sociale. En revanche, les individus qui prennent part à une activité bi sexuelle hors des structures sociales, comme la bi sexualité des vacances, des campings, ou les échangistes sont considérés comme des hétérosexuels qui expérimentent simplement (Blumstein, 1976b, 1977; Dixon, 1984). Cette attitude a engendré des concepts comme « Lesbiennes lycéennes ou jeunes » pour désigner les jeunes lesbiennes qui changent d'orientation à la fin de leur étude. Le terme implique que ces filles essaient l'homosexualité pour des faits de mode mais reviennent à l'hétérosexualité quand ils entrent dans la "vraie vie".

2- L'attitude de penser que les bisexuels sont en conflit interne entre leurs désirs hétérosexuels et homosexuels. Le côté hétérosexuel cherche un partenaire de l'autre sexe et le côté homo cherche un partenaire de même sexe, et donc les deux moitiés d'un bisexuel sont en conflit avec l'un l'autre, et la personne devient instable, non monogame, immature, et sexuellement confus.

3- l'attitude de penser que la bi sexualité est chic, et à la mode. La culture sexuelle contemporaine a nuancé l'attitude culturelle envers la bisexualité. La bisexualité est devenue comme un comportement de liberté sexuelle supplémentaire. Ce comportement est positivé dans les médias comme l'échangisme. (Blumstein & ampère; Schwartz, 1976b; Dworkin, 2001; Hutchins, 1996). Les magazines populaires ont proclamé la bisexualité comme "chic" dans les années 70.

Pendant la même décennie, les féministes ont commencé à critiquer les relations sexuelles dans le couple et le mariage comme un système inégalitaire patriarcale et répressive. Si l'hétérosexualité était accusée d'asservir les femmes, la bisexualité était considérée comme une trahison féministe, utilisée par les lesbiennes qui ne voulaient pas militer pour la cause féministe ou une manière de vivre hédoniste pour ceux qui voulaient profiter du "mieux des deux mondes" : le plaisir de sexe avec les femmes et l'approbation sociale et économique. La construction hétérosexuelle de bisexualité comme « chic » et la construction féministe lesbienne de la bisexualité comme une trahison ont rendu bisexualité irresponsable, forme de fausse sexualité.

4- La découverte de sida et de HIV et les moyens de transmission a changé la vision du public dans les années 80. Les homosexuels ont été désignés comme vecteurs de la maladie. La contamination de certaines femmes ayant contracté le HIV de leurs maris a été le début d'une deuxième transformation. Les magazines ont commencé à stigmatiser les ces maris bisexuels qui ont contaminé leurs épouses. On conseillait les femmes de se méfier de ces maris irresponsables. La bisexualité n'est plus « chic » mais porteuse de la peste et de la mort.
abs11.5 Préjudice et discrimination contre les bisexuels

La discrimination contre lesbiennes et gays est de mieux en mieux étudiée, celle contre les bisexuels reflète une grande pauvreté de documentation et d'analyse.
Loin de l'image simpliste médias et des forums, la discrimination contre les bisexuels est double, ces personnes subissent l'homophobie et la biphobie. Les Bi se plaignent par exemple de perdre la garde de leurs enfants en affichant leur identité Bi ou d'être refusés professionnellement ou socialement. Les enfants des bi sont parfois refusés dans certaines écoles. Les hommes bi sont stigmatisés comme des hommes gays (homophobie) et comme bi par certains gays. Le degré de la bisexualité est un facteur important aussi.

L'aversion sociale augmente nettement quand le bisexuel est décrit comme homo. Eliason (1997) a trouvé que les étudiants hétérosexuels ont estimé que les femmes bisexuelles et les hommes bi sont moins acceptables et respectables que les lesbiennes et les hommes gays. Les hétérosexuels croient largement que les bisexuels diffusent plus les maladies sexuellement transmissibles que les hétérosexuels, les lesbiennes ou les homosexuels, image héritée des années 80.

Plusieurs chercheurs ont documenté des attitudes violentes des lesbiennes et des gays envers la bisexualité. Certains courants lesbiens disqualifient les bi sexuelles bien que la majorité de ces lesbiennes ont eu des relations sexuelles avec les hommes. La construction féministe lesbienne de l'identité lesbienne a transformé la bisexualité en trahison. L'antagonisme entre bisexualité et homosexualité est une réalité encouragée parfois pat une lutte de pouvoir au sein de la communauté homosexuelle, et parfois par des réactions sociales ou culturelles.

Les attitudes de lesbiennes vis à vis des femmes bisexuelles ont été étudiées et analysées de nombreuses études comme celle d' Esterberg (1997) et celle de Rodriguez Rust en 2000.
abs11.5 Attitudes des hétérosexuels vis à vis des bisexuels

Les femmes hétérosexuelles semblent moins favorables vis a vis des bisexuels que vis à vis des homosexuels, sans distinction de sexe. Les hommes hétérosexuels semblent moins favorables vis à vis des hommes gay ou bi, et plus indulgents vis à vis des femmes (bisexuelles ou lesbienne) sans distinction.

Peut on comprendre la réaction des hommes par leur anxiété sur leur identité sexuelle, leur peur de devenir homo ?? C'est l'avis de certains auteurs comme (Herek, Kimmel, 1997).
Si les femmes hétérosexuelles sont moins favorables aux minorités sexuelles que les hommes, (Herek, 2000). Leurs attitudes vers chaque groupe peuvent avoir des motivations différentes.

Les attitudes vis à vis des bisexuels ont aussi des motivations sociales et psychologiques. Pour certains hétérosexuels, les attitudes négatives vis à vis des bisexuels font partie d'un système culturel de croyance (religion, tradition). Depuis 1980, ces idéologies sont redevenues une base importante des identités sociales. ( Herman, 1997).
D'autres attitudes peuvent être influencées par l'origine sociale (les ruraux sont plus hostiles, les zones isolées).
La date de naissance joue un rôle plus important que l'age ; les personnes qui sont nées dans les années de tolérance et de libération sexuelle sont plus favorables aux minorités sexuelles, les jeunes nés dans les années 80 sont moins favorables aux minorités sexuelles car ils ont vécu dans des normes sociales différentes (retour des religion, Sida)

Les plus jeunes personnes ont grandi dans une époque caractérisée par tolérance accrue pour les minorités sexuelles (Herdt, 2001), et leur attitude négative vis a vis des minorités sexuelles peut être une ignorance ou manque d'information plus qu'une attitude culturelle (Herek)

Les attitudes négatives des hétéro sexuelles se renforcent par les attitudes des homosexuelles vis à vis des bisexuelles, et surtout un certains courants féministes qui peuvent soupçonner des femmes bisexuelles de trahir la cause féministe et les valeurs lesbiennes, qui affiche une attitude anti masculine virulente. La réponse des hétérosexuels est de même ordre ; hostilité contre hostilité, et majorité contre minorité. (Mohr & Rochlen, 1999).

REFERENCES

    Herdt, G. H. (1990). Developmental discontinuities and sexual orientation across cultures. In D. P. McWhirter, S. A. Sanders, & J. M. Reinisch (Eds.), Homosexuality/heterosexuality: Concepts of sexual orientation (pp. 208-236). New York: Oxford University Press.
    Herdt, G. H. (2001). Social change, sexual diversity, and tolerance for bisexuality in the United States. In A. R. D'Augelli & C. J. Patterson (Eds.), Lesbian, gay, and bisexual identities and youth: Psychological perspectives (pp. 267-283). New York: Oxford University Press.
    Herek, G. M., Capitanio, J. P., & Widaman, K. F. (2002). HIV-related stigma and knowledge in the United States: Prevalence and trends, 1991-1999. American Journal of Public Health, 92, 371-377.
    Herman, D. (1997). The antigay agenda: Orthodox vision and the Christian Right. Chicago: University of Chicago Press.
    Kimmel, M. S. (1997). Masculinity as homophobia: Fear, shame and silence in the construction of gender identity. In M. M. Gergen & S. N. Davis (Eds.), Toward a new psychology of gender (pp. 223-242). New York: Routledge.
    Leland, J. (1995, July 17). Bisexuality. Newsweek, pp. 44-50.
    Mohr, J. J., & Rochlen, A. B. (1999). Measuring attitudes regarding bisexuality in lesbian, gay male, and heterosexual populations. Journal of Counseling Psychology, 46, 353-369.
    Rust, P. C. (2000). Bisexuality: A contemporary paradox for women. Journal of Social Issues, 56(2), 205-221

 

 

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