Encyclopédie: sexologie et couple

Addiction ou dépendance sexuelle

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Addiction ou dépendance sexuelle

 

Addiction, dépendance : définition
Certaines activités (comme boire ou jouer) stimulent une voie vers la récompense dans le cerveau. Le cerveau veut poursuivre cette activité, malgré les conséquences négatives auxquelles la personne concernée est confrontée. Le désir de récompense devient plus fort que l'incidence négative et c'est ainsi que le comportement se poursuit. Une personne dépendante au jeu peut continuer à essayer d'entrer dans un casino après y avoir été interdite d'accès.

 


Addiction sexuelle : généralités
Ce terme n'a aucune valeur scientifique pour le moment ; Les sites et les ouvrages qui popularisent ce terme en France ne font que traduire des livres américains écrits dans une majorité des cas par des journalistes et non pas des spécialistes.
L'addiction sexuelle a été inventée par un journaliste américain Patrick Carnes en 1983 dans son livre " Out of the Shadow ", publiée en USA. Ce terme tente de rendre certains comportements pathologiques, y compris la fréquentation de sites pornographiques ou la fréquentation des prostituées.
Mais comme au 19ème siècle où la masturbation était décrite comme le mal absolu, des cliniques se sont spécialisées dans le traitement de la masturbation, les cliniques sexuelles sont nombreuses aux USA pour traiter les problèmes de couples et de sexualité.
La médecine moderne n'a pas oublié les erreurs de 19ème siècle concernant les prétendues maladies sexuelles comme la nymphomanie et la masturbation. En 2007, Aucun ouvrage scientifique américain, européen ou asiatique n'a admis le terme addiction sexuelle comme une maladie. Les études sont nombreuses, mais les conclusions ne permettent pas de trouver des critères valables scientifiquement.

En France, l'idée la plus admise est :

"Il existe une dépendance sexuelle lorsque le patient souffre de cette dépendance et demande l'aide. Les autres définitions arrivant des travaux journalistiques américains sont à manipuler avec méfiance."


L'addiction sexuelle est une notion controversée, critiquée du point de vue libertaire, libéral comme un jugement moral par gens qui n'apprécient pas le comportement d'autres personnes, un jugement déguisés en concept scientifique. Il a été critiqué comme une excuse " C'est une maladie " - d'un comportement "immoral ".


La dépendance sexuelle est le remède à des problèmes non sexuels, rechercher de réconfort et éviter la douleur. C'est un passage du passif à l'actif ; en cas d'abus sexuel dans l'enfance, une reconstitution inconsciente du traumatisme entraîne parfois une dépendance sexuelle.
Il est possible de parler de dépendance quand une conduite envahit la vie quotidienne au point d'empêcher la personne de vivre.
Un addict vit pour satisfaire sa dépendance ; il peut passer des jours à jouer, à boire, à se droguer ou s'intéresser au sexe négligent tout autre intérêt de sa vie sociale et affective.

La dépendance est une recherche de plaisir qui s'accompagne de souffrance. Des fois, la dépendance est une réponse à la souffrance physique, psychologique ou morale.


Dépendance sexuelle :   Compulsivité ? Nymphomanie ?
La majeure partie d'études se contredit sur ce sujet controversé. Certaines études utilisent le terme addiction sexuelle ou dépendance sexuelle. D'autres préfèrent le terme : Comportement sexuel compulsif. Dans l'état actuel de nos connaissances, les deux concepts ont une valeur scientifique incertaine et sans utilité réelle.
Certains pensent que la meilleure définition est celle du patient, lorsqu'un patient consulte car son désir sexuel est hors contrôle selon lui, il est possible d'admettre qu'il existe un comportement pathologique. D'autres pensent qu'il s'agit d'un comportement associé à d'autres troubles. Il existe selon ces études une association entre certains comportements compulsifs et l'usage des drogues (64%), anxiété (50%), et dépression (39%). La réduction de l'anxiété et l'amélioration de la dépression peuvent améliorer le contrôle sur le comportement sexuel.


Il semble que la dépression peut parfois augmenter l'intérêt de la sexualité dans une minorité des patients (15-25%) (Nofzinger et al., 1993).
L'anxiété peut aussi encourager un comportement compulsif, comme on voit dans la masturbation. Certains patients anxieux trouvent dans la sexualité un remède acceptable et efficace.
La sexualité hors contrôle dans ces cas peut aller d'une simple masturbation excessive à la pédophilie, et au viol en passant par voyeurisme, et exhibitionnisme.
Ces approches tentent donc de nuancer la portée de ce terme et de considérer le comportement sexuel hors contrôle comme la traduction d'autres troubles comme anxiété ou dépression.

 

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La dépendance sexuelle chez les femmes
La majorité des patients qui consultent pour dépendance ou addiction sexuelle sont des hommes. Les femmes qui consultent pour dépendance sexuelle ont un comportement sexuel traditionnel mais elles ont une fréquence plus élevée que la moyenne de nombre des rencontres sexuelles et des partenaires sexuels. Cette augmentation de nombre des partenaires sexuels répond selon les patientes au désir d'être aimée ou appréciée, au désir d'être moins anxieuse et moins seule et non pas au désir sexuel. Schneider (2000a) et Ross (1996) indiquent que certaines femmes qui se décrivent comme dépendantes sexuelles adoptent un comportement sexuel de type masculin : stimulation visuelle par la pornographie, sexualité de groupe, sexualité tarifée et prostitution.
D'autres femmes adoptent des rôles sexuels passifs, et préfèrent être manipulée, séduites, cela leur permet de jouer le rôle de la victime.
Schneider (2000a) rapports que les femmes en dépendance sexuelle éprouvent plus de honte que les hommes dans leur recherche à assouvir leur dépendance, mais ne considèrent pas toujours ces expériences comme négatives. Elles décrivent des moments de plaisir et de jouissance sans les revendiquer pour autant.

 

Les principales caractéristiques de la dépendance sexuelle sont :
* Une perte de contrôle, et Fort sentiment de déni.
* Nier sa dépendance est un facteur puissant qui pousse la personne à ne rien changer à ses habitudes.
* La dépendance peut être influencée par l'environnement de la personne. Si les parents de la personne fument, ce comportement devient acceptable pour l'enfant. Les enfants de fumeurs ne deviennent pas eux-mêmes fumeurs ; Certains d'entre eux peuvent, en réaction à une influence de leur environnement, décider de ne jamais fumer.

 

Phases de la dépendance sexuelle
* La première phase est la phase obsessionnelle.
* La personne semble occupée excessivement par les pensées sexuelles.
* La deuxième phase est celle de ritualisation.
* La personne suit des actions spécifiques et rituelles pendant son comportement sexuel.
* La troisième phase est la personne est incapable de contrôler ou d'interrompre son comportement.
* La quatrième phase où la personne est incapable de contrôler son comportement.

 

Dépendance sexuelle et vie de couple
Les pensées sexuelles et les comportements compulsifs sont plus "inquiétants " pour le patient que pour son couple, d'autres études soulignent que la dépendance sexuelle affecte réellement le couple et le mariage.
Cooper (2000) a rapporté que la consommation sexuelle compulsive en ligne par exemple semble affecter la vie personnelle des consommateurs dans 13% des cas. Le temps passé pendant cette consommation semble en lien directe avec le degré de risque engendré sur le couple.
Ce sont généralement les femmes qui semblent plus affectées par la dépendance sexuelle de leur conjoint.  Cette dépendance peut avoir plusieurs formes : consommation de matériel pornographique, consommation de sexualité tarifée (prostitution) ou l'implication dans une sexualité de groupe.
La femme souffre car elle se sent négligée, non désirée, voire délaissée. Ce sentiment entraîne frustration et colère, et une forte remise en question de son estime de soi et de sa désirabilité.
Le couple est menacé par cette situation hors de contrôle.
Le couple tente de régler ce problème avec ses propres moyens, puis le couple consulte pour chercher l'aide en découvrant que la dépendance sexuelle est généralement une réponse à des besoins non sexuels.
La dépendance sexuelle peut mettre en danger le couple en cas de relation extraconjugale, ou en cas de mise en danger de l'équilibre financier du couple (frais de consultation de sites porno ; frais de téléphone rose, frais de prostituée, etc.)

 

 

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Dépendance sexuelle et pornographie
Certaines études soulignent que la solitude et la consommation de la pornographie sont plus présentes chez les dépendants sexuels. Il s'agit d'une consommation visuelle de la pornographie : films, images, etc.
Cette consommation de pornographie ne doit pas être considérée comme pathologique sauf si le patient consulte pour demander l'aide lorsque cette consommation devient envahissante et échappe au contrôle du patient.
Un des problèmes majeur est que la consommation de la pornographie peut intervenir dans une relation de couple.
Cooper. (2000) a rapporté que la consommation sexuelle compulsive en ligne par exemple semble affecter la vie personnelle des consommateurs dans 13 % des cas. Le temps passé pendant cette consommation semble en lien direct avec le degré de risque engendré sur le couple. Le patient consulte dans ce cas pour sauver son couple. Les addict sexuels qui consomment d'autres formes de pornographie comme voyeurisme ou sexualité de groupe sont moins nombreux.
Raviv (1993) rapporte que les addicts sexuels consommateurs de pornographie ont une sensibilité personnelle élevée et une anxiété plus présente. Cette dépendance répond à des besoins non sexuels dans une majeure partie des cas.

 


Traitement de la dépendance sexuelle
Les principes de traitement se basent sur une aide personnalisée pour comprendre les motivations de chaque addict. Il faut tout d'abord vérifier le diagnostic et éliminer d'autres maladies possibles pouvant se traduire par une dépendance sexuelle.
Ross (1996) propose de diriger le traitement pour sortir de la relation agresseur - victime pour permettre aux femmes et les aux hommes de construire une intimité réelle basée sur l'égalité. Cette approche tente donc de remédier aux problèmes psychologiques concernant la relation homme femme : problèmes avec la mère, idée négative sur les femmes, idées négatives sur la sexualité etc.
Leedes (1999) suggère que les addicts sexuels aient besoin de se rendre compte que leurs rêves et leurs fantasmes sont des substituts aux liens interindividuels manquants ; Ces liens qui offrent la sensibilité et la consolation recherchée. Il recommande donc de diriger le traitement pour comprendre le pouvoir néfaste des fantasmes sexuels qui tentent de remplacer la réalité et pense que l'amélioration des rapports interindividuels réels est plus utile que de tenter d'éliminer les fantasmes du monde virtuel par exemple.
D'autres comme Benotsch (1999) suggèrent de cultiver l'autogestion du comportement sexuelle, d'aider le patient à comprendre ses motivations, ses limites et d'élaborer des scénarios de résistance : limiter la sexualité virtuelle, abandonner certaines habitudes, arrêter l'accès aux sites pornographiques, etc.
Reece (2003) encourage les médecins de cultiver chez les patients les moyens de la prise de décision sexuelle. Cette approche est similaire à l'approche décrite par Benotsch.

 

Références
* Benotsch. E., Kalichman. S., & Kelly, K. (1999). Sexual compulsivity and substance use in HIV-seropositive men: Prevalence and predictors of high-risk behaviors. Addictive Behaviors, 24, 857-868.
* Leedes, R. (1999). Theory and praxis: A heuristic for describing, evaluating, and intervening on sexual desire disorders when sexual expression interferes with humanistic expression. Sexual Addiction and Compulsivity, 6, 289-310.
* Reece, M., & Dodge, B. (2004). Exploring indicators of sexual Compulsivity among men who cruise for sex on campus. Sexual Addiction and Compulsivity, II, 87-113.
* Barth, R. J., & Kinder, B. N. (1987). The mislabeling of sexual impulsivity. Journal of Sex and Marital Therapy, 13, 15-23.
* American Psychiatric Association. (2000). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (4th ed., text rev.). Washington, DC.
* Rinehart, N. J., & McCabe, M. P. (1997). Hypersexuality: Psychopathology or normal variant of sexuality? Sexual and Marital Therapy, 12, 45-60.
* Nofzinger, E. A.,  et al. (1993). Sexual function in depressed men: Assessment by self-report, behavioral, and nocturnal penile tumescence measures before and after treatment with cognitive behavior therapy. Archives of General Psychiatry, 50, 24-30.

 

 

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