![]()

Chaque petit enfant a besoin d’établir des relations significatives, chaleureuses et stables avec les adultes qui l’entourent. Pour cela, il doit pouvoir bénéficier de l’attention bienveillante (regard, écoute, gestes, paroles etc.) et permanente d’un nombre limité d’adultes connus comme d’une présence continue de ceux-ci auprès de lui.
Le domaine des soins et de l’éducation est grandement influencé par la représentation qu’a la société de l’enfant. Or, celle-ci a fortement évolué au cours des derniers siècles. Il convient donc de parler les conditions dans lesquelles s’est constituée la théorie de l’attachement.
En effet, elle naît au milieu du XX siècle, dans le contexte historique de la guerre. Il est vraisemblable que l’expérience traumatisante des guerres généralisées et des génocides de la première moitié du XXe siècle ait provoqué un changement dans les préoccupations du public.
La perte, le deuil, l’abandon sont omniprésents dans l’esprit d’une humanité blessée. En regard de l’état de carence alimentaire va se forger la notion que la relation constitue une sorte d’aliment du psychisme, et que l’enfant peut aussi souffrir de carence affective.
La théorie de l’attachement est liée aux thématiques du manque et de la séparation.
Après la guerre, le chercheur René Spitz commence à s’intéresser à des nourrissons abandonnés dans une pouponnière autrichienne. Il étudie les effets de la séparation sur ces enfants qui reçoivent de la nourriture en suffisance et des soins dans de bonnes conditions sanitaires. Selon lui, «si les microbes sont exclus par l’hygiène, les relations le semblent également.»
Il découvre ainsi des symptômes dépressifs chez les enfants accueillis, tels que la perte de poids, les gémissements plaintifs ou l’arrêt du développement cognitif. Cela est réversible si la durée de la séparation n’est pas supérieure à cinq mois. Dans le cas où ces symptômes se prolongent, ils se muent en carence affective grave.
Les travaux de Spitz ont montré que l’enfant développe une vraie relation dans sa première année de vie.
Anna Freud et Winnicott ont repris cette théorie et mis en évidence l’importance de la continuité relationnelle. Ils se sont essentiellement préoccupés de la relation mère – enfant ce qui ne convenait pas au fondateur de la théorie de l’attachement, le pédopsychiatre John Bowlby. Ce dernier a voulu comprendre les raisons pour lesquelles la séparation entre l’enfant et sa famille entraînait chez ce dernier une telle détresse. Pour cela, Il fonde sa théorie sur les liens entre l’enfant et ceux qui l’élèvent.
Le terme d’attachement s’est enrichi au fil du temps.
Il se définit en terme d’attachement à quelqu’un. « Etre attaché à quelqu’un » signifie qu’en cas de détresse ou d’alarme, on recherche la proximité, et la sécurité de la figure spécifique à laquelle on est attaché.
Les comportements d’attachement sont destinés à favoriser la proximité. Ces comportements semblent de nature innée : ils ont comme fonction d’attacher l’enfant à sa mère et de favoriser le lien réciproque de la mère à l’enfant. Tout comportement qui permet à une personne, tout au long de la vie, de devenir proche ou de maintenir la proximité de quelques figures préférentielles et privilégiées peut être considéré comme un comportement d’attachement.»
Dès la naissance, l’enfant est dépendant de l’adulte. Il apprend à susciter l’apaisement par les cris ou les pleurs. L’apprentissage de cette démarche qui procure au nourrisson apaisement et sécurité est précisément ce que nous désignons par l’attachement de l’enfant.
De manière générale, l’attachement désigne une forte tendance chez l’enfant à entrer en contact avec une autre personne, de se sentir en sécurité en présence de cette même personne et en détresse quand il en est séparé.
L’attachement n’est pas une relation égalitaire, il existe un protecteur et un protégé. L’attachement est une connexion émotionnelle entre les personnes lorsqu’elles sont en relation d’intimité avec les autres. Le lien d’attachement est dirigé du plus faible vers celui qui protège : seul l’enfant est attaché à ceux qui l’élèvent. Les parents, eux, lui donnent protection et réconfort, mais ne lui sont pas attachés au sens de la théorie de l’attachement »

Tous les bébés humains arrivent au monde pourvus d’un certain nombre de systèmes qui contribuent à la survie de l’individu.
En ce qui concerne l’attachement, le but est de maintenir la proximité de l’enfant avec le protecteur en fonction de ses besoins et du contexte. Pour cela, l’enfant dispose d’un répertoire de comportements de trois types différents.
– Le premier type est constitué de comportements dits aversifs comme pleurer et crier; ils servent à attirer l’attention des adultes qui s’occupent de l’enfant.
– Le deuxième type est celui des comportements dits actifs qui apparaissent parallèlement au développement moteur du bébé. Ce sont par exemple le quatre – pattes ou le fait de ramper, puis plus tard la marche ; ils permettent à l’enfant de gérer avec ses propres ressources la distance entre sa figure d’attachement et lui-même.
– Le troisième type est composé de comportements dits de signal comme le sourire et la vocalisation ; ils apparaissent après la naissance et montrent l’intérêt que porte l’enfant à
la figure d’attachement.
Selon Bowlby, l’activation du système dépend de certaines des conditions suivantes :
1 – L’état de l’enfant : la fatigue, la faim, la mauvaise santé, la douleur, le froid
2- Où se trouve la mère par rapport à l’enfant et son comportement : la mère absente, la mère qui part, la mère qui décourage la proximité
3- D’autres conditions provenant de l’environnement : l’apparition d’évènements alarmants, le rejet provenant d’autres adultes ou d’enfants.
Ainsi pour l’enfant, la source de cette alarme est par exemple des émotions négatives comme la peur ou la colère qu’il ne peut réguler et qui le place dans un état de « chaos ».
Dès le 9è mois, les conditions d’activation sont principalement l’éloignement subi de la figure d’attachement, l’inconnu, la présence de personnes non familières et les stimuli effrayants tels que le noir par exemple.
Il est important de noter que l’entrée en crèche ou même à l’école dans certains cas expose l’enfant à la quasi-totalité de ces contextes de manière simultanée ! Il convient donc de le préparer progressivement à la séparation et au changement de milieu.
La proximité d’avec la figure d’attachement peut mettre au repos le système d’attachement puisque l’objectif du système est atteint. Le parent répondant en même temps par le réconfort et la protection, le bébé va progressivement associer à cette proximité un vécu émotionnel de sécurité qui est un état émotionnel de détente, et de calme. Cet état émotionnel va devenir l’objectif interne du système d’attachement de l’enfant, la proximité devient l’objectif externe »
Le besoin de proximité ou d’attachement va être variable en fonction de l’âge de l’enfant, de ses capacités cognitives, des réponses de l’environnement à ses essais d’obtention du réconfort, de son état physique (malade, fatigué) ou encore de l’environnement (familier ou pas, hostile ou amical)
L’attachement est un système d’interactions qui structure le cerveau du bébé, qui organise son être, sa personne tant au plan moteur qu’affectif et intellectuel, et a des répercussions sur tout son développement affectif et social ultérieur.
L’enfant va créer des modèles de comportement selon ses expériences.
Les modèles internes ont été définis en majeure partie grâce au travail de la chercheuse Mary Main.
Ils sont expliqués de la manière suivante : « Ils traduisent la confiance dans les autres comme capables de répondre de manière adéquate, et proche en cas de difficulté, et donc de la confiance en soi comme personne digne d’être aimée et soutenue par les autres. Ils comportent aussi le sens de l’impact sur l’autre en cas de détresse ou d’alarme.
Ces modèles deviennent opérationnels vers 3 ans, ils sont stables car ils filtrent les perceptions et ne retiennent que celles qui confirment les attentes. Les enfants organisent leur compréhension des nouvelles expériences et des relations pour qu’elles soient en adéquation avec les représentations qu’ils ont déjà formées. Ce processus est inconscient.
Bowlby s’est intéressé à l’âge auquel se créent ces modèles ainsi qu’à leur processus de constitution. Ils apparaissent selon lui vers l’âge de 6 mois. La capacité du bébé à reconnaître sa mère survient avant tout autre chose car c’est elle qui est la plus significative à ses yeux du fait de la variété et de la fréquence des échanges qu’ils partagent. Bowlby cite des expériences qui montrent qu’avant l’âge de 5 mois, un enfant manifeste une préférence pour sa mère par rapport à une personne inconnue et qu’à partir de 5 mois, il en a déjà une représentation élémentaire. Bowlby pensait que c’est dès le milieu de la première année de la vie qu’un modèle se forme, au moment où l’enfant est capable de reconnaître et de rechercher un objet disparu.
L’apparition de ces modèles serait liée à l’acquisition progressive de la permanence de l’objet développée par Piaget dans sa théorie sur le développement cognitif.
Si l’enfant change de milieu, il est important qu’il réadapte ses modèles, ce qui n’est pas toujours aisé surtout pour les enfants en bas âge qui n’ont pas encore acquis la représentation mentale. En lien avec ces différents milieux, nous pouvons dire qu’il existe vraisemblablement un modèle de relation d’attachement pour chaque figure d’attachement.
Dans un premier temps, les expériences vécues avec ses parents constituent une base solide pour appréhender le monde. La répétition dans le quotidien des soins que l’on donne à son enfant, ainsi que les réponses que l’on fait à ses appels, à chaque fois qu’il vit des moments d’inconfort, de tristesse, de crainte devant l’inconnu, conduit à la construction de ce sentiment de confiance et de sécurité ou de non confiance et d’insécurité si l’intervention tarde à venir.
Cette relation première, fondée sur cet ensemble d’interactions va servir d’exemple pour toutes les situations où l’enfant va se trouver dans une relation nouvelle à mesure qu’il grandit.
L’enfant peut s’appuyer sur cette construction interne, cette image de quelqu’un qui répond adéquatement ou non, pour juger cette nouvelle personne qui entre en relation avec lui.
La constitution du premier lien d’attachement entre une mère et son enfant, s’effectue en une communication composée de regards, de sourires et de soins. Cela apporte du plaisir au parent (plaisir d’apaiser, de rassurer) et des liens spécifiques se tissent. Plus les réponses sont appropriées, constantes et prévisibles, plus le nourrisson est susceptible d’être sécurisé et apaisé.
La qualité de ce dialogue varie selon les interlocuteurs et les circonstances.
Les besoins du nourrisson sont permanents tandis que les réponses des adultes sont variables : en qualité, en constance et en permanence.
Ce lien n’apparaît pas de manière instantanée. La constitution d’une figure d’attachement prend neuf mois. Ce n’est pas parce qu’une maman est séparée à la naissance pendant deux semaines de son bébé, que cela va compromettre le développement de l’attachement de celui-ci. Il ne s’agit en aucun cas d’un phénomène d’empreinte immédiat mais d’une construction.
Il existe une « phase innée » de l’attachement. Dès les premiers mois, le bébé possède un ensemble de capacités émergentes (réflexes, sens) qui lui permettent de communiquer avec l’adulte. Ces interactions se composent essentiellement des contacts quotidiens entre le bébé et sa mère : regards, vocalises, sourires, etc. Cela démontre un plaisir partagé et permet au bébé d’anticiper, d’attendre la poursuite ou la répétition des échanges comme s’il en était le moteur. Cette phase se nomme l’accordage, c’est une sorte de « communion » affective entre le nourrisson et sa mère. Les conditions préalables qui favorisent une bonne qualité des échanges sont la disponibilité des parents et la sensibilité de ces derniers à repérer les moments d‘éveils du bébé.
Cette partie innée mise à part, l’attachement semble se constituer en quatre phases.
1- La première dure de la naissance à trois mois : c’est la phase de l’orientation et des signaux sans discrimination d’une figure. Dès sa naissance le bébé est dépendant d’autrui c’est pourquoi il recherche le contact. Puisqu’il est limité du point de vue moteur et cognitif pour réguler la proximité, il utilise des signaux de trois types différents. Ces derniers sont plutôt orientés vers les êtres humains mais non envers une personne en particulier. Des études récentes montrent que dès sa naissance le bébé marque déjà des préférences discrètes pour ce qui lui est familier comme la voix de sa mère par exemple.
2- La seconde phase se déroule entre l’âge de trois et six mois. Elle se caractérise par le fait que les signaux du bébé sont dirigés vers une ou plusieurs figures individualisées et cela grâce à deux changements importants. L’enfant peut mieux contrôler ses actes donc il cherche plus activement la proximité de sa figure d’attachement.
Il distingue les individus familiers des inconnus. Ses comportements sont plus orientés vers sa mère, il la sollicite davantage car elle l’apaise mieux que les autres. A partir de trois à quatre mois, il est capable de sourire de manière sélective et fait une nette différence entre sa mère et les autres. C’est le début de la hiérarchisation des figures d’attachement. En fonction de la qualité de réponse des parents, il y a un effet de renforcement réciproque : ces figures particulières vont devenir ses figures d’attachement.
3- La troisième phase s’étend de l’âge de six – neuf mois jusqu’au début de la troisième année.
C’est l’établissement de la base de sécurité, l’enfant cherche le maintien de la proximité avec une figure en utilisant les signaux et les gestes. D’importantes modifications se produisent au niveau des capacités motrices, cognitives et de communication de l’enfant lui permettent d’être plus actif dans la régulation de la distance avec sa figure d’attachement principale. En lien avec ce phénomène apparaissent la peur de l’étranger et l’angoisse de séparation : l’enfant suspend ses activités quand il est confronté à une personne inconnue, s’en éloigne pour aller vers sa figure d’attachement en témoignant de l’activation de son système d’alarme. Après un certain temps, si l’étranger montre des affects positifs et n’est pas intrusif, l’enfant peut interagir avec lui, en maintenant un certain niveau d’alerte. Tout éloignement ou absence de la figure d’attachement active de manière spécifique l’attachement de l’enfant et déclenche les comportements comme l’angoisse de séparation.
4- la dernière phase se produit entre l’âge de deux ans et demi et quatre ans : c’est le partenariat émergent. L’enfant acquiert de nouvelles compétences relationnelles et peut désormais négocier avec l’adulte. L’enfant de cet âge a beaucoup moins besoin de la réalité d’une proximité que de la conviction de la possibilité de maintenir l’attention de la personne protectrice.
Le développement du langage permet des conversations dans lesquelles l’enfant échange verbalement avec ses figures d’attachement sur ses affects et ses objectifs.
L’enfant, grâce à sa motricité, est capable d’une autorégulation de la distance optimale qu’il peut supporter avec sa figure d’attachement ; le développement de ses capacités cognitives lui permet de s’être construit une représentation mentale de la séparation, qu’il peut mieux tolérer.

La notion de figure d’attachement a été définie par Bowlby en 1969 : « C’est la personne vers laquelle l’enfant dirigera son comportement d’attachement. Howes (1999) propose de repérer dans le réseau social de l’enfant les figures d’attachement ayant une fonction de soins à partir des trois critères :
– il s’agit d’une personne prenant soin physiquement et émotionnellement de l’enfant,
– ayant une présence importante et régulière
– investissant émotionnellement »
Ainsi, il est important de savoir que les comportements du bébé sont toujours dirigés vers une ou des personnes vivantes dans son entourage proche.
Dans les circonstances habituelles, on s’attache à des personnes adultes. Dans des environnements plus hostiles ou marqués par la négligence, on peut s’attacher à un frère ou à une sœur aîné(e). Dans des circonstances de négligence extrême, on peut s’attacher à un animal comme un chien. Mais on ne s’attache pas à un objet inanimé.
Est il habituel pour l’enfant de diriger ses comportements d’attachement vers plusieurs figures, et dans ce cas, les traite-t-il de la même manière?
Bowlby répond à ces questions de la manière suivante : presque dès le début beaucoup d’enfants ont plus d’une figure vers lesquelles ils dirigent leur comportement d’attachement ; ces figures ne sont pas traitées de la même façon ; le rôle de la figure d’attachement peut être rempli par d’autres que par la mère naturelle.
Selon Bowlby, cette hiérarchie s’établit selon la force du sentiment de sécurité qu’apporte chaque personne à l’enfant, en lien avec la qualité et la quantité des soins donnés.
Généralement, c’est la mère qui devient figure d’attachement principale car c’est elle qui est la plus présente durant les premiers mois. L’enfant a une tendance innée à s’attacher spécialement à une figure : dans un groupe stable d’adultes, une figure deviendra une figure d’attachement privilégiée.
Les personnes qui s’occupent du bébé dans les premiers mois de sa vie (père, mère, substitut parental, grands-parents, nourrice) deviennent progressivement des figures d’attachement. Celui qui soigne est préféré. Le nourrisson apprend progressivement à se tourner électivement vers ces personnes, en cas de détresse.
On les appelle les figures d’attachement primaires. Une fois constituée, chacune devient spécifique, irremplaçable et donc non interchangeable.
En cas d’absence de ces figures privilégiées, l’enfant se tournera vers ce que l’on appelle les figures d’attachements subsidiaires. Selon Howes (1999), il existe deux grandes catégories de figures d’attachement subsidiaires ou alternatives :
– premièrement les pères, les grands-parents, le personnel des structures d’accueil ainsi que les enseignants
– deuxièmement, les familles d’accueil et les parents adoptifs, les pouponnières et les foyers dans les cas où la première relation d’attachement a été perdue.

Il convient de s’attarder sur le rôle du père. Longtemps, il a été considéré comme une figure d’attachement subsidiaire. Cependant, celui-ci a un rôle de figure d’attachement privilégiée s’il assure une présence aussi continue que possible dans le quotidien de l’enfant. C’est dans le quotidien que se créent les liens d’attachement. Les repas, les jeux, l’endormissement et le réveil la nuit sont les moments où les interactions entre l’enfant et son père, même si elles sont moins fréquentes qu’avec la mère, construisent un attachement équivalent à celui de la mère.
Les auteurs actuels ont pour la plupart une vision nuancée en ce qui concernerait une hiérarchie d’attachement.
Par contre, l’activation plus ou moins forte de l’attachement. Principale ou subsidiaire ne veut pas dire que le bébé en aime une plus que l’autre ou que l’une est plus importante que l’autre. Cela signifie seulement que la figure qui donnera le plus le sentiment de sécurité au bébé est la figure d’attachement principale.
Quatre types d’attachement sont décrits :
A- Anxieux évitant. Présent dans 22% des cas.
L’enfant parait peu perturbé, fait mine de ne pas avoir besoin de réconfort.
– fausse impression d’indépendance : il explore sans figure d’attachement comme base de sécurité.
– contact facile avec l’étranger.
– ignore ou évite le parent à son retour.
De point de vue du bébé : J’ai besoin d’être à côté de ma figure d’attachement pour me sentir
en sécurité mais elle peut rejeter mes avances. Je dois donc supprimer mes besoins, me débrouiller tout seul et rester à la périphérie émotionnelle des relations.
B- Sécurisé, présent dans 66% des cas
– proteste lors de la séparation mais manifeste sa joie lors du retour du parent, est soulagé et recherche la proximité.
– lors du retour, l’enfant repart explorer en se servant du parent comme base de sécurité.
De point de vue du bébé : Cela ne va pas mais j’ai le droit de ressentir cela. Je vaux la peine
d’aller mieux, je peux supporter de chercher pourquoi je souffre. Il existe des personnes à l’extérieur qui pourront supporter de me voir allant mal et m’apporter de l’aide.
C- Anxieux résistant dans 12% des cas
– très perturbé à cause de la situation, anxieux et agité lors du départ du parent.
– au retour, manifeste des comportements ambivalents : peut rechercher le contact puis d’un seul coup rejeter le parent avec colère et résister à être consolé.
De point de vue du bébé : J’ai besoin d’être à côté de ma figure d’attachement pour me sentir en sécurité mais elle peut échouer à me répondre. Aussi je dois m’accrocher à elle, insister pour qu’elle me réponde et s’occupe de moi. Cependant, je n’ai plus d’énergie pour m’intéresser à moi-même ou au monde qui m’entoure.
D- Insécurisant désorganisé
– réagit moins à la séparation que les autres.
– a des comportements contradictoires : va pour se faire consoler et en même temps semble craindre son parent.
Les deux éléments principaux de la théorie de l’attachement sont la notion de proximité et celle de la sécurité.
Ces deux systèmes sont interdépendants : lorsque l’un est activé, l’autre est éteint. Cela permet à l’enfant d’explorer en toute sécurité.
L’enfant s’éloigne de sa mère pour explorer et revient vers elle, de temps en temps, ou en cas de stress.
On repère la sécurité de l’attachement à la capacité de l’enfant à exprimer ses émotions, en particulier ses émotions négatives de manière ouverte, à rechercher l’une des figures et à se consoler alors rapidement. La sécurité de l’exploration se caractérise par l’intérêt curieux et prudent de l’enfant et la qualité de l’exploration. Ce sentiment de sécurité reflète une évaluation de l’environnement.
Selon Bowlby, l’attachement n’est pas synonyme de dépendance. Le fait est qu’être dépendant d’une figure maternelle et être attaché à elle, sont des choses différentes. Ainsi dans les premières semaines de la vie, un enfant est sans aucun doute dépendant des soins de sa mère, mais il n’est pas encore attaché à elle. Au contraire, un enfant de deux ou trois ans qui est soigné par des étrangers peut manifester le plus clairement la preuve qu’il continue à être puissamment attaché à sa mère bien qu’à ce moment là il ne soit plus dépendant d’elle.
Bowlby est parmi les premiers auteurs à théoriser le concept d’attachement et ses mécanismes. Ses théories sont toujours valables et permettent de comprendre les liens parents enfants, et d’analyser ses liens dans les nouveaux modèles de couple. Ces théories peuvent aider le corps enseignant, le corps soignant et le corps social à mieux protéger la petite enfance.
John Bowlby,
– né le 26 février 1907 à Londres et mort le 2 septembre 1990 (83 ans) en Écosse,
– psychiatre et psychanalyste britannique, célèbre pour ses travaux sur l’attachement, la relation mère-enfant.
Références
Bowlby J. A secure base: Clinical applications of attachment theory. London: Routledge; 1988.
De Los Reyes A. Strategic objectives for improving understanding of informant discrepancies in developmental psychopathology research. Development and Psychopathology. 2013;25:669–682.
In-Albon T, Kossowsky J, Schneider S. Vigilance and avoidance of threat in the eye movements of children with separation anxiety disorder. Journal of Abnormal Child Psychology. 2010;38:225–235. doi: 10.1007/s10802-009-9359-4.
Kins E, Soenens B, Beyers W. “Why do they have to grow up so fast?” Parental separation anxiety and emerging adults’ pathology of separation-individuation. Journal of Clinical Psychology. 2011;67:647–664.
Perez-Olivas G, Stevenson J, Hadwin JA. The association between elevated maternal panic-like and depression symptoms and separation-related interpretive biases in offspring. Journal of Child and Family Studies. 2011;20:232–239
Ringoot AP, Jansen PW, Steenweg-de Graaff J, Measelle JR, van der Ende J, Raat H, Tiemeier H. Young children’s self-reported emotional, behavioral, and peer problems: The Berkeley puppet interview. Psychological Assessment. 2013;25:1273–1285.

La sexualité humaine est depuis longtemps un sujet d’étude dans les sciences sociales (par exemple, Freud, 1922/1959 ; Kinsey 1948 ; Kinsey, 1953, Master and Jonhson 1966). La plupart de ces études partent implicitement du principe que les individus sains ont la capacité d’être sexuellement attirés par une autre personne.
Si le fait d’avoir un désir sexuel est une méthode permettant à un individu de se classer comme une personne sexuelle, alors l’absence totale de désir et d’attirance sexuelle soulève de nouvelles questions sur le développement et la classification sexuelle. Bien qu’une proportion notable d’individus déclare un faible désir sexuel chronique et consulte pour traiter ce problème, une minorité d’individus note une absence chronique de désir tout au long de leur vie, qu’ils n’ont pas l’intention de changer et qui ne leur cause aucune détresse personnelle.
Au cours de la dernière décennie, les personnes asexuelles ont remis en question l’idée que la bonne santé physique et men tale s’accompagne d’un bon désir sexuel. Bien que la définition de ce que signifie être “asexuel” est fréquemment contestée, un individu asexué est souvent défini comme une personne qui n’éprouve pas d’attirance sexuelle (Bogaert, 2004).
Kinsey et al. (1948) ont d’abord quantifié ce groupe, appelé catégorie X, comme étant le groupe d’individus n’ayant aucune contacts ou réactions socio-sexuelles, il représentait environ 1 % de leurs participants. Cependant, Kinsey et al ne sont pas allés plus loin et se sont satisfaits de publier ce résultat sans analyse.
La première référence au terme asexualité, en ce qui concerne les humains, se trouve dans la recherche de Storms (1980) sur la nature de la sexualité humaine. On y décrit un modèle bidimensionnel de la sexualité humaine dans lequel l’homo-érotisme se situe sur une dimension et l’hétéro-érotisme sur l’autre. Les individus peuvent varier le long des deux dimensions, la direction érotique étant dictée par les types de fantasmes érotiques vécus par les individus ; par exemple, une personne dont les fantasmes érotiques concernent le plus souvent le sexe opposé serait considérée comme ayant un niveau élevé d’hétéro-érotisme et un niveau faible d’homo-érotisme. Selon ce modèle, les personnes asexuelles auraient peu de fantasmes érotiques, voire aucun, et seraient donc considérées comme ayant un faible niveau d’homo- et d’hétéro-érotisme.
Depuis l’étude de Storms (1980), le volume de la recherche sur l’asexualité n’a cessé de croître sans trouver une définition acceptable de l’asexualité, sans savoir s’il faut classer l’asexualité en tant qu’orientation sexuelle ou en tant que maladie.
Bogaert (2004) a défini l’asexualité comme une absence d’attirance sexuelle pour les personnes de l’un ou l’autre sexe.
Le terme « asexué » n’est apparu que des décennies plus tard. Dans l’analyse de Bogaert (2004) portant sur 18 000 résidents britanniques dans le cadre d’une enquête nationale, 1,05 % ont répondu à la question concernant l’attirance sexuelle : “je ne me suis jamais senti sexuellement attiré par quelqu’un”.
Brotto en 2010 définit l’asexualité comme une “absence d’attirance sexuelle”.
L’asexualité a été définie comme l’absence de désir de s’engager dans des activités sexuelles par Prause en 2007.
Les divergences entre les définitions vérifiées par les personnes s’identifiant comme asexuelles peuvent s’expliquer par les différences entre les communautés dans lesquelles les participants à ces études ont été recrutés, et par l’hétérogénéité au sein de la communauté asexuelle.
Scherrer (2008) a constaté que certains participants définissaient l’asexualité comme une absence d’attirance sexuelle tandis que d’autres la définissaient comme une absence de désir de s’engager dans des activités sexuelles.
Certains participants expliquent qu’ils ressentaient une attirance sexuelle mais qu’ils n’avaient aucun désir de s’engager dans des activités sexuelles. Pour certains, il semble que le désir sexuel ne découle pas nécessairement de l’attirance sexuelle. Par conséquent, une définition générale de l’asexualité reste insaisissable, peut-être parce que de multiples définitions personnelles coexistent chez les personnes asexuelles.
Il est intéressant de noter que 44 % des personnes interrogées étaient en couple. Les personnes asexuées en couple ont noté qu’elles continuaient à ressentir une attirance romantique en termes de désir de proximité, de sécurité et de connexion dans une relation ; cependant, elles n’avaient aucune attirance sexuelle pour ce partenaire proche. Les individus définissaient leurs relations en fonction de leur attirance romantique, par exemple, hétéro-romantique, homo-romantique, pan-romantique ou asexuée.
Certains se sont identifiés comme des asexuels aromantiques, ne désirant ni attachement sexuel ni romantique.
En 2003, Diamond a proposé de séparer le désir sexuel de l’attachement romantique. Son modèle explique que le désir sexuel facilite l’attachement romantique sans la conditionner.
Si l’asexualité est l’absence d’attirance et/ou de désir sexuel, cette caractéristique distingue l’asexualité de l’orientation sexuelle définie comme un aspect de l’identité personnelle et sociale d’une personne qui indique la présence ou l’absence de cibles de ses attirances ou comportements sexuels
Cependant, de nombreuses personnes déclarent que leur asexualité représente un aspect important de leur identité personnelle.
Brotto (2010) a comparé les perceptions que les personnes asexuelles ont d’elles-mêmes de leur asexualité en tant qu’orientation sexuelle avec les perceptions qu’ont d’elles-mêmes les personnes diagnostiquées comme ayant un trouble de la personnalité, ou trouble obsessionnel-compulsif. Les asexuels ne souffrent d’aucun trouble.
Dans leurs entretiens avec des hommes et des femmes s’identifiant comme asexuels, les participants considéraient leur asexualité comme une absence d’attirance sexuelle plutôt que de désir sexuel, et par conséquent, leur expérience était différente des personnes souffrant d’un désir sexuel hypo actif.
Les personnes asexuelles ne semblent pas souffrir de leur état, ne manifestent aucune détresse, et ne demandent aucune aide médicale.
Les participants aux études ont indiqué que leur asexualité a commencé à un très jeune âge, peut-être avant le début de la puberté (Brotto et al, 2010) et qu’ils se sont toujours sentis différents de leurs amis sexuels (Brotto et al, 2010). Cette expérience rappelle les récits des hommes gays, des femmes lesbiennes et les personnes transgenres. L’absence d’attirance sexuelle semble accompagner la vie sexuelle de ces personnes. Les participants aux études ont discuté de leur corps et de leur sexualité dans un langage technique et dénué d’émotion. Par exemple, lorsqu’on leur demandait de décrire leurs organes génitaux, certains participants ont déclaré que ces organes sont juste là, d’autres décrivaient ses organes sans lien avec la sexualité dans un langage reflétant un désintérêt pour tout comportement sexuel.
Des découvertes récentes montrant la similitude entre les schémas d’activation neurale pendant le désir sexuel et le sentiment amoureux, (Jacopo, & Lewis, 2012), les chercheurs découvrent qu’il existe bien des choses à apprendre sur la disjonction entre attirance sexuelle, désir et attirance romantique, en étudiant les asexués.
Cette population bien de minoritaire peut aider à comprendre le lien entre le désir sexuel, et l’attirance, entre le désir et le comportement. C’est le seul groupe en sexologie qui garde son désir sexuel intact cliniquement (sur le plan médical et psychologique) et qui déclare une absence presque totale d’attirance sexuelle.
Des recherches plus approfondies sur l’asexualité ont montré que le manque de désir sexuel ne semble pas poser un problème pour ces personnes (Bogaert, 2004 ; Brotto, Knudson, et al, 2010 ; Brotto & Yule, 2011 ; Prause & Graham, 2007) et que les personnes asexuées ne voient aucune raison de suivre un traitement pour leur manque d’attirance sexuelle.
L’absence d’attirance sexuelle est une donnée nouvelle et incomprise en médecine et en sexologie.
Les critiques de ce concept d’asexualité ont contesté la position selon laquelle une absence totale d’attirance sexuelle n’est pas aberrante, et pensent et affirment que l’asexualité est une forme extrême de baisse du désir sexuel, et donc un trouble sexuel et psychologique. Selon cette approche, le fait que les personnes asexuées ne soient pas angoissées par leur manque d’attirance fait partie de leur pathologie.
Cette approche ne peut trouver aucune traduction pratique car aucune personne ne souffre d’un trouble psychologique sauf quand il met sa vie ou la vie des autres en danger, ou quand il demande l’aide pour soulager une détresse ou un inconfort. Cette règle absolue en santé mentale ne permet pas de considérer l’asexualité comme un trouble de santé mentale.
Selon le DSM-IV-TR (American Psychiatric Association, 2000), la détresse dans la nomenclature des dysfonctionnements sexuels est considérée comme un critère indispensable, définie comme “une détresse marquée ou une difficulté interpersonnelle” (p. 541).
Bogaert (2006) soutient que l’existence d’un mouvement asexuel en pleine expansion fournit des preuves supplémentaires que l’asexualité devrait être considérée comme une orientation sexuelle, puisque les gens s’organisent autour de l’asexualité pour se soutenir mutuellement et accroître la sensibilisation à leur orientation. Par conséquent, l’asexualité a été définie comme une orientation sexuelle basée sur les caractéristiques biologiques et le parcours de vie qui lui sont associés.
La présence de ces asexuels dans une société comme la notre exaltant continuellement la sexualité performante est une donnée réelle. Si les filles refusent les relations sexuelles pour garder leur virginité, ou pour attendre le bon partenaire, les études statistiques affichent des chiffres variant de 15 à 20 % des garçons qui refusent l’activité sexuelle hors du contexte de relations durables. Dans certains milieux journalistiques, on les nomme : les hommes qui refusent de coucher. On peut rencontrer ces asexuels dans la vie quotidienne, dans les associations culturelles ou religieuses, dans les formes de célibat sur Internet et dans les sites de rencontre.
Les motivations des asexuels varient selon l’âge, le besoin, les idées religieuses, philosophiques, et parfois selon le statut socio- économique :
* – Ils ne sont pas tous religieux, leurs chastetés est motivée plutôt par le refus de la sexualité brute commercialisée dans notre société. Sur les forums, on peut lire les témoignages des garçons qui privilégient le sentiment amoureux au désir sexuel brut.
* – les asexuels refusent le discours féministe consumériste réduisant la liberté féminine à sa simple expression sexuelle, les filles revendiquent leurs droits au choix de coucher ou d’attendre. Les garçons semblent plus accusateurs vis-à-vis de ce discours consumériste avec ses caricatures des filles qui consomment les hommes pour les rejeter ensuite.
* – les asexuels refusent le discours général sur la frénésie sexuelle, et sur la sexualité comme expression de bonne qualité de vie, ils cherchent la qualité de la relation sexuelle et non pas la sexualité disponible actuellement dans la société.
* – les asexuels mettent en lumière l’hypocrisie du discours dominant, les magazines et les médias encouragent une sexualité débridée, des pratiques sexuelles excessives. Dans cette ambiance, refuser de faire l’amour devient suspect. Quand une fille choisit l’asexualité, elle est suspectée d’être frigide, fanatique, religieuse. Quand un garçon choisit l’asexualité, il est accusé d’être impuissant, religieux ou machiste.
* – comme dans les couples qui tiennent sans trop de sexualité, les asexuels cherchent un sentiment amoureux capable de fonder la relation ; Pour eux, l’expérience sexuelle devrait traduire affection et tendresse et non pas expérimentation sexuelle ou désir brut.
* – l’absence de sexualité ne signifie pas l’absence d’amour, ou mauvaise qualité de vie. De nombreux asexuels sont célibataires de transition (dans l’attente d’une rencontre), ils vivent cette attente en consacrant leur temps aux loisirs, au sport, aux études.
* – dans le discours des asexuels, on retrouve des traces de spiritualité, d’idéalisme, la recherche d’une relation profonde dépassant les modes consuméristes, et l’individualisme exacerbé.
* – dans le discours des garçons asexuels, on retrouve des motivations variées : peur de la rupture, éviter la perte du temps dans des relations superficielles, refus d’un comportement féminin consumériste de sexualité, éviter les maladies sexuellement transmissibles, refus de la sexualité mécanique et pornographique.
* – le discours des asexuels semble chercher à créer une approche alternative au discours dominant sur la sexualité, ils refusent d’être obnubilés par la performance, par l’orgasme, par la taille du pénis. Il distingue généralement l’orgasme de la sexualité, la satisfaction du couple de la performance sexuelle, le comportement individualiste hors du couple de l’engagement dans la relation.
* – il est difficile de mesurer l’influence de ce comportement sur le discours ambiant, il est difficile d’évaluer le pourcentage de ces personnes, l’asexualité peu être temporaire, entre de rencontre, ou primaire (avant le début de l’activité sexuelle). Cependant, les statistiques démontrent la présence de 20 % des asexuels chez les garçons, chez les filles, on note l’augmentation de l’abstinence sexuelle, la préservation de la virginité, et un fort retour d’amour romantique comme fondement de la relation.
* – les asexuels sont parfois stigmatisés dans les médias, harcelés dans les forums ou dans les médias sociaux, leurs discours bien que minoritaires invalident le discours ambiant sur la sexualité.
Les critiques de l’asexualité soulignent que les individus asexués se masturbent à peu près aussi souvent que les individus sexués (Brotto,
Knudson, et al, 2010).
Les résultats indiquent que la fréquence de la masturbation des personnes asexuelles n’est pas significativement différente de celle des personnes non asexuelles (Prause & Graham, 2007) ; et les hommes asexuels semblent se masturber plus fréquemment que les femmes asexuelles ; 49% des hommes et 7% des femmes se masturbent 2 à 7 fois par semaine (Brotto et al,2010).
Les études qualitatives ont révélé que les hommes et les femmes asexuels, en général, ne considèrent pas la masturbation comme une activité sexuelle (Brotto et al, 2010 ; Prause et Graham, 2007 ; Scherrer, 2008). Par exemple, la plupart des participants à l’enquête de Brotto et al ont décrit leurs habitudes masturbatoires comme étant motivées par un besoin physiologique, plutôt que par le désir ou l’attirance sexuelle.
Quelles sont les motivations qui poussent à la masturbation?
Il est intéressant de noter que, contrairement à la population sexuée, les personnes asexuées décrivent l’envie de se masturber comme provenant d’un “besoin de nettoyer la plomberie”, une fonction hygiénique comme l’impulsion à gratter une démangeaison.
Ils assurent que cette masturbation n’est pas associée à des fantasmes sexuels et soutiennent que cette pratique n’est pas vécue comme une activité sexuelle.
Les chercheurs s’interrogent si les motifs non sexuels sont suffisants pour maintenir le niveau de masturbation observé chez les personnes asexuées malgré l’absence signalée de désir et d’attirance sexuelle.
Cette situation pose d’autres questions jamais traitées en sexologie: le désir de masturbation pourrait être indépendant du désir d’avoir des interactions sexuelles avec un partenaire ? La masturbation pourrait elle être une activité sexuelle et non sexuelle ?
44 % de l’échantillon de Bogaert (2004) ont déclaré être dans au moins une relation de cohabitation ou de mariage, et 70 % de l’échantillon de Brotto et al (2010) ont déclaré être dans au moins une relation sexuelle ou romantique, 23 % des femmes sont en couple dans l’étude de Brotto (2010), qualifiant leur relation de romantique et asexuelle. Il existe également des personnes asexuelles aromantiques qui décrivent leurs relations comme des amitiés étroites.
Les relations amoureuses des personnes asexuelles sont assimilées à des amitiés dans le discours contemporain et sont moins valorisées que les relations sexuelles par la société. Les personnes asexuelles peuvent être exclues de leur cercle d’amis en raison de leur gêne ou de leur manque d’intérêt pour le sexe. Les participants à l’étude de Brotto 2010) ont décrit des difficultés à établir des relations avec les autres. Par exemple, une femme a raconté avoir évité les fêtes parce qu’elle était mal à l’aise dans un environnement hautement sexualisé. De nombreuses personnes asexuelles pensent que leur exclusion est due à un manque de compréhension et de sensibilisation à l’asexualité dans la société.
Nous pouvons définir l’abstinence sexuelle comme un retrait volontaire, un refus de toute activité sexuelle. L’abstinence peut être volontaire (abstinence religieuse, abstinence pour contraception) ont forcée (manque de liberté comme en prison, manque de partenaires, ou maladies).
La chasteté
La chasteté est différente de l’abstinence sexuelle, c’est une abstinence motivée par des notions religieuses ou philosophiques. La chasteté peut être totale ou partielle comme le refus de contact sexuel génital (refus de l’acte coïtal.
Anti sexualisme désigne des positions et des opinions opposées à la sexualité. L’anti sexualisme a été encouragé par des cultures religieuses (moines, religieuses, hindous, etc.) mais ses relais contemporains sont rarement religieux. Les adeptes de anti sexualisme croient que la sexualité perturbe les rapports sociaux, et que la recherche de la satisfaction sexuelle est responsable de nombreux problèmes.
De nombreux célibataires sont antisexuels. Ils théorisent les méfaits de la sexualité sur la société. Ces avis sont parfois la justification de l’incapacité de la personne de trouver un partenaire sexuel, ou des avis négatifs sur la sexualité hérités d’une éducation sévère ou d’une déception.
D’autres personnes sont antisexuels, fidèles à un système de pensée qui avancent certains arguments :
* – La sexualité ne peut que compliquer des rapports humains
* – Le sexe est incompatible avec une vraie intimité entre homme et femme
* – Le désir sexuel est archaïque, bestial, une réaction sans contenu intellectuel
* – Le sexe est porteur des maladies parfois mortelles.
* – Le désir sexuel est source de mensonges dans les relations
* – La sexualité est à l’origine des violences contre l’adultère, les femmes, et contre les minorités sexuelles
* – La sexualité est dépourvue de sens, éphémère.
L’ascète est celui ou celle qui se consacre par piété aux mortifications, à l’ascétisme, à l’abandon de toute forme de plaisir. Le terme ascèse est employé parfois dans le même sens. Ce terme est un néologisme qui n’existe pas dans tous les dictionnaires.
L’ascétisme est souvent lié à un idéal religieux, culturel, ou philosophique, une sorte de mysticisme visant à dépasser les limites de la condition humaine et de les améliorer. L’ascète par définition refuse tous les plaisirs. Sa définition distingue l’ascétisme de la chasteté (refus du désir sexuel seulement).
L’ascète abandonne les plaisirs de la vie, il vit seul, dans un grand dénuement matériel, ne s’impose diverses privations, comme l’abstinence sexuelle, le silence, longues périodes de jeûne, ou privation de sommeil. L’ascétisme vise à apprendre de mieux lutter contre ses désirs, pour s’abandonner à une quête spirituelle. La finalité de l’ascétisme est de renforcer les moyens de chacun pour arriver à se détacher de toute faiblesse, et parfois de tout lien affectif social ou matériel, pour s’approcher du divin, ou d’un idéal religieux ou culturel.
L’ascétisme est une forme extrême de dévouement religieux présent dans l’Antiquité, la vie des prêtres et des religieux des civilisations anciennes reflétait une certaine dose d’ascétisme. Les religions monothéistes ont aussi leurs ascètes. Les premiers ermites chrétiens ont exploré des formes extrêmes de l’ascétisme, certains vivaient nus dans le désert, ou dans les montagnes. On peut visiter les ruines d’un monastère où un célèbre ascète chrétien qui a passé 40 ans sa vie isolé sur une colonne dans le désert syrien. Le sanctuaire de Qalat Seeman fut érigé à la fin du Ve siècle en l’honneur de plus prestigieux ascètes de Syrie, le stylite Syméon.
D’autres ermites ont choisi la privation de manger ou de boire pendant les longues périodes. La religion islamique a eu également ses ascètes qui ont produit des histoires, des livres et des poèmes.
Certaines pratiques de jeûne dans les religions monothéistes comportent une certaine dose d’ascétisme. Actuellement, on retrouve un ascétisme toujours vivant en Inde ; les hommes s’imposent une vie de pauvreté, de mendicité, et de souffrance physique ou morale pour s’approcher du divin.
Dans le monde occidental, l’ascétisme existe toujours sous des formes atténuées dans les ordres monastiques, ou dans la vie de certaines personnes attachées à la pratique religieuse.
Il est utile de distinguer la notion d’ascétisme de celle de l’asexualité (refus volontaire et assumer de la sexualité sexe), cependant dans l’asexualité, la privation est essentiellement sexuelle, motivée par des idées culturelles et rarement par des concepts religieux.
En conclusion, l’ascétisme est pus qu’une privation volontaire des plaisirs disponibles, y compris le plaisir sexuel, pour des motifs religieux ou philosophiques.
Il est possible que l’asexualité soit une question de manque d’attirance pour les relations sexuelles avec un partenaire plus qu’une question de manque d’attirance pour toutes les formes de sexe, bien que cela nécessite une étude plus approfondie. Ces découvertes soulèvent des questions intéressantes : le désir de masturbation est véritablement un désir sexuel par opposition à une pulsion, une impulsion ou un besoin non sexuel ?
Pour tenter de déterminer si l’asexualité peut être liée à un processus psychologique sous-jacent, Brotto et Yule (2011) ont comparé les effets physiologiques de l’excitation sexuelle chez les femmes asexuées, homosexuelles, bisexuelles et hétérosexuelles. Les participantes ont observé des stimuli érotiques dans un environnement de laboratoire contrôlé tandis qu’un appareil mesurait l’amplitude de la circulation sanguine vaginale. Aucune différence significative n’a été constatée dans la réponse génitale entre les femmes asexuées et les femmes sexuées.
Ces résultats suggèrent que l’absence d’attirance et de désir sexuels n’est pas le résultat d’une altération de la réponse physiologique sexuelle.
Le fait que le désir sexuel puisse être différent de l’excitation sexuelle physiologique est une caractéristique commune et admise de la réponse sexuelle des femmes, mais pas nécessairement des hommes (Chivers et al, 2010). L’idée la plus répandue était que la réponse sexuelle masculine est plus simple que la réponse féminine, chez les hommes le désir sexuel ne serait pas différent de l’excitation sexuelle.
Les schémas d’excitation sexuelle des hommes asexués restent à élucider et posent de réelles questions sur la réponse sexuelle chez les hommes.
Dans l’ensemble, les recherches sur l’asexualité suggèrent que le désir sexuel, ou son absence, ne peut être déduit de manière fiable de l’attirance romantique, ni à l’activité sexuelle (fréquence de masturbation) ni à une réponse sexuelle physiologique.
La littérature actuelle suggère que les expériences des personnes asexuelles sont exclues de la compréhension par la société occidentale contemporaine de la sexualité et des relations intimes à bien des égards. Les asexuels ont une certaine difficulté à définir leurs relations en raison de la confusion entre sexe et intimité, entre désir et attirance.
Les résultats des recherches sur l’asexualité génèrent plus de questions que de réponses, des questions fondamentales sur le désir, l’attirance, l’excitation, l’activité sexuelle et la définition de l’orientation sexuelle.
La compréhension de la manière dont les personnes asexuées vivent le manque de désir et d’attirance, d’un point de vue psychologique, socioculturel et biomédical, peut apporter de nouvelles connaissances importantes à l’étude du désir.
Jean Philippe de Tonnac ( 2006) : la révolution asexuelle, Ed Albin Michel
Bogaert, A. F. (2004). Asexuality: Prevalence and associ- ated factors in a national probability sample. Journal of Sex Research, 41, 279–287
Brotto, L. A. (2010b). The DSM diagnostic criteria for hypoactive sexual desire disorder in women. Archives of Sexual Behavior, 39, 221–239. doi:10.1007/s10508-
009-9543-1
Brotto, L. A. (2010c). The DSM diagnostic criteria for sexual aversion disorder. Archives of Sexual Behavior, 39, 271–277.
Brotto, L. A., Basson, R., & Luria, M. (2008). A mindfulness- based group psychoeducational intervention targeting sexual arousal disorder in women. Journal of Sexual Medicine, 5, 1646–1659.
Brotto, L. A., Bitzer, J., Laan, E., Leiblum, S., & Luria, M. (2010). Women’s sexual desire and arousal disorders. Journal of Sexual Medicine, 7, 586–614.
Brotto, L. A., Chik, H. M., Ryder, A. G., Gorzalka, B. B.,& Seal, B. N. (2005). Acculturation and sexual function in Asian women. Archives of Sexual Behavior, 34, 613–626.
Brotto, L. A., & Klein, C. (2010). Psychological factors involved in women’s sexual dysfunctions. Expert Review of Obstetrics and Gynecology, 5, 93–104.
Cacioppo, S., Bianchi-Demicheli, F., Frum, C., Pfaus, J. G., & Lewis, J. W. (2012). The common neural bases between sexual desire and love: A multilevel kernel density fMRI analysis. Journal of Sexual Medicine, 9,
1048–1054.
Chivers, M. L., Seto, M. C., Lalumière, M. L., Laan, E., & Grimbos, T. (2010). Agreement of self-reported and genital measures of sexual arousal in men and women: A meta-analysis. Archives of Sexual Behavior, 39, 5–56.
Diamond, L. M. (2003). What does sexual orientation orient? A biobehavioral model distinguishing roman- tic love and sexual desire. Psychological Review, 110, 173–192.
Kinsey, A. C., Pomeroy, W. B., & Martin, C. E. (1948).
Sexual behavior in the human male. Bloomington: Indiana University Press.
Prause, N., & Graham, C. A. (2007). Asexuality: Classification and characterization. Archives of Sexual Behavior, 36, 341–356.
Prause, N., Janssen, E., & Hetrick, W. (2008). Attention and emotional responses to sexual stimuli and their rela- tionship to sexual desire. Archives of Sexual Behavior, 37, 934–949.
Scherrer .k ( 2008) Coming to an Asexual Identity: Negotiating Identity, Negotiating Desire, Sexualities. Oct 1;11(5):621-641.
Storms, M. D. (1980). Theories of sexual orientation. Journal of Personality and Social Psychology, 38(5), 783–792.

Alison Armstrong : Keys to the Kingdom2013
Gottamn : The Seven Principles for Making Marriage Work 2015
Esther Perel : Bonding in Captivity 2006
Serge Chaumier : La Déliaison amoureuse (2004)
Doug et Naomi Moseley : Feelings First 2013
John Gray : Beyond Mars and Venus 2017
A notre époque, les relations amoureuses, intimes ou romantiques, font l’objet d’écrits abondants en psychologie, en sociologie, en médecine, et sont le sujet de nombreux livres et publications.
Comment les couples actuels arrivent à créer des mariages réussis à long terme en dépit de l’évolution des valeurs et des normes sociales.
Une relation amoureuse réussie aujourd’hui est définie très différemment de celle de par le passé.
De quelle manière les couples entretiennent-ils une relation romantique intime vivante au sein d’une société caractérisée par le développement de nouvelles attitudes culturelles parfois contradictoires, partagée entre l’individualisme et le collectif, et entre les hommes et les femmes ?
Nous allons tenter de trouver une réponse à ces questions en interrogeant 6 livres qui traitent ce sujet, rédigés à l’attention du grand public
Alison Armstrong : Keys to the Kingdom2013
Alison Armstrong, dans ses livres « Keys to the Kingdom 2013) et « The Queen’s Code 2013), souligne un point semblable à celui de Gray : les hommes et les femmes ne sont pas les mêmes, que nous avons certaines différences inhérentes. Selon elle, les femmes peuvent mieux s’exprimer pour stimuler une intimité plus profonde au sein de la relation en mettant en avant leurs compétences sociales. Elle écrit :
“Outre les caractéristiques des animaux humains, nous avons des caractéristiques spécifiques mâles et femelles. En plus de nous comprendre nous-mêmes en tant qu’humains, en nous comprenant nous-mêmes en tant qu’hommes et femmes, nous pouvons être plus efficaces les uns avec les autres.” (2013, page 516)
“Si les femmes changeaient leur façon de comprendre les hommes, et ensuite, par cette compréhension, comment elles interagissent avec les hommes, elles seraient beaucoup plus efficaces. (2013, page 543)
Armstrong pense que les hommes et les femmes ont besoin d’une attention positive et affirmée, mais que les hommes sont particulièrement sensibles aux attentions positives. C’est là que réside un certain pouvoir féminin.
Les hommes ont besoin de liens physiques pour atteindre la profondeur émotionnelle, et les femmes ont besoin d’intimité émotionnelle pour atteindre la profondeur physique du plaisir sexuel.
Dans certaines situations, être une femme signifie être vulnérable : en tant que personne physiquement plus petite, parfois pendant les rapports sexuels, pendant la grossesse et l’allaitement, et surtout pendant l’accouchement. La vulnérabilité est un aspect assimilé à la féminité et elle a été sous-estimée.
Gottamn : The Seven Principles for Making Marriage Work 2015
John Gottman analyse depuis un quart de siècle les relations homme-femme. Dans son dernier livre The Seven Principles for Making Marriage Work : A Practical Guide publié en 2015, il soutient que la prochaine évolution la plus importante de la culture sociale sera l’augmentation de l’intelligence émotionnelle des hommes (p123).
Gottman et ses collaborateurs de recherche peuvent prédire avec une bonne précision quels couples resteront heureux et ensemble, ceux qui divorceront (p2). Il cite les facteurs les plus importants pour le maintien d’un couple heureux :
– savoir voir votre partenaire sous un jour positif,
– accepter l’influence de votre partenaire,
– résoudre efficacement les conflits
– créer un sens commun.
Encouragée par ses recherches, l’épouse de Gottman, Julie Schwartz-Gottman, a mis sur pied le Gottman Institute à Washington, pour aider à former des couples à maintenir leur mariage heureux.
Ensemble, ils ont publié un livre, Eight Dates en 2019, qui explique comment travailler ensemble pour améliorer leur relation. L’un des principaux conseils est que les couples doivent prendre le temps d’avoir des ” rendez-vous ” réguliers entre eux pour que leur mariage s’épanouisse (2019).
Les Gottman reconnaissent qu’il y aura certainement des conflits dans un mariage. Apprendre à accepter et à vivre avec les conflits est un élément clé du succès, tout comme l’approfondissement de nos compétences pour les résoudre en premier.
Si un couple utilise des ” techniques de réparation “, la pratique consistant à trouver des moyens simples de se remettre d’un combat, comme sauver la face, s’excuser, être humoristique, etc. Les partenaires doivent se rapprocher les uns des autres en étant plus attentifs, en partageant leurs espoirs et leurs rêves mutuels et en appréciant le meilleur de chacun (2015).
Gottman explique que la plupart des femmes sont déjà socialisées sur le plan culturel afin d’être intelligentes sur le plan émotionnel, compte tenu du type de jeu qu’elles pratiquent pendant leur enfance. Il est plus naturel pour elles d’être coopératives, compatissantes et intimes – prêts à explorer les aspects émotionnels de la vie et à résoudre les conflits de façon positive (2015, p. 122). Aux hommes de faire le reste.
Esther Perel : Bonding in Captivity 2006Esther Perel, psychothérapeute belge a une perspective très similaire. Perel pense que, pour réussir, chaque couple doit avoir l’intention de faire le nécessaire pour maintenir le mariage en vie, et particulièrement en ce qui concerne l’épanouissement de la sexualité. Dans son livre Bonding in Captivity publié en 2006, elle écrit :
“Les relations modernes sont des chaudrons de désirs contradictoires : la sécurité et l’excitation, l’enracinement et la transcendance, le confort de l’amour et la chaleur de la passion. Nous voulons tout, et nous le voulons avec une seule personne. Concilier le domestique et l’érotique est une tâche délicate. L’érotisme à la maison exige un engagement actif et une intention délibérée. Nourrir l’érotisme à la maison est un acte de défi ouvert.” ( p 242)
Perel dit que nous devons faire ce qui fonctionne pour nous, pourvu que nous concluions des ententes qui permettent de répondre aux besoins des deux partenaires. Si les deux préfèrent une relation sans sexe où ils peuvent concentrer leur attention sur d’autres domaines comme la carrière ou les enfants, alors ce n’est pas un problème. Mais si l’un des partenaires a soif d’intimité sexuelle, alors c’est quelque chose qui doit être abordé dans la relation.
Serge Chaumier : La Déliaison amoureuse (2004)
Dans son livre La Déliaison amoureuse (2004), le français Serge Chaumier analyse le désir de fusion, hérité du romantisme, omniprésent dans les idéaux amoureux qui s’oppose à l’exigence d’indépendance et d’autonomie de l’homme moderne. Il explique comment le couple moderne devient refuge, espoir, et structure défensive, comment les hommes et les femmes chargent le couple moderne de toutes les fonctions indispensables, et parfois contradictoires, à leur épanouissement moral, sexuel, physique, et émotionnel.
« Les représentations de l’amour encore omniprésentes qui réclament la fusion et la durée entrent en conflit avec des exigences sociologiques qui imposent l’égalité des rôles et l’autonomie des histoires de vie. Il y a là donc une évolution ambivalente de l’amour romantique dans la société contemporaine. Les partenaires du couple sont encore déchirés entre ces deux tendances: socialisés d’une part avec des représentations et des modèles parentaux de l’amour fusionnel, sécurisants certes, mais insupportables à vivre, et confrontés d’autre part aux exigences contemporaines de liberté et de partage limité. Bien des crises de couple résultent de ce désir de concilier ces aspects contraires. »
(P94)
Doug et Naomi Moseley : Feelings First 2013Doug et Naomi Moseley, thérapeutes et auteurs du livre Feelings First, publié en 2013 croient que l’émotion est la clé pour alimenter les feux de la passion sexuelle. Ils encouragent les couples à exprimer ces émotions et soulignent également l’importance d’apprendre à écouter les expressions des sentiments afin que chaque partenaire se sente entendu. Ils parlent de l’importance de la monogamie pour faire perdurer le couple.
“Quand les individus et les couples veulent avoir plus de passion dans leur vie, ils doivent en apprendre davantage sur leurs sentiments. Ceci exige un effort déterminé de découverte de soi, d’être prêt à risquer sa vulnérabilité personnelle. La bonne nouvelle pour ceux qui persévèrent, c’est que les récompenses dans les relations et la vie de famille sont inestimables.” (formation sur l’intimité, 2013)
John Gray : Beyond Mars and Venus 2017
John Gray, auteur de Men are from Mars, Women are from Venus, (1992), a publié en 2017 un nouveau livre Beyond Mars and Venus (au de la de mars et vénus).
Dans son premier best-seller, il avait insisté sur certain manque de reconnaissance et d’acceptation des différences entre les femmes et les hommes. Schématiquement, il explique qu’en général, une femme apprécie les relations, la communication, la beauté, la spiritualité, la croissance personnelle et l’expression. Elle se définit par ses sentiments et la qualité de ses relations. Un homme valorise la compétence, l’efficacité, le pouvoir, le succès et l’accomplissement. Il se définit par sa capacité à obtenir des résultats.
Dans son livre Beyond Mars and Venus publié 2017 il écrit
“Ce dont nous avons besoin dans nos relations pour nous épanouir durablement a radicalement changé. Les hommes et les femmes ont besoin d’un nouveau type de soutien affectif qui comprend plus d’authenticité, plus d’intimité et d’expression personnelle. Ce changement a créé de nouvelles possibilités, tant pour les relations que pour les individus. Les gens ont la possibilité d’être eux-mêmes d’une manière qu’ils n’auraient jamais pu être auparavant, et d’embrasser des caractéristiques qui vont au-delà de leurs rôles traditionnels de genre, permettant des relations plus intimes que jamais auparavant.” (2017,p14)
Cela signifie avoir des conversations significatives, cultiver la curiosité et se soucier de l’autre et de son bien-être, honorer davantage le point de vue de l’autre comme étant légitime.
Gray (2017) souligne qu’il faut faire confiance au besoin émotionnel primaire d’un homme. Il veut que sa partenaire le considère comme quelqu’un de compétent, qu’elle l’encourage, l’apprécie et l’admire pour cela.
Le premier besoin émotionnel d’une femme est d’être soignée. Elle a besoin de partager ses sentiments et de se sentir entendue et comprise par lui. Il s’ensuit que les hommes feraient mieux d’écouter davantage les femmes et que les femmes feraient mieux d’apprendre à croire que les hommes sont là pour elles.
Gray discute des récents développements en matière d’égalité des sexes et de leurs effets sur le mariage : “L’égalité ne signifie pas l’uniformité. Cela signifie respecter nos différences et les garder sous un jour positif. Chaque personne est différente ; chacun d’entre nous a un mélange unique de caractéristiques masculines et féminines. S’attendre à ce que tout le monde se conforme à une norme est le contraire du respect.” (2017, page 88)
Gray voit qu’au lieu d’être des ” compagnons de rôle ” coincés dans des rôles de genre rigides, les couples deviennent des ” âmes sœurs “, partageant un amour et une intimité profondes, et respectant le droit de chacun de choisir ses propres orientations dans la vie (2017). Naviguer à travers cette liberté de choix pose ses propres défis. Selon lui, les hommes sont généralement plus épanouis en menant une vie de sens et de but, et beaucoup de femmes sont épanouies en menant une vie remplie d’amour et de bonheur (2017, p. 288).
Il souligne que les principaux besoins des femmes sont l’attention, la compréhension et le respect de leur partenaire. Pour les hommes, l’appréciation, l’acceptation et la confiance de leur conjointes. (2017, p. 286).
Selon ces livres, nous pouvons proposer certaines orientations
– être conscient des changements
Par le passé, les relations fonctionnaient lorsqu’elles s’inscrivaient dans le contexte culturel et que les partenaires respectaient les normes.
Maintenant, pour qu’une relation soit dynamique, il faut une intention consciente et active, parce que les attentes ont changé. Pour s’épanouir, les partenaires doivent comprendre comment la dynamique de leur relation interagit et comment ils peuvent l’améliorer pour que les deux personnes soient satisfaites. Ils doivent prendre le temps d’établir un sens et des liens.
En d’autres termes, le modèle ancien ne suffit pas. Ni la protection des familles, ni le respect de traditions ne peuvent seuls sauver une relation.
– le couple doit répondre aux besoins
Le couple moderne est considéré comme une réponse aux besoins émotionnels, matériels et sexuels. Chaque partenaire devrait valider les besoins de l’autre et tenter d’y répondre. Si l’intérêt du couple devrait être pris en compte, l’individualisme de nos sociétés exige de répondre aux besoins, et aux attentes pour ne pas mettre danger l’existence du couple.
– les soins
S’engager à prendre soin l’un de l’autre et à travailler ensemble pour maintenir un lien d’amour est important pour créer un partenariat à la fois pratique et romantique assurant liberté, créativité et sécurité.
– liberté et autonomie
Respecter la liberté de choisir des rôles qui reflètent nos intérêts et nos talents permettra aux deux personnes d’exprimer leur féminité et leur masculinité. Cela signifie qu’il faut accepter les différences, et oublier l’idée que les partenaires seront les mêmes dans leur façon de réagir aux opportunités et aux défis. La relation actuellement peut être fusionnelle au début, mais finit généralement par deux égos et deux personnes autonomes.
– communication de sentiments et de besoin
La valorisation de la communication comme moyen d’approfondir les liens intimes favorise l’amélioration de l’intelligence émotionnelle.
L’expression des sentiments et des besoins, l’écoute de la compréhension, le dépassement des luttes de pouvoir et la résolution efficace des conflits sont devenus des éléments essentiels d’une union réussie.
Les principaux défis dans les relations sont liés à l’argent, à la carrière, aux tâches ménagères, au sexe, à la belle-famille, aux ex-conjoints, à la religion et aux enfants. Tous peuvent être abordés de façon positive grâce à une communication honnête et compatissante.
– sexualités et érotisme
L’effort et la prise de conscience des besoins et des désirs individuels peuvent encourager l’érotisme, l’affection partagée et la sensualité. Pour créer une satisfaction sexuelle durable, les partenaires peuvent tirer profit de leur volonté d’entrer dans des domaines inexplorés et parfois nouveaux de l’intimité romantique et physique.
– soutien mutuel
Le soutien mutuel dans la poursuite de leurs intérêts professionnels, familiaux et récréatifs encourage les partenaires à réaliser leur plein potentiel.
Les couples sont de plus en plus ouverts à l’apprentissage de nouvelles façons d’améliorer leur bonheur relationnel afin que les deux partenaires ne soient pas seulement satisfaits, mais qu’ils s’épanouissent dans leur relation avec l’autre. Cela peut nécessiter une certaine recherche, une certaine réceptivité aux changements d’opinions et d’habitudes.
– encourager l’égalité
Dans de nombreux endroits du monde, grâce à l’éducation, à la démocratie, les cultures s’éloignent d’un modèle social de domination, vers un modèle de partenariat égalitaire.
Ce modèle de partenariat égalitaire exige un consensus sur les valeurs, indispensable comme fondement des relations et du couple.
RÉFÉRENCES
Armstrong, A. (2013a) The Keys to the Kingdom. (2013b) The Queen’s Code. Natural Awakenings: San Antonio, Texas, USA.
Armstrong, J. (2013) Whispering in Shadows. Theytus Books: BC, Canada.
Eisler, R. (2002) The Power of Partnership: Seven Relationships That Will Change Your Life. New World Library: California, USA.
Eisler, R. (1995) Sacred Pleasure: Sex, Myth, and the Politics of the Body – New Paths to Power and Love. Harper Collins, New York, USA.
Gottman, J. (2015) The Seven Principles for Making Marriage Work: A Practical Guide. Random House, USA.
Gottman, J. and Schwartz-Gottman, J. (2019) Eight Dates. Kindle Edition. Random House, USA.
Gray, J. (1992) Men Are from Mars, Women Are from Venus. HarperCollins Publishers: New York, USA.
Gray, J. (2017) Beyond Mars and Venus. BonBella Books: Dallas, Texas, USA.
Moseley, D. and N. (2019) Intimacy Training. From www.intimacytraining.com
Perel, E. (2006) Mating in Captivity, Unlocking Erotic Intelligence. Harper- Collins: NY, USA.
Chaumier, serge. (2004) La Déliaison amoureuse : De la fusion romantique au désir d’indépendance, Edition payot, Paris, France.

– le sexe : élément important pour le bonheur
– fréquence des rapports sexuels et le bonheur
– partenaire unique ou multiples
– aspects physiques et émotions
– combien de rapports ?
– niveau d’instruction
– intimité et bonheur
– relations extra conjugales
– orgasme et bonheur
– pratiques sexuelles et bonheur
– satisfaction sexuelle et émotionnelle
-affection et bonheur
– relations sexuelles tarifées
– rapports sexuels consentis et non désirés
Depuis les années 2000, la question du bonheur surgit dans les sociétés capitalistes avec une acuité nouvelle, car l’aisance financière ne semble pas être l’unique facteur de bonheur. En Occident, au Japon, et en Chine, on retrouve une abondante littérature psychologique, sociologique et même économique pour étudier et examiner les déterminants du bonheur comme dans les études de Clark en, 2008, de Dolan en 2008 et de Frey & Stutzer en 2002).
Le ” bonheur ” est un état d’esprit et une émotion. Tout homme peut choisir d’être heureux. Les personnes pauvres ou malades peuvent être heureuses malgré le fait que tous leurs besoins ne soient pas satisfaits. Le bonheur est défini comme un synonyme de bien-être global, et non pas une satisfaction précise.
La satisfaction, est l’état dans lequel les désirs sont satisfaits, et les exigences possibles. Répondre aux désirs et aux exigences ne rend pas nécessairement heureux.
Être heureux ou satisfait dépend en grande partie des croyances d’une personne, de ce qui donnent un sens à sa vie.
Le bonheur dans le domaine de la sexualité est un bien-être physique, psychologique et émotionnel, qui se mesure sur un délai assez long.
Une femme peut être satisfaite d’un rapport sexuel occasionnel avec un partenaire rencontré sur Internet et exprimer un taux inférieur de bonheur après cette rencontre occasionnelle, par rapport à sa sexualité avec son partenaire durable.
Un homme peut être satisfait de payer une escorte pour passer un moment, et juger cette rencontre (bien que satisfaisante) baisse son niveau de bonheur global.
D’autre part, il peut exister de nombreuses satisfactions (satisfaction sexuelle, satisfaction émotionnelle, etc.) et un seul niveau de bonheur.
L’activité sexuelle est peu étudiée en sa qualité de facteur de bonheur dans la société occidentale.
– le sexe : élément important pour le bonheur
La première étude sur le sujet a été réalisée dans une perspective économique. Blanchflower & Oswald ont Analyser en 2004 la relation entre l’activité sexuelle, le bonheur et la satisfaction dans la société.
Selon les études, les gens considèrent le sexe comme un facteur important de bonheur général. Dans l’étude de Kahneman (2004), sur 19 activités évaluées, les femmes plaçaient l’activité sexuelle comme l’activité la plus déterminante pour le bonheur et la satisfaction.
– fréquence des rapports sexuels et le bonheur
En 2004, Blanchflower et Oswald (2004) ont trouvé une corrélation positive entre l’activité sexuelle et le bonheur dans un échantillon de 16 000 Américains. Dans cette étude, il souligne un lien entre le bonheur et la présence d’un partenaire sexuel. Les rapports sexuels plus fréquents semblent favoriser l’apparition de niveau plus élevé de bonheur.
– partenaire unique ou multiples
Le partenaire sexuel unique est un facteur important pour maximaliser le bonheur dans le couple. Le fait d’avoir des relations extraconjugales ou de payer pour avoir des relations sexuelles diminuent le bonheur et la satisfaction.
– aspects physiques et émotions
Pour les hommes, les aspects physiques des rapports sexuels, leur intensité et leur variation, ainsi que leur fréquence semblent influencer le niveau du bonheur. Chez les femmes il existe une relation forte entre le bonheur et le fait de donner et de recevoir l’affection de leurs partenaires.
D’autres études plus récentes comme celle de Zhiming Cheng et Russell Smyth de 2014 ont tenté d’évaluer l’influence de la sexualité sur le bonheur.
– combien de rapports ?
Ils ont trouvé qu’un seul rapport sexuel par mois diminue la satisfaction dans le couple, et qu’un rapport sexuel par jour est corrélé avec le niveau le plus élevé de bonheur.
Le fait d’avoir un rapport sexuel par semaine augmente le taux du bonheur du couple.
Le fait d’avoir une fréquence sexuelle considérée comme parfaite augmente le bonheur chez les hommes seulement.
Les personnes ayant des rapports sexuels fréquents avec leur partenaire principal, ou plusieurs fois par jour, sont plus heureux que les personnes ayant des rapports sexuels peu nombreux.
Avoir des rapports sexuels réguliers avec son partenaire principal est considéré comme un élément important du bonheur.
La fréquence des rapports sexuels est plus importante pour les hommes que pour les femmes et influence le niveau de bonheur chez les hommes. Cette différence pourrait être le résultat des différences biologiques et hormonales.
Les personnes ayant un revenu élevé ont généralement plus de loisirs, leur niveau de bonheur dépend moins de leurs activités sexuelles que les personnes à des revenus modestes. En cas de revenu moyen, un rapport sexuel par semaine augmente le bonheur. Et une fréquence sexuelle moindre (de moins d’un rapport sexuel par semaine) peut prédire l’absence de bonheur et augmente le risque de séparation de ces couples.
– niveau d’instruction
Le sexe apporte plus de bonheur aux personnes instruites. Ce résultat pourrait s’expliquer par le fait que les personnes ayant un capital culturel plus élevé sont plus capables d’exprimer leurs préférences sexuelles, et de valider les préférences de leurs partenaires selon Rainer et Smith (2012).
– intimité et bonheur
Le bonheur dépend également de l’intimité partagée, de la capacité d’écouter, et de partager les préférences sexuelles de son partenaire. Les personnes ayant des valeurs sexuelles plus libérales ont des taux élevés de bonheur.
– relations extra conjugales
La présence de nombreux partenaires concomitants semble influencer le bonheur. Le fait d’avoir deux partenaires concomitants baisse le bonheur et la satisfaction chez les femmes. Le fait d’avoir trois partenaires concomitants baisse le taux de bonheur chez les hommes aussi.
La relation extraconjugale semble diminuer le bonheur et la satisfaction dans le couple chez les hommes comme chez les femmes. Cependant, Le bonheur dans les relations monogames apparaît corrélé positivement avec la satisfaction relationnelle, et le bien-être général.
– orgasme et bonheurUne fréquence plus élevée de l’orgasme augmente le bonheur de façon globale, sans augmenter la satisfaction des hommes et des femmes séparément.
– pratiques sexuelles et bonheur
Les pratiques sexuelles n’ont pas un effet significatif sur le bonheur, les positions sexuelles non plus, de même pour le sexe oral et le sexe anal.
Selon les études publiées, seul le baiser augmente le bonheur chez les hommes, sans effet significatif pour les femmes. Caresser les seins de la partenaire féminine augmente les scores de bonheur des partenaires masculins et féminins.
Caresser les parties génitales de son partenaire augmente le score de bonheur des femmes, et diminue légèrement le score de bonheur des hommes.
– satisfaction sexuelle et émotionnelle
La satisfaction émotionnelle et physique augmente le score de bonheur pour l’ensemble de l’échantillon ainsi que pour chaque sexe. Les coefficients sont légèrement plus élevés pour les femmes que pour les hommes.
Avoir des idées négatives sur la sexualité, avoir honte, exprimer une pudeur excessive, ces points semblent diminuer la satisfaction et le bonheur dans le couple.
-affection et bonheur
Exprimer et recevoir l’affection n’a pas d’effet statistique sur le bonheur des hommes, par contre il augmente le bonheur des femmes. L’expression et la réception de l’affection sont jugés plus importantes que le revenu moyen du couple ou du partenaire.
– relations sexuelles tarifées
Les relations sexuelles tarifées semblent produire un niveau de bonheur largement inférieur à celui des relations sexuelles avec un partenaire unique chez les hommes. Le fait d’être payée pour offrir des relations sexuelles diminue profondément le bonheur des femmes.
Le fait d’avoir un massage érotique ne semble pas modifier le taux de bonheur des hommes et des femmes. Le fait de regarder la pornographie n’influence pas le niveau de bonheur des hommes, des femmes, et du couple.
Les relations sexuelles occasionnelles semblent diminuer le bonheur chez les femmes.
– rapports sexuels consentis et non désirés
Le fait d’avoir des rapports sexuels consentis et non désirés réduit le bonheur des femmes, sans effet sur le bonheur des hommes.
Le fait d’avoir des rapports sexuels uniquement pour satisfaire son partenaire diminue le niveau de bonheur pour les hommes, sans effet significatif sur le bonheur des femmes.
Plusieurs conclusions se dégagent de ces analyses.
La première est que les rapports sexuels ont un effet positif sur le bonheur et sur la satisfaction, surtout les rapports sexuels avec un partenaire principal fidèle, intime, et dont la fréquence sexuelle n’est pas inférieure à une fois par semaine.
Une deuxième constatation permet de noter qu’il existe un lien entre le capital culturel et l’effet du bonheur lié au sexe. Les gens les plus instruits ont plus de bonheur dans la sexualité en raison de leur capacité à partager à communiquer et à exprimer leurs besoins.
Une troisième constatation peut indiquer que la qualité des rapports sexuels joue un rôle important dans le bonheur. La fréquence de l’orgasme peut être un indicateur de la qualité, ainsi que la satisfaction émotionnelle et physique.
Une quatrième conclusion s’impose. Les études démontrent sans détour que le nombre optimal de partenaire sexuel est de un. Le fait d’avoir une relation sexuelle engagée, durable, semble jouer un rôle important sur le bonheur des hommes et des femmes.
Il existe d’importantes différences entre les hommes et les femmes. Chez les hommes, les aspects physiques des rapports sexuels influencent le bonheur, la fréquence des relations sexuelles et la participation de la partenaire augmente le bonheur des hommes.
Pour les femmes, il existe une relation forte entre l’intimité, les échanges, l’affection et le bonheur.
References
Blanchflower, D. and Oswald, A. (2004). Money, sex and happiness: An empirical study. Scandinavian Journal of Economics, 106, 393-415.
Clark, A. E., Frijters, P. and Shields, M.A. (2008). Relative income, happiness and utility: An explanation for the Easterlin paradox and other puzzles. Journal of Economic Literature, 46, 95-144.
Doran, K. and Price, J. (2014). Pornography and marriage. Journal of Family and Economic Issues (in press).
Frey, B. and Stutzer, A. (2002). Happiness and Economics. Princeton NJ: Princeton University Press.
Rainer, H. and Smith, I. (2012), Education, communication, and wellbeing: an application to sexual satisfaction. Kyklos, 65(4), 581-598.
Wadsworth, T. (2014). Sex and the pursuit of happiness: How other people’s sex lives are related to our sense of well-being. Social Indicators Research.
Zhiming Cheng et Russell Smyth : Sex and happiness, Journal of Economic Behavior & Organization – janvier 2014

La sexualité est un processus complexe. Les études de la sexualité sont multidisciplinaires associant médecine, biologie, sociologie, et psychologie.
Les théories disponibles concernant la sexualité sont les fruits de cette approche multi disciplinaire.
Théorie du rôle : Cette théorie soutient qu’une grande partie des gestes observés dans le comportement social est, en vérité, des rôles joués par les personnes à la façon d’acteurs jouant leurs rôles.
Théorie évolutionniste : héritage de Darwin qui pensait que l’être humain est le résultat d’une évolution lente et progressive transformant le comportement animal en comportement plus raisonné, et plus humain.
Théorie d’interaction symbolique : Le principe de cette théorie est que la nature humaine et l’ordre social sont des produits de communication symbolique entre des personnes.
Sexualité biologique : La sexualité humaine est le produit des interactions biologiques des hormones et neuro transmetteurs qui agissent sur l’organisme et ses organes.
Théorie des normes sociales : Cette théorie se base sur la conviction que la vie en société est une interaction gouvernée par les normes sociales régissant la nature et le contenu des relations admises par la société.
Théorie psychanalytique : A présent, cette théorie freudienne fait partie de l’histoire et de la culture populaire, rarement utilisée dans sa forme originale.
Sexualité comme échange social : Cette théorie de la sexualité formulée dans les années 80 utilise certains concepts de psychologie pour tenter d’expliquer les relations.
De nombreux auteurs féministes, en Amérique du nord et accessoirement en Europe pensent que les femmes sont soumises en matière de sexualité, par une soumission morale et que toute discussion sur les pratiques sexuelles féminines est inacceptable.
Nous devons à la contribution féminine dans notre culture (littérature, cinéma, peinture) l’éclairage de certaines zones de la psychologie et de la sexologie féminine, quand une femme se dit incapable de comprendre ce qu’il lui arrive après un baiser ou une caresse, incapable de savoir ce qu’elle peut faire pendant la rencontre sexuelle pour répondre à ses besoins et aux besoins de son partenaire.
Pendant de nombreuses années, on pensait qu’il s’agissait d’une pudeur, de pression sociale, mais les féministes confirment qu’il s’agit d’une ignorance. De nombreuses femmes découvrent leur sexualité par l’apprentissage et non pas par l’information ou l’instruction.
Ces auteurs féministes pensent que les hommes continuent de dominer les conversations sur le plaisir sexuel féminin, que la société ignore l’importance des expériences personnelles du plaisir sexuel féminin, ce qui rend difficile toute discussion sur le plaisir sexuel féminin. Cette situation délégitime le plaisir sexuel féminin, augmente l’ignorance et rend l’appétit sexuel féminin suspect selon ces auteurs.
Dans notre société, les espaces acceptables pour discuter la sexualité, et plus particulièrement la sexualité féminine sont les espaces scientifiques, la recherche universitaire et médicale. Les réseaux sociaux ouvrent des espaces supplémentaires.
Nancy Tuana avoue que le discours culturel et médical n’a pas attendu les féministes pour tenter d’expliquer et de théoriser le plaisir sexuel féminin.
“Je ne prétends pas qu’il n’y avait pas de discours sur le clitoris comme source de plaisir sexuel dans la littérature médicale et populaire avant que les féministes. On peut trouver des dizaines, voire des centaines, de récits d’orgasmes féminins résultant de cet organe siège féminin du plaisir ”
(Tuana 2004, 211).
D’autres féministes jugent que que la politique de genre influence la sexualité, ce qui a pour effet d’atténuer le plaisir sexuel des femmes en favorisant le rôle social de la femme au détriment de son bien être personnel ou sexuel et en le plaçant dans une confrontation hostile avec les hommes.
Les silences et les distorsions qui entourent le plaisir sexuel féminin font que les jeunes femmes ignorent les possibilités de plaisir offertes par une variété d’expériences sexuelles qui vont au-delà de la conception hégémonique du sexe.
Selon le même point de vue, dans les rencontres sexuelles, on accorde au plaisir sexuel féminin moins de valeur que le plaisir sexuel masculin, en raison de forces historiques, politiques et sociales ou simplement en raison des différences inhérentes aux femmes et aux hommes.
Le discours féministe sur la sexualité introduit le terme « appétits sexuels » soulignant que ces appétits sexuels des femmes semblent être différents de ceux des hommes et ces appétits sont incompris, non reconnus ou réduits au silence.
Le terme “appétit sexuel”, est différent du désir sexuel utilisé dans les théories disponibles de la sexualité, car il englobe les goûts, les préférences et les envies qui peuvent être satisfaites ou non alors que le désir sexuel est un ensemble plus global. Ce terme correspond à l’approche de Michel Foucault, qui explique que les sujets contrôlent et régulent leurs appétits sexuels par une modération (Foucault 1990) imposée par la moralité, ou par des conceptions hégémoniques de la pratique sexuelle qui peuvent empêcher la satisfaction d’un appétit particulier.
Comme les appétits sexuels des femmes sont moins discutés, ils peuvent rester insatisfaits, cette absence de discours est considérée comme une construction active de l’ignorance (Tuana 2004).
Pour les adeptes du genre, sexualité et genre vont de pair ; tous deux sont des créatures de la culture et de la société, et tous deux jouent un rôle central dans le maintien des relations de pouvoir car les éléments qui ont un impact sur les relations entre les sexes – tels que la classe, l’âge, la religion, la race, l’ethnicité, la culture, la localité et le handicap – influencent également la vie sexuelle des hommes et des femmes. Nous sommes dans l’interactionnisme.
La deuxième vague du féminisme s’est concentrée sur les luttes des femmes dans leurs relations avec les hommes. De nombreuses féministes, auparavant associées à la gauche, ont combiné la critique du mariage et de la monogamie en mettant l’accent sur le plaisir et la liberté sexuelle avec une critique féministe des aspects coercitifs et prédateurs de la sexualité masculine, et de la priorité donnée au plaisir masculin par le biais de la pénétration.
Les féministes lesbiennes ont exhorté les féministes hétérosexuelles à s’orienter vers une critique plus large de l’hétérosexualité. L’idée que les féministes hétérosexuelles étaient des « traîtres à la cause féministe » circulait dès le début des années 1970.
L’essai d’Adrienne Rich intitulé “Compulsory Heterosexuality and Lesbian Existence” (Hétérosexualité obligatoire et existence lesbienne) fait valoir que les féministes hétérosexuelles devaient tenir davantage compte des ressources théoriques développées par les féministes lesbiennes afin d’élaborer un compte rendu plus adéquat des relations sociales entre les sexes.
Selon elle :
« Il semble plus probable que les hommes craignent réellement non pas que les appétits sexuels des femmes leur soient imposés ou que les femmes veuillent les étouffer et les dévorer, mais que les femmes puissent leur être totalement indifférentes, que les hommes puissent avoir un accès sexuel et émotionnel – et donc économique – aux femmes uniquement aux conditions des femmes, sinon ils sont laissés à la périphérie de la matrice (Rich 1986 : 43).
Les méthodes de la recherche féministe cherchent à entendre un éventail de voix, produites par l’intersectionnalité d’identités, la femme peut être hétéro, lesbienne, noire, ou blanche, bi sexuelle ou mono sexuelle, etc.
L’épistémologie, en termes simples, est l’étude de la façon dont nous savons ce que nous savons. Domaine philosophique, elle analyse les méthodologies, les questions d’objectivité, l’utilisation du raisonnement et les questions connexes pour montrer comment la connaissance s’est construite.
La recherche féministe a une orientation épistémologique et méthodologique qui ” reconnaît l’importance des expériences vécues par les femmes dans le but de mettre au jour des connaissances subjuguées ” (Hesse-Biber 2007, 3).
Lykes et Coquillon (2007) par exemple soutiennent l’importance de la recherche participative en tant que méthodologie féministe. Ce type de recherche met l’accent sur la valeur des participants qui jouent un rôle dans la conception et l’exécution de la recherche, minimisant l’hiérarchie entre le chercheur et la personne recherchée.
DeVault et Gross (2007) expliquent comment les entretiens féministes peuvent être pratiqués efficacement afin de produire des résultats de recherche efficaces.
L’Encyclopédie de philosophie de Stanford décrit l’épistémologie féministe comme un domaine qui analyse “la manière dont les normes et les pratiques de production de connaissances affectent la vie des femmes et sont impliquées dans les systèmes d’oppression” (Grasswick 2006).
Alessandra Tanesini (1999) s’engage dans le récit épistémologique du philosophe allemand Martin Heidegger, montrant comment la question épistémologique féministe de savoir comment la connaissance pratique, ou la connaissance qui se traduit par des comportements et des actions, représente en soi des modes de connaissance.
Selon elle, la connaissance des femmes est souvent associée à la connaissance pratique de second ordre, parce qu’elle est l’application de la connaissance plutôt que la compréhension.
Les féministes insistent sur le fait que les manières féminines de comprendre la sexualité sont différentes de celles des hommes, en raison de la manière dont cette connaissance est construite, mais aussi par rapport aux idées de la théorie de female gaze « théorie de point de vue. »
La théorie du point de vue prend ses origines dans les traditions marxistes, et soutient que la compréhension du monde par les femmes diffère de celle des hommes dans la mesure où leur situation sociale varie en fonction du sexe.
Ici, le genre et le sexe doivent être pris en compte car, comme le souligne l’épistémologue Nancy Harstock (1983), car le corps vit l’expérience sociale. Les codes sociaux du sexe sont prescrits sur les corps, ce qui affecte la connaissance sexuelle.
Les féministes pensent que les hommes sont positionnés comme sujets sexuels, et les femmes comme objet sexuel. En d’autres termes, l’expérience de l’homme est souvent le moteur des rencontres sexuelles, pour lesquelles la femme et son corps deviennent des instruments. Cela confère des privilèges aux hommes dans une relation hétérosexuelle.
La théorie féministe du point de vue décrit que la perspective phallocentrique de l’expérience sexuelle limiterait les possibilités d’appétits sexuels féminins et participe à la construction de l’ignorance des plaisirs sexuels des femmes. Car le plaisir sexuel et le sexe lui-même sont décrits et enseignés du point de vue de l’homme.
Toutes les femmes ne sont pas identiques, leurs points de vue ne le sont pas non plus. La vie des femmes est influencée par la race, la classe sociale, la sexualité, l’ethnicité et l’expression du genre, pour ne citer que les vecteurs les plus significatifs. Les théories féministes supposent que les expériences corporelles du plaisir, sont semblables.
La nature interdisciplinaire des études sur le sexe et la sexualité étend la discussion à une myriade de domaines académiques et scientifiques. À différentes époques, différents climats politiques et historiques ont affecté la compréhension du sexe, et plus particulièrement de la sexualité et du plaisir féminins.
L’idée de l’essentialisme sexuel pense que la sexualité existe avant les influences historiques et sociales en raison de la nature, des hormones et de la psyché de chaque individu (Rubin 1984,149). Cette donnée est un problème profond dans l’approche féministe de la sexualité.
Cette idée dite de gauche popularisée par Foucault n’a pas fini d’être critiquée par ses adversaires : conservateurs, religieux, et rationalistes. L’affaiblissement des idées de gauche et l’érosion de l’adhésion au libéralisme sont les alliés actuels de l’essentialisme.
Les féminités avouent qu’il est futile de soutenir que la sexualité n’a pas de composante biologique, en raison de la reproduction et des caractéristiques humaines innées, mais se réfèrent à arguments de Michel Foucault qui analysent les relations de pouvoir. Foucault montre que les personnes au pouvoir utilisaient leur autorité pour découvrir, contrôler et réglementer le comportement sexuel et même le plaisir, en contrôlant le moment où les discussions pouvaient avoir lieu et les connaissances disponibles. Foucault soutient que cette régulation exige du sujet sexuel qu’il contrôle sa sexualité sous le couvert de la moralité.
La discipline universitaire émergente de la sexologie a commencé à interroger les hommes et les femmes sur leurs comportements sexuels et leurs motivations à s’engager dans une activité sexuelle. Par exemple, les rapports sur le comportement sexuel des hommes et des femmes publiés au Etats unis au cours des cent dernières années comprennent le rapport Kinsey (1954), Human Sexual Response de Master et Johnson (1966), Rapport Hite (1974) The Social Organization of Sexuality (Michaels, Chicago, 1994). Ces rapports d’une valeur scientifique variable témoignent de la pratique et de la connaissance de la sexualité et du plaisir sexuel, tant chez les hommes que chez les femmes, mais ne traitent pas les origines « épistémologiques » de ces comportements.
La révolution sexuelle a été fondée sur la liberté d’expression de la sexualité, mais une grande partie de son influence a porté sur la santé sexuelle. L’accent mis sur la santé sexuelle permet d’enseigner, de créer et de diffuser des connaissances sur le corps sans analyser les facteurs sociaux en jeu.
Les analyses des approches féministes de la fin du 20e siècle sur ce sujet décrivent deux “camps” qui semblent avoir des visions opposées.
Ces camps sont désignés comme le féminisme radical et le féminisme libertaire ou égalitaire.
Ann Ferguson (1984) expose les lignes du débat. Les féministes radicales privilégient l’intimité égalitaire par l’expression d’un plaisir mutuel lors d’une rencontre sexuelle, tandis que les féministes égalitaires valorisent le plaisir libre sans contrainte morale.
Question : En tant que féministes, comment devons nous reprendre le contrôle de la sexualité féminine.
Réponse féminisme égalitaire (libérale) : revendiquer le droit à faire et à pratiquer tout ce qui peut nous apporter la satisfaction sans contrainte
Réponse féminisme radical : développer nos propres priorités sexuelles, qui diffèrent de celles des hommes : plus d’intimité et moins pour la performance.
Question : La relation sexuelle idéale se caractérise par :
Réponse féminisme égalitaire (libérale) : partenaires égaux et consentants, qui négocient pour maximiser le plaisir et la satisfaction sexuelle de l’autre par tous les moyens de leur choix. Primauté du plaisir.
Réponse féminisme radical : partenaires consentants, égaux, qui s’impliquent émotionnellement et refusent les stéréotypes ne participent pas à des rôles polarisés.
Alors que les féministes égalitaires cherchent à régler le débat sur le sexe et le pouvoir en laissant la liberté à chacun, les féministes radicales affirment que le patriarcat doit être éliminé et que les besoins des femmes, qui sont différents de ceux des hommes, doivent être reconnus.
Les égalitaires ne reconnaissent pas lien entre le sexe et patriarcat, tandis que les féministes radicales ne reconnaissent pas la légitimité de quiconque trouve du plaisir dans les inégalités de pouvoir et de genre.
Linda LeMoncheck (philosophe féministe) est favorable à un dépassement du clivage radical et libertaire sur la sexualité féminine et particulièrement sur le désir et le plaisir sexuels féminins et pense qu’il faut agir, défendre et essayer de transformer les institutions pour laisser la place à l’expérience individuelle de chaque femme en matière de sexualité, d’appétits sexuels et de plaisir sexuel.
Une approche optimale pour comprendre la sexualité doit reconnaître la complexité de la construction historique et contemporaine de la sexualité féminine, ainsi que leurs effets sur les expériences individuelles des femmes.
L’objectif final n’est pas de développer une nouvelle politique de la sexualité, ni de construire des normes, ni de définir la sexualité féminine, mais d’accepter que les femmes ont des préférences sexuelles individuelles qui ne sont pas seulement des goûts personnels, mais qui sont aussi enracinées dans des lieux sociaux où les forces politiques, y compris les forces patriarcales, influencent la construction de leur sexualité.
Insister sur l’importance de l’expérience individuelle permet à cette approche de donner place à l’individualisme, aux minorités sexuelles et à la différence, mais une étude finit toujours par étudier la tendance majoritaire.
La société actuelle offre une grande place à la parole féminine sur la sexualité dans les romans, l’autofiction, les blogs, et même le cinéma.
L’approche féministe actuelle présente essentiellement en Amérique du nord souffre de son intérêt exclusif pour le féminin. La question sur la sexualité comme un phénomène biologique ou culturelle n’est pas encore tranchée.
Cependant, cette approche introduit des concepts utiles et soulève des questions rarement traitées par les autres approches.
Références
Berger, Melody. We Don’t Need Another Wave: Dispatches from the next Generation of
Feminists. Emeryville, CA: Seal, 2006.
DeVault, Marjorie L., and Glenda Gross. “Feminist Interviewing: Experience, Talk, and Knowledge.” Handbook of Feminist Research: Theory and Praxis. Ed. Sharlene Nagy Hesse-Biber. Thousand Oaks, CA: SAGE Publications, 2007. 173-98.
Fahs, Breanne. Performing Sex: The Making and Unmaking of Women’s Erotic Lives.Albany: State University of New York, Albany, 2011.
Foucault, Michel. Les aveux de la chair, Ed Gallimard , 1988.
Foucault, Michel. Histoire de la sexualité, ed Gallimard, 1997.
Grasswick, Heidi, “Feminist Social Epistemology”, The Stanford Encyclopedia of
Philosophy (Spring 2013 Edition), Edward N.Zalta
LeMoncheck, Linda. Loose Women, Lecherous Men: A Feminist Philosophy of Sex. New
York: Oxford UP, 1997.
Lykes, M. Brinton, and Erzulie Coquillon. “Participatory and Action Research and Feminisms: Toward Transformative Praxis.” Handbook of Feminist Research: Theory and Praxis. Ed. Sharlene Nagy. Hesse-Biber. Thousand Oaks, CA: SAGE Publications, 2007. 297-326.
Rubin, Gayle. “Thinking Sex: Notes for a Radical Theory of the Politics of Sexuality.”
1984. Culture, Society and Sexuality: A Reader. Ed. Richard G. Parker and Peter
Aggleton. London: Routledge, 2007. 143-78.
Sanchez, Diana T., Jennifer Crocker, and Karlee R. Boike. “Doing Gender in the Bedroom: Investing in Gender Norms and the Sexual Experience.” Personality and Social Psychology Bulletin 31.10 (2005): 1445-455.
Tanesini, Alessandra. An Introduction to Feminist Epistemologies. Malden, MA: Blackwell, 1999.
Tolman, Deborah L. Dilemmas of Desire: Teenage Girls Talk about Sexuality.
Cambridge, MA: Harvard UP, 2002.
Tuana, Nancy. “Coming To Understand: Orgasm And The Epistemology Of Ignorance.” Hypatia 19.1 (2004): 194-232. OmniFile Full Text Mega (H.W. Wilson). Web. 19 Sept. 2012.
Tuana, Nancy. “The Speculum of Ignorance: The Women’s Health Movement and Epistemologies of Ignorance.” Hypatia 21.3 (2006): 1-19. University of Southern Indiana.

Changer, réagir, s’adapter. Nous sommes invités à prendre une décision sérieuse qui engage bien de choses : relation, travail, voyage, orientation professionnelle.
Il existera toujours un doute, une possibilité d’échec, une éventuelle perte. Qui dit qu’il est facile de décider.
Identifier le problème avec précision pour commencer. Comment réagir en cas de difficultés professionnelles sans comprendre l’origine de ces problèmes ? Quel changement en cas de problèmes au sein du couple ? Où se trouve l’erreur ? Que faut-il éviter en cas de changement.
Identifier le problème exige un regard neutre, apaisé, fondé sur le réel. Ce Temps de réflexion indispensable pour diagnostiquer le problème avec précision peut conditionner la réussite, économiser un effort précieux pendant la réalisation, et réduire les pertes en cas d’échec.
Fixer vos objectifs représente le début de tout changement. Fixer un objectif exige d’autres décisions : que faut-il changer ? Que faut-il remplacer ? Quel changement devient prioritaire ? À quelle vitesse faut-il réaliser ces modifications ? Puis la question la plus importante : ce projet est-il conforme à mes principes ?
Les objectifs perfectionnistes et exigeants ont plus de chance à conduire à l’échec, à la déception et à l’abandon. Les objectifs trop simples peuvent démotiver.
Le perfectionnisme ajoute à vos décisions et à vos réalisations une difficulté supplémentaire et une insatisfaction. La personne perfectionniste espère une prise de décision parfaite, mais dans un changement, les décisions s’enchaînent, le temps compte, le perfectionnisme devient problématique.
Les objectifs doivent être les vôtres, basés sur vos besoins, et sur vos principes et non pas les objectifs loués par les médias ou par la culture ambiante.
Aller vers des objectifs clairs et précis. Imposer un changement pour ne pas sentir triste est un objectif ambigu, qui risque de vous mener à l’échec.
Définissez vos projets en terme de comportements, de moments des conditions spécifiques. Dans ce cas, les objectifs forment une série d’étapes, de petits changements dans un sens précis.
Dans la plupart des cas, nous identifions le problème, nous cherchons des solutions, nous envisageons la suite sans décider de commencer.
Dans de nombreux cas, l’indécision symbolise la pire décision, elle entraîne une perte de temps, d’énergie, d’argent et de qualité de vie.
Avant de décider, il faut bien réfléchir, consulter, identifier vos besoins. Les décisions précipitées par la peur ou par l’émotion peuvent finir par un échec ou par un désastre. Bien réfléchir pour éviter le coût des décisions erronées en temps, en effort, et en frustration.
En cas de difficultés, le temps de l’analyse et de l’évaluation peut être pénible, nous obligeant à affronter les détails de nos problèmes, les risques, la possibilité d’échec et de perte. La décision soulage, mais n’éradique pas le problème. Il arrive parfois de prendre la décision et de ne rien faire en attendant un miracle. Dans ce cas, la décision demeure une simple réflexion, un scénario préparé pour réagir quand la réaction devient incontournable
Toute décision implique une certaine perte. La décision peut comporter une certaine dose de souffrance, de privation, et de risque.
Votre décision aura un prix économique, émotionnel, ou personnel. Les avantages du changement méritent d’être comparés aux inconvénients.
En cas de problèmes complexes, vous serez invités à prendre une succession de décisions. Chaque décision modifie une partie du problème, s’accompagne de certains avantages, et entraîne certains désagréments.
Identifiez chaque risque, même minime, et son retentissement sur le projet et sur la réalisation pour tenter de trouver la solution adéquate. Cette préparation vous permet d’envisager les détails de votre projet et de votre réalisation, et de minimiser l’anxiété qui accompagne le changement. Le risque accepté dans un projet ne devrait pas mettre en cause votre santé physique ni votre santé mentale, ne devrait pas mettre en danger votre propre sécurité physique ou émotionnelle.
En cas de décision simple, l’évaluation du risque ne pose pas un problème sérieux. Dans les décisions complexes, l’évaluation du risque pourrait s’effectuer à chaque étape du projet. Nos décisions n’échappent pas à notre condition humaine, on décide toujours d’une façon personnelle et imparfaite.
La facilité séduit, la simplicité peut apparaître comme la solution optimale. Nous préférons parfois juger par noir et blanc, bon ou mauvais. Cette dichotomie ne permet pas de formuler un jugement précis ni de décider en face de situation complexe. Nous vivons dans une société sophistiquée et avancée. On découvre rapidement que les décisions simples représentent une décision partielle, qui exige par la suite d’autres décisions.

Nous vivons dans une société individualiste qui offre à chacun la possibilité d’organiser, autant que possible, son parcours personnel.
La question sur le ” sens de la vie ” devient de plus en plus présente en Occident sans idéologies ni religions où chacun devrait créer son propre projet au sein de la collectivité.
Une existence prend son sens quand elle mène à quelque chose, lorsque le présent mène à l’avenir.
Il appartient à chacun de prendre le temps de découvrir ses idéaux profonds, ses passions et ses besoins.
Selon le psychologue Viktor Frankl :
La recherche d’un sens à la vie est parfois remplacée par la recherche du pouvoir, incluant sa forme la plus primitive, soit le désir de gagner toujours plus d’argent. Dans d’autres cas, c’est la recherche du plaisir qui y est substituée.
Viktor Frankl en est convaincu : c’est en cherchant ce sens profond de leur vie que ses patients retrouveront progressivement volonté et joie de vivre.
Héritière de la philosophie du bien-être, la psychologie moderne tente de formuler des conclusions utiles sur le sens de la vie, et sur les moyens les plus appropriés pour y arriver.
Kierkegaard disait : on a plus perdu, quand on a perdu sa passion que quand on s’est perdu dans sa passion.
Pour d’autres philosophes, la passion est problématique, car elle perturbe notre rationnement. Pour les philosophes de la liberté, la passion est une ” maladie de l’âme ” (Kant), pour les philosophes rationalistes comme Descartes, elle brouille le jugement et empêche l’accès aux vérités.
La psychologie moderne tente de trouver une réponse utile à ces oppositions. Existe-t-il une différence entre avoir une passion harmonieuse et une passion obsédante ? La réponse est oui. En 2003, le psychologue canadien Robert Vallerand a fait une nette distinction entre passion harmonieuse et obsédante. Si votre passion vous dépasse, devient hors de votre contrôle, si votre bonheur et votre estime de vous-même dépendent de cette passion, vous êtes dans une passion obsédante, qui risque de vous mener vers l’anxiété et la tristesse. Si votre passion est sous contrôle, raisonnée par votre esprit et par votre plan de vie ou par vos principes éthiques, vous êtes dans une passion harmonieuse. Vous pouvez imaginer que le travail ou l’argent peuvent faire votre bonheur.
Cette passion est saine, sauf quand l’argent ou le travail deviennent indispensables à votre bonheur, ou pire, quand ils sont en contradiction avec vos principes ou vos attentes. En cas de passion obsédante, il est plus difficile de trouver le sens de sa vie.
Hegel préférait dire : Rien de grand ne s’est accompli dans le monde, sans passion.
Pour donner un sens à votre vie, ne laissez pas mourir vos projets et vos ambitions. Cultivez vos rêves et gardez-les précieusement. Si vous avez une ambition, n’attendez pas longtemps pour transformer cette ambition en projet. Les chercheurs à l’université de la Floride du Sud ont examiné les réponses de centaines de personnes qui se plaignent de l’absence de sens à leur vie et le retentissement de cette absence sur leur carrière professionnelle, sur leur santé, et sur leur qualité de vie. Les chercheurs ont remarqué que les personnes qui négligent leurs ambitions et leurs projets perdent plus que les autres le sens et la qualité de leur vie. La recherche du sens dans notre vie dépend de nos projets, de leur réalisation, et de leurs relations avec nos besoins, et nos vraies attentes.
Dans de nombreuses publications, les psychologues semblent s’accorder sur un point : la vie sans endurance et courage ne peut être une vie satisfaisante. La psychologue Angela Duckworth de l’Université de Pennsylvanie écrit dans son livre publié en 2016 ” tomber 7 fois, se relever à la huitième ” que les personnes endurantes sont capables de réussir leurs projets, d’améliorer leur qualité de vie. Ces personnes sont consciencieuses, autodisciplinées, courageuses et travailleuses. Ces critères semblent s’associer avec la réussite professionnelle, et une meilleure qualité de vie. Se relever après un échec exige une passion pour recommencer, du courage pour se remettre au travail, et une endurance pour réussir.
Jon Jachimowicz de l’école de commerce de New York a étudié le sentiment des personnes qui font leur travail avec passion. Il a noté que les personnes qui apprécient leur travail bénéficient de cette association passion/travail. Ces personnes sont plus heureuses, et plus douées pour réussir sur le plan professionnel et personnel. Ces résultats suggèrent que la persévérance est indispensable pour transformer une passion en projet, pour trouver un sens à la vie, et pour chercher une bonne satisfaction.
Certains auteurs pensent que l’investissement profond dans une tâche peut parfois transformer cette tâche en passion.
Duckworth suggère que personne ne rencontre sa passion et le sens de sa vie spontanément, et qu’il ne suffit pas de réfléchir ou de méditer pour changer les conditions de notre vie. Il est important d’explorer, d’essayer différentes activités, d’étudier différents projets, d’affronter les défis pour trouver le sens de sa vie. Il est parfois utile de chercher le conseil chez les autres, à travers le contact personnel, ou à travers la lecture et les études.
Exécuter consciencieusement une tâche, maîtriser cette tâche, perfectionner l’exécution peut devenir une passion. Dans une étude publiée en 2014, les entrepreneurs allemands ont remarqué qu’une tâche répétée pendant huit semaines peut être exécutée d’une façon satisfaisante pour les employés à partir de la neuvième semaine. Les employés ont exécuté cette tâche, ont perfectionné leur approche, ont fini par transformer cette exécution en passion. Les tâches exécutées étaient librement choisies par les employés, les procédures d’exécution également. Cet investissement qui transforme le travaille en passion exige le libre choix de son travail, et la compréhension de l’intérêt de ce travail.
Certaines écoles de psychologie proposent quelques conseils pour aider chacun à trouver le sens de sa vie. Nous trouverons les mêmes conseils dans les livres de philosophie, dans les conseils de nos parents et dans la culture populaire
1. Ne négligez pas vos rêves et vos projets
2. Cultiver ce que vous trouvez agréable
3. Penser à ce que vous aimez avant de penser à ce que vous n’aimez pas
4. Analyser vos sentiments et vos besoins
5. Ne pas gaspiller son temps (être raisonnable avec les jeux et les distractions)
6. Savoir distinguer le bonheur de la satisfaction
7. Ne pas être passif dans la vie
8. Trouver le temps pour réfléchir à vos propres problèmes
9. Être patient.
10. Vous devez faire ce que vous aimez.
References:
Dave Isay : Callings: The Purpose and Passion of Work 2016, Penguin Press.
Wilhelm REICH, ” L’analyse caractérielle “, Paris, Payot
Viktor Frankl, découvrir un sens à sa vie, Montréal, Actualisation, 1988

Le complexe d’Adonis fait référence aux différentes manifestations posées par le problème de l’image corporelle masculine. Contrairement à la croyance populaire, les problèmes liés à l’image du corps existent aussi chez les hommes. La société n’autorise pas les hommes à se plaindre, certains optent pour le silence pour ne pas être perçus comme efféminés ou faibles. D’autres luttent contre ce ” tabou ” qui les empêche de discuter cette préoccupation. D’autres encore souffrent de dépression, d’anxiété et de mauvaise estime de soi.
Cette magnifique sculpture de Canova rappelle aux hommes que, pour mériter Aphrodite, il faut être Adonis.
Adonis est la personnification de la beauté masculine. Aphrodite était désespérément attirée par le jeune Adonis, elle désirait son corps, sa jeunesse et sa beauté. Adonis lui était plus intéressé par l’art de la chasse que par les femmes. Aphrodite tente en vain de convaincre Adonis de coucher avec elle. Adonis meurt blessé par un sanglier. Aphrodite le métamorphose en une belle fleur symbole de son amour frustré.
Les taux d’insatisfaction corporelle chez les hommes ont considérablement augmenté au cours de ces dernières décennies. 50 % des hommes sont mécontents de leur apparence, 15 % en 1972 (Cash, Winstead et Janda 1986). De nombreux d’hommes cherchent la chirurgie esthétique pour améliorer leur apparence. En 1992, aux USA, 6 000 hommes ont demandé une liposuccion pour enlever la graisse non désirée, 22 000 hommes en 1997. 3 à 5 millions d’hommes aux États-Unis luttent contre les troubles alimentaires comme comme la boulimie ou l’anorexie.
Environ 1 million d’hommes américains souffrent de trouble de dysmorphie corporelle, qui croient qu’une partie de leur apparence physique est laide. Ils peuvent penser qu’ils perdent leurs cheveux, ou que leur pénis est trop petit, quand il est de taille moyenne, ou juger leurs nez trop gros, quand il est dans la moyenne.
Ce trouble s’accompagne de comportements compulsifs pour dissimuler le défaut supposé. Une sous- catégorie de ce trouble de dysmorphie corporelle fait son apparition chez les hommes, la dysmorphie musculaire qui a émergé dans la littérature médicale au début du 21e siècle. La culture dominante semble apprécier les hommes musclés comme porteurs d’une masculinité moderne. D’autres troubles apparaissent comment l’exercice compulsif et l’haltérophilie excessive (jusqu’à six heures par jour), les rituels alimentaires associant les suppléments alimentaires aux vitamines et parfois aux anabolisants se sont répandus, avec leurs cortèges de troubles de l’image du corps, d’évitement social et d’isolement. (Olivardia 2001).
Les stéroïdes anabolisants sont utilisés plus et plus par les jeunes garçons et par les hommes en quête d’un corps musculaire parfait. 6 % des lycéens ont admis avoir utilisé ces substances en dépit de leurs effets secondaires : athérosclérose, accident vasculaire cérébral et crises cardiaques. La consommation d’anabolisants s’est accompagnée par l’apparition de troubles psychologiques, comme les manies, ou un comportement agressif ou violent, connu sous le nom de ” roid rage ” (Olivardia 2000).
Diverses théories ont été proposées pour expliquer les troubles de l’image du corps chez les hommes. Autrefois ces troubles étaient présents essentiellement chez les femmes.
On incrimine l’érotisation de l’image masculine, dans la pub et dans les médias à la fin du 20e siècle, un changement de l’image masculine. L’homme idéal n’est plus celui qui est fort, moral et fidèle à sa famille, ou travailleur, l’homme idéal devient beau et musclé. On trouve ces tendances culturelles dans la publicité, les médias, les films, et les magazines de sport et de mode.
Le corps masculin beau et musclé fait actuellement partie de la recette des films d’action.
L’érotisation du corps masculin est présente également. On érotise un corps jeune, musclé, beau. On le montre comme le corps rêvé et apprécié par les femmes comme on peut voir dans certaines séries récentes.
Le corps féminin est largement exposé dans les produits culturels. Ce corps féminin devenu objet, largement exploité, voire banalisé. L’apparition de plateformes de diffusion permet une spécialisation et une personnalisation des contenus. Depuis plusieurs années, l’objectivation sexuelle masculine devient un produit culturel comme un autre. Le corps de l’homme est montré comme un objet de consommation et d’admiration, exposé d’une façon érotisée pour attirer le public féminin.
La série Spartacus (2010-2013) a gagné en popularité grâce à la brutalité visuelle et à l’exposition de corps nus. La série télévisée Outlander peut être un exemple sur l’objectivation masculine. Dans cette adaptation d’une saga écrite par Diana Gabaldon, la masculinité devient un mélange de beauté, de muscles, d’un homme romantique à initier sexuellement.
D’autres auteurs pensent que le complexe d’Adonis est en lien avec les évolutions récentes de la condition féminine (Mishkind et al. 1986 ; Pope, Phillips, Olivardia 2000). Les hommes avaient l’habitude de définir leur masculinité à travers leurs professions, leur statut social ou leur revenu. Le rôle masculin traditionnel n’existe pas, des hommes tentent de démontrer leur masculinité en sculptant leurs corps.
La compétition entre hommes pour attirer les femmes devient une question de muscles et de beauté. Certains auteurs intègrent ces problèmes médicaux et psychologiques dans des concepts plus larges comme la crise de la masculinité ou les troubles liés au genre masculin.
1. Irene Raya Bravo : The erotization of the male body in the television fiction. Outlander as a case study, Oceanide 10 · March 2018
2. Olivardia, Roberto. 2001. ” Mirror, Mirror on the Wall,Who’s the Largest of Them All? ” Harvard Review of Psychiatry 9: 254-259.
3. Pope, Harrison G., Jr., Katharine A. Phillips, and Roberto Olivardia. 2000. The Adonis Complex: The Secret Crisis of Male Body Obsession. New York : The Free Pess
4. Durant, Robert H.,Vaughn I. Rickert, Carolyn S. Ashworth, Cheryl C. Newman, et al. 1993.” Use of Multiple Drugs among Adolescents Who Use Anabolic Steroids. ” New England Journal of Medicine 328: 922-926.
5. Mishkind, Marc E., Judith Rodin, Lisa Silberstein, and Ruth H. Striegel– Moore. 1986. “The Embodiment of Masculinity: Cultural,Psychological and Behavioral Dimensions. ” American Behavioral Scientist 29, no. 5 : 545-562.

Pourquoi nous faisons ce que nous sommes censés faire ? Lorsque les psychologues se posent cette question, ils ont tendance à rechercher les objectifs spécifiques, les attitudes et la motivation. Généralement, la réponse est complexe, la motivation englobe de nombreux domaines.
On peut définir la motivation comme le comportement visant à atteindre un but précis.
La psychologie citre trois catégories de motivations :
essentielle ou primaire comme la survie,
interne répondant à des besoins internes comme l’autoréalisation
et externe : la recherche de récompense (observer les autres, compétition)
En fait, la motivation est un procédé complexe qui associe de nombreux besoins et de nombreuses motivations primaires, internes ou externes.
Le développement personnel est un outil important pour cultiver la motivation interne. Consolider son estime de soi est un élément important pour avoir confiance dans ses projets et dans la capacité de les réaliser. Il est important aussi de bien préciser le but, de comprendre l’intérêt de cette réalisation et de penser positivement. Vous serez plus motivé en imaginant ce que vous allez accomplir et les avantages de cet accomplissement.
Pour cultiver la motivation interne, il est important de comprendre les critiques des autres pour chercher les réponses et non pas pour abandonner. La motivation est une procédure cognitive et intellectuelle qui repose sur les idées, sur l’argument et les contre arguments.
La motivation ne s’épuise pas. Dans une étude publiée en 2017, on souligne que les personnes peuvent être fatiguées pendant l’accomplissement d’une tâche mais cette fatigue n’altère pas leur motivation.
Dans une étude publiée par l’université l’Iowa en 2018, la réduction du stress et la relaxation semblent avoir un effet bénéfique sur la productivité et sur la motivation. En cas d’épuisement ou de manque de motivation, le repos, la relaxation, la réduction du stress peuvent aider la personne à retrouver sa motivation et son optimisme.
Motivation interne et externe
Certains auteurs pensent que les gens développent leur propre motivation par un processus d’engagement et d’interaction.
La motivation intrinsèque peut être fondée sur trois besoins psychologiques innés :
1. Besoin d’autonomie
2. Besoin de se sentir compétent
3. La nécessité d’appartenance
Aucune idée simple ne peut expliquer la motivation d’un jeune athlète ou d’un musicien débutant ou d’un écrivain qui commence à écrire un roman. Le but recherché se justifie par de nombreux besoins individuels.
L’environnement et les contextes sociaux sont contradictoires et chaotiques par définition. Aucun auteur n’a pu se faire éditer sans difficulté, aucun sportif n’a pu faire une carrière sans passer des longues heures d’entraînement. L’environnement social favorise rarement la motivation ; indifférence, critique ou même hostilité. L’environnement social tente de limiter l’autonomie des personnes fragilisant ainsi leurs motivations. Les personnes qui se conforment sans limites aux exigences sociales peuvent perdre leur autonomie et leur créativité.
La motivation exige de se sentir libre. Les personnes contrôlées ont plus de mal à être motivées. Elles peuvent agir selon les règles du contrôle social et non pas selon leurs propres motivations. L’autonomie signifie agir librement, avec volonté et libre-choix.
Soutenir l’autonome peut être important dans le milieu professionnel et scolaire pour encourager la motivation. Ce soutien ne signifie pas être permissif. Pour soutenir l’autonomie, il est utile de fixer des limites et les appliquer avec compréhension, dialogue et empathie.
Les récompenses peuvent agir pour motiver les personnes effectuant des tâches de routine. Les récompenses ne portent pas atteinte à la motivation intrinsèque des personnes qui réalisent des travaux sans exigence de créativité. Trois pratiques peuvent être utilisées pour récompenser un travail de routine :
1. Expliquer l’importance de cette tâche.
2. Reconnaître que la tâche est ennuyeuse et répétitive.
3. Permettre aux gens de réaliser la tâche selon leur propre stratégie pour encourager leur autonomie.
En cas de travail exigeant des solutions créatives, la motivation extérieure ne suffit pas. La motivation par punition n’a montré aucune efficacité.
Les chercheurs de l’université de Winnipeg et de l’université de Manitoba ont découvert que notre source de motivation change pendant que nous avançons vers le but.
Dans cette étude, les participants seraient motivés par des espoirs, des aspirations et les aspects positifs de leurs résultats. Les chercheurs ont entrepris plusieurs expériences, et ont constaté que la motivation a changé pendant la réalisation du projet. Certains participants ne couraient plus pour la réussite du projet mais pour éviter l’échec.
Les résultats de cette étude suggèrent que les personnes trouvent dans la motivation le meilleur support pour entamer leurs projets, mais peuvent être motivé à la fin, seulement par la peur de perdre leurs investissements et leurs efforts en cas d’abandon. Par exemple, pour ceux qui épargnent pour acquérir une maison ou faire un voyage, ils commencent par suivre des stratégies d’épargne positives comme chercher à travailler plus, ou augmenter son salaire. Plus tard, la motivation devient différente, ils peuvent renoncer à certains achats ou à certains loisirs pour réussir. La motivation interne n’est plus une recherche de réussite, mais une stratégie d’éviter un éventuel échec. Cette métamorphose de la motivation prolonge la motivation et peut aider les personnes à réussir.
Nous avons l’habitude de discuter intelligence et Quotient intellectuel (QI) pour évaluer les résultats scolaires, les compétences professionnelles et la performance intellectuelle. Cet intérêt est fondé sur une idée reçue comme certitude : l’intelligence est un élément important dans la réalisation et la réussite d’un projet. Mais est ce vrai ? La réponse est non.
Nous pouvons trouver de nombreuses études sérieuses pour affirmer les limites de cette tendance.
Dans une étude publiée en 2011, les chercheurs ont tenté d’examiner l’importance de l’intelligence dans la réussite d’un projet. Ils ont fini par conclure que l’élément le plus déterminant dans la réussite d’un projet est la motivation et non pas le Quotient intellectuel (QI). Ils ont noté aussi que la motivation augmente le QI.
La principale conclusion de cette étude est que la motivation compte beaucoup. Ils formulent leur conclusion en termes statistiques : La motivation est la variable qui influence le QI et la capacité de réaliser.
Beaucoup de personnes apprécient le Qi comme instrument d’évaluation, en raison de sa simplicité, et de la disponibilité de nombreux tests pouvant offrir des scores faciles à comparer et à utiliser. Mais que mesure t on en évaluant le Qi ? En réalité, il est difficile de savoir ce que le quotient intellectuel mesure exactement, il évalue une certaine capacité intellectuelle, une certaine intelligence. Cette évaluation ne permet aucune prédiction. Un quotient intellectuel élevé indique une prédisposition, ne garantit ni performance ni aptitude à réussir. Quel est l’intérêt d’un quotient intellectuel élevé d’une personne peu motivée ?
La motivation améliore et conditionne les performances intellectuelles, et la capacité à réaliser et à réussir, au-delà des tests de quotient intellectuel.
Selon les approches de la psychologie positive, la motivation exige d’aimer ce qu’on doit faire. Pour motiver, il faut comprendre l’intérêt de la tâche, et l’importance de la réussite. Selon cette approche, la motivation exige de comprendre ce qu’on fait, de participer à la réalisation, d’apprécier le but final.
La motivation est une force motrice importante pour suivre une stratégie de réussite. La motivation exige une bonne orientation vers un but précis, de rester concentré sur ce but, avec un esprit positif, avec un certaine dose d’optimisme.
Il n’est pas facile d’être motivé pour plusieurs domaines de la vie. Cependant la société actuelle, par ses caractères individualistes, exige de nous d’être motivé dans la vie professionnelle, comme dans la vie sociale ou familiale.
Cette exigence de motivation nous invite à avoir des buts précis, réalistes, et à apprécier les résultats des projets pour lesquels nous recherchons la motivation.
Référence
Angela Lee Duckworth, Patrick D. Quinn, Donald R. Lynam, Rolf Loeber, and Magda Stouthamer-Loeber : Role of test motivation in intelligence testing,PNAS April 25, 2011. 201018601
Daniel Randles, Iain Harlow, Michael Inzlicht. A pre-registered naturalistic observation of within domain mental fatigue and domain-general depletion of self-control. PLOS ONE, 2017; 12 (9): e0182980
Brett R. Gordon, Cillian P. McDowell, Mats Hallgren, Jacob D. Meyer, Mark Lyons, Matthew P. Herring. Association of Efficacy of Resistance Exercise Training With Depressive Symptoms. JAMA Psychiatry, 2018;
Olya Bullard, Rajesh V. Manchanda. How goal progress influences regulatory focus in goal pursuit. Journal of Consumer Psychology, 2017.
D. Albarracin, J. Hepler, M. Tannenbaum. General Action and Inaction Goals: Their Behavioral, Cognitive, and Affective Origins and Influences. Current Directions in Psychological Science, 2011; 20 (2): 119

Selon l’organisation mondiale de la santé, la consommation nocive d’alcool a causé plus de 3,3 millions de décès en 2012, soit 6 % de tous les décès cette année-là. Cette consommation est fortement associée à l’hypertension artérielle, cirrhose hépatique et pancréatite chronique, et représente un énorme fardeau social et économique.
Depuis de nombreuses années, on voit dans les médias, films et séries télé des femmes en train de boire. La femme a le droit de se souler, de prendre une cuite festive ou consolatrice, comme les hommes.
Dans un article publié le 8 mai dans le journal libération publie sur l’alcoolisme au féminin : ” Les femmes boivent trop et de plus en plus, mais les pouvoirs publics ne semblent pas s’en alarmer. Les conséquences sont pourtant encore plus graves pour elles que pour les hommes. “
Les médecins soulignent la progression de l’alcoolisme féminin. 25 à 30 % des personnes qui consultent pour alcoolisme sont des femmes. Ce fléau semble suivre le même schéma que le tabagisme féminin des années 80. Il n’existe aucune donnée fiable sur le nombre des femmes alcooliques en France. Certains avancent le chiffre de 500 000 à 1,5 million.

Les médecins parlent d’alcoolisme en cas 14 unités de consommation par semaine, ou de 4 par jour chez les hommes âgés de moins de 65 ans, ou de 7 par semaine, et de 3 par jour chez les femmes.
L’alcoolisme féminin touche plus les femmes aisées, à l’inverse de l’alcoolisme au masculin. La consommation d’alcool est plus élevée autour de l’âge de 27 ans chez les femmes, et autour de 18 ans chez les hommes. L’alcoolisme au féminin est plus discret. Les femmes associent l’alcool à d’autres médicaments comme des psychotropes.
Dans tous les pays développés, l’alcoolisme chez les femmes est en nette augmentation. Les études publiées montrent que la parité de consommation alcoolique a été atteinte dans les années 90.
Le binge drinking est une forme de consommation alcoolique en vogue. C’est une consommation massive durant une soirée. Cette consommation n’est plus le monopole des garçons, les jeunes femmes sont de plus en plus impliquées dans cette alcoolisation massive et ponctuelle. Les adeptes de cette forme de consommation avancent quelques arguments sur les motivations : stress, tension générée par le travail, ou par la famille.
Dans une étude néo-zélandaise de 2017, portant sur 1.496 buveurs (902 femmes, 594 hommes), âgés de 16 à 68 ans, la consommation alcoolique chez les femmes était plus diversifiée. Les hommes consomment plutôt de la bière, et du vin léger, les femmes consomment plus d’alcools forts et des spiritueux. Les femmes boivent chez elles plus que les hommes.
Dans une étude américaine publiée en 2017, les auteurs considèrent que le nombre des patients affectés par l’alcoolisme risque de doubler d’ici 2050 pour atteindre 112 millions aux États-Unis. Les adultes consomment actuellement plus d’alcool que les jeunes, sans hésiter à mélanger alcool et médicaments. Ceci augmente le risque de chute, et des blessures.
Chez les personnes âgées de plus de 60 ans, une enquête sur 65,303 consommateurs alcooliques, le taux de femmes alcooliques augmente de 0,7 % par an, alors que le taux d’alcoolisme chez les hommes demeure stable. Chez les femmes âgées de 60 ans et plus, le taux d’alcoolisme augmente de 1,6 % par an.
Cette augmentation est plus notable chez les femmes blanches ou hispaniques nées aux États-Unis. Les études démontrent également que les programmes de prévention n’incluent pas pour le moment les femmes, considérant que l’alcoolisme est un fléau masculin. Cependant, les problèmes sanitaires liés à l’alcoolisme commencent à apparaître chez les femmes.
Les statistiques de santé publique montrent qu’il ya eu une augmentation de 65 % du nombre de femmes anglaises âgées de plus de 60 traitées pour alcoolisme au cours de cinq dernières années. Les femmes anglaises boivent à la maison, parfois en solo.
Face à l’alcoolisme, les femmes encourent des risques spécifiques. La consommation alcoolique peut favoriser des maladies hépatiques, maladies digestives ou neurologiques, et augmente le taux de traumatisme, chute, blessures, et accidents de la route. Le retentissant social de l’alcoolisme peut être important : perte d’emploi, stigmatisation, déclassement social etc.

En plus, chez les femmes, l’alcoolisme pendant la grossesse peut avoir des conséquences dévastatrices sur le fœtus et sur la grossesse. Concernant le cancer, selon l’Institut national du cancer en France (Inca) : “Le risque de mortalité due à l’alcool augmente plus rapidement chez les femmes que chez les hommes”. Le cancer du sein, du pancréas, du foie, et de l’estomac augmentent en cas de consommation alcoolique excessive. L’alcool altère également la fertilité féminine.
D’autre part, cette consommation alcoolique excessive chez la femme peut s’accompagner de problèmes de comportement sexuel en augmentant le risque d’ infections sexuellement transmissibles, d’agression, et de comportements à risque.
Dans une étude publiée en 2015, interrogeant 228 femmes âgées de 18 à 20 ans, l’âge moyen de début de consommation alcoolique était de 14 ans aux États-Unis. L’âge du premier rapport sexuel était de 16 ans.
Cette étude a constaté que les premières expériences sexuelles impliquant l’alcool étaient plus susceptibles de se produire en dehors d’un contexte relationnel. Il s’agit généralement de sexe occasionnel, avec un partenaire impliqué dans une consommation alcoolique également. En cas de consommation alcoolique, les premières expériences sexuelles étaient non programmées, imprévisibles, et parfois non protégés négligeant la contraception, et le risque sanitaire. Dans 20 % des cas, ces relations sexuelles sous l’emprise de l’alcool manquaient d’un consentement éclairé.
L’abus alcoolique chez les femmes demeura discret pendant de nombreuses années dans les sociétés occidentales. Ce débat est actuellement véhément dans des pays comme l’Angleterre, où certains critiquent la tendance culturelle à protéger la morale féminine et l’image de la femme en sacrifiant la santé des jeunes femmes et la prévention.
La France est à la fois un pays producteur et consommateur de vin, ce qui rend la prévention contre l’alcoolisme plus délicat et plus nécessaire que dans d’autres pays. Cette prévention mérite d’avoir une composante culturelle, sanitaire et sociétale.
La France possède un arsenal préventif contre l’abus alcoolique considéré parfois comme sévère en ce qui ce qui concerne la publicité et l’achat de l’alcool ainsi la protection des mineurs. L’abus alcoolique pendant la grossesse est pris en compte sur le plan sanitaire et préventif.
L’alcoolisme féminin au quotidien échappe souvent à ces politiques de prévention, en raison de son caractère discret.
Il est utile de s’interroger sur les faits et leurs contextes, de chercher comment réduire cet abus à travers l’information, l’éducation, et la lutte contre l’anxiété et le stress.
Références
Alcoolisme féminin : un fléau sans modération. Libération, Eric Favereau, 8 mai 2018 à 20:06
Martin Wall and Sally Casswell. Drinker Types, Harm, and Policy-Related Variables: Results from the 2011 International Alcohol Control Study in New Zealand. Alcoholism: Clinical and Experimental Research, April 2017
Leila Glass, Eileen M. Moore, Natacha Akshoomoff, Kenneth Lyons Jones, Edward P. Riley and Sarah N. Mattson. Academic Difficulties in Children with Prenatal Alcohol Exposure: Presence, Profile, and Neural Correlates. Alcoholism: Clinical and Experimental Research, March 2017
Jennifer A. Livingston, Maria Testa, Michael Windle, Laina Y. Bay-Cheng. Sexual risk at first coitus: Does alcohol make a difference? Journal of Adolescence, 2015; 43: 148
Richard A. Inman, Sara M. Da Silva, Rasha Bayoumi and Paul H. Hanel. Cultural value orientations and alcohol consumption in 74 countries: A societal-level analysis. Frontiers in Psychology, 2017
Marc A. Schuckit. Remarkable Increases in Alcohol Use Disorders. JAMA Psychiatry, 2017
Natacha M. De Genna, Lidush Goldschmidt, Michael Marshal, Nancy L. Day, Marie D. Cornelius. Maternal Age and Trajectories of Risky Alcohol Use: A Prospective Study. Alcoholism: Clinical and Experimental Research, 2017

Les gens parlent souvent parler de respect de soi ou d’estime de soi, de fierté, d’amour-propre, d’orgueil, d égocentrisme et de narcissisme. Nous pourrions même parler d’une génération ” moi “, dépendant de ses selfies et des likes sur facebook.
Sommes-nous plus narcissiques que la génération précédente ? Les heures passées sur les réseaux sociaux aux égos exposés ont-elles modifié nos comportements ? La télé-réalité confirme que nous sommes narcissiques ? Sommes-nous au milieu d’une épidémie de narcissisme ?
Sommes-nous devenus obsédés par nous-mêmes ? Et si oui, où est le problème ?

Hors contexte psychologique, la langue française utilise le terme de vanité pour décrire le comportement ou le défaut d’une personne qui étale avec complaisance, sa satisfaction de soi. En même temps, le mot vanité est péjoratif dérivé de ce qui vain, inefficace et futile.
La vanité est avide de compliments, d’admiration et de flatterie. La vanité est souvent la conséquence d’une estime de soi ” fragile “, une demande constante pour se rassurer.
Le poète anglais John Milton pensait que l’estime de soi est suffisante quand elle enrichit nos vies ou celles des autres. Milton parlait d’une confiance en soi modeste, modérée. Dans les années 1750, Jean-Jacques Rousseau a popularisé le terme Amour-propre. Pour Rousseau, l’amour propre devrait éviter la vanité, et ne se lasse pas de poser des gardes fou contre les maux de l’amour-propre : vanité, envie et mépris.
Le terme narcissisme vient du mythe grec de Narcisse, le beau jeune homme qui tombe amoureux de son propre reflet dans une flaque d’eau. Le Narcissisme est un concept de la théorie psychanalytique de Freud. Le narcissisme apparaît en psychiatrie sous la forme du trouble de la personnalité narcissique.
Nous utilisons le terme narcissisme pour désigner une tendance culturelle, et non pas un trouble psychologique ou psychiatrique, un comportement qui privilégie le soi, qui étale les acquis pour s’auto-glorifier.
Il y a une différence entre l’estime de soi et le narcissisme. Quelqu’un ayant une haute estime de soi valorise la réussite, apprécie la réussite des autres, croit à l’altruisme, peut parfois minimiser sa réussite pour ne pas altérer l’estime de soi chez les autres.
Le narcissique a un comportement qui ne valorise pas les autres, il ne cherche pas la bienveillance dans les relations, il manque d’empathie, expose sa réussite comme un témoignage de l’échec des autres. Le narcissiste est vaniteux, dans une relation d’arrogance ou de mépris vis-à-vis des autres. Il est dans l’égocentrisme, dans l’obsession de soi.

Comparant une étude évaluant le narcissisme réalisée sur 15 000 étudiants en 1982, avec une autre étude réalisée sur les mêmes principes en 2006, les chercheurs confirment que les scores de narcissisme sont plus élevés que par le passé, et spécialement à partir des années 2000.
Ces études suggèrent que l’augmentation du narcissisme n’est pas liée à une tranche d’âge ni à une origine ethnique ou démographique. Les hommes étaient plus narcissiques dans les années 80, les femmes sont devenues plus narcissiques que les hommes dans les années 2000.
Les chercheurs pensent qu’il existe un lien direct entre la vanité ou le narcissisme, et certaines demandes comme la chirurgie esthétique. L’augmentation mammaire et la liposuccion ont été multipliées par 3 pendant la même période.
Les personnes narcissiques ont des difficultés relationnelles. Leurs relations sont peu stables, moins longues que les autres. Les personnes narcissiques se marient plus tard que les autres. Leurs relations se fondent sur la sexualité, et la consommation.
Il existe un lien entre narcissisme et matérialisme. Le narcissisme se concentre sur l’image, sur la réputation, et sur l’admiration des autres. Ces valeurs sont en vogue dans notre culture actuelle, encouragées par les réseaux sociaux. La personne narcissique sur les réseaux sociaux étale son bonheur, ses achats, raconte ses exploits sexuels, ses voyages, expose son corps, ses prothèses mammaires, en critiquant les autres sur leur échec social, sur leur pauvreté, sur leur obésité.
L’éducation joue un rôle dans ce comportement narcissique, quand les parents confondent la construction de l’estime de soi et le narcissisme. Quand l’enfant pense qu’il est spécial, intéressant, intelligent, il construit son estime de soi. Quand il pense qu’il est supérieur, que les autres lui sont inférieurs, il peut devenir narcissique.
Les personnes narcissiques sont intéressées par la culture des médias, par les célébrités, par la télé réalité, et par le glamour, plus que la moyenne. Internet permet aux personnes narcissiques de chercher à satisfaire deux besoins indispensables à la personne narcissique : l’admiration, et la validation.
Pour les personnes narcissiques, la télé réalité est une chose normale. L’admiration des téléspectateurs comme les commentaires favorables sur les réseaux sociaux est une récompense si désirée, qu’elle justifie les autres inconvénients.
Une étude sur des adolescents finlandais a constaté que, dans les années 1980, si vous demandiez aux adolescents ce qu’ils craignaient, ils étaient beaucoup plus susceptibles de mentionner les préoccupations mondiales (guerre, terrorisme) ou économiques (chômage). Depuis quelques années, les adolescents sont préoccupés par des craintes personnelles comme la solitude ou le manque d’amour. En même temps, les adolescents semblent plus susceptibles d’être déprimés ou anxieux que les générations précédentes.
Les auteurs du livre Good to Great ont été surpris par le résultat de leur enquête. Les grands chefs d’entreprise ne sont pas narcissiques. Au contraire, le succès de l’entreprise exige modestie, capacité d’accepter les critiques, et discrétion. Un chef d’entreprise ne peut être narcissique, car la personne narcissique cherche l’admiration des autres à tout prix, sans souci du résultat. Dans le même livre, les auteurs ont noté que les grands sportifs ne sont pas narcissiques non plus. Un grand sportif, comme un chef d’entreprise, doit savoir travailler avec les autres, apprécier les qualités des autres, les motiver, et les encourager. Ses traits de caractère sont à l’opposé de l’excès de confiance qui caractérise la personne narcissique.

Les personnes narcissiques ont plus d’amis sur Facebook. Les narcissiques prospèrent sur les réseaux sociaux car ils sont actifs, ils dévoilent leurs vies, et font tout pour être populaires et admirés. Ceci ne signifie pas que la majorité des personnes sur Twitter ou sur Facebook est affectée de narcissisme. Les réseaux sociaux encouragent la recherche d’attention d’un public docile, gratuit, généreux de compliments et de complicité, presque indifférent.
Dans une étude récente de l’Université de Swinburne, un échantillon de 200 participants ont répondu à un sondage en ligne comprenant des questions sur l’estime de soi et l’utilisation d’Instagram. Les chercheurs ont distingué deux types de narcissisme. Le narcissisme fort encourage exhibitionnisme, , extraversion, manipulation, sentiment de supériorité, agressivité, indifférence, recherche de succès. Le narcissisme vulnérable s’accompagne d’ insuffisance, de sentiment de honte, de la colère, timidité et réaction violente à l’insulte.
Selon cette conclusion, l’estime de soi apparait comme est un facteur qui distingue entre le narcissisme fort et vulnérable.

En consultant les moteurs de recherche, nous pouvons noter une tendance vers une culture occidentale autocentrée. Les livres sur comment s’aimer, comment découvrir l’être spécial que vous êtes, ne manquent pas.
Le narcissisme est à la hausse dans les sociétés occidentales modernes. Certains pensent que le narcissisme est le fruit d’une culture individualiste.
Une étude réalisée après la réunification de l’Allemagne a interrogé 1.025 personnes pour évaluer les niveaux de narcissisme et l’estime de soi.
Les participants de l’ex-Allemagne de l’Ouest ont plus de narcissisme par rapport aux participants de l’ex-Allemagne de l’Est. Les personnes de l’ex-Allemagne de l’Est avaient l’estime de soi plus élevée que ceux de l’Allemagne de l’Ouest.
L’environnement culturel individualiste ou collectiviste affecte le développement des traits de personnalité, y compris le narcissisme.

La relaxation progressive de Jacobson
Le training, ou la relaxation concentrative
La régulation du tonus musculaire
L’hypnose fractionnée progressive,
Le yoga
Le terme relaxation se définit par la diminution ou la suppression d’une tension. La relaxation musculaire est synonyme d’un relâchement, ou d’une décontraction.
Au milieu du XXe siècle, le terme relaxation désigne en anglais une méthode thérapeutique de détente et de maîtrise des fonctions corporelles, par de procédés psychologiques. Progressivement, ce terme d’est entendu, devint synonyme de repos et de détente.
La relaxation devient un état de détente accompagnée du bien-être subjectif, une détente physique ou psychologique, une diminution de tension mentale.
La relaxation fait partie de techniques psychocorporelles, qui passent par le corps pour apaiser l’esprit.
L’approche de la relaxation soulève les mêmes problèmes que l’approche psychosomatique, des problèmes qui surgissent dès qu’il est question d’envisager le lien entre l’organique, et le psychique. Chaque auteur développe sa méthode, à partir de la nature de la relaxation telle qu’il la conçoit.
Le fondement scientifique de la relaxation demeure discutable. Il n’existe aucune preuve que l’esprit conscient peut modifier la tension musculaire ou le rythme cardiaque. Cependant, la relaxation permet réellement un état de bien-être, de confort capable, à son tour, d’améliorer l’anxiété ou la tension psychique ou musculaire.

Dans sa forme la plus simple, il s’agit d’une simple détente corporelle dans un lieu calme et apaisant. Dans sa forme thérapeutique, c’est un apprentissage progressif. Les résultats de la relaxation sont positifs chez nombreux patients. Dans certains cas la relaxation ne donne aucun résultat. L’adhésion du patient est primordiale pour la réussite de la relaxation.
La relaxation exige un apprentissage de la détente musculaire accompagnée d’une maîtrise de respiration. Tout commence par une prise de conscience de son corps, ses muscles, et des liens entre émotions, pensées, et manifestations du corps sous forme de tension musculaire, de fatigue, irritabilité, anxiété, etc.
Chaque méthode de relaxation passe par les étapes indispensables à construire une prise de conscience des sensations corporelles pour favoriser une maîtrise utile de la respiration, et de l’État mental.
Les méthodes les plus anciennes sont la relaxation progressive de Jacobson et la méthode du training.
La relaxation est divisée en deux groupes : les méthodes passives qui s’appuient sur la suggestion et sur la détente. Parmi ces méthodes, on cite le training de Schultz, et la méditation. Les méthodes actives nécessitent une participation volontaire du patient. Parmi ces méthodes, on cite la plus célèbre : la relaxation progressive de Jacobson.
La relaxation progressive de Jacobson
Cette méthode trouve ses origines dans les travaux de Jacobson sur la physiologie du système neuro musculaire. Jacobson a remarqué que l’être humain réagit plus fortement quand il est tendu. A A l’inverse, lorsqu’il est détendu, l’humain ne manifeste pas un excès de réaction.
Jacobson pensait que tout phénomène émotionnel s’accompagnait de modifications de la tension de certains groupes musculaires. Il définit la relaxation par l’absence de toute contraction musculaire. Le muscle à l’état de repos aurait un tonus normal. Cette relaxation musculaire à l’état pur serait accompagnée d’une détente mentale liée à une mise au repos du cortex cérébral.
La relaxation progressive est une méthode lente, progressive, comportant quatre stades :
– Premier stade : la relaxation locale
Il s’agit de solliciter successivement les groupes musculaires volontaires de bras, de jambes, du troc, épaules, du cou, les muscles de la face, et les muscles de la respiration. À ce stade, le sujet en position allongée sur le dos, dans le calme et l’immobilité, exécute des exercices utiles pour arriver à la relaxation. Par Exemple l’exercice du bras consiste à fléchir l’avant-bras sur le bras en contactant le biceps. La personne prendra conscience de la sensation qui accompagne la contraction des muscles antérieurs des bras. En deuxième temps, la personne laisse tomber l’avant-bras sur le lit, pour constater la disparition de la sensation de contractions. Jacobson insiste sur le fait que l’exercice n’est qu’un moyen pour parvenir à une écoute musculaire permettant d’affiner les sensations et de les comprendre.
– Deuxième stade : la relaxation générale
Ce stade est consacré à la possibilité d’obtenir une détente globale de tout le corps avec disparition progressive de l’activité mentale. Les séances sont effectuées une à trois fois par semaine selon les cas, sous le contrôle du médecin ou d’un entraîneur.
-Troisième stade : la relaxation différentie
Il s’agit pour le sujet d’utiliser la faculté acquise de se relaxer dans son activité quotidienne, de ne solliciter que les groupes musculaires indispensables à l’action.
– Quatrième stade : c’est le dernier stade de la relaxation de Jacobson, qui consiste à prendre conscience de tensions musculaires accompagnant les états affectifs et émotionnels ; c’est-à-dire les états qui échappent à alors volonté.
La méthode de Jacobson était populaire dans les pays anglo-saxons en dépit de la difficulté de son apprentissage.
Le training, ou la relaxation concentrative
C’est une méthode analytique, nommée aussi méthode de décontraction concentrative. Cette méthode a été inventée par Schultz, à partir des travaux sur l’autohypnose.
La méthode de Schultz comporte deux cycles : le cycle inférieur, et le cycle supérieur. Dans le cycle inférieur, comportant six étapes, le training se pratique dans une pièce calme, demi-obscure, dans de vêtements confortables.
En position assise dans un fauteuil, les bras reposent sur les accoudoirs, les cuisses sont bien appuyées, ou en position allongée sur une chaise ou sur un tabouret. Le sujet est invité à fermer les yeux pour favoriser la concentration sur la formule suivante : mon bras est tout à fait lourd. L’exercice commence avec un seul bras, pour tenter d’induire mentalement la pesanteur. Chaque exercice est suivi d’une reprise caractérisée par une flexion et une extension rapide du bras. En général, après une dizaine de jours, la sensation de pesanteur s’installe rapidement. Elle irradie vers les autres membres dans un processus de généralisation selon Schulz.
L’expérience de la chaleur dure deux à trois semaines. Le sujet se concentre mentalement sur une formule de genre mon bras est chaud. Après un ou deux jours, une sensation de chaleur peut s’intensifier et irradie aux quatre membres.
Le troisième exercice consiste à découvrir les pulsations cardiaques. La formule est : mon cœur bat. Cet exercice de régulation cardiaque exige deux ou trois semaines d’entraînement. Après avoir effectué les quatre premiers exercices, le sujet passe à d’autres exercices concernant les autres parties du corps. Après un entraînement de 6 à 10 semaines, le sujet a acquis la capacité d’accéder à une relaxation physiologique, utile, accompagnée d’un détachement mental. Après plusieurs mois d’exercice régulier, le sujet peut éventuellement accéder aux cycles supérieurs du training, une méthode de psychothérapie profonde qui permet une déconnexion et une plongée dans l’inconscient.

Autres méthodes de relaxation
La régulation du tonus musculaire
Il s’agit d’une technique dérivant de la méthode de Schultz. C’est une thérapie visant à obtenir par la suggestion la disparition du symptôme. L’accent est mis sur le caractère actif de cette méthode. Le patient étant formé avec précision, assume la responsabilité de son évolution. Il faudra des exercices tous les jours, à une heure précise. Les exercices sont des variantes du training de Schultz renforcés par le rôle suggestif du thérapeute.
L’hypnose fractionnée progressive,
C’est une méthode dérivée des exercices de Schultz. Durant les trois premières semaines, le patient apprend les exercices de pesanteur et de chaleur proposée par Schultz. Le rôle du médecin est d’entraîner son patient dans un état d’hypnose en fixant le doigt du médecin à 20 cm de ses yeux. Une fatigue musculaire va entraîner une vision brouillée et la fermeture des paupières. Dans la troisième phase, le médecin adopte une attitude analytique active examinant avec le patient les situations conflictuelles. Les séances vont modifier la relation entre le patient et ses conflits.
Le yoga
Il s’agit d’une méthode inspirée d’une discipline philosophique tendant à la maîtrise de l’esprit et du corps. Les positions adaptées, dont la plus célèbre est celle du lotus rappelle les attitudes de méditation des moines bouddhistes qui mobilisant leurs forces psychiques, pour atteindre un état mystique qui va les conduire vers l’autre rive du détachement absolu.
Ces techniques permettent de contrôler les composantes somatiques de troubles nerveux, en favorisant un sentiment d’épanouissement, de bien-être, et de relation pacifiée avec son corps et ses muscles. Ces exercices sont utiles pour lutter contre les attaques de panique, contre les crises d’angoisse contre le stress chronique. Quant à la méditation, elle permet une nouvelle façon de percevoir la réalité, d’avoir une lucidité différente, et de vivre dans une sérénité apaisante.
C’est une méthode utilisée chez les sujets sans symptômes. Cette relaxation préventive est jugée utile pour lutter contre la pression de la vie moderne, pour alléger le stress, garder sa santé mentale et physique. La relaxation préventive permet de lutter contre les facteurs de tension : bruits, nuisance visuelle, conditions de travail, réduction de l’espace vital, anxiété face à un système social compétitif, manque de sommeil.
La relaxation est utile sur le plan émotionnel. La relaxation favorise la réduction des manifestations corporelles violentes en cas d’émotions fortes comme l’accélération de rythmes cardiaques et respiratoires, la pâleur ou les modifications de sécrétions salivaires.
La relaxation préventive peut développer la possibilité d’un repos efficace permettant au sujet d’éliminer ses tensions et de n’utiliser que le minimum d’énergie nécessaire à son activité.
La relaxation préventive peut aider le patient à lutter contre la douleur, en allégeant les composantes psychologiques de la douleur, et en réduisant la tension musculaire.
La relaxation possède de nombreux effets positifs, diminuant la tension artérielle, le rythme fréquence cardiaque et la fréquence respiratoire.
La relaxation associée à un traitement médical adéquat peut obtenir de bons résultats dans le traitement de l’hypertension artérielle. C’est le cas également dans d’autres manifestations comme la palpitation ou la tachycardie. Certains troubles respiratoires comme l’asthme peuvent bénéficier de la relaxation. Les manifestations émotionnelles qui perturbent le système digestif peuvent aggraver certaines lésions comme l’ulcère gastro duodénal, ou les colites spasmodiques. La relaxation peut aider en réduisant la douleur, ou la diarrhée.
Au niveau cutané, la peau fait partie avec la bouche des organes influencés par le stress et la tension. Dans certains cas, la relaxation peut être utile dans le traitement dermatologie.
La relaxation est indiquée dans les troubles du système nerveux, comme la céphalée, la migraine, le bégaiement, l’insomnie, ou dans les phobies ou l’anxiété. L’indication de la relaxation et dépend de la tension émotionnelle, et le degré d’angoisse du patient. Le médecin peut associer la relaxation à d’autres traitements médicamenteux, ou psychologiques.
La relaxation peut être indiquée dans d’autres maladies comme le trouble de fatigue chronique et la céphalée de tension.

La dépression chez la femme enceinte est souvent non traitée. 50 % des femmes dépressives enceintes sont traitées aux États-Unis. L’absence de traitement s’accompagne de douleurs physiques, de souffrances mentales, de troubles de la nutrition, de consommation élevée d’alcool et de tabac, et de relations perturbées avec la grossesse, et avec le partenaire. La dépression chez la femme enceinte augmente le risque de suicide.
L’absence de traitement est motivée par des questions financières, par une opposition au traitement de crainte d’exposer le fœtus aux antidépresseurs, par manque de disponibilité, et par la méfiance vis-à-vis de la psychothérapie.
La dépression principale unipolaire est diagnostiquée chez les patients qui souffrent d’un épisode dépressif, sans histoire de manie ou d’hypomanie. Un épisode de dépression principale unipolaire est une période de deux semaines au moins avec au moins cinq symptômes parmi les symptômes suivants : humeur dépressive, perte d’intérêt, perte du plaisir de la majeure partie des activités, insomnie ou hypersomnies, changement d’appétit, agitation psychomotrice, perte d’énergie, faible concentration, mauvaise estime de soi et culpabilité, pensées morbide ou suicidaire.

Le diagnostic d’une dépression chez la femme enceinte exige une collaboration entre le médecin traitant, le médecin obstétricien, et le médecin psychiatre.
La dépression principale grave exige une hospitalisation dans 7 % de cas.
Pour le médecin, il est important d’évaluer les antécédents de sa patiente, pour proposer un traitement efficace. Par exemple, si la patiente avait déjà bénéficié d’une psychothérapie, le médecin peut proposer une nouvelle psychothérapie pendant la grossesse, de même que pour le traitement par médicament.
Le médecin devrait également discuter avec la famille de la patiente. Expliquer la dépression à la femme enceinte et à sa famille peut avoir certains bénéfices, pour aider la patiente à appliquer le traitement, et adhérer au conseil de son médecin. Discuter avec la famille peut aider le partenaire et la famille à comprendre les symptômes, et à prévenir des risques potentiels comme le suicide.
Le traitement par antidépresseur est une option valable. Les effets secondaires des médicaments antidépresseurs sur la grossesse ne justifient pas l’absence de traitement. Ses effets secondaires devraient être évalués, expliqués à la patiente et à sa famille et pris en compte par l’équipe médicale.
L’équipe médicale peut expliquer à la patiente l’importance d’une bonne hygiène de vie associant une bonne alimentation, à une bonne qualité de sommeil, accompagnée par une activité physique adéquate.
Le manque d’adhésion de la part de la patiente au traitement et aux conseils médicaux augmente le risque lié à la dépression.
La surveillance médicale devrait être régulière, organisée par le médecin psychiatre, qui vérifie selon les échelles utilisées dans la médecine psychiatrique l’amélioration de la dépression. La surveillance médicale implique également une surveillance de la bonne évolution de la grossesse.

L’utilisation des antidépresseurs devrait être discutée et évaluée par la patiente, et par son entourage, en expliquant les avantages et les inconvénients de ce traitement.
L’efficacité des antidépresseurs est la même chez la femme enceinte que chez la femme non enceinte. Le traitement par antidépresseur chez la femme enceinte devrait être adapté, à dose réduite. Les doses de médicaments antidépresseurs peuvent être augmentées à la fin de la grossesse. Le risque sur le fœtus après le troisième trimestre est moindre que le risque sur la grossesse au premier trimestre.
La surveillance échographique de la grossesse devrait être stricte, plus fréquente que la surveillance de la grossesse chez une femme non enceinte.
Références
Vigod SN, Wilson CA, Howard LM. Depression in pregnancy. BMJ 2016; 352:i1547.
Ko JY, Farr SL, Dietz PM, Robbins CL. Depression and treatment among U.S. pregnant and nonpregnant women of reproductive age, 2005-2009. J Womens Health (Larchmt) 2012; 21:830.
National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Depression: The Treatment and Management of Depression in Adults. Clinical Guideline 90. October, 2009.
Larsen ER, Damkier P, Pedersen LH, et al. Use of psychotropic drugs during pregnancy and breast-feeding. Acta Psychiatr Scand Suppl 2015; :1.

Un humain devrait s’adapter à son environnement, et répondre aux défis de la vie : santé, économie, couple, deuil, etc. Si vous voulez atteindre un objectif, la sagesse populaire vous invite à être positif.
Nos pensées fondent notre capacité à formuler notre conscience, nos sentiments et notre volonté puis nos actions.
Dans ses études sur l’intelligence, Julie Norem a comparé les opportunistes stratégiques et les pessimistes défensifs. Si vous êtes un opportuniste stratégique, vous envisagez le meilleur résultat possible et vous planifier pour atteindre ce résultat. Si vous un pessimiste défensif, même si vous avez été couronné de succès par le passé, vous allez décrire toutes les choses qui pourraient aller mal et vous risquez de ne rien faire.
Nous sommes en réalité l’ensemble de nos pensées. La qualité de nos pensées conditionne nos actions et notre qualité de vie. C’est l’un de principes de la psychologie positive.
Les grands hommes des différentes époques ont compris la capacité de l’esprit à engendrer créativité, détermination, résistance et endurance.

Les mots et les idées sont notre nourriture psychologique et morale. Ce que nous entendons (parole, sons, musique), ce que nous voyons (livres, image), ce que nous discutons deviennent la nourriture de notre esprit et la base de nos pensées.
Lorsque nous entendont constamment des mots négatifs, des pensées négatives ou anxiogènes, nos pensées deviennent moins positives, et doivent lutter contre cette atmosphère négative. Quand nous sommes confrontés à des situations qui suscitent la réflexion, certaines idées nous aident dans nos décisions, d’autres nous ralentissement en semant peur et hésitation.
Notre esprit se nourrit à travers ce que nous recevons de notre environnement : famille, amis, émotions, musique, livres, films, art, etc.
C’est une banalité, de mentionner que notre famille et nos amis affectent notre point de vue et nos pensées. Ceci explique pourquoi nous sommes encouragés à nous entourer de gens qui augmentent notre estime de soi et rehaussent notre lucidité et notre capacité à formuler des pensées positives et utiles.
Les personnes défaitistes, pessimistes, ou nihilistes ont quelque chose en commun, ils influencent nos décisions et nos pensées, puis nos réactions et nos comportements. Combien de fois, est-on déprimé ou démoralisé après une discussion avec un rabat-joie, ou avec une personne cynique ?
L’influence des livres, de la musique, de la culture, est primordiale. Nous gagnons à travers ces productions intellectuelles un esprit plus apaisé et plus harmonieux. En lisant un livre, ou en regardant un film, nous bénéficions d’un discours structuré et soigné capable de nous aider à produire des pensées positives.
La prudence et le pessimisme sont parfois utiles pour affronter la complexité d’un sujet et ses conséquences. Ces approches négatives, en sachant maîtriser la dose, peuvent modérer nos actions, améliorer notre défense et accroitre notre capacité d’analyse.

De nombreuses études confirment que les émotions positives sont une force déterminante pour avoir des pensées positives et incontournables dans la recherche de l’épanouissement de tout être humain.
Il serait utile de réduire les situations qui empoisonnent l’esprit par leur négativité, comme on peut constater parfois dans les discussions sur les réseaux sociaux, ou en écoutant les personnes trop anxieuses, ou cyniques et de chercher des situations qui encouragent la pensée positive.
Les livres, l’art, la culture, la musique, la méditation et les amis optimistes peuvent nous rendre plus heureux, plus positifs et nous aider dans notre réussite et notre épanouissement.
La psychologie positive est fondée sur les pensées positives : penser positivement pour produire des conséquences positives.
Réf :
Wiley Periodicals, Inc. J Clin Psychol 58: 993-1001, 2002.
Fredrickson, B. L. (2001). The role of positive emotions in positive psychology: The broaden-and-build theory of positive emotions. American Psychologist, 56(3), 218-226.

Ne pas savoir prendre une décision est un problème. Et beaucoup de personnes redoutent la décision, et le jugement de leurs résolutions précédentes peu fiables ou mal préparées. Les gens qui réussissent un projet avaient généralement pris une décision valable, et avaient fait le nécessaire pour réaliser leur projet.
Prendre en compte les choix disponiblesDans une étude ancienne de 2003, sur les dons d’organes, les chercheurs s’étonnaient de la différence du taux de donneurs d’organe dans les pays européens, 99 % en Suède et 4.25 % au Danemark. Les chercheurs ne pouvaient pas incriminer la culture pour expliquer la différence de taux de donneurs entre deux pays comme le Danemark et la Suède qui partagent une grande partie de leur héritage culturel. En France, Belgique, ou en Suède, la loi indique que chacun est donneur d’organe, sauf en cas d’opposition, au Danemark, chacun est non-donneur, sauf en cas d’acceptation.
Des études de ce genre sont nombreuses pour nous expliquer que les humains préfèrent le choix par défaut pour éviter l’inconfort de choix complexe. Dans de nombreux cas, le statu quo est le refuge pour ne pas choisir.

Les 5 types de décisions
1- La décision de type raisonnable :
C’est une décision prise selon des arguments pour et contre, après une délibération. Là, la décision raisonnable est simple, les arguments sont clairs, les raisons évidentes.
2- deuxième type
Décision prise après une délibération rapide, accompagnée d’une certaine indifférence. Les risques sont peu importants. Ainsi, la délibération prend en compte le risque le plus important, assumant les autres risques. C’est le cas également dans les décisions stéréotypées, où les risques sont connus et évalués à l’avance.
3- troisième type
Dans ce type de choix, la détermination est accidentelle. C’est le cas d’une décision plus ou moins importante, dont les critères semblent insuffisants pour prendre une décision raisonnable fondée sur le pour et le contre. Ce sont les décisions du genre : fonce et on verra, ou va vers l’avant. Cette décision est généralement motivée par des caractères volontaires, et aussi instables. Les émotions jouent un rôle déterminant dans ce genre de délibération. La réussite des actions suscite l’admiration des autres, les échecs coûteux.
4- Quatrième type
C’est une décision prise après une délibération rapide, sans argument solide, fondée sur une expérience extérieure, ou sur une motivation émotionnelle. Nous prenons ce genre de décision quand nous hésitons entre nos valeurs et nos motivations, et nos impulsions. Dans ce cas, la décision peut être prise rapidement, ou abandonnée avec la même rapidité pour échapper au malaise de décider.
5- cinquième type de décision
Voilà une décision où la raison ne joue aucun rôle, la volonté devient la seule motivation de l’acte, et le libre arbitre seule justification. Ce Jugement peut être justifié par de besoins conscients ou inconscients, par une idéologie, par une culture, par croyance matérialiste ou métaphysique. Nous élaborons un projet personnel de voyage, ou d’un changement de vie, car nous le voulons, nous le désirons.

La décision exige la motivation, mais..
Acheter une maison, c’est un projet d’une famille qui se justifie par un enfant qui arrive, un adolescent qui a besoin d’une chambre, vous vérifiez votre compte bancaire, votre taux d’endettement, et vous commencez. La motivation devient indispensable pour accepter de prendre du temps à discuter avec les banquiers, à comparer les offres, et à trouver l’offre la plus adaptée.
La motivation commence par bien identifier les buts, les avantages et les inconvénients. En deuxième temps, élaborer une stratégie pour renforcer cette motivation, en cherchant comment rendre l’achat d’une maison utile, bénéfique, convaincante.
Du temps et de l’énergie, et de l’optimisme
Après la discussion avec les banquiers, il est temps de trouver la maison de vos rêves, de visiter des propriétés et de passer des heures à discuter en famille et de négocier le pour et le contre. Il faut consacrer du temps et de l’énergie pour y arriver. La motivation joue un rôle important pour continuer et pour aller au terme de votre démarche.
Pendant vos démarches, vous serez encouragé par deux moteurs essentiels : votre propre motivation et votre optimisme.

La décision : l’émotion joue un rôle
Les neurosciences nous enseignent que la décision nous apparaît logique, mais, après analyse, nous trouvons toujours une dose d’émotion dans nos décisions. Nous cherchons à réduire l’influence des émotions dans nos décisions. Pourtant, nos achats coup de cœur, nos résolutions sont motivées par nos émotions et nos sentiments. Notre logique construit une solution, nos émotions tentent de la valider ou vice versa.
Le neurologiste Antonio Damasio a étudié les décisions en cas de lésions cérébrales affectant la partie du cerveau où les émotions sont produites. Ces patients échouaient dans leurs prises de décisions. Leurs raisonnements ne souffraient d’aucun déficit.
Au moment de décider, les émotions interviennent pour trancher entre deux choix logiques. Chez les personnes qui tentent de décider de partir d’une logique fondée sur suppositions et expériences, la décision devient difficile surtout en cas d’incertitude.
Qui peut prédire, dans 20 ans, sa situation familiale ou professionnelle pour signer, avec certitude scientifique un crédit d’achat de maison ? La logique ne fonctionne plus.
Nos émotions jouent leurs rôles. Nous devons éviter de laisser les émotions choisir entièrement. Nous pouvons préparer plusieurs choix éclairés, et laisser aux émotions leurs parts. Après avoir bien étudié les caractéristiques d’une voiture, le dossier de crédit, vous pouvez laisser à vos émotions le choix du modèle, ou de la couleur ou d’équipements de conforts.
Un bon projet, une bonne décision dépend de vous
Dans un monde idéal, une décision rationnelle ne doit jamais compter sur la volonté ou sur sa motivation, mais sur des critères vérifiables. Malheureusement, ce genre de décision facile n’existe pas, dans un monde instable, et en constant mouvement. Dans la plupart des cas, nous prenons la meilleure décision parmi les décisions disponibles. Prenez votre temps, comparez, veillez à hiérarchiser l’important et le moins important, en s’éloignant des avis négatifs et pessimistes, en évitant d’être contaminé par l’anxiété d’autres personnes.

Après la décision
1 – Après avoir décidé, souvenez-vous des avantages de votre réussite. Éviter les personnes qui encouragent la passivité, ou le pessimisme. Vous n’avez pas besoin d’entendre des phrases sur l’échec de tout projet, ou le commentaire des gens pessimistes, fondé sur un état d’esprit, et non pas sur une réalité.
2- Éviter les personnes conformistes qui ne cherchent qu’à continuer l’ordre établi dans leur vie personnelle et professionnelle. Un projet se définit comme une modification d’une situation donnée, acheter une maison ou fonder une entreprise.
3- Dans votre entourage, des personnes peuvent exprimer un trouble devant votre réussite. Si ces personnes vous intéressent, vous pouvez leur expliquer vos motivations, les rassurer sur la portée de ces changements.
4- Citez les avantages que vous cherchez en réalisant votre projet. Ne restez pas seuls, incluez les vôtres dans votre projet. Vous pouvez transformer votre entourage en allié précieux en l’impliquant dans votre projet dès le début.
5- Durant les moments d’hésitation, citez les raisons pour lesquelles cette entreprise vous apparaît impossible à réussir puis analyser ces difficultés, en cherchant à les surmonter. Pour renforcer votre détermination, diviser les difficultés, séparez-les pour les surmonter.
6- Pendant la réalisation de votre projet, célébrez la réussite de chaque étape, en tant que pas vers la réussite de votre entreprise, pour consolider à nouveau votre détermination.
7- Pourquoi ne pas imiter les exemples positifs, ces personnes qui ont réussi leur projet en dépit de difficultés, de maladie, de leurs conditions humaine ou sociale. Les histoires de réussite peuvent renforcer votre optimisme.
8- Pendant les étapes de décision et d’exécution, distinguez nettement la détermination de l’entêtement. La détermination entraîne un comportement positif pour réussir un projet, l’entêtement est une réaction qui traduit une raideur.
L’entêtement n’est pas un signe de volonté ou de confiance, les enfants peuvent être entêtés, les adultes doivent être déterminés.
Réf
Pascal Moigno : La volonté, de l’idée à l’action, Ed Causam, 2015

Comprendre la faim et la satiété
Quelques définitions
Mécanismes physiologiques de la faim
Hypoglycémie et taux de sucre dans le sang
La Ghréline
Le cerveau agit sur l’appétit
La leptine
Nutriments énergétiques et satiété
Le déclenchement de la sensation de faim
Maîtriser sa faim pour perdre du poids
Le principe d’un régime alimentaire sain, équilibré et valable, à long terme, est de manger quand on a faim ce qu’on aime manger et s’arrêter quand on n’a plus faim.
Réapprendre à faire confiance aux signes de la faim et de la satiété, voilà la clé dans n’importe quel régime alimentaire. Savoir comment fonctionne l’appétit, c’est le transformer en allié de votre régime.
Comprendre la faim et la satiétéNotre corps nous envoie des signaux clairs de faim et de satiété. Ces signaux peuvent être perturbés par des facteurs émotionnels, ou par des régimes, ou par des habitudes alimentaires sociales ou culturelles. On finit par manger pour passer le temps, pour ne pas s’ennuyer devant la Télé, ou pour faire plaisir.
À un moment donné, le régime alimentaire, quelle que soit la méthode utilisée, doit commencer par une rééducation pour détecter la sensation de faim. Vous pouvez par exemple prendre la moitié de votre petit-déjeuner du matin. Quand vous avez faim, vous pouvez prendre l’autre moitié.
Cette rééducation peut être utile pour les personnes en bonne santé, qui ne cherchent pas à faire un régime ni à perdre du poids. C’est une règle d’hygiène alimentaire. D’autre part, cette rééducation s’accompagne d’un choix plus raisonnable des aliments.
Quelques définitionsAvoir faim, c’est éprouver un besoin nutritionnel urgent, car l’organisme manque de glucose (sucre) ou d’acides gras pour assurer le bon fonctionnement, et pour répondre aux besoins énergétiques.
La faim est une sensation qui accompagne normalement le besoin de manger.
Être rassasié, c’est recevoir du cerveau un signal qu’on a suffisamment mangé et qui fait arrêter le repas. En règle générale, l’estomac distendu par les réserves qu’il vient d’accumuler avertit le cerveau qui réagira en faisant disparaître le plaisir gustatif.
La satiété est le cas de non-faim, c’est notre état entre deux repas. La satiété est plus longue chez l’adulte que chez l’enfant, car l’enfant est en pleine croissance, et dépense beaucoup d’énergie.
Mécanismes physiologiques de la faimLorsque vous prenez une collation, vous savez peut-être que votre cerveau conscient exerce un contrôle sur le choix d’aliments. Par ex vous aimez la salade, ou vous évitez les sucres.
Par contre, le contrôle conscient du cerveau est moins présent quand il s’agit du moment de manger, ou de combien manger. La sensation de faim est gouvernée par de nombreux facteurs qui régulent la faim et l’appétit.
Nous connaissons la faim comme une sensation inconfortable, parfois pénible qui s’accompagne de signes physiologiques comme la fatigue ou le manque de concentration. Les contractions gastriques accompagnent les messages de manque de nutriments dans le sang. Après remplissage de l’estomac et la présence de nutriments dans les intestins, le cerveau arrête la sensation de faim pendant plusieurs heures.
L’hypothalamus, une zone centrale dans le cerveau agit et régulent les deux sensations : sensation de faim et sensation de satiété.

Hypoglycémie et taux de sucre dans le sangLa faim traduit un état physiologique, un besoin, qui correspond au niveau de sucre dans le sang. En cas d’hypoglycémie (baisse de niveau de sucre dans le sang), la faim peut apparaître.
Contrairement à une opinion répandue, l’hypoglycémie n’est qu’exceptionnellement liée à une carence de sucre ou de glucides, sauf chez les diabétiques. Il s’agit généralement d’une carence globale d’apports énergétiques, soit par un excès d’utilisation, comme un effort physique intense, ou un effort intellectuel, par une défaillance de certains mécanismes physiologiques comme en cas de diabète, d’hyperthyroïdie (augmentation de taux d’hormone thyroïdienne dans le sang).
L’hypoglycémie, quelle que soit son origine, va être perçue par les neurones de la zone hypothalamique du cerveau. Ce centre hypothalamique va stimuler l’appétit. Dans le cas contraire, ce centre va inhiber l’appétit en stimulant la satiété.
Directement ou indirectement, le centre de la faim va agir sur des structures hypothalamiques responsables de la sécrétion de certaines hormones liées au taux de sucre dans l’organisme comme l’adrénaline, ou l’ACTH. L’ingestion d’aliments va, par un double mécanisme, inhiber l’activité du centre de la faim, le mettre au repos.
La seule façon physiologique pour neutraliser l’activité du centre de la faim est d’éviter l’hypoglycémie, en adaptant les apports caloriques aux dépenses, et en les répartissant au cours de la journée, cela par une alimentation fractionnée en quatre ou cinq repas.
Le corps est organisé pour avoir une quantité suffisante d’énergie tous les quatre à 5 heures dans la journée, et de 10 à 12 heures la nuit pendant le sommeil.
Se priver de manger s’accompagne de signes et symptômes comme la faim, fatigue physique, fatigue intellectuelle, perte de concentration, tremblements, énervement, pâleur, et crampes d’estomac.
La sensation de faim est liée au taux de sucre dans le sang (glycémie). Ce taux est bas, la sensation de faim apparaît. Pour calmer rapidement la faim, il suffit de manger des aliments qui font remonter le taux de sucre dans le sang, ces aliments donc son riche en sucres, on dit aussi ces aliments ont un index glycémique élevé. Ces aliments riches en sucre, qui s’assimilent vite (miel, confitures, pâtisseries) calment rapidement, mais transitoirement la sensation de faim, qui revient aussi vite.
Ces aliments ne peuvent pas assurer la satiété. Si on veut une satiété de longue durée, mieux vaut consommer des aliments qui font grimper lentement le taux de sucre dans le sang comme le pain, le maïs, yogourt, fruits et légumes.
La Ghréline La Ghréline est une hormone stimulant la faim qui s’oppose à la perte de poids. La Ghréline est sécrétée par les cellules de l’estomac, et agit sur l’hypothalamus et sur d’autres zones du cerveau pour stimuler l’appétit. Cette hormone cherche à stocker l’énergie, et à gagner du poids. Cette hormone agit peu pendant le sommeil. Le manque de sommeil déclenche son action, cela explique pourquoi l’insomnie peut favoriser l’obésité.
Le cerveau agit sur l’appétitLe cerveau produit un certain nombre de messages qui interviennent dans la régulation de la faim et de l’appétit. Par exemple, vous passez devant une boulangerie, l’odeur des pâtisseries, ou l’odeur de la cuisson du pain suscite votre appétit. Dans ce cas, votre cerveau a déclenché une stimulation chimique, le centre du plaisir dans votre cerveau va créer ainsi un désir de manger une pâtisserie. La quantité d’aliments présents dans l’estomac et le taux de sucre dans le sang ne jouent pas un rôle déterminant.
D’autres facteurs jouent également sur l’appétit et la faim en intervenant sur le système nerveux central :
– Certains médicaments psychotropes comme des antidépresseurs augmentent l’appétit.
– Les habitudes culturelles peuvent influencer votre appétit, comme le fait de manger après un événement heureux, ou comme le fait de manger certains aliments de façons culturelles ou rituelles.
– Les préférences personnelles et les conditions environnementales, comme la préférence des aliments chauds par temps froid.
– Certaines hormones comme les hormones sexuelles ou les hormones de la thyroïde influencent l’appétit.
– Les habitudes alimentaires, les préférences personnelles.
– L’interaction sociale, la présence de convives, d’amis, la bonne humeur ambiante.
La leptineC’est une hormone de la famille des adipokines, produite par le tissu adipeux (tissu gras de l’organisme). La leptine se déplace par le sang, du tissu adipeux vers le cerveau, et vers l’hypothalamus où elle favorise la libération des neurotransmetteurs qui vont supprimer l’appétit et augmenter les dépenses énergétiques, et réduire par conséquent le tissu adipeux. La perte de graisses joue le rôle opposé : baisse de la leptine, augmentation de l’appétit, réduction des dépenses d’énergie, et augmentation du tissu adipeux dans l’organisme.
Dans les études expérimentales, les rats obèses développent une résistance à l’insuline (hormone responsable de la régression du taux de sucre dans le sang) et à la leptine. Ces rats obèses perdent leur capacité à la sensation de faim et deviennent obèses.
Les personnes obèses produisent de la leptine, mais elles sont résistantes à ces deux effets. Donner plus de leptine à une personne obèse ne permet pas de traiter l’obésité.
Nutriments énergétiques et satiété La composition d’un repas semble affecter la satiété bien que les relations entre la composition d’un repas et la sensation de satiété soient complexes. Parmi les trois éléments nutritifs qui produisent l’énergie, la protéine semble avoir le plus grand effet rassasiant. Même un verre de lait peut améliorer la satiété et diminuer la sensation de faim. Les aliments riches en sucre contribuent également à la satiété, à condition de contenir des sucres lents avec des fibres, comme céréales, ou légumineuses. Ces aliments riches en sucre sont capables de maintenir le taux de sucre dans le sang, et de préserver le taux d’insuline entre les repas. Cette régularité du taux de sucre dans le sang encourage le cerveau à ne pas déclencher la sensation de faim.
Les sucres rapides comme les sucres des glaces, des confitures, ou des boissons gazeuses sont incapables d’arrêter la sensation de faim, ces aliments augmentent le taux de sucre dans le sang, et encouragent l’appétit.
Consommer des matières grasses peut déclencher une sensation de satiété à long terme.
Les chercheurs ont également signalé une augmentation de la satiété après la consommation d’aliments riches en eau et des aliments gonflés d’air.
L’ennui et la monotonie du goût et des textures peuvent créer une sorte de satiété par perte de plaisir sensoriel initial. Cette baisse du goût d’un aliment peut être un élément qui invite la personne à finir son repas.
Le déclenchement de la sensation de faim Pour pouvoir vivre normalement, il est important de trouver un équilibre entre la faim, la satiété, et la capacité de l’organisme avoir une réserve énergétique satisfaisante, pour subir des périodes de jeûnes entre les repas.
Quand vous mangez, vous stockez l’énergie capable de répondre aux besoins de votre organisme pendant plusieurs heures. L’intervalle entre le repas est normalement de 4 à 6 h pendant la journée, et de 12 à 18 h pendant la nuit.
De nombreux signes vous avertissent de la nécessité de prise alimentaire, c’est-à-dire la nécessité de manger. Plusieurs hormones vont avertir le cerveau de la nécessité de manger, associées à des sensations récoltées par les nerfs sensitifs digestifs.
Après avoir mangé, le cerveau reçoit certains signes, pour déclencher la sensation de satiété :
– sensation dans la bouche aussi à la consommation de nourriture.
– récepteurs nerveux détectant la distension et le remplissage de l’estomac
– la présence de nutriments dans les intestins déclenche la libération d’hormones avertissant l’hypothalamus.
– le cerveau détecte les nutriments absorbés, délivrés par le sang, à juste les neurotransmetteurs pour supprimer l’absorption de nourriture, ou pour augmenter cette absorption.
Les changements dans l’apport alimentaire provoquent des adaptations rapides de l’organisme. Une personne qui mange tout à coup des petits repas peut se sentir plus affamée qu’une personne qui mange un repas copieux. Dans d’autres cas, un repas copieux peut être inconfortable, car l’estomac est habitué à des repas peu volumineux.
En cas de privation ou de destruction de nourriture, la sensation de faim revient plus forte, comme une vengeance qui peut conduire à des épisodes de grande consommation alimentaire. Dans ce cas, la capacité de l’estomac s’adapte rapidement à cette période de suralimentation.
Ce point de vue physiologique peut expliquer certaines particularités de l’alimentation. Par exemple, l’industrie alimentaire aux États-Unis se distingue par des portions alimentaires plus grandes que les portions alimentaires d’autres pays. La population s’est rapidement adaptée, cependant l’apport calorique est plus élevé.
Maîtriser sa faim pour perdre du poids C’est possible, ce n’est pas un slogan publicitaire. C’est une question d’habitude alimentaire, et de rééducation.
– manger suffisamment au petit déjeuner, un repas aussi important que le déjeuner ou dîner.
– consommer à chaque repas des aliments variés qui, en se mélangeant dans l’estomac, prolonge la digestion, et retarde l’apparition de la sensation de faim.
– ne sautez pas de repas, ne faites pas de petits repas.
– éviter les repas pauvres en protéine et en matières grasses. Ces repas pauvres sont généralement caloriques, remonte rapidement votre taux de glycémie, mais ne permettent pas lutter contre la faim.
– manger lentement, manger en mastiquant les aliments.
– éviter les repas rapides.
– en mangeant, laisser le temps à votre cerveau de sentir le repas, concentrez-vous sur votre assiette, en évitant la lecture ou la télévision pendant le repas.
– privilégiez des aliments volumineux, et de grandes quantités d’aliments peu caloriques, par exemple les yogourts maigres, les salades ou les fruits, les légumes verts.
– Dans la tradition occidentale, on commence le repas par la soupe, ou par la salade ou par une entrée légère pour remplir l’estomac et éviter un repas trop copieux. Dans la tradition orientale, certains débutent le repas par un grand verre d’eau.
Ref
* Marotz. L.R : Health, Safety, and Nutrition for the Young Child, Eighth Edition, Wadsworth, 2012
* Ambrosini GL, Oddy WH, Robinson M, et al. Adolescent dietary patterns are associated with lifestyle and family psycho-social factors. Public Health Nutr 2009; 12:1807.
* Affenito SG, Thompson D, Dorazio A, et al. Ready-to-eat cereal consumption and the School Breakfast Program: relationship to nutrient intake and weight. J Sch Health 2013 ; 83:28.
* Ritchie LD. Less frequent eating predicts greater BMI and waist circumference in female adolescents. Am J Clin Nutr 2012 ; 95:290.

Dieux dans l’Égypte antique, symbole de beauté et d’harmonie au Japon, les chats peuvent s’enorgueillir d’être les rois sur Internet. D’autres animaux sont mignons, drôles, pourtant le web adore les chats.
Les internautes se montrent directs, cyniques, ou cruels, sauf quand il s’agit des chats. Des millions de chats miaulent partout, se pavanent sur le réseau et font leur cirque sur YouTube, sur les réseaux sociaux et sur les blogs.
Personne ne peut expliquer pourquoi internet a choisi le chat comme le roi des cœurs. Pourquoi pas après tout. Voilà un animal beau, gracile, joueur, doux, drôle et indépendant. Quand un chat joue, il s’amuse, ne cherche pas à impressionner son maître. Un chat est une joie de vivre spontanée, et cela sans dressage.
Pourquoi ne pas décrire le côté paresseux et zen pour élucider cette élection ?
Un chat se domestique selon sa volonté. Nos félins ne sont pas différents de leurs ancêtres sauvages. Le biologiste de l’Université de Bristol, John Bradshaw, soutient que 85 % de tous les accouplements de chats impliquent encore des chats sauvages contrecarrant toute poussée évolutionniste vers la domestication. Cette réalité scientifique nous informe que les chats n’ont pas intégralement évolué pour cohabiter avec les humains à l’opposé des chiens.
La relation homme-chat pourrait avoir commencé par un mariage de raison. À l’époque actuelle, les chats sont inutiles. Il n’y a aucune raison de laisser ces turbulents animaux à fourrure vivre avec nous et manger nos repas. Nous gardons des chats par amour, ils ne nous dérangent pas, et savent rester distants et indépendants.
Les chats miaulent pour communiquer. Ils risquent d’étiqueter les humains comme animaux muets incapables de miauler. Ils nous traitent comme des chatons avec leurs mères. Ils gagnent nourriture, protection, et caresses. Ils communiquent avec nous de la même façon qu’avec les autres chats. Un mistigri est imprévisible pour nous, et notre relation avec lui est peuplée de malentendus risibles.
Si les chats nous voient comme de gros chats, nous avons la propension à les traiter comme des humains à fourrure. L’attribution de motivations humaines à nos animaux de compagnie fait partie de la raison pour laquelle nous les trouvons si irrésistibles.

Quand nous avons des chats domestiques à la maison, nous vivons avec de minuscules pumas, des tigres de taille réduite. Ces chats sont nos liens avec une nature devenue éloignée de nos villes et nos appartements, une connexion indispensable avec le monde sauvage qui nous entoure.
Les études confirment que la présence d’animaux domestiques est bénéfique pour la santé mentale. La relation avec un animal domestique n’évolue pas au détriment des échanges avec les autres personnes. Les propriétaires d’animaux domestiques, spécialement chats et chiens jugent que la présence d’animal domestique encourage l’apaisement, et une meilleure estime de soi.
La présence d’un chat est décrite comme bienfaisante en cas de deuil, et peut aider à surmonter le sentiment de perte et d’abandon. Les personnes en deuil déclarent parler à leur animal de compagnie pour verbaliser leurs sentiments, il est plus facile de parler à un animal qui ne risque pas de répondre ni de formuler un jugement.
Un sondage britannique a révélé que 82 % des femmes sont attirées par les hommes qui aiment les animaux domestiques. 90 % des femmes célibataires disent que les hommes qui possèdent un chat sont ” gentils “.
Une étude 2011 de la fondation de santé mentale a constaté que les propriétaires de chats décrivant leur relation avec leurs chats comme positive dans 87 % des cas, et satisfaisante dans 76 % des cas. Des patients dépressifs soulignent l’effet bénéfique de la présence d’un chat pour minimiser la tension mentale, pour combattre la tristesse, et le sentiment de solitude.
Posséder un animal de compagnie est bénéfique pour le cœur. Les chats, en particulier, diminuent le stress, et réduisent le niveau d’anxiété. Caresser un chat a un effet calmant positif.

Les chercheurs en santé mentale mentionnent la présence d’un animal domestique comme un élément important pour structurer sa journée et pour réduire le sentiment d’isolement et de solitude.
Une autre étude à l’université de Miami en Ohio a constaté que les propriétaires d’animaux de compagnie ont eu un amour-propre élevé, sont moins seuls, plus optimistes.
Les chats accompagnent les employés dans les bureaux pour lutter contre le stress, pour cultiver la convivialité. La présence de ces chats devient source de confort, de sourires, et même d’éclats de rire. Par leurs caprices et leur amour du jeu, ces animaux à fourrure participent à la création d’une ambiance détendue et productive.
Selon les études, le contact physique avec le chat participe à la production d’hormone ocytocine, qui réduit le taux sanguin de la cortisone, l’hormone responsable du stress. Cette sécrétion d’ocytocine s’accompagne d’un sentiment d’attachement, de relaxation, et de bien-être. La production de l’hormone ocytocine peut être encouragée par d’autres activités comme le sport, la relaxation, les rencontres amoureuses ou sociales.
Votre d’animal de compagnie révèle des parcelles de votre personnalité. Les amateurs de chiens apprécient les fêtes et le mouvement, les propriétaires de chats privilégient le calme et la solitude choisie.
Des études prétendent que le simple fait de regarder des vidéos de chats sur Internet peut stimuler l’énergie d’une personne et créer des émotions positives. Il n’est surprenant que le chat soit couronné roi du web.
REF
1. Allen R. McConnell, Christina M. Brown, Tonya M. Shoda, Laura E. Stayton, Colleen E. Martin. Friends with benefits: On the positive consequences of pet ownership. Journal of Personality and Social Psychology, 2011

Vous regardez, votre cœur s’accélère, des feux d’artifice explosent dans votre esprit. Vous êtes victime du coup de foudre si loué par les films romantiques, et par les livres de romance. Le coup de foudre est difficile à expliquer. Certains jurent qu’ils ont été victimes de son pouvoir mystique (parfois plus d’une fois), tandis que d’autres l’attribuent au folklore et au fait d’avoir trop lu Roméo et Juliette ou les romans d’Austen.
Aussi romantique que cela puisse paraître dans la culture ambiante, cette expérience semble selon les études être peu susceptible d’être un véritable amour, il s’agit plutôt d’une attirance physique selon les résultats d’une étude publiée dans le numéro de décembre 2017 du Journal of the International Association for Relationship Research.
Les chercheurs ont demandé à 400 participants de dire s’ils avaient vécu l’expérience du coup de foudre, de l’amour au premier regard, et de noter à quel point ils trouvaient physiquement attirantes les personnes qui ont provoqué ce coup de foudre, puis de faire-part de leurs sentiments concernant des concepts tels que l’intimité, l’attirance, l’engagement et la passion.
32 participants ont vécu le coup de foudre sans lier cet amour au premier regard, avec engagement ou intimité.
L’attirance physique était le facteur commun dans ces expériences. La personne en face était désirable, répondant aux critères de beauté physique souhaités.
L’étude suggère que le coup de foudre n’est pas une forme d’amour, mais une forte attirance initiale parfois réciproque.
Sous la pression de la culture dominante, de nombreuses personnes attachent l’étiquette « coup de foudre » à leur relation réussie après coup. Après quelques années de mariage, une rencontre progressive et construite se transforme dans leur mémoire en coup de foudre qui
sera interprété comme un amour au premier regard, pour répondre aux normes culturelles louant le romantisme de ce genre de rencontre.
Tout le monde cherche le romantisme, mais les scientifiques décrivent une réaction biologique d’attirance physique qui libère certaines hormones dans le cerveau.
L’alchimie et la connexion qui mènent à un amour à long terme exigent un certain temps pour se développer, le coup de foudre est une réaction fulgurante.
L’attirance physique et l’amour grandissent au fur et à mesure que l’on apprend à connaître une personne.

Une étude de Stephanie Cacioppo intitulée Neuroimaging of Love : MRI Meta-Analysis Évidence Toward New Perspectives in Sexual Medicine, 2010 a examiné ce qui se passe dans le cerveau lorsqu’on tombe amoureux et qu’on est en proie à l’attirance. 12— zones de cerveau travaillent ensemble pour libérer des substances chimiques et des hormones qui induisent le sentiment de tomber amoureux, tout cela se produit en seulement en un cinquième de seconde, provoquant un sentiment de « flottement sur un nuage », et d’euphorie.
Une étude de 2017 de l’université de Groningue donne d’autres indications. 92 % des personnes qui déclarent avoir vécu l’expérience ont développé une relation amoureuse longue. Il s’agit de projeter leurs sentiments actuels sur le moment de leur première rencontre. Nous avons tendance à considérer le passé à la lumière du présent, en sous-estimant les changements qui se produisent au fil du temps.
L’attirance physique comporte en soi une dose d’engouement, nous attribuons des traits de personnalité plus positifs aux personnes que nous trouvons physiquement attirantes.

Pendant l’adolescence, le jeune adulte apprend, avec plus ou moins de difficulté à distinguer l’amour de l’engouement, l’amour de l’attirance. Les adultes peuvent avoir du mal à bien explorer leurs sentiments aussi.
Après une attirance physique, l’engouement apparait comme une sensation fulgurante, qui comble l’esprit de merveilleuses rêveries, qui pousse la personne à se lier avec l’autre, être à proximité, et à avoir des relations sexuelles avec elle. Beaucoup de relations amoureuses commencent par un engouement que les gens peuvent interpréter rétrospectivement comme un coup de foudre.
L’amour se développe progressivement. Il peut durer longtemps, devient plus profond et plus puissant au fil du temps.
L’engouement se produit presque instantanément, puissant, sans nuance, et court. Il disparait après une relation sexuelle ou en cas de refus de l’autre de s’impliquer.
L’amour accepte la personne dans sa totalité, valide ses besoins et ses projets. L’engouement s’épanouit dans la perfection, dans l’image idéalisée du partenaire. L’engouement se concentre sur le physique.
L’amour s’accompagne de sentiment d’engagement, de sécurité, alors que l’engouement s’accompagne d’anxiété, et de fatigue.
L’amour est le fait d’être amoureux d’une personne. L’engouement est le fait d’être amoureux de l’amour.
Les romances et les films romantiques montrent généralement le coup de foudre ou l’engouement. Des gens beaux et aisés se rencontrent, ont une forte attirance physique immédiate. Ces films décrivent rarement l’évolution de cesrencontres et les difficultés de construire une relation adulte de longue durée.
Il semble que le coup de foudre soit simplement une forte attirance physique, ou une interprétation rétrospective influencée par la culture dominante. Mais ce n’est peut-être pas une si mauvaise chose. Les personnes qui déclarent avoir eu un coup de foudre avec un partenaire (qui ont créé ce souvenir ensemble) ont tendance à éprouver plus d’amour et de passion dans leur relation. C’est une façon d’embellir le souvenir du début pour compléter le tableau de leur amour et leur engagement.
Références
Naumann, E. 2004 : Love at first sight: The stories and science behind instant attraction. Sourcebooks, 2004
Ortigue S, Bianchi‐Demicheli and al: Neuroimaging of love: fMRI meta‐analysis evidence toward new perspectives in sexual medicine. J Sexe Med 7:3541 –3552, 2010.
Florian_Zsok and al: What kind of love is love at first sight? An empirical investigation, Personal_Relationships November 2017

Le stress est une réaction de l’organisme pour faire face à une menace ou à une situation nouvelle. Le stress n’est pas une maladie, mais peut provoquer de nombreuses maladies.
Le stress est une réaction variable selon les personnes, selon la culture, selon la personnalité, et selon le style de vie. Le stress est différent d’une personne à l’autre, dans son intensité et dans son origine. Ce qui est stressant pour une personne, est moins stressant pour une autre, une personne peut tolérer des doses élevées de stress, une autre personne sombre dans l’anxiété ou la dépression en subissant les mêmes doses ou des doses plus faibles. Autrement dit, nous ne sommes pas tous égaux devant le stress, nous devons chercher des solutions pour contrer le stress d’une façon personnelle.
Les stress est indispensable pour s’adapter aux situations nouvelles comme le mariage, ou l’arrivée d’un enfant dans le couple, le décès d’un parent etc. Ce qui compte, c’est la gestion du stress, c’est de savoir se reposer, se relaxer, évacuer la tension pour repartir ensuite.
Un événement stressant mal négocié vous prive de vos capacités de traiter d’autres événements. En cas de stress mal géré, tous vos problèmes semblent être d’une importance égale, et le stress vous domine.
L’absence de symptômes ne signifie pas l’absence de stress. Après un examen par exemple, l’organisme se repose profitant d’un moment de détente. Si l’organisme continue à être ” agité ” et en éveil, avec des symptômes même minimes comme l’irritation, il est important de détecter le stress, de chercher comment alléger cette agitation et cette tension.
Certains patients mettent l’accent sur les liens entre le stress et maladies. Bien que le stress ne soit jamais mis en cause dans le déclenchement d’une lésion, certains médecins constatent qu’il joue un rôle important dans la réaction de l’organisme et dans l’évolution de certaines maladies.
Le Stress fait partie des facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires (infarctus, hypertension), des maladies du système immunitaire (asthme, eczéma) et des maladies gastro-intestinales (gastrite, ulcère), et contribue à l’aggravation de maladies neurologiques (migraines, névralgies) etc.
1- Stress et pathologies cardiaques
L’association entre les maladies cardiaques et stress a été largement étudié. Les patients compétitifs à forte personnalité sont les premières victimes des maladies cardiaques, non pas à cause de la compétitivité mais en raison de leur réaction à l’hostilité ambiante : réaction forte et stressante.
La colère n’est pas la seule émotion associée au stress capable de déclencher une pathologie cardiaque, d’autres émotions sont à citer : comme l’anxiété qui s’associe aux crises cardiaques et arythmies.
Le stress, comme réponse aux agressions ambiantes, entraîne une hyperactivité cardiaque et une hypertension de tension artérielle transitoire. L’émotion intense augmente le travail du cœur, augmentant le besoin du sang en oxygène, pouvant provoquer un infarctus.
2- Ulcère et stress
On a associé longtemps le stress aux ulcères gastriques. En 1980, Marshall un jeune médecin australien émit une hypothèse médicale nouvelle : la plupart des ulcères serait provoqué par une bactérie. Marshall avala une dose d’Helicobacter pylori, et développa un ulcère, se traita lui-même par antibiotiques et bismuth et changea de manière définitive le traitement de l’ulcère. Maintenant, grâce à Marshall, le traitement des ulcères a changé mais certains facteurs restent favorisants : tabac, stress, régime alimentaire.
3- Stress et abus de substance
Certains patients stressés cherchent un soulagement dans une consommation excessive d’alcool. D’autres habitudes peuvent être observées : abus de substance (Drogues), tabac, suralimentation, isolement social.
4- Stress et aggravation de certaines maladies
Le stress est responsable de l’aggravation de certaines maladies cutanées (psoriasis, eczéma), de maladies respiratoires (asthme, allergie), de maladies gynécologiques (syndrome pré – menstruel), et psychologique (dépression).
5- Stress et vie sexuelle
Le stress peut être la cause de plusieurs perturbations sexologiques comme chez la femme : Anorgasmie, dyspareunie, et chez l’homme : éjaculation précoce et manque d’érection. Egalement, le stress provoque une baisse de libido dans le couple et un manque d’intérêt pour la rencontre sexuelle.
Cette pathologie identifiée au Japon dans les années 90 et connue sous le nom de ” Tako Tsubo, une maladie cardiaque liée au stress à répétition. Les symptômes ressemblent à ceux de l’infarctus sous forme de douleur dans la poitrine et dans le bras gauche. Cependant, il n’existe pas d’infarctus.
Les médecins appellent cette maladie une cardiomyopathie de stress. Il s’agit d’un trouble fonctionnel du ventricule cardiaque gauche plus fréquent chez les personnes exposées au stress, physique ou émotionnel. Selon les statistiques, cette maladie affecte essentiellement les femmes dans 89 % des cas.
Le mécanisme de cette maladie est inconnu. Par contre, on retrouve toujours une histoire de stress, comme le décès du conjoint, la violence domestique, problèmes financiers, catastrophes naturelles, et l’annonce de maladies graves. Les symptômes ressemblent étrangement à l’infarctus du myocarde, mais les études de l’irrigation cardiaque sont normales, ainsi que l’électro cardiogramme.
Références
Sato, H, Taiteishi, et al. Takotsubo-type cardiomyopathy due to multivessel spasm. In: Clinical aspect of myocardial injury: From ischemia to heart failure, Kodama, K, Haze, K, Hon, M (Eds), Kagakuhyouronsha, Tokyo 1990. p.56.
Medeiros K, O’Connor MJ, Baicu CF, et al. Systolic and diastolic mechanics in stress cardiomyopathy. Circulation 2014; 129:1659.
Dastidar AG, Frontera A, Palazzuoli A, Bucciarelli-Ducci C. TakoTsubo cardiomyopathy: unravelling the malignant consequences of a benign disease with cardiac magnetic resonance. Heart Fail Rev 2015; 20:415.

La psychologie positive est une nouvelle branche de la psychologie en pleine expansion. Martin Seligman est un pionnier de la psychologie positive (terme lui-même inventé par Abraham Maslow).
Depuis les années 2000, cette science humaine propose de s’intéresser non plus à ce qui fonctionne mal chez les individus mais ce qui fonctionne le mieux. Cette branche de la psychologie tente de réunir les avantages de la philosophie, de la psychologie, et du développement personnel pour célébrer l’épanouissement, le bonheur et le bien-être.
Les chercheurs en psychologie positive examinent ce ce qui rend les êtres humains heureux, épanouis et satisfaits dans le but de comprendre et de favoriser les facteurs qui permettent aux individus, et à la société de prospérer.
La psychologie positive repose sur trois piliers :
– l’étude des émotions positives,
– l’étude des traits de personnalité positive, en particulier nos forces et nos vertus mais aussi nos aptitudes, et enfin
– l’étude des intuitions positives.
Martin Seligman définit la psychologie positive comme devant permettre de se concentrer sur les forces des individus plutôt que sur leurs faiblesses et de développer les talents pour atteindre l’épanouissement plutôt que guérir les pathologies.

Il distingue trois niveaux de bonheur :
1. La vie plaisante (pleasant life), basée sur le plaisir, dont l’objectif est de vivre de nombreux plaisirs et d’en amplifier les effets. Ce type de bonheur instantané ne dure pas puisque l’effet des plaisirs décroît avec l’usage.
2. La bonne vie (good life) basée sur l’engagement, dont l’objectif est de connaître ses forces pour se maintenir dans un état de bien-être optimal. Le plaisir profond génère des émotions positives dont la durée est plus longue que celles générées par des plaisirs éphémères. La personne est dans un état de satisfaction.
3. Le sens de la vie (meaningful life) basée sur le don de soi où l’individu connaît ses forces et les met au service d’une cause plus grande que lui-même. Le sentiment d’accomplissement est alors profond et durable.
Émile Chartier, dit Alain (1868-1951), est né dans la petite ville de
Mortagne-au-Perche, en Normandie, qui lui consacre aujourd’hui un musée.
Il est dans l’histoire littéraire le créateur d’un genre particulier : ” le propos “, forme de développement de la pensée dans une écriture précise. Le propos n’est pas la maxime ni l’aphorisme, le Propos chez Alain est concis, affirmatif, porteur d’une pensé et d’une réflexion. On peut classer Alain comme un essayiste et moraliste de la pure tradition française.

Selon le philosophe Alain, apprécier le bonheur est une question d’action et de savoir vivre.
Dans son livre, toujours publié et lu dans de nombreux pays, Propos sur le bonheur, Alain fonde les principes de la psychologie positive, et du développement personnel.
Au coeur de sa pensée, il y a l’idée que vivre, c’est déjà être heureux. “Comme la fraise a goût de fraise, la vie a goût de bonheur”, écrit-il.
Prenons quelques exemples de son best-seller Propos sur le bonheur. Alain pense que nous pensons nos émotions, et que notre cerveau peut les contrôler.
” Sentir, c’est réfléchir, c’est se souvenir. Ceux qui ont trop pensé à leurs peines, lorsqu’ils les racontent à faire pleurer les autres, trouvent encore à cette action un petit soulagement. “
Concernant l’avenir, il conseille de faire appel à la raison et à la volonté pour choisir l’optimisme.
” j’aime bien mieux ne pas penser à l’avenir, et ne prévoir que devant mes pieds. Non seulement je n’irai pas montrer au mage le dedans de ma main, mais, bien plus, je n’essaierai pas de lire l’avenir dans la nature des choses ; car je ne crois pas que notre regard porte bien loin, si savants que nous puissions être. J’ai remarqué que tout ce qui arrive d’important à n’importe qui, était imprévu et imprévisible. Lorsqu’on s’est guéri de la curiosité, il reste sans doute à se guérir aussi de la prudence. “
Dans un autre passage il écrit sur l’importance d’agir, de se jeter dans l’action :
” La destinée est instable ; une chiquenaude crée un monde nouveau. Le plus petit effort entraîne des suites sans fin. Celui qui a planté ces ormes n’a pas délibéré sur la brièveté de la vie. Jetez-vous comme lui dans l’action sans regarder plus loin que vos pieds, et vous sauverez vos ormeaux. “
Concernant l’action, il demande d’y mettre les moyens pour y arriver
” Dès que l’on veut gagner, il faut vouloir les moyens, c’est-à-dire faire des sommes de petits profits. Ou bien c’est grimper sans regarder à chaque pas que l’on fait ; or toute pierre n’est pas bonne, et la pesanteur ne nous lâche jamais. Ruine est un beau mot ; car la perte est accrochée au marchand et le tire toujours. Qui ne sent pas cet autre genre de pesanteur perd sa peine.”
Selon lui, un projet commence par l’idée, par l’imagination et progresse par l’action :
” L’imagination mène le monde des hommes, par ceci qu’elle ne peut s’affranchir
de coutume et il faudrait dire que l’imagination ne sait pas inventer ; mais c’est l’action qui invente. “
En matière de sentiments, il appelle à la raison, à la réflexion, pour lui, l’amour est un projet qui nécessite d’agir :
” L’amour n’est pas naturel ; et le désir lui-même ne l’est pas longtemps. Mais les sentiments vrais sont des œuvres. On ne joue pas aux cartes pour les jeter au premier mouvement d’impatience ou d’ennui ; et personne n’a jamais eu l’idée de jouer au hasard sur un piano. “

La philosophie et la psychologie positive se rejoignent pour constater que les personnes les plus satisfaites et optimistes sont celles qui ont découvert et exploité leurs forces et leurs moyens. Le bonheur exige une vie agréable, un sens et une signification. Le bonheur exige de faire face au passé, d’être optimiste à propos de l’avenir, de profiter du présent, de cultiver les émotions positives, de chercher la connaissance, l’amour, la justice et d’avoir le courage et le sens de l’action.
Une vie agréable est une vie qui poursuit avec succès les émotions positives sur le présent, le passé et l’avenir, qui laisse à l’imagination les soins de proposer et l’action courageuse l’occasion de réaliser.
Le bonheur n’est pas le résultat de rebondir d’une joie à une autre ; atteindre le bonheur implique le fait de tolérer des périodes d’inconfort. Les psychologues sont d’accord avec les philosophes comme Alain qui disait qu’une partie importante du bonheur dépend de nos actions.
Dans son livre sur Alain, Thierry Leterre écrit en 2006:
“Pour Alain, le bonheur ne dépend pas de ce que l’on a mais de ce que l’on fait, de notre capacité à agir. Le bonheur est une façon de faire.”
Bibliographie:
Alain : propos sur le bonheur, 1925
Seligman, Martin E.P. (2002). Authentic Happiness: Using the New Positive Psychology to Realize Your Potential for Lasting Fulfillment. New York, NY: Free Press.
Seligman, Martin E.P. (2004). “Can Happiness be Taught?” Daedalus, Spring 2004.

Chacun comprend le danger de stress sur sa vie personnelle, émotionnelle et professionnelle. Le stress peut altérer notre qualité de vie, peut nous rendre malheureux, tendus, insatisfaits, le stress peut favoriser des maladies comme la dépression, l’insomnie, les maladies cardio-vasculaires ou d’autres. Le stress est la sixième cause de décès aux États-Unis après les maladies cardiaques, le cancer, accident de la route, cirrhose du foie et suicide.
Le travail n’est généralement pas, une source de stress aigu ou sévère ; par contre le travail peut provoquer un stress chronique et l’accumulation d’épisodes stressants finit par épuiser.
Les responsabilités, la disponibilité, les nécessités professionnelles, la compétition exigent de chacun une adaptation permanente, parfois difficile, et pénible.
Soyez positifs vis-à-vis de votre travail en évitant de penser aux difficultés comme un ensemble insurmontable, mais pensez à des tâches bien distinctes, réalisables l’une après l’autre.
Essayez de finir “définitivement” les tâches que vous avez commencées, un dossier ouvert nécessitera des efforts pour accomplir la tâche exigée, puis le fermer définitivement. Menez les tâches à leur terme signifie, pour vous, moins de stress, et une facilité d’organisation.
Organisez votre travail d’une façon raisonnable, avec la même assiduité pendant toute la durée de votre travail. Reposez-vous quelques minutes entre deux tâches, cela soulage le stress, et peut améliorer votre productivité.
Cherchez la légèreté et la bonne humeur durant votre présence au travail. Le pessimisme est un point de vue, l’optimisme aussi. Une personne pessimiste n’a pas plus de raison (de se plaindre ou de se lamenter ou de noircir la réalité) que les personnes optimistes.
Gardez confiance dans vos moyens, vous avez réussi par le passé à réaliser des tâches professionnelles délicates, vous pouvez toujours refaire l’exploit.
Essayez de faire face aux difficultés professionnelles, sans tricher, sans chercher des solutions intermédiaires. Affronter une tâche est largement moins stressant que de redouter les difficultés relatives à la réalisation de cette tâche.
Créez votre propre environnement où vous êtes isolé à l’abri des pressions et des intrusions des autres. Cela vous permet de faire votre travail à votre rythme, selon vos capacités, et selon votre propre organisation.
Ne négligez jamais l’organisation. Le désordre exige une adaptation supplémentaire pour faire face à l’imprévu, l’organisation vous permet de réaliser les tâches professionnelles avec moins de stress, et moins d’anxiété.
Essayez de savoir ce que vous ne savez pas. Prenez le temps de vous informer, pour vous adapter aux nouveautés. Le temps de formation vous permettra d’économiser du temps dans la réalisation des tâches, et pourrait diminuer votre stress.
Évitez les personnes pessimistes et anxiogènes, dans le milieu professionnel comme dans le milieu social. Le stress peut être contagieux, une personne angoissée peut vous rendre anxieuse ou stressée.
Sachez offrir votre empathie et votre soutien aux autres, selon votre disponibilité, et selon vos moyens, en refusant l’intrusion des autres dans votre vie professionnelle ou personnelle.
Ce qui est à l’origine du stress, ce n’est pas la situation dans laquelle on se trouve, mais ce sont les pensées négatives. L’employé peut alléger le stress professionnel, en participant à l’amélioration et à l’adaptation des conditions de travail.
Pratiquez une activité physique. Chacun peut améliorer sa capacité à résister et à gérer le stress professionnel en pratiquant par exemple une activité physique qui permet au cerveau de dégager des endorphines, d’améliorer l’humeur, de combattre l’anxiété, et permettre une meilleure qualité de sommeil.
Cherchez la relaxation. La relaxation permet à l’organisme de se défaire de la tension engendrée par le stress lié au travail. La relaxation peut prendre plusieurs formes comme une activité sportive légère, ou simple promenade en famille dans le but de se changer les idées. D’autres personnes cherchent la relaxation dans les activités artistiques ou dans l’écoute de la musique ou dans la lecture.
Soignez votre nourriture. Bien manger permet à l’organisme de mieux résister au stress, de bien gérer les tensions professionnelles. Les nourritures saines variées, englobant tous les groupes alimentaires, riches en légumes et en fruits améliorent nettement la résistance de l’organisme. Essayer de prendre les repas à des heures régulières, sans excès, en évitant les aliments lourds à digérer.
Veillez à éviter le lien pathologique entre le stress et la nourriture, si le sucre ou le chocolat allège le stress, cette amélioration est éphémère et peut être un facteur d’obésité.
Une bonne alimentation exige de se réhydrater suffisamment, en buvant de l’eau, et en évitant les boissons sucrées ou salées.
Améliorez vos relations. La solitude peut encourager le stress, alors que le soutien social et les relations interpersonnelles améliorent la gestion du stress professionnel et social. Vous pouvez améliorer votre gestion du stress professionnel en établissant des relations de soutien et de confiance dans votre vie professionnelle et personnelle. Ses relations vous permettent de dépasser certaines frustrations, d’échanger les expériences avec les autres, et de recevoir leur soutien. Apprendre à accepter le soutien des autres est un élément important dans les relations interpersonnelles utiles. Ce genre de relation de soutien aide aussi à réduire le risque de dépression, d’améliorer la santé physique et mentale, et de cultiver une attitude positive.
Trouvez des solutions. La recherche de solutions au stress lié au travail peut s’améliorer par les discussions avec les amis, les collègues, les membres de la famille, ou par la consultation de personnes compétentes dans ce domaine.
Trouvez l’équilibre entre famille et travail. Cet équilibre est nécessaire à l’harmonie sur le plan physique, mental, et émotionnel. Il s’agit de bien partager le temps disponible entre la vie professionnelle, la vie familiale, et le temps nécessaire au repos et à la récupération. Ce partage nécessite un examen minutieux des priorités, de savoir refuser, de savoir accepter, et de planifier d’une façon raisonnable le temps disponible.
En cas de difficultés concernant cet équilibre indispensable entre la vie de famille et la vie au travail, il est utile d’étudier les possibilités pour aménager son temps de travail, ou pour chercher avec l’employeur des modalités pouvant encourager cet équilibre et réduire ainsi votre stress lié au travail.

Si l’automne est votre saison préférée, c”est le bon moment pour une promenade, pour admirer les couleurs des forêts et des jardins, et pour apprécier le pouvoir de la beauté à générer du bonheur et du bien-être.
Dans les ouvrages de psychologie positive, on parle de la capacité des gens à apprécier la beauté et combien cette capacité peut être source de bonheur et de joie de vivre.
Faire une promenade attentive, marcher à un rythme lent et observer la beauté du monde, voilà un moment de détente pour l’organisme et aussi pour le cerveau. Si vous aimez l’art, regardez attentivement pendant quelques minutes les œuvres, vous allez être touché par l’expérience de la beauté. Si vous aimez les fleurs, il suffit de s’en entourer, de les regarder, sentir, toucher.
On peut devenir photographe amateur pour mieux observer, mieux profiter de la beauté de notre monde. Photographier ce qui est beau est un moyen de prolonger le regard et de bénéficier des effets positifs de la beauté sur votre psychologie.

La nature de la beauté et la nature de l’Art sont parmi les deux thèmes les plus discutés et les plus controversés dans la philosophie occidentale. La beauté a traditionnellement été considérée comme une valeur ultime, avec la bonté, la vérité et la justice. Au XXIe siècle, la beauté semble retrouver un intérêt dans les débats en Europe.
Juger le goût n’est pas un jugement logique mais esthétique.
Jusqu’au dix-huitième siècle, la beauté était objective en occident. Pour Platon, la beauté était dans les formes, dans sa proximité avec une forme idéale ou avec une pensée divine. Ainsi, on avait créé les canons de beauté.
Au dix-huitième siècle, surtout dans les îles britanniques, la beauté était associée au plaisir ; le plaisir était l’origine de la beauté. Locke a traité la couleur comme source ou lieu de beauté, dans sa qualité de rêve de l’esprit.
Hume et Kant pensaient que le goût était subjectif. Le goût avait la capacité de détecter et de savourer la beauté. Sans plaisir, il n’y a pas de beauté.
Kant concède que le goût est subjectif, que tout jugement de beauté repose sur une expérience personnelle.
” Je pourrais profiter d’une expérience douce devant le portrait de ma grand-mère, par exemple, ou devant l’architecture d’une maison qui me rappelle la maison de mon enfance. Personne ne me reproche telles expériences, mais elles ne prétendent pas guider ou correspondre aux expériences des autres. ” Kant
Selon Kant, le jugement selon lequel quelque chose est beau, est un jugement désintéressé. Le jugement doit être indépendant des désirs humains – les désirs économiques et sexuels, par exemple. Au 19ème siècle, on disait que la beauté est donc une valeur positive ; c’est un plaisir. (Santayana 1896)
Selon Kant, l’expérience de la beauté exige la pensée, contrairement aux plaisirs sensuels. Pourtant, le plaisir d’un baiser, d’un morceau de chocolat ou d’un verre de vin peut être une expérience de la beauté.
En mai 2017, des chercheurs ont publié dans le journal Current Biology un article amusant sur la beauté et la pensé. Leurs expériences donnent raison à Kant et le contredisent en même temps.
Leurs résultats montrent que les distractions nuisent à l’expérience de la beauté. Pour être touché par la beauté d’un tableau ou d ‘une image, il vaut mieux être concentré. Par contre, les expériences confirment que les plaisirs sensuels peuvent être beaux.
Ils ont trouvé que la beauté est agréable et que le plaisir est toujours beau, selon Denis Pelli de l’Université de New York.
Un plaisir intense ou une expérience profonde de la beauté exigent tous deux, une pensée.
Pour explorer ces théories philosophiques, les chercheurs ont demandé à 62 personnes d’évaluer le plaisir et la beauté ressentis en regardant une image, en goutant un bonbon ou un chocolat ou en touchant un ours en peluche. Les chercheurs ont remarqué que distraire les personnes réduisent leurs jugements de beauté. Une image était jugée belle, puis moins belle en cas de distraction, puis rejugée belle en cas de concentration et de calme.
En d’autres termes, Kant avait raison. La beauté exige la pensée, la réflexion.
Cependant, contrairement à la proposition de Kant selon laquelle les plaisirs sensuels ne peuvent jamais être beaux, 30 % des participants ont déclaré avoir eu une expérience de beauté en savourant un bonbon ou en touchant un doux ours en peluche.
Ces résultats montrent que beaucoup d’autres choses en dehors de l’art, peuvent être belles – même les bonbons, ou les peluches.
Les chercheurs ont l’intention de poursuivre leurs études sur d’autres thèmes : Y a-t-il des gens qui ne peuvent pas éprouver de la beauté ? Quel rôle joue la beauté dans la prise de décision ? Une beauté est-elle nécessaire à la créativité ? La laideur est-elle le contraire de la beauté ?
Dans d’autres cultures, la beauté rejoint la pensée de Kant, elle exige calme, pensée, et méditation, comme on le peut lire dans la littérature japonaise ou chinoise.

En quoi est-ce utile ?
Dans un musée ou dans un jardin, il est important de ne pas distraire les autres, un tableau est plus beau, un jardon est plus magnifique quand le cerveau est concentré. Quand on veut savourer un moment de beauté, arrêtons nos portables et nos smartphones, et plongeons nous dans la beauté sans distraction. C’est ce qu’on fait généralement en écoutant la musique ou en lisant.
Quand nous embrassons notre amoureux, quand nous savourons une bonne pâtisserie, ou quand nous laissons agir nos sens, nous n’avons pas besoin de réfléchir, nos sens peuvent nous transmettre la beauté sans l’intervention de la pensée.
Réf
Aenne A. Brielmann, Denis G. Pelli. Beauty Requires Thought. Current Biology, 2017; DOI: 10.1016/j.cub.2017.04.018

Si un soir vous avez du temps à perdre, si vous avez envie de polémiquer, ou de troller sur les réseaux sociaux, vous avez le choix entre plusieurs sujets, critiquer les hommes ou les femmes, la gauche ou la droite, la pensée libérale, la pensée étatiste, mais vous pouvez opter aussi pour un sujet d’apparence simple, et qui ne laissera personne dans l’indifférence : la viande. Vous allez polémiquer avec les religieux, les végétariens, les pro- animaux, les nutrionistes, les biologistes, la gauche et la droite à la fois.
Commençons par dire que personne ne sait répondre à cette question avec certitude.
Il y a un mythe populaire disant que le végétarisme indien a commencé comme une réponse spirituelle à la place de l’humain dans le cosmos. Dans son livre Cannibals and Kings, Marvin Harris pense qu’il s’agit d’une idée fausse. Selon lui, à travers l’histoire, l’abstinence ou de l’exclusion de la viande étaient les outils plus utilisés quand la viande devenait rare ou de mauvaise qualité.
Marvin Harris a analysé les deux vagues de végétarisme qui ont influencé l’Inde. La première était un stratagème pour lutter contre la pénurie de viande, et le deuxième pour des causes religieuses au début de la présence musulmane en Inde au VIII ème siècle. Les musulmans n’avaient aucun problème à consommer du bœuf, mais ils ont respecté et adopté les principes des hindous et ont opté pour le lait, le beurre et le fromage comme aliments ” renouvelables “.
Selon Harris, le sacré rejoint l’économique, et la santé à notre époque. Selon lui le végétarisme est un outil philosophique et culturel pour ajuster la consommation aux ressources disponibles et pour répondre aux questions sanitaires et éthiques.
Quand il s’agit de végétarisme, les discussions morales, sanitaires et culturelles ne manquent pas. Notre culture dominante refuse la douleur, encourage la compassion, et la non-violence. La cause animale devient légitime et défendable.
D’autre part, les régimes alimentaires sans viande, ou réduisant la consommation de viande sont encouragés par une tendance générale à ajuster les calories consommées au besoin de chacun. Le choix des aliments devient un argument de qualité de vie, pour éviter certaines maladies, et pour réduire l’obésité.
Actuellement, l’humanité est confrontée à un modèle économique et une démographie mondiale qui épuisent les ressources de la planète. En 2008, selon les Nations Unies, 70 % des denrées alimentaires étaient destinées à l’alimentation du bétail. 70 % des terres arables terrestres – 30% de la surface terrestre de notre planète – sont utilisés pour la production animale. 51 % des émissions de gaz à effet de serre sont causées par la production animale. Compte tenu du fait que la population humaine devrait croître de 35 % d’ici à 2050, et que la production animale devrait croître avec elle, le végétarisme pourrait bientôt être la solution et non plus seulement une option.
Quand on pense à la quantité d’eau et de céréales indispensables pour produire un kilo de viande de boeuf, on comprend que ce modèle est insoutenable. Un kilo de viande de boeuf nécessite 52,7 fois plus d’eau qu’un kilo de pomme de terre.
Devant ces données, le végétarisme retrouve ses défenseurs et ses adeptes.
Dans les études médicales, il existe de nombreux régimes végétariens qui varient en fonction du degré de la restriction des protéines animales. Selon la définition la plus stricte, un régime végétarien se compose de céréales, de fruits, de légumes, légumineuses et de noix. Les régimes végétariens varient par leur contenu en produits laitiers, comme le lait et le fromage, en œufs et en miel. Les poissons peuvent parfois être intégrés dans certains régimes végétariens.
On peut grouper globalement les régimes végétariens selon le schéma suivant:
– Régime Macrobiotique : Les légumes, les fruits, les légumineuses et les algues sont inclus dans ce régime, ainsi que le riz. Des fruits cultivés localement sont recommandés. Dans ce régime, la viande animale blanche et les poissons sont autorisés une ou deux fois par semaine.
– Régime semi-végétarien : La viande est occasionnellement incluse dans ce régime alimentaire. Certaines personnes qui suivent un tel régime peuvent ne pas manger de viande rouge et manger du poisson et parfois du poulet ou de la dinde.
– Régime Lacto-ovovegetarien – Les œufs, le lait et les produits laitiers sont inclus, mais aucune viande n’est consommée.
– Régime Lactovégétarien : Le lait et les produits laitiers sont inclus dans l’alimentation, mais aucun œuf ni viande ne sont consommés.
– Régime végéralien (Vegan) : Tous les produits d’origine animale, y compris les œufs, le lait et les produits laitiers sont exclus. Certains végétaliens excluent le miel et peuvent s’abstenir d’utiliser des produits animaux comme le cuir ou la laine. Ils peuvent également éviter les aliments transformés ou non biologiques.
Les effets à long terme d’un régime végétarien en matière de santé sont difficiles à séparer de ceux du style de vie végétarien (Exercice régulier, évitement du tabac et des produits alcoolisés). Les études suggèrent que la consommation d’un régime végétarien est associée à une incidence plus faible d’obésité, de maladie coronarienne, d’hypertension et de diabète de type 2. Les les données d’observation suggèrent que le régime lactovegetarien présente de plus grands avantages pour la santé et réduit les risques davantage que d’être végétalien.
Les végétaliens, qui excluent les produits laitiers dans leur alimentation, peuvent avoir une faible densité minérale osseuse et un risque accru de fractures en raison d’une insuffisance de calcium. Les personnes qui excluent complètement les produits d’origine animale peuvent avoir un apport insuffisant en vitamine B12.
En dépit de nombreux avantages, on peut dire que le régime végétarien n’a jamais été un régime traditionnel ou dominant nulle part ou dans n’importe quelle culture. Aucune culture d’adopter le régime végétarien. Par contre, les cultures tentent de modérer la consommation de viande et de produits d’origine animale.
Le point faible du régime végétarien est son incapacité à fournir les vitamines A et D. il s’agit de deux vitamines présentes dans le tissu adipeux (vitamines liposolubles), dans la jaune d’oeuf, ou dans le foie. De même, un régime végétarien strict peut favoriser le déficit en vitamine B12 et en fer.
Le régime végétarien actuel, en Occident, incluent le soja comme un aliment essentiel. On parle beaucoup de protéines de soja, de céréales de soja, le tofu. Avec le recul, les études confirment que cette consommation peut favoriser certains problèmes de santé par manque de nutriments. En même temps, les effets hormonaux avec la consommation de soja (question des phytoestrogènes) sont controversés.
Les arguments éthiques que présentent par les adeptes de régime végétarien sont contrés par les arguments des adeptes d’une alimentation variée, durable, respectueuse de l’environnement. Les deux courants partagent deux points communs : il est temps de manger moins de viande, et de manger autrement.
Dans certains discours végétariens, les produits de substitution à la viande, ou aux produits d’origine animale sont culturellement éloignés, peu étudiés, et également peu disponibles (insectes).
Si les humains ont mangé du beurre pendant des millions d’années, il est difficile de proposer l’huile de canola pour remplacer le beurre. Ce produit demeure inconnu pour les occidentaux, sa production est limitée, il n’existe pas dans les recettes familiales.
Il n’est pas exact de prétendre que le régime végétarien est une réponse à des maladies répandues comme les maladies auto-immunes. Il n’existe aucun argument scientifique en faveur de cette prétention.
Le végétarisme n’est pas une maladie, n’est pas à comparer avec les troubles du comportement alimentaire. A travers l’histoire, l’humanité a toujours adapté son alimentation selon les ressources disponibles et selon la culture dominante.
Un régime végétarien strict exige une bonne information, une stratégie cohérente pour consommer les micro-nutriments indispensables à notre organisme. Le régime végétarien ne peut être pauvre en calcium, en vitamine D, en fer, en vitamine B12, en zinc et en acides gras oméga-3 et nécessite la recherche d’autres sources de ces nutriments que les produits d’origine animale ou que la viande.
Certains régimes végétariens sans excès sont excellents pour la santé comme le régime lacto-ovovegetarian (œufs, lait et les produits laitiers sont inclus, sans consommation de viande), ce régime peut assurer un bon équilibre nutritionnel, peut lutter contre l’obésité et contre les maladies cardio-vasculaires. D’autre part, ce régime présent en Asie depuis longtemps peut répondre à certaines questions sur l’économie de l’alimentation.
Pourquoi ne pas commencer par un repas sans viande, ou un repas pauvre en viande une fois par semaine par exemple?
C’est bon pour santé, et pour l’écologie.

Il semble que la monogamie disparaisse. On vit dans de nombreux couples, on change de partenaires, on choisit de moins en moins des relations exclusives à long terme.
Depuis l’antiquité, nos ancêtres préhistoriques ont pratiqué plusieurs types de relations sexuelles et amoureuses. La polygamie était la pratique la plus courante dans le monde antique. Les hommes riches pouvaient avoir plusieurs épouses et même des harems. Actuellement, de multiples sociétés pratiquent différentes formes de relations différentes de la monogamie. Le mariage devient de plus en plus fragile dans la société occidentale mettant à mal la monogamie
Les gens sont en désaccord avec les valeurs de la monogamie. Certaines personnes pensent que le mariage monogame opprime les femmes et impose aux personnes des attentes irréalistes tout au long de la vie. La monogamie dans cette perspective favorise le sexisme et entraîne des souffrances inutiles. D’autres personnes pensent que la monogamie favorise l’égalité des femmes et fournit un contexte pour approfondir la confiance et l’intimité. La monogamie à partir de cette perspective fournit une base pour le progrès social et offre aux personnes des relations plus sécurisées.
Les critiques de la monogamie varient dans leur portée. Certaines critiques rejettent tous les types de monogamie comme intrinsèquement négatifs. D’autres acceptent la monogamie sociale comme une forme de relation positive et rejettent la monogamie sexuelle comme une contrainte sur le comportement sexuel.

Dans une étude publiée dans le journal Nature le 27 juin 2017, les chercheurs pensent que la monogamie peut avoir un fondement génétique. Les chercheurs de l’université de Harvard ont étudié deux races de souris. La première est la souris Peromyscus polionotus, un des rares animaux monogames. Pendant la vie de cette souris, le mâle et la femelle restent ensemble, pour créer un foyer familial, et pour élever les jeunes.
La deuxième race étudiée était la souris Peromyscus maniculatus. Dans cette race, les mâles s’accouplent avec autant de femelles que possible, sans faire aucun effort pour aider à élever les jeunes souris.
Les chercheurs ont mis en évidence des variations génétiques entre ces deux races. Ils se posent ainsi la question sur le fondement génétique de la monogamie
Les chercheurs ont échangé la place des jeunes souris pour savoir si la monogamie était génétique, ou une acquisition pendant l’enfance. En étudiant la deuxième et la troisième génération, les chercheurs ont constaté qu’une zone particulière sur un chromosome était active chez les souris élevées dans un foyer monogame. Cette activation semble sensibiliser les mâles à être monogames et à devenir plus attentif à leur progéniture.
Ils ont noté également une différence de l’expression d’un neurotransmetteur nommé la vasopressine. La présence de ce neurotransmetteur dans l’hypothalamus semblait inhiber la monogamie chez les souris mâles et femelles.
Dans leur livre sur la polygamie publiée en 2016 David Westneat et Jacqueline Dillard de l’université de Kentucky mentionnent le rôle de certaines hormones comme l’ocytocine et la vasopressine dans l’apparition de la monogamie.
Les hommes en couple semblent garder une distance plus grande avec une femme attirante, quand ils ont un taux élevé d’ocytocine selon une étude publiée par le journal Neuroscience en 2012.
Cette hormone semble jouer un rôle dans l’attachement au foyer et à son partenaire. Cette hormone est secrétée dans une région du cerveau nommé hypothalamus. Cette hormone est impliquée dans le comportement favorisant les liens sociaux.
L’ocytocine augmente la confiance entre les personnes, et améliore les relations entre les parents et les enfants. Les hommes engagés dans une relation semblent éviter l’infidélité en recevant une dose d’ocytocine. Curieusement cette hormone ne change pas le comportement des hommes célibataires.

“Être fidèle et monogame n’est pas naturel pour les êtres humains. Cela prend du travail. Au fond, nous le savons tous. Nous avons tous été tentés à un moment ou un autre même en pensée éphémère. Chaque fois que nous reconnaissons que quelqu’un du sexe opposé est “sexy”, nous pensons qu’il serait un compagnon agréable et approprié. Ne pas agir selon ses impulsions nécessite une décision consciente. C’est une lutte entre ce que le corps veut et la partie civilisée de votre cerveau afin d’éviter les conséquences négatives et la souffrance du conjoint et la destruction de la relation. C’est pourquoi les aventures extraconjugales sont parfois considérées comme “un moment de faiblesse“.
Extrait de livre du Oliver Markus : Pourquoi les hommes et les femmes ne peuvent pas être des amis
Références :
https://www.nature.com/nature/journal/v544/n7651/full/nature22074.html
Dillard and Westneat. Disentangling the correlated evolution of monogamy and cooperation. Trends in Ecology and Evolution, 2016 DOI: 10.1016/j.tree.2016.03.009
D. Scheele, N. Striepens, O. Gunturkun, S. Deutschlander, W. Maier, K. M. Kendrick, R. Hurlemann. Oxytocin Modulates Social Distance between Males and Females. Journal of Neuroscience, 2012; 32 (46): 16074 DOI: 10.1523/JNEUROSCI.2755-12.2012
Ils existent de multiples facteurs qui influencent nos choix alimentaires et nos comportements vis-à-vis de la nutrition. Ces facteurs sont sous l’influence de préférence sociale, sanitaire, goût personnel, et habitudes culturelles.
En dépit de l’influence culturelle, certaines préférences alimentaires semblent universelles : préférer les aliments riches en graisses semble être une habitude alimentaire partagée. Il existe également des préférences majoritaires influencées par la culture ou la géographie, comme la préférence des aliments épicés dans certains pays d’Amérique du Sud, ou dans la cuisine indienne.
Généralement nous choisissons nos aliments selon les règles suivantes :
Les habitudes familiales Les personnes qui choisissent de prendre des céréales le matin répondent parfois à une habitude alimentaire sans justification sanitaire ou culturelle. Il s’agit d’un choix simple, motivé par l’habitude familiale. L’alimentation familiale joue un rôle important dans la formulation du goût et des préférences alimentaires. La cuisine de l’enfance demeure un facteur puissant dans les habitudes alimentaires des adultes.
Héritage et traditionL’héritage et traditions sont des facteurs importants dans les choix nutritionnels. Chaque pays et chaque région possède ses propres nourritures, ses propres manières de préparer et ses propres recettes.
Les habitudes alimentaires varient selon la composition ethnique. Il existe par exemple en France plusieurs régimes alimentaires influencés par les habitudes alimentaires de la Méditerranée dans le sud, et par les habitudes alimentaires du nord. Le régime américain par exemple inclut de nombreuses nourritures ethniques à l’image des populations qui composent ce pays.
Les interactions socialesLes liens sociaux influencent également les choix alimentaires. La plupart personnes apprécient de manger en compagnie des autres. Partager le repas est une tradition presque universelle même si la signification sociale varie selon les cultures. La convivialité est une habitude de vie appréciée en France par exemple, et dans de nombreuses cultures de la Méditerranée. Ce repas, pris avec les autres, invite les personnes à partager la nourriture proposée par le groupe.
La disponibilité, la convenance, et l’économieEn général, nous mangeons ce qui est présent, disponible, facile à préparer, et accessible économiquement. La majeure partie du budget alimentation est dépensée dans une alimentation facile à préparer. La durée moyenne de la préparation d’un repas est de 15 à 20 minutes, incluant moins de six ingrédients, utilisant généralement des aliments partiellement préparés. L’exemple type est la soupe préparée, et qu’il faut chauffer ou cuire pendant quelques minutes. La nourriture varie également selon des convenances personnelles, certaines personnes n’aiment pas les crèmes glacées à la fin d’un repas riche en matières grasses. Certaines personnes détestent carrément certains aliments.
Les émotionsLes émotions jouent un rôle important dans nos habitudes alimentaires. L’alimentation peut jouer le rôle d’une réponse à certains inconforts émotionnels comme l’ennui, la dépression, ou pour calmer une certaine anxiété. Une personne déprimée peut choisir de manger pour ne pas appeler un ami. Une personne anxieuse peut se servir de la nourriture ou de l’alcool pour apaiser son anxiété. La consommation alimentaire comme réponse aux émotions peut engendrer des troubles comportements alimentaires et provoquer une obésité.
Les valeurs culturellesLes choix alimentaires sont influencés par les idées politiques, éthiques, et par les croyances religieuses.
Les chrétiens renoncent à la viande et aux produits dérivés de l’élevage animal pendant leur carême avant Pâques, les juifs ont également des périodes où la consommation de certains aliments est déconseillée, les musulmans pratiquant se privent de toute alimentation du lever au coucher du soleil pendant le Ramadan.
La nourriture peut refléter également des croyances éthiques ou sociales, comme les personnes qui refusent de consommer la viande pour des raisons relatives à leur conception de la vie animale. D’autres personnes boycottent les produits pour des raisons politiques, écologiques ou économiques.
Le poids et l’image corporelleDans le choix des produits alimentaires, nous cherchons à adapter notre consommation alimentaire à nos besoins, à notre poids, et à l’image que nous avons de notre corps. Parfois, certaines personnes consomment certains aliments dans l’espoir d’améliorer leur aspect physique, pour maigrir, pour grossir, etc. L’alimentation sportive est l’exemple d’un choix alimentaire visant à l’amélioration de la capacité physique de l’athlète.
La santéL’alimentation est un élément important de la santé humaine. De plus longtemps, les fabricants et l’industrie alimentaire tentent de s’aligner sur les résultats scientifiques liant la santé à la nutrition. Ainsi nous avons des produits vitaminés, du sel riche en iode, et des produits alimentaires adaptés pour baisser le taux de cholestérol.
Il est important de considérer soigneusement nos valeurs pour plusieurs raisons. Ces valeurs pourraient guider notre vie vers des buts nobles, plutôt que nous guider vers un parcours de vie égoïste ou gouverné par les impulsions, ou par les émotions.
Les valeurs morales peuvent nous inspirer et vous motiver pour atteindre les buts de nos ambitions et de notre existence. Le manque de valeurs dans la vie peut engendrer une culpabilité ou un mécontentement durable.Les valeurs aident aussi à consolider l’estime de soi. Les valeurs nous offrent des références et des repères pour affronter les problèmes et formuler des solutions et modeler nos réactions. Ainsi, l’échec peut devenir une expérience, la réaction à une agression peut devenir moins violente, les objectifs recherchés plus adaptés à nos besoins.
Les valeurs morales nous aident à accepter nos devoirs et nos responsabilités avec philosophie et bonne humeur, nous évitent de nous sentir coupables en face d’une contradiction entre l’idée morale dominante et notre comportement.
Les valeurs peuvent également donner un sens à notre quotidien, en mettant les étapes de la vie dans un objectif plus général.
Les valeurs partagées varient dans le temps. Nous sommes peut être plus matérialistes que nos parents, plus individualistes mais chaque génération a ses valeurs et ses idées morales.
Les valeurs jouent un rôle important dans notre vie, dans nos relations vis-à-vis des autres et vis à vis de nous-mêmes. Il est difficile de comprendre la fidélité dans un couple après plusieurs années sans prendre en compte les valeurs de chaque partenaire. Cet exemple peut s’appliquer sur le dévouement des parents, l’engagement dans les relations inter personnelles, ou sur les efforts consentis dans les structures d’aides aux autres sans attendre récompense ou reconnaissance.
Quand nous commettons un acte en opposition à nos idées morales, nous souffrons d’une mauvaise estime de soi et d’un pénible sentiment de culpabilité.
Pour éviter ce sentiment inconfortable, culpabilité ou regret, nous adoptons de nombreux mécanismes intermédiaires, pour nous réconcilier avec nos valeurs, avec nous-mêmes. Ces comportements varient selon les personnes, leurs cultures et leur idée morale.
Nous utilisons parfois une justification morale pour disculper la trahison de notre propre morale, en pensant que nos actes sont justes. Après avoir triché à un examen, la justification peut être : j’ai triché car j’ai besoin de réussir cet examen. Après avoir agressé une personne, la justification utilisant la morale peut être : j’étais obligé de l’agresser pour défendre un ami. Ce genre de justification ne modifie en rien dans la nature de l’acte, mais nous permet d’échapper à la culpabilité.
Parfois nous utilisons des parades qui jouent avec les limites et avec la sévérité de nos actes, pour les rendre plus justifiables. En refusant l’aide à un voisin, la justification peut être : je n’ai pas les moyens d’aider un voisin, mes enfants d’abord. Dans ce genre de justification, on joue sur des priorités, ou sur des limites, ou sur des nécessités.
Dans d’autres cas, nous justifions nos actes immoraux par comparaison avec les actes des autres. Ce n’est pas grave de tricher dans ma déclaration d’impôts, beaucoup de gens trichent aussi leur déclaration. J’ai accepté la corruption car tout le monde est corrompu autour de moi.
Parfois nos actes immoraux sont justifiés par notre prétendue faiblesse, par notre incapacité à résister. Ils m’ont obligé de le faire. Je fais cet acte car la loi m’oblige à le faire. Je n’ai pas assez de force pour refuser l’ordre d’exécuter un tel acte.
Le déni de responsabilité est un mécanisme pour justifier les actes immoraux également. J’étais parmi les autres. Je ne pouvais pas l’aider, d’ailleurs personne ne l’a aidé. Je ne peux rien faire pour l’écologie, car une personne seule ne peut rien faire.
Le déni des conséquences est également un mécanisme pour justifier des actes jugés immoraux. On relativise les conséquences de nos actes pour les rendre plus acceptables : j’ai juste transmis le message. J’ai seulement téléphoné. J’étais seulement un intermédiaire dans cette affaire.
La déshumanisation est une technique parfois cruelle, justifiant des actes immoraux. Pourquoi épargner telles personnes ? Ils sont de simples sauvages. Pourquoi respecter telle personne alors qu’elle est moins que rien. Ce n’est pas grave ce que j’ai fait, cette personne est handicapée. Il ne faut pas en faire une affaire, ce n’est qu’un animal.
Dans ces cas, on réduit l’humanité de l’autre, ou refuse la souffrance de l’animal, ou on invalide les besoins des autres.
D’autres justifications cherchent à rendre la victime responsable. Un SDF ne mérite aucune aide, il est responsable de son sort. Pourquoi aider les pauvres alors qu’ils sont paresseux.
Ces justifications affaiblissent notre système moral et nous entrainent vers une relativisation dangereuse car ces mécanismes peuvent être utiles pour sortir de la culpabilité d’un acte commis, mais aussi peuvent être utilisés pour justifier des actes à commettre. Agresser un handicapé en déshumanisant sa personne, ou en prétendant que tout le monde agresse les handicapés finit par justifier l’agression, nous mettant dans une position immorale vis-à-vis de nos valeurs, et dans une position délicate vis-à-vis de la société et de ses outils judiciaires.
Attention danger, l’utilisation de ce genre de mécanismes pour justifier un acte immoral n’a aucune valeur juridique ou sociale. Un acte immoral va être jugé selon un consensus social ou juridique, et non pas selon nos justifications ou nos dénis.