Retour de balade en forêt ou dans les herbes hautes, et voilà les démangeaisons intenses qui commencent quelques heures plus tard. Ce sont probablement des aoûtats — ou trombidions. Pas dangereux, mais particulièrement pénibles. Voici comment réagir.
Qu’est-ce qu’un aoûtat ?
L’aoûtat (Neotrombicula autumnalis, aussi appelé trombidion ou vendangeron) est un acarien microscopique rouge présent dans les zones herbeuses, les sous-bois et les jardins, surtout de juillet à octobre (d’où son nom). Contrairement aux tiques, il ne s’enfonce pas dans la peau — il se fixe en surface et injecte une salive enzymatique qui dissout les cellules cutanées pour se nourrir.
C’est cette salive qui provoque la réaction : une démangeaison intense avec formation de papules rouges.
Symptômes typiques d’une piqûre d’aoûtat
- Délai : les démangeaisons apparaissent 3 à 6 heures après l’exposition, pas immédiatement
- Localisation : les zones de friction des vêtements sont les plus touchées — taille, chevilles, creux des genoux, aisselles, aine, sous la ceinture
- Aspect : petites papules rouges, parfois avec un point central, regroupées en amas
- Sensation : démangeaison très intense, parfois brûlure, qui s’exacerbe la nuit
- Durée sans traitement : 1 à 3 semaines
Ce qu’il faut faire immédiatement
Si vous revenez d’une zone susceptible d’abriter des aoûtats :
- Douche froide ou tiède dès que possible : les larves sont encore à la surface pendant les premières heures. L’eau froide aide aussi à calmer la réaction inflammatoire.
- Changement complet des vêtements et lavage en machine à 60°C
- Ne pas gratter : cela aggrave l’inflammation, favorise la surinfection et prolonge la durée des lésions
Traitements pour soulager les piqûres d’aoûtats
Antihistaminiques oraux
La cetirizine (Zyrtec, Virlix) ou la loratadine (Clarityne) en prise orale réduit efficacement les démangeaisons et la réaction allergique. À prendre dès l’apparition des symptômes, sur 5 à 7 jours selon l’intensité. Ces médicaments sont disponibles sans ordonnance en pharmacie.
Crèmes antiprurigineuses
- Crème à base de cortisone légère (hydrocortisone 1 %) : anti-inflammatoire efficace en application locale, 2 fois par jour, max 7 jours. Disponible sans ordonnance (Hydrocortisone Cooper, etc.)
- Gel Apaisyl ou crème à l’oxyde de zinc : apaisent les démangeaisons de surface
- Gel d’aloe vera pur : apaise sans médicament, effet rafraîchissant immédiat
Remèdes maison
- Glaçons enveloppés dans un tissu : appliqués sur les zones irritées, ils calment rapidement les démangeaisons par effet vasoconstricteur
- Vinaigre de cidre dilué (1 volume pour 3 d’eau) : légèrement antiseptique et légèrement apaisant pour certaines personnes
- Bain à l’avoine colloïdale : particulièrement recommandé pour les enfants avec de nombreuses piqûres sur le corps
Quand consulter un médecin ?
Dans la grande majorité des cas, les piqûres d’aoûtats guérissent seules. Consultez si :
- Les lésions sont nombreuses et très étendues
- Vous observez des signes de surinfection (pus, rougeur qui s’étend, chaleur locale, fièvre)
- Les démangeaisons sont insupportables et perturbent sévèrement le sommeil malgré le traitement
- Une réaction allergique systémique apparaît (urticaire étendue, difficultés à respirer)
Prévention pour l’été prochain
Les aoûtats se trouvent dans l’herbe haute, les lisières de forêt, les zones de fougères et les jardins non tondus. Prévention simple :
- Porter des vêtements couvrants (pantalon long rentré dans les chaussettes) dans les zones à risque
- Appliquer un répulsif anti-acariens (DEET ou icaridine) sur les zones exposées
- Douche et changement de vêtements dès le retour
Les aoûtats ne transmettent pas de maladie grave en France métropolitaine — ils sont pénibles, pas dangereux. Avec un traitement antihistaminique rapide et l’éviction du grattage, la plupart des personnes s’en remettent en une semaine sans séquelles.


