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Quand la peinture dessine le sein idéal

seins  Edvard Munch 

 

Le sein idéalisé dans la peinture

 

Certains chercheurs pensent que les seins ont existé à travers l’évolution pour assurer la survie humaine par l’allaitement.

Cette approche ne répond pas à une question : pourquoi les seins des femmes sont les seuls du règne animal à pousser même lorsque les femmes ne sont pas enceintes ? Certains répondent qu’il s’agit d’un signe de différenciation sexuelle et de reproduction. Le sein confirme l’identité du sexe féminin, son volume indique que la femme a déjà eu sa puberté et qu’elle est fertile. Ces approches expliquent comment tout au long de l’histoire, les idéaux de beauté liés aux seins ont tourné autour de la fertilité et de la sexualité pour assurer la reproduction. Ce lien entre seins et sexualité a classé les seins parmi les organes impliqués dans l’attirance, et l’érotisme.

Les concepts de beauté féminine, élément important dans l’attirance, englobent une certaine beauté des seins esthétiquement acceptables, habillés ou nus. Historiquement, les femmes ont toujours cherché à améliorer la beauté de leurs seins, en augmentant leurs proportions et en favorisant une apparence répondant à l’image qu’elles ont d’elles-mêmes.

 

Concept du sein idéal

 

Le concept du sein idéal, et toutes ses variables, de la taille du mamelon à la courbure du sein en passant par la profondeur du décolleté, a été omniprésent à travers les âges, chaque société à travers l’histoire a eu sa propre interprétation du sein idéal reflétant ses préoccupations individuelles et ses valeurs. Depuis l’antiquité, les idéaux des seins ne sont pas seulement liés à leur taille. La forme, la couleur et la taille des mamelons, la distance qui les sépare, la symétrie, et certains autres facteurs. La représentation des seins reflète la compréhension de chaque culture du rôle féminin dans la société.
La peinture occidentale a mis le sein à l’honneur depuis la renaissance, considéré comme symbole de la vie et de la maternité, puis comme symbole de la féminité.

De nombreux tableaux montrent le sein entier, depuis la clavicule jusqu’au nombril, en utilisant des vues antéro-postérieures ou obliques, d’autres montrent un sein de face, ou de profil.

 Amour sacre et profane Titien

 « Amour sacré et profane » de Tizian ovecellio ( Titien 1514).


Le sein est idéalisé, la distance entre le mamelon et la clavicule est réduite, le sein est en forme de triangle, la distance entre les deux mamelons est augmentée.

 Maddona Edvard Munch 1894


« Maddona » d’Edvard Munch 1894

Le sein est idéalisé d’un aspect triangulaire, avec taille réduite des aréoles, et distance augmentée entre les deux mamelons

 

Les trois Gaces Lucas Cranach1531

 

« Les trois Grâces » de Lucas Cranach, 1531

Les seins sont presque irréels, ils sont placés trop haut, la distance entre la clavicule et le mamelon est réduite, le sein est en forme de triangle isocèle.

Adam et eve Albrecht Durer 1504

« Adam et Ève » d’Albrecht Dürer 1504


Le sein est idéalisé en dépit d’une maîtrise technique peu commune, l’implantation des seins est trop haute [distance entre la limite supérieure du sein et la clavicule est réduite] pour assurer un aspect galbé du sein, toujours d’aspect triangulaire, si populaire dans la peinture occidentale

La toilette d Esther, 1841, Chasseriau

 

La toilette d’Esther, 1841, Chasseriau


Au 19e siècle, le sein idéalisé devient plus proche du sein réel, cependant, les seins ont un aspect triangulaire parfait, une distance entre les deux mamelons élargie.

 

Le sein idéalisé à travers le temps

 

A la Renaissance, le motif de la Madone infirmière est resté, mais l’émergence de l’art basé sur la mythologie ancienne a ouvert une porte pour explorer la nudité féminine plus librement, et bien sûr les seins jouent un rôle important. Les artistes ont cherché l’inspiration dans l’art et les histoires classiques ainsi que dans les idéaux de beauté de la Grèce antique et de Rome. Il existe une grande variété de seins représentés dans l’art, mais leur représentation dépendait beaucoup de leur source d’inspiration, qu’elle soit grecque ou romaine. Quelle que soit la source, toutes ces peintures avaient en commun la représentation des mamelons.

Au XIXe siècle, l’Angleterre victorienne, par exemple, traverse une période conservatrice et prude, les seins idéaux étaient associés à ces anciennes idées de maternité et de fertilité, ressemblant presque à ceux de l’art ancien, pas trop gros, avec des mamelons presque imperceptibles. Ce n’était pas le cas de la France du XIXe siècle, où les mamelons sont devenus le centre de la sensualité et de l’érotisme, dans des représentations réalistes de seins, mais dans une taille plus petite et une forme flasque qui met en valeur les mamelons.

 

 

Le sein idéalisé dans la peinture

Comme dans la nature, chaque poitrine est unique, aucun sein féminin ne ressemble à un autre.
Il suffit en regardant ces tableaux de distinguer certains éléments anthropométriques mesurables comme la distance entre les deux mamelons, la distance entre les deux seins ou la hauteur des seins, la proportion du sein par rapport à la largeur thoracique.

Cependant, le sein dans la peinture occidentale semble plus idéalisé et moins varié que le sein réel. La forme des seins dans la majorité des tableaux est presque un triangle isocèle, de même pour la distance entre les deux mamelons un peu plus élargie dans les tableaux que sur de vraies poitrines. Les seins idéalisés sont placés haut, la distance entre le sein, ou entre le mamelon et la clavicule est augmentée.

Ces tendances ne reflètent pas la richesse de la peinture occidentale. Il est injuste de penser que le sein est toujours blanc, parfait, aux tétons roses dans la peinture. Des grands peintres, même à l’époque baroque comme Peter Paul Rubens et d’autres ont décidé de ne pas représenter des corps idéalisés. Chez Rubens, vous pouvez trouver de gros seins pleins qui ne sont ni triangulaires ni arrondies, des seins imparfaits qui gardent leur sensualité en raison de leur ressemblance au sein réel.

 

Références

1. Georgiade NG, Georgiade GS, Riefkohl R. Esthetic breast surgery. In : McCarthy JG, editor. Plastic surgery. Vol. 6. Philadelphia: W.B. Saunders; 1990. p.3839-96.
Schneider R. The world’s most glamorous woman in the painting 100. Paju [KR] : Sogang Publishing Co.; 2009.
Park JY, Hwang SW, Hwang K. Anthropometric comparison of painting
Portraits of beautiful women, femme fatales, and artists’ mothers.
J Craniofac Surg 2013 ;24:2110-4.
Westreich M. Anthropomorphic breast measurement: protocol and results in 50 women with aesthetically perfect breasts and clinical application. Plast Reconstr Surg 1997; 100:468-79.

 

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mercredi 28 juillet 2021
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