Douleurs sexuelles féminines : le Vaginisme

vaginisme

 

Le Vaginisme : spasme involontaire périodique ou persistant de la musculature du tiers externe du vagin perturbant ou empêchant la pénétration vaginale, entraînant une détresse personnelle.

 Ce document traite certains sujets relatifs au vaginisme. Voici les points traités et les numéros de pages de ces points :

 

Nombre de pages: 29
Année: 2021
Format : PDF

 

Table des matières
Les problèmes sexuels 2
Effets de l'âge 2
Dysfonctionnement sexuel 2
Facteurs psychologiques et émotifs : 2
Facteurs organiques 3
- Problèmes hormonaux : 3
- Neuropathie : 3
- Insuffisance vasculaire : 3
Les médicaments : 3
Histoire médicale sexuelle 4
Evaluation et intervention chez l'homme 5
A- Les causes organiques 5
B- Les causes psychologiques 5
Evaluation chez la femme 5
Certaines définitions utiles : 5
-Trouble de désir sexuel hypoactif : 5
-Aversion sexuelle : 5
-Trouble de l'excitation sexuelle féminine : 6
-Le trouble orgasmique : 6
-Dyspareunie : 6
-Vaginisme : 6
-Douleurs sexuelles non coïtales : 6
La thérapie sexuelle ou la sexo-thérapie 6
Références : 6
Dyspareunie: Pénétration douloureuse 7
Anatomie de la pénétration 7
Intromission : 7
Mouvements coïtaux : 7
Ejaculation 7
La dyspareunie superficielle 8
La dyspareunie profonde 8
La dyspareunie psychologique 8
Les causes les plus fréquentes des
douleurs sexuelles 8
Manque de lubrification 8
Rapports sexuels sans préparation suffisante 8
Pénétration rapide, pénétration profonde 8
Pénétration douloureuse dans une relation de mauvaise qualité 8
Pilule contraceptive 8
Lésions vulvaires 9
Infection et Maladies sexuellement transmissibles 9
Problèmes liés à la sexualité 9
Vaginisme 9
Vestibulite vulvaire 9
D'autres maladies 9
Orifice vaginal ou de l'introitus 10
Vagin : son rôle sexuel 11
Anatomie de la pénétration 13
Douleurs sexuelles: origine vulvaire et
pelvienne 14
Evaluation 14
Dyspareunie d'origine vulvaire et vestibulaire : diagnostic différentiel 14
Localisation : Vestibule et vagin 14
Localisation : Vestibule et vagin 14
Localisation : Vestibule et vagin 15
Localisation : Vestibule et vagin 15
Localisation : Vestibule et vagin 15
Localisation : Vestibule et vagin 15
Localisation : Vestibule et vagin 15
Localisation : Vestibule et vagin 15
Localisation : Vestibule et vagin 15
Dyspareunie d'origine pelvienne: diagnostic différentiel 15
Localisation : Vestibule 15
Localisation : Périnée et anus 15
Localisation : Périnée et anus 15
Localisation : Rectum 15
Localisation : Vagin 15
Localisation : Vagin 16
Localisation : bassin 16
Localisation : bassin 16
Localisation : bassin 16
Localisation : bassin 16
Vaginisme ou dyspareunie ? 17
Dyspareunie 17
Origine organique : 17
Composante homosexuelle 17
Traiter la cause organique 18
Vaginisme 18
Origine organique : 18
Origine psychologique : 18
Vaginisme, symptômes, causes et traitements 20
Fréquence 21
Vaginisme : Diagnostic et symptômes 21
Symptômes de Vaginisme 22
Les symptômes les plus fréquents : 22
Vaginisme : histoire familiale, sexuelle 22
Histoire sexuelle 22
Fantasmes et rêves sexuels 22
Vaginisme : les causes 23
Les causes organiques du vaginisme : 23
Approche comportementale 23
Approches analytique 23
Approche sexoanalytique 23
Les couples des femmes vaginiques 23
Structure du couple vaginique 23
Vaginisme : traitement psychologique 24
Vaginisme : traitement comportemental 24
Vaginisme : Traitement par Botox 25
Exercices de Kegel 26

 

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Intimidation en ligne : violence des spectateurs modernes

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Un récent fait divers d’un harcèlement en ligne en France a engendré de longues discussions sur le comportement agressif en ligne et l’absence des témoins, l’indifférence, le refus de témoigner et même d’aider la victime.

 

 

Les agressions non physiques

 

Les psychologues sociaux pensent que l'agression peut être aussi bien verbale que physique. Depuis l’antiquité, lancer des insultes et intimider verbalement, est considéré comme un acte agressif.
L'agression non physique est une agression qui n'entraîne pas de préjudice physique. L'agression non physique comprend l'agression verbale (cris, jurons et injures).
L'agression relationnelle ou sociale, est définie comme le fait de nuire intentionnellement aux relations sociales d'une autre personne, en médisant sur une autre personne, en l’excluant. L'agression non verbale se produit également sous la forme de blagues et d'épithètes sexuelles, raciales et homophobes, qui sont conçues pour blesser et nuire. La liste proposée par Archer et Coyne en 2005, englobe quelques exemples des agressions non physiques : médisance, répandre des rumeurs, critiquer les autres en leur absence, harcèlement, laisser les autres hors d'un groupe ou les ostraciser, monter les gens les uns contre les autres.
Les gens utilisent l'agression non physique pour ses caractères subtils. Ils peuvent être agressifs sans donner l'impression aux autres de l'être, et les conséquences sont moins graves que la violence physique.


Les filles ont tendance à s'engager dans des formes d'agression sociales et relationnelles indirectes telles que répandre des rumeurs, ignorer ou isoler socialement.
Les conséquences négatives de l'agression non physique peuvent nuire à la victime. Les enfants victimes d'intimidation manifestent plus de dépression, de solitude, de rejet par les pairs et d'anxiété que les autres enfants. En Grande-Bretagne, 20 % des adolescents déclarent avoir été harcelés par quelqu'un qui répand des rumeurs blessantes à leur sujet. Les filles victimes d'agressions non physiques sont plus susceptibles d’envisager de se suicider.

 

harcelement tableau

 

Intimidation et Cyber intimidation: l’agression modernisée

 


L'intimidation est un ensemble d'interactions sociales négatives, répandue parmi les enfants et les adolescents, et au sein parfois de certaines communauté (sport, militaire, prison)
Depuis l’apparition des réseaux sociaux, de nouvelles formes d’intimidation et d’agression non verbale ont fait leur apparition. La cyberintimidation est une agression infligée par l'utilisation d'ordinateurs, de téléphones portables et d'autres moyens de communication. Il existe de rares cas de suicides dans les lycées et les universités après la diffusion de photos ou de vidéo intimes.


La cyberintimidation peut être dirigée contre n'importe qui. Les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) sont des fréquents, de même certaines minorités ethniques, culturelles ou religieuses. L’aspect physique peut favoriser ce genre d’agression, comme l’obésité.
Un incident ponctuel au cours duquel un enfant frappe un autre sur le terrain de jeu n’est pas une intimidation : l'intimidation est un comportement répété par définition. Le traitement négatif typique de l'intimidation est la tentative d'infliger un préjudice, ou une humiliation. L'intimidation peut être physique, verbale, ou psychologique.


L'intimidation implique trois parties : celui qui intimide, la victime et les témoins.
L'acte d'intimidation implique un déséquilibre de pouvoir avec l'intimidant qui cherche à gagner plus de pouvoir physique, émotionnel ou social sur la victime. L'expérience de l'intimidation peut être positive pour celui qui intimide peut avoir un regain d'estime de soi. Les victimes subissent stress, troubles psychologiques, dépression et manifestent de tendances suicidaires. Au-delà de son impact émotionnel, la cyber intimidation peut affecter sérieusement la réussite scolaire ou académique.


Il n’y a pas un profil de personnalité pour celui qui intimide ni pour les victimes. Les chercheurs ont identifié certains modèles chez les enfants qui sont plus à risque d'être intimidés :
Les enfants émotionnellement réactifs courent un plus grand risque d'être victimes d'intimidation. Ceux qui intimident sont attirés par les enfants qui se fâchent facilement parce que celui qui intimide peut obtenir rapidement la réaction émotionnelle recherchée.
Les enfants différents des autres sont susceptibles d'être la cible d'intimidation. Les enfants en surpoids, souffrant de troubles cognitifs ou différents sur le plan racial ou ethnique.
Les adolescents gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres courent un risque plus élevé d'être harcelés et blessés en raison de leur orientation sexuelle minoritaire.

 

L'effet Bystander (regarder et rien faire)

 

 

Un événement médiatisé a secoué les américains en 1964. Dans le Queens, New York, une femme de 19 ans nommée Kitty Genovese a été attaquée, le vendredi 13 mars, par une personne armée d’un couteau près de l'entrée de son immeuble, puis à nouveau dans le couloir de son immeuble. Lorsque l'attaque s'est produite, elle a crié à l'aide à plusieurs reprises. Elle est finalement décédée suite à ces coups de couteau.


Cette histoire intriguait et effrayait le public car de nombreux résidents de l'immeuble auraient entendu les appels à l'aide de Kitty Genovese et n’avaient rien fait, ni aider ni appeler la police.

 

À partir de ce cas, des chercheurs ont décrit un nouveau phénomène à l’époque appelé « effet de spectateur », où un témoin ou un spectateur ne se porte pas volontaire pour aider une victime ou une personne en détresse. Au lieu de cela, ils regardent simplement ce qui se passe.
Dans une série d'études, des chercheurs ont signalé que le temps nécessaire pour agir et demander de l'aide varie en fonction du nombre d’observateurs présents. Des expériences complémentaires ont révélé que 70 % des personnes aideraient une femme en détresse lorsqu'elles étaient seules. 40 % seulement proposaient de l'aide lorsque d'autres personnes étaient également présentes.


Deux facteurs contribuent à l'effet de spectateur selon ces études.

 

La présence d'autres personnes peut crée une diffusion de responsabilité.

 

La deuxième raison est la nécessité de se comporter de manière socialement acceptable. Lorsque les autres observateurs ne réagissent pas, les individus prennent souvent cela comme un signal qu'une réponse n'est pas nécessaire ou pas appropriée.


Dans le cas de Kitty Genovese, 38 témoins ont déclaré qu'ils pensaient assister à une « querelle d'amoureux » et ne se rendaient pas compte que la jeune femme était en fait en train d'être assassinée.


En cas de crise, les spectateurs pourraient se demander ce qui se passe exactement et hésitent d’intervenir. Quand ils voient que personne d'autre ne réagit, ils pensent qu'aucune action n'est nécessaire. Il existe des normes sociales qui renforcent l'indifférence. C'est un peu gênant, après tout, d'être celui qui perd son sang-froid alors qu'aucun danger n'existe réellement.
Il y a d’autres questions qui se posent. Quels sont les avantages d'aider? Quels sont les risques ? Dans cette situation, les passants craignaient probablement pour leur propre vie s'ils portaient secours, de se tromper, ou d’être accusés.


Le même phénomène existe en ligne, ceci explique une partie du problème. Mais il existe d’autres facteurs et autres fractures.


Sur les forums d’Internet, certaines réactions minoritaires reflètent des problèmes latents dans notre modèle de société. Le refus de la responsabilité n’est pas rare, chacun porte son propre fardeau. Les autres n’existent pas car personne ne partage les idées et les jugements des autres. Les autres sont des étrangers car ils pensent étrangement.
Des hommes ont intériorisé certains discours féminins dévalorisant les hommes . Des femmes ont intériorisé d’autres discours  que les hommes sont violents et qu’ils méritent ce qu’il leur arrive. D’autres refusent de témoigner parce la victime ne correspond pas à leurs propres critères (donc ne mérite pas la compassion), ou parce que la société n’aide personne, ou parce qu’il y a trop de victime dans notre société. Puis arrive l’individualisme : et moi, qui m’aide ?


Dilution de responsabilité, un individualisme qui provoque un sentiment d’isolement, une balance implacable des inconvénients dans une société judiciarisée, une confusion sur le rôle, ce qui mérite d‘être victime et qui mérite d’être aidé, le nombre des spectateurs passifs risquerait d’augmenter dans le monde réel comme en ligne.


Certains psychologues pensent que le fait d'être conscient de cette tendance est un bon moyen de briser ce cycle vicieux. Intervenir ou avertir sans attendre les autres, sans se mettre en danger, c’est devenir un spectateur actif.
Pour les victimes, il convient de personnaliser sa demande, de s’adresser à une personne, l’autorisant ainsi à apporter son aide, et ne pas attendre la réaction spontanée des gens.

 

Résumé

 


L'intimidation est un comportement répété qui vise à infliger un préjudice à la victime et peut prendre la forme d'abus physique, psychologique, émotionnel ou social. L'intimidation a des conséquences négatives sur la santé mentale des jeunes, y compris le suicide. La cyberintimidation est une nouvelle forme d'intimidation en ligne où les intimidants peuvent rester anonymes et les victimes sont impuissantes, entourés des spectateurs passifs. L’intimidation en ligne met en lumière certaines fractures qui traversent notre modèle de société.

 


Références
Taylor S : social psychology, Ed Pearson 2011
International Encyclopedia of the Social & Behavioral Sciences, ed: Neil J. Smelser and Paul B. Baltes 2001

 

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La Bisexualité : L’amour au delà de l’orientation sexuelle

bisexuaite

 

Le terme de bisexualité est utilisé pour décrire le comportement des personnes ayant des attirances sexuelles situées entre l'homosexualité et l'hétérosexualité.

 


Ce document traite certains sujets relatifs à la bi sexualité. Voici les points traités et les numéros de pages de ces points :

 

Bisexualité : orientation sexuelle ? 2
Bisexualité : généralité et définition 4
Définir la bisexualité 4
Attitudes vis à vis de la bisexualité 6
La bisexualité scientifiquement 9
Type de bisexualités 11
Bisexuels alternants 11
Bisexuels circonstanciels 11
Bisexuels en relation concomitante 11
Bisexuels conditionnels 11
Bisexuels émotionnels 12
Bisexuels intégrés 12
Bisexuels d'exploration 13
Bisexuels hédonistes 13
Bisexuels récréatifs 13
Bisexuels isolés 14
Bisexuels latents 14
Bisexuels passifs 14
Bisexuels transitionnels 15
Bisexualité dans l'échangisme 17
Bisexualité et échangisme 17
Les femmes bisexuelles 19
Fréquence de la bisexualité parmi les femmes 19
Comportement sexuel des femmes lesbiennes et Bisexuelles 19
Les femmes bisexuelles en couple 20
Identité bisexuelle 22
Comprendre l’identite bi sexuelle 22
Grande flexibilité 23
Bisexualité féminine : historique 24
Lesbienne, hétéro ou bisexuelle ? 26
Orientation sexuelle : fluidité chez les femmes 26
Comportement sexuel des bisexuels 29
Comportement des hommes bisexuels 29
Combien d'hétérosexuels sont des ex-homosexuels? 30
Bisexualité et sexe prudent  31
Sexe prudent et bi sexuels 31
Comment réduire le risque sanitaire : 31
Le risque émotionnel 32
La norme sociétale 32
La norme juridique 32
Table des matières 34

 

 

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Libertin et Libre : Diderot publie la religieuse

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siecle lumires

 

 

Au 18e siècle, la première révolution sexuelle secoue la société européenne, la galanterie devient sexualité, la liberté inclut le libertinage, la religion est critiquée, l’austérité est combattue. Le plaisir épicurien est recherché, la jouissance est un but en soi.

 

 

Libertinage comme liberté

 

 

Le libertinage est un courant à cheval sur le 17ème et le 18ème siècle. La France connaît une situation politique sans précédent. Monarchie absolue, tout est centralisé à  Versailles, la politique étrangère du Roi installe le pays au centre de l’Europe, lui procurant un rayonnement culturel inégalé pendant un demi-siècle, Paris devient la capitale de la culture et du bon goût.

Louis XIV impose un état autoritaire, et un climat d’uniformité. La France est gouvernée par un seul homme, fidèle à une seule religion. L’Edit de Nantes est révoqué, prétendu mettre en péril cette uniformité.  Des flots de littérature de propagande sont diffusés, produits par les membres de l’église catholique romaine visant à soutenir cette conformité sociale, des ouvrages prônant l’intolérance religieuse et la conversion forcée des protestants. C'est dans cette uniformité sociale imposée que le libertinage va naître, dès les premières persécutions protestantes qui précédent la révocation de l’édit de Nantes, et durent jusqu’à la révolution française. La politique de Louis XIV associée aux universités, aux églises et à l’état a fini par créer un conservatisme social et intellectuel, et une vérité officielle dogmatisante. Ce conservatisme englobe les questions religieuses, les questions liées à l’homme, à la nature et à la société.

Le libertin du 17ème s’oppose à l’idéologie dominante en réhabilitant un système de pensée stigmatisé ou combattu, jugé honteux ou néfaste pour le pays,  mettant en cause la politique royale et les agissements du clergé. Les libertins au 17e siècle tentent de sortir des vérités officielles ; les vérités autorisées ne permettent pas aux sciences et à la culture de s’adapter avec l’évolution  scientifique, (à l’exemple de Gassendi) et d’appeler à la tolérance en insistant sur la différence entre tolérance et laxisme comme écrivait Bayle. La relation entre l’homme et Dieu, entre l’homme et la nature sont des questions largement discutées  au 17e siècle.

Un nouveau siècle arrive, escorté de nombreux bouleversements scientifiques et culturels. Les mentalités changent. La  nécessité  de  la  monarchie est discutée en raison de ses excès et de ses échecs, une remise en cause du régime politique, l’apparition des notions comme le contrat social, la revendication d’une nouvelle approche de la nature, tant en science qu’en philosophie.

Le libertin au 18ème siècle utilisera sa raison pour comprendre, pour critiquer et maîtriser les idées et les mœurs de son temps, alors que ses contemporains s’y soumettent sans les comprendre. Le 18e siècle milite pour une démarcation nouvelle entre la science et la religion, le religieux et le dogmatique doivent être écartés de la connaissance scientifique, car ils lui sont néfastes. 

L’esprit critique prend une importance capitale,  on voit apparaître un nouveau genre d’ouvrage : le roman libertin qui traite les traits de la société d’une façon plaisante légère ou caustique, en la travestissant lorsque les attaques contre le pouvoir en place sont sévères.

Le plaisir prend un nouveau statut, s’inscrit dans la nature de l’homme, et acquiert une nouvelle justification. Les thèses épicuriennes deviennent de moins en moins scandaleuses. Les pratiques amoureuses et voluptueuses sont décrites comme naturelles, et se trouvent réhabilitées.

Le libertinage au 18e voit un jour nouveau, s’appuyant sur de nouvelles thèses, se permettant des arrangements avec Dieu, refusant les dogmes de l’église et critiquant la monarchie absolue. La négation de la morale entraîne une justification de bon nombre d’actions scandaleuses aux yeux de la religion. La plus criante, car touchant le plus la nature, est cette idée que le meurtre est louable, car s’inscrivant parfaitement dans le cours de l’univers.

Dans son roman, les Bijoux indiscrets, Diderot écrit une fable sensée se passer au Congo. Il décrit le règne d’un roi du Congo, qui cache en fait la figure de Louis XIV, un roi despotique, dépensier, autoritaire, incompétent, aux mœurs perverties, avec un passage où est critiqué la révocation de l’Édit de Nantes, ainsi que le rôle de l’église catholique dans cette affaire.

 

boucher sommeil de venus

Boucher , sommeil de vénus

 

Erotisme littéraire et artistique  

 

 

Le 18ème siècle est un siècle d’aisance, de spéculation financière et d’une  mondialisation débutante. L’érotisme au 18e  siècle est littéraire et artistique.

Ces publications mettent en cause les deux pouvoirs en exposant les débauches du monde ecclésiastique et l’immoralité des certains aristocrates. L’écrit érotique comprend le roman libertin, mais aussi des chansons ou encore des poésies, parfois même des pièces de théâtre. Le XVIIIe siècle apparaît comme un « âge d’or » de cette littérature.

Pour expliquer cette croissance de produits culturels érotiques au XVIIIe siècle, certains évoquent la libéralisation des mœurs comme conséquence du développement d’une idéologie des Lumières.

Le roman érotique devient un genre avec des formes et codes qu’on retrouve plus ou moins dans la peinture.

Les thèmes abordés sont également variés, avec des effets de « mode ».

Ce genre s’adresse à un spectateur « voyeuriste » et curieux. Le lecteur est pris en compte dans la conception du récit, et la narration tente de  provoquer l’émoi du spectateur. Le but recherché est le plaisir.

Cette culture érotique met en scène la découverte du corps, l’initiation aux pratiques sexuelles, dans une utilisation récurrente de la raillerie et de la dérision. Le ton est souvent moqueur espiègle. Le pouvoir interdit ces livres selon des critères peu précis qui varient d’une époque à une autre, d’un livre à un autre. Les mesures de censure et de répression sont néanmoins jugées inefficaces par les historiens. 

Si le livre érotique est aussi pourchassé, c’est indéniablement pour son traitement de la sexualité, mais également pour ses critiques sociétales et politiques.

Ces romans peuvent inclure des dissertations philosophiques associées à des passages virulents à l’encontre du système.  Une des cibles privilégiées des romans et des chansons au XVIIIe siècle est la maîtresse du roi ; les mœurs dissolues du roi, madame de Pompadour puis la comtesse du Barry.

 

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Boucher, Diane sortant de son bain

La religieuse, et l'homosexualité féminine 

 

Le Siècle des lumières va profondément modifier d'une manière progressive le continent européen. Cette mutation sera longue et pénible en ce qui concerne le sociétal. Les idées progressistes sur le plan juridique ou économique ne s'étendaient pas toujours à la vie privée.
Pendant ce siècle, la libération de la sexualité de l'emprise religieuse sera longue et conflictuelle entre libertins et moralisants, entre libertaires et conservateurs.

L'homosexualité féminine n'était pas considérée comme un facteur de risque ou de troubles sociaux. Ni encouragement, ni répression, mais une indifférence dictée par l'idée que la sexualité sans pénis n'est pas une sexualité, et que la femme ne peut avoir de plaisir sexuel sans l'homme.

Au 17e siècle, l'homosexualité féminine était rarement punie. Nous connaissons l'histoire de la sœur Benedetta dans un couvent à Nantes, qui a eu une relation sexuelle et romantique avec une autre sœur. La sœur Benedetta fut punie, légèrement, pour avoir désobéi aux règles du couvent, et non pas pour avoir eu des relations romantiques et sexuelles avec une autre sœur. Sa partenaire n'a pas été inquiétée.

La naissance de l'individualisme s'accompagna d'une recherche de libération sexuelle. Les libertins ont été présentés comme des gens cherchant à corrompre les femmes mariées, et à ruiner la vertu des vierges. Le libertinage était lié à la mode, à la modernité, à la consommation, aux vêtements coûteux, et aux discussions osées.

On retrouve dans ce mouvement de libertinage, certaines racines de l'identité homosexuelle.
La grande majorité des libertins était hétérosexuelle ou bisexuelle, par contre, l'esprit de libertinage validait les goûts personnels en matière de sexualité, les préférences, et la recherche du plaisir.

Peu de gens avaient les moyens d'être libertins à cette époque, il fallait être riche, puissant, et capable d'ignorer ou de se détacher de la pression sociale. Le libertinage était un sport coûteux, pratiqué par des gens riches, bien installés dans la société, généralement aristocratiques et cultivés.

À cette époque, Denis Diderot publie son roman " la religieuse ", pour dénoncer l'emprise de l'église sur la sexualité.


Diderot est matérialiste, il ne croit pas à la dualité du corps et de l'âme. Parler du corps ou des passions humaines revient donc à parler de la même réalité humaine sous deux angles différents. Il est difficile de classer Diderot en libertin, sensualiste, ou en homme qui encourage le plaisir et  et la liberté sexuelle.

La Religieuse est un roman fondateur pour l'histoire de l'homosexualité en littérature française : le premier personnage est une lesbienne, souffrant jusqu'à la folie et la mort, de l'impossibilité de concilier ses désirs avec une religion exigeant le contrôle de ses désirs. Plus de 60 ans avant Splendeurs et Misères des courtisanes de Balzac, Diderot met en scène pour la première fois une relation lesbienne, en tentant une description littéraire de l'orgasme lesbien ; une première dans la littérature.


Suzanne Simonin raconte comment elle est traitée par sa supérieure :

" Elle m'invitait à lui baiser le front, les joues, les yeux et la bouche. La main qu'elle avait posée sur mon genou se promenait sur tous mes vêtements, depuis l'extrémité de mes pieds jusqu'à ma ceinture, me pressant tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre. Enfin il vint un moment, je ne sais si ce fut de plaisir ou de peine, où elle devint pâle comme la mort ; ses yeux se fermèrent, tout son corps se tendit avec violence, ses lèvres se pressèrent d'abord, elles étaient humectées comme d'une mousse légère ; puis sa bouche s'entrouvrit, et elle me parut mourir en poussant un profond soupir. Je me levai brusquement je voulais sortir, appeler. Elle entrouvrit faiblement les yeux, et me dit d'une voix éteinte : "Innocente ! Ce n'est rien". J'allais près d'elle ; elle me fit signe encore de la main de m'asseoir sur ses genoux ; je m'assis ; elle était comme morte, et moi comme si j'allais mourir. Son visage s'était animé des plus belles couleurs "

Diderot glisse le thème du " mal " ou de la " maladie ", pour décrire ce besoin sexuel pressant chez les femmes lesbiennes.

Diderot ne prétendait pas décrire un orgasme, ce terme n'existait pas, l'orgasme sexuel féminin était inconnu. Diderot décrit un plaisir sexuel entre deux lesbiennes.

Références:  


Meril. D. Smith : the greenwood encyclopedia of love, courtship and sexuality, vol 4, Greenwood press, 2008

Mehouvin Lisa :  Fragonard : Désir, Séduction et Erotisme: Regard contemporain sur un siècle de sensualité, Edit causam, 2021

Teyssèdre Bernard , L'Histoire de l'art vue du Grand Siècle. Paris, Julliard, 1964.

Faré Michel, Le Grand Siècle de la nature morte en France: le XVIIe siècle. Fribourg, Office du Livre,

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