Estime de soi

estime de soi

L’estime de soi est un concept psychologique qui renvoie au jugement global positif ou négatif qu’une personne
a d’elle-même.

Un des premIers auteurs à avoir influencé les travaux dans ce domaine fut William James (1892). Ce psychologue
américain a défini l‘estime de soi comme la cohésion entre les aspirations et les succès. Pour James, l’estime de soi est la conscience de la valeur du soi et elle se situe à l’intérieur de la personne.

Le poids de cette valeur repose sur l’importance que la personne accorde à ses différents types de Moi.
La formule que James propose pour définir l’estime de soi est la suivante:
estime de soi = réussites (réalisations )/aspirations (prétentions).

En d’autres termes, plus l’estime de soi est faible, plus les réussites d’une personne s’écartent de ses aspirations. À l’inverse, plus l ‘ estime de soi est forte, plus les réalisations d’un individu rejoignent ses ambitions .

Une estime de soi positive est associée au bien-être, à la réussite et à la satisfaction. Une faible estime de soi
peut augmenter les risques de développer des problèmes tels que la dépression, l’anxiété, et plusieurs autres
conditions psychologiques, en plus d’affecter le fonctionnement social.


Les spécialistes en santé mentale sont d’avis qu’une bonne estime de soi est l’un des meilleurs outils dont on
puisse disposer pour faire face aux difficultés.

L’estime de soi est une dimension fondamentale de notre personnalité. Pour nous sentir bien dans notre peau,
la plupart d’entre nous avons besoin d’être aimés et appréciés et de nous sentir compétents.

Table des matières
Estime de soi: signification 2
La disposition à affronter les défis fondamentaux de vie sans perdre le sens du bonheur.  3
Qu’est-ce que l’estime de soi? 3
Définition de l’estime de soi 4
Origine du concept de l’estime de soi 5
La différence entre la confiance en soi et l’estime de soi 5
Le concept d’estime de soi doit être distingué du concept d’orgueil 6
La fierté et le l’estime de soi 6
La construction de l’estime de soi 7
Durant la petite enfance 7
Influence des personnes significatives 8
Expériences de réussites et d’échecs 8
Relation avec les pairs 9
Après la petite enfance 9
Rejet et intimidation durant l’enfance et l’adolescence 9
Relations dans la vie adulte 9
Le contexte scolaire et l’estime de soi des étudiants 10
Les médias sociaux et la pression sociale 10
Les manifestations d’une estime de soi solide 12
La hauteur : 12
Estime de soi mise à l'épreuve 12
La stabilité 13
L’harmonie 13
L’autonomie 13
Le coût 13
Les manifestations d’une estime de soi fragile 13
Les comportements et les facteurs nuisibles à l’estime de soi : 14
Le passage du collectif à l'individuel altère nos repères : 15
Estime de soi et notre société 15
Les pressions culturelles 16
Les pressions économiques n'encouragent pas l'estime de soi 16
Les aspirations à une qualité de vie meilleure : 16
La solitude de chacun face à ses problèmes : 16
Estime de soi gouverne la qualité de vie 16
Encourager l’estime de soi de l’enfant 17
Eviter les restrictions 18
Offrer-lui la liberté 18
Encouragement 18
Ambiance pacifiée 18
Écouter et encourager 18
Estime de soi et honte toxique 20
La honte toxique et l’estime de soi 20
Estime de soi : 22
questions - réponses 22
1-Pas d'accord avec ce concept 22
1-Réponse 22
2-Estime de soi et compétition 23
2- Réponse 23
3-Estime de soi :accepter les compliments 23
3-Réponse 23
4-Définir l'estime de soi 24
4-Réponse 24
5-Définition simple de l'estime de soi 24
5-Réponse 24
6-Confiance et estime de soi 24
6- Réponse 24
7- Pourquoi l'estime de soi est utile 25
8- Estime de soi et comportement sexuel 25
8-Réponse 25
9- Les facteurs qui inluencent l'estime de soi 25
9- Réponse 25
10- Estime de soi et la réussite 26
10-Réponse 26
11-Estime de soi et relation amoureuse 26
11- Réponse 26
12- Estime de soi et rélaisation des projets 27
12- Réponse 27
14-Sexe, couple et l'estime de soi 28
14-Réponse 28
15-Réponse : 28
16-Réponse 29
Améliorer son estime personnelle 30

 

Nombre de pages: 30
Année: 2022
Format : PDF

 

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Estime de soi , comprendre et agir

 Paul Cézanne, La Montagne Sainte-Victoire, musée d'Orsay

Paul Cézanne, "La Montagne Sainte-Victoire", vers 1890, musée d'Orsay

 

 

L'estime de soi est une valeur fragile et changeante. Elle augmente chaque fois que nous agissons en respectant nos standards et diminue chaque fois que notre comportement les contredit. Il est donc possible qu'elle soit très haute ou très basse selon les périodes de notre vie.

 

 

Approche théorique

 

Nous allons citer rapidement les approches théoriques relatives à ce concept. La définition précise la plus admise par une majorité de spécialistes renvoie à trois significations selon (Brown, Dutton et Cook, 2001) :

  • Le regard global d'un individu à son propre endroit
  • Les évaluations d'un individu au sujet de ses capacités et de sa personnalité.
  • Le sentiment de valeur personnelle d'un individu

Selon James ( 1890) : l'estime de soi est égale au rapport entre nos prétentions et nos succès. Selon ce concept, l'estime de soi peut être obtenue : soit en diminuant nos prétentions, soit en augmentant nos succès, soit en entre les deux facteurs.
Le miroir social de Cooley (1902) et Mead (1934) : l'estime de soi est la perception de soi construite par l'intériorisation de l'opinion d'autrui à notre égard. Dans cette perspective, les interactions sociales sont déterminantes.

L'estime de soi comme lieu de contrôle  (locus of control) de Rotter (1966) :
l'estime de soi se décline en fonction de la croyance de l'individu
Hiérarchie des besoins de Maslow (1970) : l'estime de soi correspond à une double nécessité pour l'individu : Se sentir compétent et être reconnu par autrui.

Le sentiment d'auto efficacité de Bandura (1986) : l'estime de soi renvoie aux croyances de l'individu en ses capacités personnelles.

 

 

 

Composantes de l'estime de soi

 

Coopersmith a montré l'absence de liens significatifs entre l'estime de soi de l'enfant et l'aisance financière, l'éducation ou la profession des parents.
Le seul facteur qui influence fortement l'estime de soi de l'enfant est la qualité de sa relation avec ses parents.

Harter souligne l'aspect vital de l'approbation par les parents pour l'estime de soi de l'enfant, pour encourager certains comportements. Ces sentiments positifs des parents vis-à vis de l'enfant apportent stimulation et affection, favorisent l'indépendance de l'enfant.
Jusqu'à l'âge de 3 ans, l'enfant accorde plus d'importance à l'avis de ses parents ; puis, peu à peu, c'est l'approbation des pairs qui va être recherché (cela devient vital à l'adolescence).
Le rang de naissance semble jouer un rôle sur l'estime de soi  : les cadets auraient une estime de soi moindre que les aînés mais seraient plus populaires et plus à  l'aise dans la société. Les aînés jouissent d'une estime de soi élevée et connaissent une meilleure réussite scolaire.

Comment écrire sur l‘estime de soi ? N'est-ce pas prétentieux de dire aux autres comment rehausser leur estime de soi ?  Cela ne signifie-t-il pas que celui qui écrit a trouvé la recette ?

 

 

Estime de soi : approche générale

 

Personne ne peut prétendre être compétent pour parler de cette partie noble qui habite l'humain, cette partie précieuse sans laquelle l'humain souffre, devient fragile et troublé.

Que reste-t-il de l'humain blessé, humilié, vaincu parfois mais vivant ?
Que reste-t-il de nous après nos échecs, après nos erreurs et après nos sentiments de culpabilité ??

Il reste cette partie noble de nous, celle qui continue à croire, à vivre et qui va assurer la suite. Cette partie dont nous ne pouvons pas vivre sans.


Cette partie est l'estime de soi.

Pourquoi une personne, après avoir commis une faute, souffre-t-elle alors que la faute est oubliée ou pardonnée ??
Pourquoi de nombreuses personnes qui consultent le médecin pour une anxiété ou pour une dépression disent :  je me déteste, je ne suis bon à rien,  je ne vaux rien.

 


L'estime de soi est le résultat d'une auto-évaluation.

 

 

Il s'agit d'un baromètre révélant dans quelle mesure nous vivons en harmonie avec nos valeurs, avec la partie haute de nous-même.
L'estime de soi se manifeste par la fierté que nous avons d'être nous-même et repose sur l'évaluation continue de nos actions.
Cette évaluation est consciente ou inconsciente. Chacune de nos actions engendre un verdict : valable  ou pas valable.

L'action valable va nous donner confiance en nous, nous rendre fiers, et l'action non valable va nous faire souffrire car cette action engendre une contradiction entre notre comportement et nos valeurs.
Toute activité nécessite la présence de personnes avec une estime de soi saine pour imposer le respect, accepter la responsabilité, avoir de la fierté d'un accomplissement, la capacité d'analyser l'échec et les critiques.

 

L'estime de soi n'est pas d'avoir des idées positives sur soi même, n'est pas l'égoïsme, arrogance, prétention, narcissisme, un sens de supériorité. Les individus avec l'estime de soi pauvre ou défensive tentent de prouver à eux-mêmes leurs valeurs, à impressionner les autres ; arrogance et mépris. Ils manquent généralement de confiance en eux-mêmes, et doutent de leur valeur et sont peu disposés à prendre des risques ou de s'exposer eux-mêmes à l'échec.

Mais l'humain est parfois victime de ses propres erreurs ou de celles des autres.
Des années après un abus sexuel ou un viol, la patiente souffre d'un sentiment de dévalorisation, elle ne cesse de détester son corps car « il  est sale » , et de se punir car « elle ne vaut rien. »
Voilà comment l'estime de soi fait souffrir.

D'abord s'accepter. C'est un principe fondamental en médecine et en psychologie, on ne peut changer (à l'intérieur de soi) que ce l'on a déjà accepté. Cette acceptation de ce qui est arrivé, de ce que ce que nous sommes, est un préalable à tout traitement et à tout progrès.

 

 

 

Se pardonner

 

Après l'acceptation, le pardon signifie la fin de la guerre civile déclenchée dans nos têtes. Pardonner à soi -même signifie dépasser la culpabilité et la honte. Dans nos conflits intérieurs, il existe toujours des fautes qui nous hantent. Des situations où nous étions peu intéressants selon notre propre jugement.

Se pardonner peut se passer dans les cas simples par un simple travail sur soi-même, une réflexion, une interrogation, mais dans les cas d'une culpabilité notable ou profonde, il est possible de faire appel à un soignant ou à une personne ayant la capacité d'écouter et d'analyser.

Pardonner à soi même est un acte difficile.

Comment puis-je pardonner à ce monstre que j'étais alors ou lors tel acte ou de tel événement ?


Le principe dans ce cas est de :

- Refuser la culpabilité toxique : la répétition de la faute ne doit pas être permise.

- Remettre les actes dans leur contexte.

- Cultiver ce qui est bien, critiquer ce qui est mal

- Prendre ses distances avec ce comportement

- Accepter et comprendre la réaction des autres vis à vis de notre comportement

- Admettre ses besoins et ses limites.

- Le droit à l'erreur : L'expérimentation donne des résultats positifs et négatifs. La peur de l'erreur peut devenir anxiété puis immobilisme.

 

 

Agir pour ce qui est important

 

En nous référant à notre échelle de valeur, nous pouvons faire des choix qui ont un effet positif sur notre estime.
Si l'honnêteté est une valeur importante pour vous, soyez honnête, si la fidélité dans le couple est importante pour vous, soyez fidèle.

Ce respect de soi a un prix, tout comme le non-respect en a un.  Etre fidèle dans le couple par exemple, signifie un renoncement total aux autres partenaires.  Qui a dit que c'est facile ???
Etre infidèle, c'est le couple qui risque de subir les conséquences. C'est un problème aussi et il y a un prix à payer.
Cependant respecter ce qui vous importe, est le principe fondamental pour réussir.
L'estime se bâtit en relevant des défis, le risque est présent : déplaire, perdre, être rejeté, échouer, etc. Mais sans prise de risque, aucune réussite n'est possible.

 

 

 

Prendre soin de soi même

 

Lorsqu'un patient consulte pour anxiété ou dépression, l'estime de soi souffre aussi. En parlant, on trouve parfois dans cette mauvaise estime de soi, un manque d'écoute de son monde intérieur, de ses désirs, de ses émotions.

Mais la vie change aussi nos besoins, et nos aspirations. Ces besoins vont apparaître donc comme désir, rêve ou fantasme.
A chacun de trouver ce qui important dans ses désirs, en cherchant la satisfaction et non pas le plaisir immédiat bien sûr.

Le problème est que nos besoins se manifestent comme des impératifs (désir, rêve, sentiment d'urgence), et dans chaque cas, ces besoins nous font peur car ils remettent en question notre organisation.
Les sujets importants à nos yeux nous font peur et il est utile d'affronter cette peur pour développer la confiance en soi.
Un exemple classique est celui de la maternité. Lorsque le désir d'enfant devient urgent, la femme est harcelée par des images, des désirs, des fantasmes sur ce sujet. Assaillie par cette question, la femme est invitée à répondre.
Si la femme est sans compagnon, elle doit décider de trouver un compagnon pour faire un enfant ou le faire sans père. Si le mari est stérile, il faut décider de changer de mari ou accepter.
Ce sont des choix qui comptent, mais ces choix devraient tenir compte de ce qui important pour soi.

 

 

S'évaluer soi-même comme évaluer les autres

 

Evaluer est une composante importante de la capacité humaine à éviter le risque et à améliorer sa qualité de vie. Apprécier le beau, l'utile, l'agréable et éviter le risque.

Il est normal aussi d'être conscient que nos jugements concernant les autres soient incomplets car nos données sont généralement partielles.

Mais juger le comportement des autres ne doit pas être tabou, c'est le seul moyen de consolider ses repères et de trouver sa propre valeur.

L'idée selon laquelle, "qui sommes-nous pour juger" est une idée théorique basée sur un système de tolérance utopique et sur une attitude récente dans notre société d'acceptation positive inconditionnelle.
Pourtant, cette tolérance ne devrait pas nous faire tout accepter. Juger oui, mais condamner non, c'est la différence entre la vraie tolérance et l'acceptation.
Jugeons les autres pour dire : cette attitude ne me convient pas,  je ne l'accepte pas, mais je suis tolérant donc, je ne la condamne pas.
S'abstenir de juger est indiqué dans une relation thérapeutique. C'est un moyen d'aider le patient à s'accepter lui-même.
Mais, dans une relation non-thérapeutique, le non-jugement produit des résultats néfastes. Les jugements inhibés sont exprimés sous des formes pernicieuses (critiques indirectes, question pleine de sous-entendus, manipulation, etc.).

Dans d'autres cas, l'effort de neutralité détruit la relation en la transformant en relation superficielle, complaisante aseptique.

Annuler la faculté de juger est une amputation nuisible à l'estime de soi.
En cas de difficulté relationnelle, il faut se souvenir qu'on peut toujours tout dire si on sait le dire ou comment le dire, donc, le dire sans heurter ni blesser.

 

Henriette 48 ans rencontre son compagnon Moïse âgé de 55 ans. Moïse sortait d'une histoire relationnelle compliquée. Henriette raconte :  

 « A mon âge, je savais que les relations  humaines sont étranges mais quand j'ai vu pour la première fois Léa, l'ex de mon compagnon à la maison, j'étais plus que choquée. Elle est venue avec son enfant à propos d'un problème administratif concernant l‘enfant. Elle a 24 ans.  Je ne savais pas comment réagir. On me dit qu'il ne faut pas juger, mais je ne peux pas, c'est contre mes propres valeurs. Cette relation est pour moi épouvantable, incestueuse ou presque.

Après son départ, je lui ai dit ce que je pense mais sans colère ni nervosité. Il m'écoute puis il m'explique que cette relation avec Léa avait duré deux ans, une vraie relation d'amour et non pas une relation de désir. Puis il me dit : Même une relation de désir, où est le problème, elle est adulte, elle avait 23 ans. L'enfant c'est son choix aussi.  Je n'ai jamais voulu d'enfant. Je savais que la différence d'âge était un problème sérieux. Mais Henriette, je n'ai pas abusé d'elle, et c'est elle qui a mis fin à ma relation avec elle pour retrouver un de ses ex. »

 

Henriette ne pouvait pas accepter de ne pas juger, cela aurait créé un non-dit dans le couple, une zone non partagée par le couple.  Elle avait besoin de juger, de respecter ses propres valeurs et de ne pas accepter sans que cela ruine son couple. Elle a trouvé une solution intermédiaire :

 «  J'invite régulièrement à la maison Léa avec son nouveau copain comme s'il s'agissait de ma propre fille car elle a l'âge de ma fille. Mon conjoint est ravi de voir son enfant, je la considère comme un membre de la famille, et j'ai demandé à Moïse de l'aider financièrement quand elle a besoin,  c'est ma façon à moi de garder le respect que je dois à mes propres valeurs.  »

 

 

 

Accepter et admettre les souffrances durant l'enfance

 

Dans son livre sur la famille, John Bradshaw souligne une réalité psychologique :   « Nous ignorons à quel point nous sommes en colère en face du passé. Nous ne ressentons pas notre souffrance non résolue car notre faux-moi et ses défenses nous en empêchent. »

Une des contributions majeures des études historiques est de nous rappeler que notre passé est présent dans notre présent. Ce principe peut aussi être appliqué sur le passé individuel. La souffrance refoulée non-reconnue pèsera toujours de son poids lors de nos décisions.
Difficile de prendre la décision de discuter avec l'enfant que nous étions, cet enfant qui a eu ses difficultés, ses problèmes et ses moments peu glorieux.

Emile est un enfant sans père comme il dit. Sa mère a eu une relation à l'âge de 16 ans avec un homme de passage, elle a gardé l'enfant sans avertir le père. L'enfance d'Emile est une succession de problèmes et de douleurs, sa mère tentait de refaire sa vie mais elle tombait toujours sur des hommes peu disposés à rester avec elle ou avec des hommes de passage.

« Elle n'arrêtait pas de changer de mec. J'avais 6-7 ans quand j'ai commençé à m'en rendre compte.  Mais elle était à la fois, belle, attirante, et naïve. Elle passait ses nuits avec des hommes sans intérêt puis pleurait le matin. La pire elle me racontait ses malheurs, et très tôt  je détestais les hommes. Après nombreuses aventures, elle s'est mariée. Mon beau-père n'était pas un homme de qualité non plus. J'avais 14 ans quand j'ai commencé à répondre à ses coups. A 16 ans, j'ai quitté la maison. »

Emile a refait sa vie depuis. D'apprenti dans une usine de transformation de bois dans le Nord, il devient à 35 ans associé. Mais le vieux problème de son enfance ressurgit :

« Ma fiancée est une fille bien, c'est la nièce de mon associé, elle a fait des études alors que je n'ai qu'un vague souvenir du programme de collège, elle est posée, calme. J'ai 35 ans, elle en a 28 ans, c'est la femme qui me convient, qui peut m'aider. Mais je ne pouvais pas faire un enfant, pas question. Trop de souvenirs. Trop de honte, trop de tout. »

Quand j'ai parlé avec Emile, ce jeune patron refuse son enfance en bloc. Il a construit un faux-moi, une histoire à lui. On appelle cela en psychologie rationalisation. Il ne peut pas parler de l'enfant qu'il était. Insupportable, et logiquement il ne peut pas devenir père.

Il a fallu de nombreuses heures de discussion, pour qu'il pleure un jour en criant sa douleur. L'enfant qui recevait des coups, et souffrait, s'est réveillé, et le manque de père est à nouveau présent.
Il a admis son dégoût pour sa mère, pour son beau-père, sa peur de la paternité. Il a admis sa honte devant son manque de scolarité.


F. Perls le fondateur de l'approche psychologique gestaliste dit «  les choses ne peuvent changer tant qu'elles ne sont pas devenues ce qu'elles sont vraiment. » (cité par Bradshaw dans l'ouvrage "la famille")
Emile validera un jour sa souffrance. A présent sa femme est enceinte. Il tremble devant l'enfant qui va naître, mais sa femme le rassure en lui répétant qu'il sera un merveilleux père.

 

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Estime de soi, individualité, individualisme

 

individualisme

 

Devant la vitrine d'une agence de voyage, une jolie affiche, une photo d'un site touristique en Asie ou à l'autre bout du monde, cela fait rêver. L'affiche annonce : votre voyage commence ici. Dans une société individualiste, tout commence ici pour nous, par nos modes de vie, par nos réactions ?


La crise économique en 2008 a mis en lumière certaines aberrations du modèle économique. Et l'idée de se débarrasser de toutes restrictions, ou de satisfaire tous nos désirs, a rapidement montré ses limites.

 

De l'individualité à l'individualisme

 

Par le passé, l'individu n'a pas toujours eu droit de citer, il dérangeait l'ordre collectif. Le mot "individualité" était souvent synonyme d'égoïsme, et non pas d'autonomie.
Depuis de nombreuses années, l'individualité est devenue un but de notre société. S'affirmer face aux autres, sans culpabilité, est une prérogative moderne. Des livres et des articles de psychologie, de psychologie positive nous invitent à développer pleinement nos personnalités, nos talents, qui nous rendent différents des autres, de répondre en premier à nos besoins et de valider nos désirs. L'Individualité encourage chacun à développer un caractère social en participant à la société et en reconnaissant l'importance du bien commun.


Selon le psychologue Maslow qui a résumé la hiérarchie des besoins humains en : besoins psychologiques, besoins de sécurité, besoin d'amour, besoin d'estime, et besoin d'autosatisfaction. Selon cette approche, le sommet des besoins est l'auto-réalisation, la réponse à ses propres besoins.
La réalisation de soi ou l'auto-réalisation est une préoccupation humaine constante, on la retrouve dans de nombreuses cultures, et dont tous les ensembles sociaux. Cette auto-réalisation dans notre monde moderne s'intéresse essentiellement à l'individu, la réalisation de soi devient une autosatisfaction, une qualité de vie. Pourtant cette tendance a engendré l'individualisme.


L'individualisme est une déformation de l'individualité où la personne pense être le centre d'un monde qui ignore le caractère social des personnes, et leurs rôles dans la société. L'apparition des réseaux sociaux a encouragé l'individualisme, et la séparation de l'individu de la société environnante. L'individualisme devient l'autre visage de l'égoïsme.
L'individualisme dans la société occidentale diminue l'influence modératrice de la famille, des intermédiaires, des groupes et de la société toute entière.

 

Besoins et désirs ne sont pas identiques

Huit Français sur dix considèrent que la cohésion sociale en France est minée par des comportements individualistes selon une enquête du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc) de 2013.

Aux yeux des personnes sondées, l'individualisme apparaît comme le premier obstacle qui fragilise la cohésion sociale (32 %).
Les sociétés occidentales sont des sociétés individualistes, où l'autonomie des personnes est essentielle. L'indivualité est indispensable pour acquérir l'automonie. Mais l'individualisme est une déformation de l'autonomie, on ne satisfait plus ses besoins, mais on satisfait ses désirs. On entre ainsi dans le culte hédoniste du présent, le culte du corps, le culte de soi, le culte de la psychologie, et du relationnel. L'effondrement des grandes idéologies et le culte de la consommation facilitent la dérive de l'individualité vers individualisme.

 

L'autonomie de chacun n'est pas facile à acquérir dans un monde gouverné par la communication, par les exigences des autres ; l'individu doit trouver son chemin, devenir autonome par rapport à son environnement, par rapport à son travail. Il doit se forger une identité, et même une sexualité. L'apparition de l'individualisme comme un mutant postmoderne de l'autonomie et de l'individualité s'accompagne de culpabilité, l'instabilité, et parfois d'un sentiment d'insécurité.

Chaque personne se sent seul dans une société indifférente.


L'épanouissement personnel et la recherche d'une identité deviennent une obsession qui se concrétise par l'investissement dans la sphère privée, dans la famille, les loisirs, voyages, amour, et par négliger le collectif ou y être indifférent.

 

Dilemme dès l'enfance

 

Comment aider les enfants à être autonomes, à exprimer leur individualité sans dériver vers l'individualisme et l'égoïsme ?
Une bonne estime de soi dépend d'un juste équilibre entre les réponses aux besoins personnels et la réaction aux pressions externes.
Les parents tentent d'encourager l'estime de soi de leurs enfants, et l'expression de leur individualité. Quand les enfants commencent à s'affirmer, ils ne peuvent pas distinguer besoins et désirs. Leurs désirs vont affronter la pression de leur entourage, la pression d'autres enfants et la pression de la société.

 

De nombreux enfants peuvent suivre les médias, la publicité ou le modèle proposé par d'autres enfants ceci par facilité. Ils vont exprimer alors leur individualité par la consommation et l'acquisition d'objets : vêtements, chaussures, jeux vidéo, ou gadgets technologiques. Ces biens de consommation seraient un moyen pour se faire accepter par les autres et ou un moyen d'expression.


Les parents ont du mal à lutter contre la publicité, et la pression de la société, ils enseignent aux enfants la différence entre "besoins" et "désirs". Un "besoin" est quelque chose de nécessaire pour maintenir des aspects importants de la vie, tels que la santé, la sécurité, le bien-être et l'éducation. Le désir est une recherche d'un plaisir, d'une gratification. Si la réponse aux besoins est légitime, la réponse aux désirs devrait prendre en compte d'autres paramètres comme l'économie, la priorité, l'âge etc.

Cela s'applique-t-il aussi sur la société ??

 

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