Technique de séduction : sous culture des bad boys

bad boy

 

C'était en 2004. Un ami me conseille un forum de célibataires et aussi un forum de techniques de séduction. Ce passage était mon premier contact avec cet étrange concept : la technique de séduction. Les membres de ce forum discutaient conseils et stratégies, certains garçons y croyaient pendant que les filles exprimaient leur étonnement ou leur regret de cette étrange idée. J'ai appris depuis qu'il existe des livres, des films, et des stages de formation organisés par des entreprises spécialisées ou par des sites de rencontres.

L'industrie de la séduction a vu le jour aux États-Unis dans les années 2000, sous forme de forum, de sites en ligne qui allaient engendrer des produits commerciaux et des services. Nous pouvons lire les écrits d'experts en séduction qui offrent aux hommes hétérosexuels des conseils sur l'art de séduire les femmes, des hypothèses, des méthodes, des stratégies et des expertises. Le net français, nos forums a suivi le même chemin. Cette sous-culture persiste toujours, minoritaire, inquiétante, sujette aux analyses et aux critiques.
Dans son livre, Séduction : Les hommes, la masculinité et l'intimité négociée, 2018, Rachel O " Neill souligne que cette sous-culture prolifère et s'auto-alimente sans que le discours féminin ou féministe ne puisse l'influencer ou la modérer.

 

 

femmes darwin

 

Darwin, ou comment évaluer l’humain

Dans les années 2000, l'apparition d'internet a modifié la notion de séduction entre homme et femme. Cette technologie privilégie l'image et les échanges, a favorisé la proximité, l'individualisme, et la recherche d'un bonheur sur mesure.

La pensée dominante de l'industrie de la séduction est fondée sur une interprétation scientifique et empirique de la théorie évolutionniste de Darwin, et sur d'autres raccourcis et préjugés sur les hommes et les femmes.

La société est considérée par la théorie évolutionniste comme une jungle, les humains sont des animaux obsédés par leur survie, réagissant selon leurs besoins, et selon leur instinct.
L'homme le plus fort, le plus riche, le plus puissant devient l'homme alpha, le fournisseur qui répond aux besoins des femmes, et qui peut avoir le harem le plus peuplé et les plus belles femmes. Le mâle alpha choisit les femmes les plus jeunes (les plus fertiles), les plus belles, pour engendrer les plus beaux enfants.
De leur côté, les femmes sont obsédées par la beauté, la force, et l'argent. Elles choisissent l'homme le plus fort, le plus protecteur, et le meilleur fournisseur.

Cette interprétation de la théorie évolutionniste de Darwin, semble dessiner une société qui ressemble un peu à la société néolibérale.
Dans son livre ; A Lab of One's Own. 2018, Patricia Fara explique comment Darwin a rendu la femme inférieure. Charles Darwin bénéficie d'un énorme prestige en Occident, il est présent dans nos manuels scolaires. Charles Darwin inventa le concept de sélection naturelle comme moteur De l'évolution. Darwin a proclamé que l'égalité entre le sexe était scientifiquement impossible, et souligna l'infériorité féminine dans la nature où les mâles étaient plus beaux, plus forts et les plus capables de survivre. Pour attirer le mâle puissant, les femelles entrent dans une compétition acharnée. L'évolution darwinienne implique une hiérarchie naturelle immuable.

On explique le fonctionnement féminin, interprété selon l'approche évolutionniste, en conseillant aux hommes de connaître la psychologie, le langage du corps féminin, les techniques de manipulation émotionnelle, et les stratégies pour vaincre la résistance des femmes.

À partir de cette interprétation empirique et personnelle de Darwin, les participants à ces stages apprennent à séduire les femmes dans les cafés, dans les rues, dans les lieux de travail, à manipuler, à ruser pour convaincre. Le but de ces produits (livres, sites Internet, stages de formation) est d'améliorer la capacité des hommes à séduire, à rencontrer les femmes qu'ils désirent.

En lisant les récits de réussite, on découvre une étrange déshumanisation de la séduction, dans une succession de consommation. Les hommes qui ont réussi, sont félicités, encouragés, et invités à donner des conseils et à partager leurs expériences. La réussite n'est pas de trouver une femme, ou de coucher seulement, mais de trouver et de coucher avec la femme qui répond aux critères, une femme bien placée.

Pour quelques hommes, la séduction devient une consommation, une compétition. Certains plongent dans un monde de manipulation, et de consommation sans lendemain.
En général, ce n'est pas une question de misère sexuelle ou de solitude. Le fait de coucher avec une prostituée est considéré comme un échec.

beaute grece antique

 

Anomalie ou phénomène de société

Cette évolution coïncida avec l'apparition des sites de rencontre. Sur de nombreux forums, des hommes se plaignaient de l'indifférence et de l'exigence féminine. Il suffisait d'une réponse grossière ou ironique pour généraliser les jugements : les femmes sont vénales, changeantes, infidèles, etc.

De leur coté, les filles se plaignaient de l'insistance de certains hommes, de leurs mensonges, ou de leur manque de sérieux.

A cette époque, les deux premiers romans de Michel Houellebecq
ont bien tracé ces changements de la condition masculine dans une société de consommation, y compris la consommation émotionnelle et sexuelle.

Plusieurs courants féministes critiquèrent ces techniques de séduction. Une industrie qui aide et forme les hommes à maîtriser et à dominer les femmes. De nombreuses féministes anglo-saxonnes et françaises parlèrent du risque de harcèlement sexuel, de coercition et de violence. Les hommes croyant à ses concepts sont traités de sadiques et manipulateurs, les romans de Michel Houellebecq traités de cyniques, et ou de réactionnaires.

Ces critiques ne prennent pas en compte le changement qui s'opère dans la pensée de certains hommes, et sous-estiment la résonnance populaire de ses concepts.

Un nombre relativement réduit d’hommes accorde un crédit à ces concepts, ou assiste aux stages de séduction, mais certains signes méritent réflexion : le nombre de visiteurs des forums spécialisés, leurs activités et leurs commentaires, le nombre d’articles et de vidéos disponibles sur Internet, la vente des livres et des produits liés à cette industrie.

Dans cette sous-culture, les hommes ne sont plus isolés, ils contactent d'autres hommes et partagent avec eux les mêmes soucis et les mêmes expériences. Ils trouvent dans ses concepts un moyen d'auto développement, devenir meilleur, se sentir mieux, de se rassurer.

Dans son livre, pourquoi l'amour blesse (2012), le sociologue Eva Illouz souligne comment la déception romantique - perçue comme une expérience personnelle - devient une expérience culturelle et commerciale dans notre société. La culture va créer des attentes, le commerce va consoler.
Pour comprendre ce qui amène des hommes à adopter ces techniques de séduction, nous devons comprendre leur déception.

Cette industrie de séduction met en lumière la réussite sexuelle comme le but ultime, invite les hommes à accepter la compétition, à améliorer leurs performances. Les relations avec les femmes deviennent un champ d'expertise, d'expérimentation et de chasse. L'autre n'existe pas. Le féminin devient la récompense à consommer. Dans certaines publications, on invite les hommes à cultiver une éthique sexuelle pour transformer la séduction en projet de relations. Dans d'autres, on conseille de consommer puis passer de à autre chose.

Culture dominante

La culture dominante dans notre société semble incapable de contrer ce type de sous-culture. En face des critiques, les adeptes de cette culture répondent: les femmes font la même chose, elles consomment, elles divorcent, elles ne cherchent pas le couple, mais le sexe, société de rapports de force, le sexe est une méritocratie, le mâle dominant aura de toute façon la femelle la plus jeune, la plus fertile, la plus sexy. Les romans de romance, qui ciblent un public féminin, cultivent les mêmes critères. L'homme le plus désiré est beau, riche, puissant, dominateur et un peu « bad boy ».

Le point commun entre ces hommes est qu'ils sont insatisfaits de leur vie intime sur le plan relationnel, émotionnel et sexuel. Ils cultivent les valeurs de la société de consommation.

Internet a permis aux hommes et aux femmes d'avoir des critères de plus en plus uniformes. En lisant les forum de célibataires, vous pouvez avoir l'impression de vivre dans la Grèce antique, où la beauté et les critères esthétiques sont plus importants, voire uniques.

Les femmes partagent entre elles les conseils nécessaires pour être plus attirantes, et les hommes partagent entre eux les conseils pour être plus performants en séduction et plus attirants. Les hommes améliorent leurs techniques de séduction pour monter dans la hiérarchie des femmes disponibles, en intégrant le concept de l'offre et de la demande dans leurs démarches. Comme dans les romans de Michel Houellebecq,
le corps de l'homme est observé comme des cuisses de poulet au supermarché, le corps des femmes n'est pas mieux traité ; la beauté, l'âge, et la désirabilité classent la femme sur le marché de la séduction. Les hommes améliorent leur séduction pour accéder aux femmes plus jolies, plus jeunes, et plus séduisantes. Le sexe est réduit à une série d'exploits techniques. L'intimité devient le fruit d'un effort, la récompense d'un stage. L'érotisme est argument secondaire à utiliser en cas de besoin. Les promesses engagent ceux qui y croient.

 

Crise de Masculinité ou consommation ?


Le terme crise de la masculinité irrite certaine féministes et ceux qui pensent que les hommes se victimisent pour garder leurs avantages. Ce terme est adopté par d'autres, sociologues ou journalistes, pour désigner un changement problématique du rôle masculin.
Les techniques de séduction sont devenues depuis plusieurs années une sous-culture. Un homme adhère selon ses besoins à un point, à un concept ou à l'ensemble de cette sous-culture. L'approche féministe de cette industrie n'est pas efficace. Ces hommes ne cherchent pas en adoptant ces nouveaux rôles à consolider leur domination, mais à s'adapter dans une société individualiste, une société de consommation et d'auto réalisation.
Critiquer, pour quoi. Le plus important est de comprendre les causes culturelles qui cultivent cette hostilité entre les hommes et les femmes, le rôle de notre modèle culturel dans la construction de ce que nous pouvons nommer intimité.

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Ladies' Paradise, Zola, Baudrillard, le féminisme du shopping

Paradise zola

 

 

Denise, jeune femme fraîchement débarquée de sa province vient pour travailler avec son oncle. Les affaires vont mal depuis que le Paradis a ouvert ses portes, premier grand magasin à Paris, où les femmes trouvent leur bonheur.
Denise va faire connaissance avec Monsieur Moray, son nouvel employeur, plein d'entrain en ce qui concerne ses magasins, un personnage secret et taciturne depuis le décès de sa femme. Attiré par Denise, il refuse de remarier avec la riche Catherine.
The Paradise, est une série britannique en deux saisons , sur BBC One diffusée en 2012 - 2013, adaptation du célèbre roman d'Émile Zola, qui retrace la naissance des grands magasins, de la consommation, du marketing dans un décor pastel, où acheter devient synonyme d'émancipation féminine.


Au bonheur des dames

Émile Zola publia ce roman en 1883, en proposant une histoire romantique dans le monde des grands magasins, innovation du Second Empire. Ce roman fut traduit en anglais sous le titre Ladies' Paradise.
Denise se fait embaucher au Bonheur des Dames, grand magasin de prêt-à-porter féminin, découvre le monde cruel des petites vendeuses, la précarité de l'emploi et assiste au développement exponentiel de ce magasin et à la mort du petit commerce. Elle suscite l'intérêt du directeur du magasin, Octave, qui lui confie de plus en plus de responsabilités. Elle refuse de devenir sa maîtresse, mais finit par accepter sa demande en mariage.
Sous le Second Empire, on créa à Paris des grands boulevards, des places dégagées et des parcs et des grands magasins permettant de vendre une grande variété de produits. Zola décrit ses magasins qui cherchent à séduire les bourgeois, à l'aide de la publicité et de la guerre des prix poussant les femmes à toujours plus de consommation.
Zola cherchait à raconter l'histoire d'un grand magasin, qui grignote progressivement les commerces alentour, sa stratégie commerciale, les présentations des produits et les techniques de marketing. Zola décrit dans ce roman les rouages d'une société capitaliste où l'argent est le moteur principal des relations économiques et humaines.

 

zola citation bonheur des dames


Le rôle de l'argent devient déterminant dans cette société motivée par les primes et l'intéressement. Zola construit un roman d'analyse sans pessimisme, admettant que la machine capitaliste peut être utile pour augmenter la richesse, et améliorer les conditions des travailleurs. Zola fait de la jeune fille et de son patron amoureux le symbole du modernisme et des crises qu'il suscite. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.
Zola critique le mercantilisme, ces populations urbaines assoiffées de consommation, l'enrichissement de la bourgeoisie au détriment des travailleurs, la pulsion de consommation qui devient synonyme d'émancipation et de liberté. Dans cette société, la liberté devient synonyme de la capacité à exprimer ses désirs et à les satisfaire au risque de finir dans l'impasse, dans une inéluctable frustration.

 

Baudrillard, toujours d'actualité  

Des années après la mort de Jean Baudrillard, il est surprenant de voir ses idées et ses citations présentes sur les réseaux sociaux, quand il s'agit d'expliquer la transformation de notre réalité, notre rapport au texte, au sexe, à la politique, à l'amour, à la consommation, et aux mouvements qui traversent nos sociétés.
Il est également étonnant de voir combien les travaux de ce Rémois sont encore enseignés et analysés dans les universités et les médias, y compris à l'étranger.  
Baudrillard voyait le féminisme comme un mouvement de gauche, un mouvement de l'état providence.  Sans la gauche, le féminisme risque de finir par vendre des chaussures et des sacs à main, selon lui.  Il voyait dans ce féminisme le risque d'englober la femme un peu plus dans la société de consommation.    
Baudrillard souligne l'incapacité d'émancipation des vieux idéaux, dans une société de domination économique et culturelle, et dans une société d'individualité.

 

laidies Paradise

 

Le bonheur des dames au shopping !!


La société de consommation a rattrapé les femmes. Depuis quelques mois, on assiste à des discussions étonnantes. La société devient paternaliste avec les femmes pour les protéger après les avoir transformées en victimes. Une nouvelle domination qui permet la création de nouveaux marchés " spécial femme ". Une île exclusivement réservée aux femmes en Finlande (SuperShe Island), taxis pour femmes à Londres ou à Beyrouth, rames de métro séparées pour les femmes au Japon, au Mexique, au Brésil, Égypte et Iran.  

Nous sommes à nouveau dans les analyses de Zola et de Baudrillard, où la séduction occupe une place primordiale dans la vie des femmes, les obligeant à accorder une place toujours plus grande à la consommation, un monde où elles sont objets plus que sujets.

 Le féminisme prisonnier dans Paradise ? Où se trouve le bonheur des dames ? Sans doute, dans une société différente, qui nécessite mobilisation et réflexion au-delà de slogans faciles.

 

 

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Le Postféminisme dans la culture populaire

Post feministe

 

 

Dans les années 90, on pouvait lire dans les médias des critiques souvent véhémentes des livres, des films et des séries télévisées jugées antiféministes ou peu féministes. Certaines de ces productions étaient écrites ou réalisées par des femmes.   


Les féministes radicales s'insurgeaient contre cette " nouvelle image " de la femme qui ne milite pas, qui cherche à s'auto-réaliser dans une société individualiste, en cherchant l'amour et la réussite personnelle.  Ces productions culturelles ne décrivaient plus des femmes victimes de l'injustice et de discriminations, mais des femmes accomplies et heureuses dans cette société, qui passaient leur temps à aimer, à consommer et désirer. Progressivement le nom de post féminisme fait son apparition dans la culture populaire.

Depuis les années 2000, le postféminisme est devenu un sujet important pour le grand public et pour les chercheurs. Les romans, les films et les séries télévisées glissent progressivement vers le post-féminisme.

Le post féminisme n'est pas contre le féminisme. " Il s'agit du féminisme aujourd'hui" selon le terme de Brooks en 1997. On peut définir le postféminisme selon The Wiley Blackwell Encyclopedia of Gender and Sexuality Studies d'avril 2016 comme l'étape après le féminisme, considérant le féminisme come un héritage compliqué, encombrant et utile à la fois. Le post féminisme désavoue le féminisme en ce qui concerne la sexualité, l'individualisme et l'identité. Le post féminisme pense que les femmes ont eu leurs droits dans les années 80 et qu'il est temps de penser à leur qualité de vie personnelle.  

Les discours des médias jouent un rôle crucial dans la représentation, l'évolution et le développement de ce nouveau féminisme, de Sex and the City à Bridget Jones, Outlander, ou à Grils. Le postféminisme est encouragé par la tendance individualiste de la société occidentale qui refuse les contraintes de la collectivité, préférant le libre choix et l'autodiscipline à l'idéologie et aux pressions.

 

Post féminisme : critique et dégagisme du féminisme " à l'ancienne "

Le postféminisme critique les féministes anciennes, radicales, ou " le féminisme à guillotine". Les post féministes se posaient la question : après l'égalité et la parité avec les hommes, que reste t il à gagner encore ?

Quand les féministes radicales parlaient de la nécessité de lutter pour les autres femmes. Le post féminisme s'interroge sur l'action universelle. Faut-il manifester en France et attaquer les hommes pour les femmes africaines ? Faut-il continuer à militer contre les hommes pour la cause des femmes dans les pays musulmans ?

Est-ce que ces femmes veulent vraiment adopter le style de vie occidental ?
La réponse est non. Le postféminisme admet que chaque femme doit reconnaître son propre mélange d'identités, et refuse l'hypothèse d'une identité universelle. Les femmes ne sont pas une catégorie homogène, et n'ont pas les mêmes cultures ni les mêmes identités.

Le féminisme radical avait formulé une vision pessimiste et triste de la sexualité en mettant l'accent sur la domination masculine dans le domaine de la sexualité et et sur les inconvénients des relations. Dans les années 80, de nombreux livres célébraient le vibromasseur pour remplacer les hommes er louaient l'orgasme solitaire. Ces féministes pensaient que la pornographie augmente le nombre des viols, et altère l'image de la femme.

La société individualiste en mettant l'accent sur le choix personnel encourage le post féminisme à rejeter la culture de la solitude, et du vibromasseur, à célébrer la sexualité et à consommer la pornographie si on veut. Le post féminisme accepte le modèle de cette société où le sexe et la sexualité dans toutes ses formes sont largement présents dans les médias, où l'érotisation touche à la fois l'image masculine et l'image féminine.

La pensée centrale du féminisme radical est que la féminité et le féminisme sont opposés : refus de se raser les jambes, et les aisselles, rejetant les cosmétiques, considérant les vêtements aguichants comme une création du patriarcat. Le post-féminisme conseille les femmes d'êtres féminines, séduisantes et belles. Le rouge à lèvres n'est plus en conflit avec le pouvoir féminin. La possession d'un "corps sexy" devient un atout supplémentaire.

Le discours post-féministe peut être considéré comme une forme de résistance ou d'adaptation à la société actuelle. La consommation devient un choix, un outil du plaisir, ou une voie pour encourager l'estime de soi.

Pour certains, le post féminisme est une trahison du féminisme du passé, pour d'autres c'est le seul féminisme acceptable dans une société libérale et individualiste où les hommes commencent à s'organiser pour lutter contre le féminisme radical en caricaturant ses excès.  A la différence du féminisme radical ou des autres vagues de féminisme, le post féminisme n'a pas ses philosophes, ni ses références, c'est un mouvement de la culture populaire, une critique du féminisme ancien avec ses excès sur l'universalisme, sur la sexualité, pour un modèle possible plaidant pour la responsabilité et le libre choix.

 

Post féminisme, un courant culturel

Cette féminité nouvellement définie est reprise dans la culture populaire et peut (à nouveau) être illustrée par les séries télévisées "Sex and the City", "Ally McBeal" et "Desperate Housewives", Bridget Jones, Outlander et d'autres.
Dans son livre " Single Women in Popular Culture " publié en 2012, Anthea Taylor souligne que la figure de la femme seule a profondément marqué la culture occidentale ; cette femme cherchait sa liberté dans le siècle dernier, elle cherche l'amour et de la qualité de vie à notre époque.    

 

Sex and the city post feminisme

 

Après le succès du livre, sex and the city apparait à l'écran en 1998 pour un succès durant 6 saisons. Les critiques contre ce féminisme de consommation et de sexe furent nombreuses, sans diminuer la réussite populaire de cette série. Ces quatres femmes présentaient un modèle différent de la femme occidentale, cette femme post féministe  

 

bridget jons post feminisme

 

 En 2001 le livre Le Journal de Bridget Jones devient un film après un succès littéraire indéniable. C'est une femme qui se dit féministe, qui passe la moitié de son temps à critiquer les hommes, et l'autre moitié à faire l'amour avec eux, et à chercher le partenaire idéal.    

Bridget Jones est une femme célibataire, attachée à sa liberté et à son indépendance. Elle n'est pas une femme de consommation, elle n'est pas riche, elle n'est pas une reine de beauté. C'est la femme des années 2000, une post féministe, qui tente de survivre dans une société individualiste.

 

Outlander Post feminisme


En 2014, le roman Outlander de Gabaldon devient série télévisée. Le succès est au rendez vous, la troisième saison est diffusée actuellement. A travers une comparaison entre le 18ème siècle, et notre époque, cette romance enseigne à la femme, le rôle et les valeurs traditionnelles de la masculinité, et explique à l'homme les capacités et les besoins des femmes. Elle dirige, elle décide, elle aime son mari, elle défend son pays, mais elle veut bien être désirée et aimée comme une femme. Ni consommation, ni égalité revendiquée, mais deux rôles différents, et indispensables pour la survie. L'égalité va de soi.   

 

Girls post feminism


La série Girls a commencé le 15 avril 2012. Après 6 saisons, la série termine son succès en 2017.
Nous sommes après la crise économique de 2008.  La série montre un tableau cru et sans retouche des filles de 20 ans à New york.  Ni consommation, ni féminité triomphante, ni domination, mais précarité économique, médiocrité des relations, sexualité sans projet et rupture, solitude.

 


Dans un article de 1982, Susan Bolotin,  utilise le terme "post-féminisme" dans le NY times  pour  expliquer comment la plupart des jeunes femmes  se déclaraient  non féministes,  en jugeant le féminisme comme un mouvement "trop radical" qui les laisserait "solitaires et amères".  

 


Dans la série Girls, les femmes post-féministes veulent pouvoir choisir entre une vie professionnelle ou rester à la maison pour soigner les enfants, fuient la solitude, insistent sur la liberté de choix ; aucune option ne devrait être stigmatisée ou dévalorisée. Le corps féminin est libre, les femmes sont représentées comme des individus sexuels.


Certains critiques classent la série Grey's Anatomy comme une série post féministe aussi.
Post féminisme en littérature et dans le cinéma


Après le succès planétaire de 50 nuances de grès ou Fifty Shades of Grey (E.L. James, publié en France par Lattès),  Beau salaud  (Christina Lauren, publié par Hugo Roman) vendus à  plus de deux millions d'exemplaires aux USA, racontant une relation patron-assistante, à deux voix à la façon des Liaisons Dangereuses,   suivie d' un autre best seller 80 notes de bleu (vina Jakson) dans l'univers de BDSM  et Calander girl dans l'univers des escortes.  


Dans ces romans, écrits par des femmes, la femme est montrée forte, libre, libérée de toute domination, post féministe, attachée au plaisir sexuel et à sa qualité de vie.


Etant post féministes, ces femmes refusent le choix proposé par certains courants du féminisme radical entre liberté et solitude. Elles veulent partager cette liberté à égalité avec des hommes virils, séduisants et aimants. Ces femmes post féministes revendiquent leur droit à avoir une sexualité épanouie, y compris les jeux érotiques de soumissions.


Il est difficile de compter les livres de nouvelle romance vendus dans le monde. Les féministes radicales stigmatisent ce genre en répétant qu'il s'agit d'une pornographie écrite par des femmes, d'une littérature de boudoir. Cela ne change rien au succès de ce genre littéraire ni aux films réalisés à partir de cette nouvelle romance comme Twilight (2008).

Réf
Michele Schreiber American Postfeminist Cinema: Women, Romance and Contemporary Culture (Traditions in American Cinema EUP) Reprint Edition , 2015

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Hommes blancs en colère votent Trump

trump colere

 

 

Pendant  huit ans, l'Amérique a eu un président afro-américain. Aujourd'hui l'Amérique vient d'élire un président avec un projet et des revendications radicales.


Le sociologue Michael S. Kimmel est l'un des meilleurs spécialistes de la masculinité dans le monde anglo-saxon, il a déjà publié plusieurs livres sur les hommes aux États-Unis et en Angleterre, sur la condition masculine actuelle, le statut des hommes dans la société, dans le couple, et dans le milieu professionnel. À travers plusieurs entrevues, il avait déjà publié des études sur la masculinité, sur la virilité, sur l'homme occidental contemporain, ses problèmes et ses frustrations. Il est connu du monde universitaire, et récemment du grand public, pour ses appels à l'égalité entre les deux sexes en respectant les droits et les besoins de chaque sexe.
En 2013, Michael Kimmel publie un livre de sociologie,  Angry White Men ,  " des hommes blancs en colère " pour analyser la colère qui animent un certain nombre d'hommes  blancs de la classe moyenne, principalement de la classe moyenne inférieure. Il cherche à comprendre pourquoi cette rage, cette violence verbale et cette radicalité. Il commence son étude en refusant l'image donnée de ces hommes par les médias, des perdants violents et racistes. Il détaille les colères d'hommes aux USA, colères contre un système social, économique et culturel, leurs arguments et leurs projets.  

Trump hommes blancs colere

Depuis l'élection de Trump, de nombreux médias cherchent dans ce genre d'études sociologiques de quoi expliquer ce virage. Certains intellectuels avaient déjà prévu le phénomène Trump, comme la conclusion d'une lente accumulation de colères et de frustrations.  Sommes-nous à la conclusion ou au début d'une traduction politique d'un réel mouvement sociologique ?  Si le livre est une étude purement sociologique, il est tout à fait d'actualité dans l'Amérique du président Trump.    


Ces hommes en colère

Les fusillades collectives et les agressions par armes à feu aux États-Unis impliquent généralement de jeunes hommes blancs. Après les fusillades, les médias américains ont discuté les problèmes liés à l'accès aux armes à feu, aux maladies mentales, aux histoires familiales, sans jamais analyser les motivations de ces tueurs, et les points communs entre ces hommes blancs violents et meurtriers. Pourquoi ces hommes blancs de la classe moyenne sont-ils en colère contre la société, le féminisme, le modèle économique, et la culture ambiante ?
Michael Kimmel, par l'intermédiaire d'entrevues, et de rencontres étudie la colère de ses hommes, les motivations, les revendications et leurs points communs. Il formule une première conclusion : ces hommes sont en colère contre un modèle qui les marginalise dans le travail, dans le couple, dans la parentalité. Il dit dans son livre la masculinité américaine (et probablement occidentale) est en train de se transformer, de changer d'époque.
D'où vient cette colère ? Michael Kimmel écrit :

" La colère d'hommes blancs est réelle, profonde et sincère. "

En face d'une société qui les marginalise, ils deviennent conservateurs ou réactionnaires. Ils votent à droite, ou à l'extrême-droite.
Dans son étude, il cherche les motifs de ces colères collectives chez les hommes de la classe moyenne. Il découvre qu'ils ont la nostalgie d'une époque où " être homme " représentait un devoir et un privilège. Ces hommes ne trouvent plus leur place dans la société actuelle, par manque de travail, par manque de perspectives, par les crises économiques successives, par délocalisation, et par déclassement social. Sur le plan sociétal, ces hommes ne trouvent plus leur place dans le couple, dans le rôle de parents. Ils ne sont plus chefs de famille, ils n'ont presque aucun droit dans le couple, et doivent s'adapter continuellement avec un mouvement féministe sans limite.


À la différence de l'approche générale des médias en Occident, l'auteur ne considère pas ces hommes en colère comme une aberration, comme un comportement individuel, mais plutôt comme un groupe ayant certains points en commun. Ces hommes blancs expriment leur colère dans une radicalité vis-à-vis du modèle économique et vis-à-vis du modèle sociétal. Ils sont contre les homosexuels, les considérant comme une atteinte à l'image et au rôle de l'homme dans la société, ils sont contre le féminisme, le considérant comme un facteur de destruction du couple, un moyen de marginaliser les hommes, de les priver de leurs droits dans le couple, et sur les enfants. Ces hommes n'expriment aucun désir de lutte sociale ou syndicale, se drapent dans une radicalité défensive contre les étrangers, contre les multinationales, et contre les changements. Dans ce sens, ils sont conservateurs, individualistes, cherchant dans le passé des solutions pour les problèmes d'aujourd'hui.

Trump hommes


Kimmel souligne l'importance de cette colère masculine, qui gagne de plus en plus les hommes de la classe moyenne inférieure, en raison des transformations économiques et sociales, politiques et culturelles. Presque tous les hommes interviewés dans son livre parlent de " droits bafoués ".  Ces hommes ne croient pas que la politique actuelle est dans le sens de l'histoire et cherchent par les moyens disponibles à influencer la société, y compris par leurs cartes d'électeur.   

Kimmel couvre dans ce livre un certain nombre de motivations de colère, les pères et les droits après la séparation, les lois jugées favorables aux femmes, le chômage, le déclassement social, la situation de l'homme sans emploi dans la famille, la culture médiatique favorable aux minorités et aux femmes, les lois contre la violence conjugale ne prenant en compte que la violence masculine. Dans le cas américain, on trouve également des motivations raciales comme la supériorité de la race blanche ou le port des armes.

Kimmel reconnaît que certaines de ces réclamations sont légitimes. La vie des hommes qui ont participé à son étude était balayée par d'interminables ondes de réformes économiques néolibérales, par des usines fermées ou délocalisées. Ils ont subi des réformes de la société favorables aux femmes sans se soucier des problèmes masculins dans le couple. Ces hommes déclassés perdent leur travail, leur rôle dans la famille, et même leurs couples. Ils ont du mal à voir leurs enfants une fois par semaine, gardés par l'ordre des juges chez leurs ex-femmes.

Ces hommes se sentent bafoués, ignorés et abandonnés. Leurs discours sur les médias sociaux est un terrain fertile pour les théories extrêmes. Ce discours radical joue un autre rôle, il contamine les autres, et transforme l'angoisse des hommes en colère en révolte. C'est visible dans les médias, les forums, les radios et la presse écrite.

Cette colère ignorée, mal interprétée et caricaturée par les médias se transforme en ressentiment qui se traduit de plus en plus par une demande de politique réactionnaire qui bloque la société et freine les changements jugés injustes et inéquitables.

Pour certains hommes, le vrai problème a commencé avec le capitalisme financier qui a lésé la classe moyenne inférieure, qui a privé ces hommes de travail et d'avenir, pour d'autres, le problème a commencé par les lois favorisant les femmes en cas de divorce, en cas litige avec les hommes. Pour d'autres, il s'agit du même mouvement, le féminisme de consommation allié du capitalisme financier, de même que les minorités et les immigrés qui " volent les emplois."

Trump homme blanc colere


Etre un homme occidental aujourd'hui

On a fini avec les scènes de ménage, avec les discussions entre les hommes et les femmes, passons à l'action, encourageons politiquement toute radicalité. Selon ces hommes, être un homme en Occident aujourd'hui est un synonyme de déclassement, d'effondrement de la classe moyenne, de culture féministe dominante, de crises économiques avec raréfaction d'emploi, de cohabitation avec les minorités. Être un homme aux États-Unis devient problématique, sans rôle défini dans la société, sans rôle dans le couple, sans rôle dans la vie de ses propres enfants.
Ces hommes avouent être éduqués à subir silencieusement, la masculinité occidentale n'aime pas les émotions, n'aime pas les hommes qui pleurent ou qui se plaignent. Par contre, ces hommes disent qu'ils ont compris en imitant les mouvements féministes qu'il faut se victimiser, et utiliser le droit de vote pour changer la société.
M. Kimmel parle réellement aux gens. Il sort pour trouver des groupes d'hommes fâchés et discute avec eux pour entendre leur version de l'histoire. Il écoute les activistes des droits des hommes, des masculinistes, et les hommes qui soutiennent ce mouvement.

Kimmel souligne que de nombreuses revendications de ces hommes sont légitimes en ce qui concerne le chômage, déclassement social, les droits des pères, les droits des hommes pendant les procédures de divorce et mentionne combien les revendications sociétales sans limite peuvent engendrer de la colère.


Il indique en même temps que cette colère masculine est parfois mal orientée, épargnant les vrais responsables.
Par contre, certains hommes blancs en colère formulent des revendications anachroniques et mêmes nuisibles à la société comme les partisans de la suprématie blanche.


Est ce que les hommes blancs en colère sont du côté perdant de l'histoire ou finiront-ils par gagner progressivement les esprits et le pouvoir ? 

L'auteur est plutôt optimiste et pense que la société égalitaire pourrait répondre à certaines revendications légitimes.
Trois ans après ce livre, l'Amérique choisit le président Trump.
A chacun de formuler sa propre conclusion.
A noter que le livre est bien écrit, amusant, facile à lire surtout si vous aimez la sociologie et les études du genre. 

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Féministes: plus heureuses?

femme homme liberte

 

Féministes: plus heureuses?

Pendant l'été, j'ai participé aux trois ou quatre forums de célibat qui existent sur le net français. Sur un forum, j'ai lu les interventions, plutôt passionnées, des célibataires discutant le féminisme et son rôle passé et actuel.

Certaines questions peuvent apparaître absurdes, cependant réalistes : faut-il payer le repas quand un homme invite une fille, surtout si la fille affiche son indépendance comme une identité ? Que reste-t-il de la galanterie ?

Une fille de 20 ans disait qu'elle était contre la galanterie, car elle jugeait ce système paternaliste, et non égalitaire. Quelques interventions plus tard, elle regrettait que les hommes ne soient plus comme par le passé : attentifs et galants. Faut-il laisser passer une femme avant soi ?

 

Ces discussions me semblaient justifiées car le féminisme égalitaire oblige les hommes et les femmes à trouver un autre système de relation.

 J'ai lu récemment le livre The Paradox of Declining Female Happiness, Betsey Stevenson, Justin Wolfers  ou  le paradoxe du bonheur féminin déclinant  publié en 2009. Les auteurs soulignent que les études montrent que les femmes se déclarent en 2009 aussi malheureuses qu'en 1972.  Pourtant il s'agit d'un livre féministe.

Les femmes regrettent l'absence de romantisme dans les relations entre les hommes et les femmes, la tension entre les deux sexes, et la domination de la pornographie véhiculée par Internet.

Une fille, Nathalie, racontait sur un forum célibat qu'elle est sortie avec un garçon de 27 ans pendant trois mois. Garçon idéal sans casier judiciaire, bon métier, bien éduqué et équilibré. Nathalie est féministe, elle croit à l'égalité des droits. Elle a refusé que son copain paye le dîner et le cinéma dès la première fois. Après une discussion, chacun a payé sa part.

Je demande à Natalie par messages privés pourquoi sa relation avec ce garçon a échoué après trois mois. Elle pense que son copain l'a quittée parce qu'elle était féministe.  Il lui a dit qu'il cherche une femme et non pas militante, qu'il ne se voyait  pas la présenter à sa famille ou à ses copains.

Nathalie ajoute sur un ton amer qu'elle trouve injuste de devenir une vieille fille à 40 ans car elle croit à l'égalité entre les sexes.

Curieusement, le livre de Betsey Stevenson et  Justin Wolfers est peuplé de ce genre d'histoire. Je ne sais pas si les féministes étaient heureuses dans les années 80, les jeunes filles d'aujourd'hui trouvent en face d'elles des hommes qui mettent en cause le rôle du féminisme dans le couple, et dans les rencontres.

En réfléchissant, je pense que les hommes ont raison sur certains points :

Comment critiquer un homme quand il dit qu'il ne sait plus comment faire avec les femmes ?

 Nous sommes pour l'égalité avec les hommes, nous pouvons passer nos soirées à critiquer un homme qui ne sait pas préparer le dîner, mais aussi à critiquer un homme qui ne se montre pas galant et attentif, et en même temps virile et protecteur?

Dieu merci j'ai un salaire, je peux payer mes factures, cela devrait-il m'empêcher d'accepter l'invitation de mon chéri, ou lui laisser toute la place qu'il demande, et de bien préciser les rôles de chacun sans militantisme ?  Est-ce vraiment un signe d'égalité de mettre un homme à la cuisine  s'il n'aime pas faire la cuisine ? Et pourquoi ne pas mettre une femme au bricolage aussi seulement par amour de l'égalité ?

Dans un sondage publié au Figaro, une majorité significative des filles de 18 ans se déclare en faveur du retour au modèle traditionnel, en d'autres termes aux rôles traditionnels. Le féminisme a gagné, nous avons l'égalité dans les textes, et aussi dans la réalité, faut-il vraiement continuer la guerre ? Voilà ce que déclarent de nombreuses jeunes filles aujourd'hui !!

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