Estime de soi , comprendre et agir

 Paul Cézanne, La Montagne Sainte-Victoire, musée d'Orsay

Paul Cézanne, "La Montagne Sainte-Victoire", vers 1890, musée d'Orsay

Estime de soi

 

L'estime de soi est une valeur fragile et changeante. Elle augmente chaque fois que nous agissons en respectant nos standards et diminue chaque fois que notre comportement les contredit. Il est donc possible qu'elle soit très haute ou très basse selon les périodes de notre vie.

 

 

Approche théorique

 

Nous allons citer rapidement les approches théoriques relatives à ce concept. La définition précise la plus admise par une majorité de spécialistes renvoie à trois significations selon (Brown, Dutton et Cook, 2001) :

  • Le regard global d'un individu à son propre endroit
  • Les évaluations d'un individu au sujet de ses capacités et de sa personnalité.
  • Le sentiment de valeur personnelle d'un individu

Selon James ( 1890) : l'estime de soi est égale au rapport entre nos prétentions et nos succès. Selon ce concept, l'estime de soi peut être obtenue : soit en diminuant nos prétentions, soit en augmentant nos succès, soit en entre les deux facteurs.
Le miroir social de Cooley (1902) et Mead (1934) : l'estime de soi est la perception de soi construite par l'intériorisation de l'opinion d'autrui à notre égard. Dans cette perspective, les interactions sociales sont déterminantes.

L'estime de soi comme lieu de contrôle  (locus of control) de Rotter (1966) :
l'estime de soi se décline en fonction de la croyance de l'individu
Hiérarchie des besoins de Maslow (1970) : l'estime de soi correspond à une double nécessité pour l'individu : Se sentir compétent et être reconnu par autrui.

Le sentiment d'auto efficacité de Bandura (1986) : l'estime de soi renvoie aux croyances de l'individu en ses capacités personnelles.

 

 

 

Composantes de l'estime de soi

 

Coopersmith a montré l'absence de liens significatifs entre l'estime de soi de l'enfant et l'aisance financière, l'éducation ou la profession des parents.
Le seul facteur qui influence fortement l'estime de soi de l'enfant est la qualité de sa relation avec ses parents.

Harter souligne l'aspect vital de l'approbation par les parents pour l'estime de soi de l'enfant, pour encourager certains comportements. Ces sentiments positifs des parents vis-à vis de l'enfant apportent stimulation et affection, favorisent l'indépendance de l'enfant.
Jusqu'à l'âge de 3 ans, l'enfant accorde plus d'importance à l'avis de ses parents ; puis, peu à peu, c'est l'approbation des pairs qui va être recherché (cela devient vital à l'adolescence).
Le rang de naissance semble jouer un rôle sur l'estime de soi  : les cadets auraient une estime de soi moindre que les aînés mais seraient plus populaires et plus à  l'aise dans la société. Les aînés jouissent d'une estime de soi élevée et connaissent une meilleure réussite scolaire.

Comment écrire sur l‘estime de soi ? N'est-ce pas prétentieux de dire aux autres comment rehausser leur estime de soi ?  Cela ne signifie-t-il pas que celui qui écrit a trouvé la recette ?

 

 

Estime de soi : approche générale

 

Personne ne peut prétendre être compétent pour parler de cette partie noble qui habite l'humain, cette partie précieuse sans laquelle l'humain souffre, devient fragile et troublé.

Que reste-t-il de l'humain blessé, humilié, vaincu parfois mais vivant ?
Que reste-t-il de nous après nos échecs, après nos erreurs et après nos sentiments de culpabilité ??

Il reste cette partie noble de nous, celle qui continue à croire, à vivre et qui va assurer la suite. Cette partie dont nous ne pouvons pas vivre sans.


Cette partie est l'estime de soi.

Pourquoi une personne, après avoir commis une faute, souffre-t-elle alors que la faute est oubliée ou pardonnée ??
Pourquoi de nombreuses personnes qui consultent le médecin pour une anxiété ou pour une dépression disent :  je me déteste, je ne suis bon à rien,  je ne vaux rien.

 


L'estime de soi est le résultat d'une auto-évaluation.

 

 

Il s'agit d'un baromètre révélant dans quelle mesure nous vivons en harmonie avec nos valeurs, avec la partie haute de nous-même.
L'estime de soi se manifeste par la fierté que nous avons d'être nous-même et repose sur l'évaluation continue de nos actions.
Cette évaluation est consciente ou inconsciente. Chacune de nos actions engendre un verdict : valable  ou pas valable.

L'action valable va nous donner confiance en nous, nous rendre fiers, et l'action non valable va nous faire souffrire car cette action engendre une contradiction entre notre comportement et nos valeurs.
Toute activité nécessite la présence de personnes avec une estime de soi saine pour imposer le respect, accepter la responsabilité, avoir de la fierté d'un accomplissement, la capacité d'analyser l'échec et les critiques.

 

L'estime de soi n'est pas d'avoir des idées positives sur soi même, n'est pas l'égoïsme, arrogance, prétention, narcissisme, un sens de supériorité. Les individus avec l'estime de soi pauvre ou défensive tentent de prouver à eux-mêmes leurs valeurs, à impressionner les autres ; arrogance et mépris. Ils manquent généralement de confiance en eux-mêmes, et doutent de leur valeur et sont peu disposés à prendre des risques ou de s'exposer eux-mêmes à l'échec.

Mais l'humain est parfois victime de ses propres erreurs ou de celles des autres.
Des années après un abus sexuel ou un viol, la patiente souffre d'un sentiment de dévalorisation, elle ne cesse de détester son corps car « il  est sale » , et de se punir car « elle ne vaut rien. »
Voilà comment l'estime de soi fait souffrir.

D'abord s'accepter. C'est un principe fondamental en médecine et en psychologie, on ne peut changer (à l'intérieur de soi) que ce l'on a déjà accepté. Cette acceptation de ce qui est arrivé, de ce que ce que nous sommes, est un préalable à tout traitement et à tout progrès.

 

 

 

Se pardonner

 

Après l'acceptation, le pardon signifie la fin de la guerre civile déclenchée dans nos têtes. Pardonner à soi -même signifie dépasser la culpabilité et la honte. Dans nos conflits intérieurs, il existe toujours des fautes qui nous hantent. Des situations où nous étions peu intéressants selon notre propre jugement.

Se pardonner peut se passer dans les cas simples par un simple travail sur soi-même, une réflexion, une interrogation, mais dans les cas d'une culpabilité notable ou profonde, il est possible de faire appel à un soignant ou à une personne ayant la capacité d'écouter et d'analyser.

Pardonner à soi même est un acte difficile.

Comment puis-je pardonner à ce monstre que j'étais alors ou lors tel acte ou de tel événement ?


Le principe dans ce cas est de :

- Refuser la culpabilité toxique : la répétition de la faute ne doit pas être permise.

- Remettre les actes dans leur contexte.

- Cultiver ce qui est bien, critiquer ce qui est mal

- Prendre ses distances avec ce comportement

- Accepter et comprendre la réaction des autres vis à vis de notre comportement

- Admettre ses besoins et ses limites.

- Le droit à l'erreur : L'expérimentation donne des résultats positifs et négatifs. La peur de l'erreur peut devenir anxiété puis immobilisme.

 

 

Agir pour ce qui est important

 

En nous référant à notre échelle de valeur, nous pouvons faire des choix qui ont un effet positif sur notre estime.
Si l'honnêteté est une valeur importante pour vous, soyez honnête, si la fidélité dans le couple est importante pour vous, soyez fidèle.

Ce respect de soi a un prix, tout comme le non-respect en a un.  Etre fidèle dans le couple par exemple, signifie un renoncement total aux autres partenaires.  Qui a dit que c'est facile ???
Etre infidèle, c'est le couple qui risque de subir les conséquences. C'est un problème aussi et il y a un prix à payer.
Cependant respecter ce qui vous importe, est le principe fondamental pour réussir.
L'estime se bâtit en relevant des défis, le risque est présent : déplaire, perdre, être rejeté, échouer, etc. Mais sans prise de risque, aucune réussite n'est possible.

 

 

 

 

Prendre soin de soi même

 

Lorsqu'un patient consulte pour anxiété ou dépression, l'estime de soi souffre aussi. En parlant, on trouve parfois dans cette mauvaise estime de soi, un manque d'écoute de son monde intérieur, de ses désirs, de ses émotions.

Mais la vie change aussi nos besoins, et nos aspirations. Ces besoins vont apparaître donc comme désir, rêve ou fantasme.
A chacun de trouver ce qui important dans ses désirs, en cherchant la satisfaction et non pas le plaisir immédiat bien sûr.

Le problème est que nos besoins se manifestent comme des impératifs (désir, rêve, sentiment d'urgence), et dans chaque cas, ces besoins nous font peur car ils remettent en question notre organisation.
Les sujets importants à nos yeux nous font peur et il est utile d'affronter cette peur pour développer la confiance en soi.
Un exemple classique est celui de la maternité. Lorsque le désir d'enfant devient urgent, la femme est harcelée par des images, des désirs, des fantasmes sur ce sujet. Assaillie par cette question, la femme est invitée à répondre.
Si la femme est sans compagnon, elle doit décider de trouver un compagnon pour faire un enfant ou le faire sans père. Si le mari est stérile, il faut décider de changer de mari ou accepter.
Ce sont des choix qui comptent, mais ces choix devraient tenir compte de ce qui important pour soi.

 

 

S'évaluer soi-même comme évaluer les autres

 

Evaluer est une composante importante de la capacité humaine à éviter le risque et à améliorer sa qualité de vie. Apprécier le beau, l'utile, l'agréable et éviter le risque.

Il est normal aussi d'être conscient que nos jugements concernant les autres soient incomplets car nos données sont généralement partielles.

Mais juger le comportement des autres ne doit pas être tabou, c'est le seul moyen de consolider ses repères et de trouver sa propre valeur.

L'idée selon laquelle, "qui sommes-nous pour juger" est une idée théorique basée sur un système de tolérance utopique et sur une attitude récente dans notre société d'acceptation positive inconditionnelle.
Pourtant, cette tolérance ne devrait pas nous faire tout accepter. Juger oui, mais condamner non, c'est la différence entre la vraie tolérance et l'acceptation.
Jugeons les autres pour dire : cette attitude ne me convient pas,  je ne l'accepte pas, mais je suis tolérant donc, je ne la condamne pas.
S'abstenir de juger est indiqué dans une relation thérapeutique. C'est un moyen d'aider le patient à s'accepter lui-même.
Mais, dans une relation non-thérapeutique, le non-jugement produit des résultats néfastes. Les jugements inhibés sont exprimés sous des formes pernicieuses (critiques indirectes, question pleine de sous-entendus, manipulation, etc.).

Dans d'autres cas, l'effort de neutralité détruit la relation en la transformant en relation superficielle, complaisante aseptique.

Annuler la faculté de juger est une amputation nuisible à l'estime de soi.
En cas de difficulté relationnelle, il faut se souvenir qu'on peut toujours tout dire si on sait le dire ou comment le dire, donc, le dire sans heurter ni blesser.

 

Henriette 48 ans rencontre son compagnon Moïse âgé de 55 ans. Moïse sortait d'une histoire relationnelle compliquée. Henriette raconte :  

 « A mon âge, je savais que les relations  humaines sont étranges mais quand j'ai vu pour la première fois Léa, l'ex de mon compagnon à la maison, j'étais plus que choquée. Elle est venue avec son enfant à propos d'un problème administratif concernant l‘enfant. Elle a 24 ans.  Je ne savais pas comment réagir. On me dit qu'il ne faut pas juger, mais je ne peux pas, c'est contre mes propres valeurs. Cette relation est pour moi épouvantable, incestueuse ou presque.

Après son départ, je lui ai dit ce que je pense mais sans colère ni nervosité. Il m'écoute puis il m'explique que cette relation avec Léa avait duré deux ans, une vraie relation d'amour et non pas une relation de désir. Puis il me dit : Même une relation de désir, où est le problème, elle est adulte, elle avait 23 ans. L'enfant c'est son choix aussi.  Je n'ai jamais voulu d'enfant. Je savais que la différence d'âge était un problème sérieux. Mais Henriette, je n'ai pas abusé d'elle, et c'est elle qui a mis fin à ma relation avec elle pour retrouver un de ses ex. »

 

Henriette ne pouvait pas accepter de ne pas juger, cela aurait créé un non-dit dans le couple, une zone non partagée par le couple.  Elle avait besoin de juger, de respecter ses propres valeurs et de ne pas accepter sans que cela ruine son couple. Elle a trouvé une solution intermédiaire :

 «  J'invite régulièrement à la maison Léa avec son nouveau copain comme s'il s'agissait de ma propre fille car elle a l'âge de ma fille. Mon conjoint est ravi de voir son enfant, je la considère comme un membre de la famille, et j'ai demandé à Moïse de l'aider financièrement quand elle a besoin,  c'est ma façon à moi de garder le respect que je dois à mes propres valeurs.  »

 

 

 

Accepter et admettre les souffrances durant l'enfance

 

Dans son livre sur la famille, John Bradshaw souligne une réalité psychologique :   « Nous ignorons à quel point nous sommes en colère en face du passé. Nous ne ressentons pas notre souffrance non résolue car notre faux-moi et ses défenses nous en empêchent. »

Une des contributions majeures des études historiques est de nous rappeler que notre passé est présent dans notre présent. Ce principe peut aussi être appliqué sur le passé individuel. La souffrance refoulée non-reconnue pèsera toujours de son poids lors de nos décisions.
Difficile de prendre la décision de discuter avec l'enfant que nous étions, cet enfant qui a eu ses difficultés, ses problèmes et ses moments peu glorieux.

Emile est un enfant sans père comme il dit. Sa mère a eu une relation à l'âge de 16 ans avec un homme de passage, elle a gardé l'enfant sans avertir le père. L'enfance d'Emile est une succession de problèmes et de douleurs, sa mère tentait de refaire sa vie mais elle tombait toujours sur des hommes peu disposés à rester avec elle ou avec des hommes de passage.

« Elle n'arrêtait pas de changer de mec. J'avais 6-7 ans quand j'ai commençé à m'en rendre compte.  Mais elle était à la fois, belle, attirante, et naïve. Elle passait ses nuits avec des hommes sans intérêt puis pleurait le matin. La pire elle me racontait ses malheurs, et très tôt  je détestais les hommes. Après nombreuses aventures, elle s'est mariée. Mon beau-père n'était pas un homme de qualité non plus. J'avais 14 ans quand j'ai commencé à répondre à ses coups. A 16 ans, j'ai quitté la maison. »

Emile a refait sa vie depuis. D'apprenti dans une usine de transformation de bois dans le Nord, il devient à 35 ans associé. Mais le vieux problème de son enfance ressurgit :

« Ma fiancée est une fille bien, c'est la nièce de mon associé, elle a fait des études alors que je n'ai qu'un vague souvenir du programme de collège, elle est posée, calme. J'ai 35 ans, elle en a 28 ans, c'est la femme qui me convient, qui peut m'aider. Mais je ne pouvais pas faire un enfant, pas question. Trop de souvenirs. Trop de honte, trop de tout. »

Quand j'ai parlé avec Emile, ce jeune patron refuse son enfance en bloc. Il a construit un faux-moi, une histoire à lui. On appelle cela en psychologie rationalisation. Il ne peut pas parler de l'enfant qu'il était. Insupportable, et logiquement il ne peut pas devenir père.

Il a fallu de nombreuses heures de discussion, pour qu'il pleure un jour en criant sa douleur. L'enfant qui recevait des coups, et souffrait, s'est réveillé, et le manque de père est à nouveau présent.
Il a admis son dégoût pour sa mère, pour son beau-père, sa peur de la paternité. Il a admis sa honte devant son manque de scolarité.


F. Perls le fondateur de l'approche psychologique gestaliste dit «  les choses ne peuvent changer tant qu'elles ne sont pas devenues ce qu'elles sont vraiment. » (cité par Bradshaw dans l'ouvrage "la famille")
Emile validera un jour sa souffrance. A présent sa femme est enceinte. Il tremble devant l'enfant qui va naître, mais sa femme le rassure en lui répétant qu'il sera un merveilleux père.

 

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Emotions : définitions, fonctions, expressions

homme-miroir

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Les Emotions : c'est quoi ?

En dépit de la présence de nombreuses publications et sites Internet qui classent et détaillent les émotions, et de nombreux livres qui prétendent aider à contrôler ses émotions, la notion même d'émotion est l'une des matières les plus controversées en psychologie, une source de discussions intenses. Les publications qui prétendent que les émotions sont des définitions fixes ou bien définies ne sont pas sérieuses et manquent de fondement scientifique. 

 

Un état mental qui surgit spontanément sans effort conscient, souvent accompagné par des manifestations physiologiques comme le sourire, le rire, ou l'accélération du rythme cardiaque en cas de colère.

 

 

 -       L'émotion est une expression culturelle


Il existe des liens complexes entre l'émotion et la culture, la tristesse en tant qu'émotion varie selon les cultures, la joie ou la colère aussi. Si la civilisation occidentale devient de plus en plus hostile à la colère, il est normal de voir de moins en moins des gens coléreux car ils tentent de dissimuler cette émotion alors que la colère peut être légitime dans d'autres cultures et donc plus fréquemment exprimée.
La définition même de tristesse varie selon les cultures.

 

 

 -       L'émotion est une expression de langage


L'expression de la tristesse ou de l'amour ou de la colère varie en fonction des structures de chaque langue et selon les dictionnaires. Il existe des termes français spécifiques pour décrire l'état mental de la mélancolie par exemple, qui n'existe pas dans d'autres langues, sans pourvoir conclure de cet état mental n'existe pas hors du monde francophone.  D'autre part, chaque langue décrit un ensemble d'émotion dont le nombre et l'expression  varient de façon notable.

 

 

Comprendre l'émotion

 

Ainsi, en l'absence de consensus possible, il existe quatre approches possibles pour comprendre les émotions :

 

1- Réalisme ontologique
Cette approche considère les émotions comme indépendantes, universelles, sans lien avec culture ou langue. Le réaliste ontologique suppose que des mots tels colère et tristesse sont simplement des étiquettes pour les entités pré-existantes. Les émotions donc existent dans le monde comme fleuves ou lacs, dont les noms seulement varient selon la culture.

Selon cette approche, la langue fournit simplement les noms et les étiquettes pour décrire ces états mentaux qui existent d'une façon universelle de par le monde.

 

 

2- Le Nominalisme
Le Nominalisme est une approche développée par le philosophe médiéval Ockham qui pense que les noms ne font que traduire des événements ou des choses ainsi, le mot colère décrit un état qui existe dans n'importe quel groupe social et dans n'importe quelle culture de la même façon. L'approche moderne de nominalisme pense que les mots diffèrent d'une société à une autre, et que par exemple le terme colère décrit le phénomène de la colère dans la culture française, le mot amour décrit ainsi l'émotion amoureuse selon la culture française alors que le mot love désigne l'émotion amoureuse selon la culture anglaise.
D'autres approches dans le nominalisme pensent que les mots décrivant les émotions font partie d'un discours à interpréter au sein de la société.

 

 

3- Conceptualisme
L'approche du conceptualisme partage avec le réalisme ontologique sa prétention que les mots des émotions se rapportent à une réalité non linguistique et non culturelle en ajoutant que la réalité est toujours conceptualisée. C'est-à-dire quand les gens utilisent un mot pour décrire une émotion, ils décrivent un état physiologique et comportemental lié à cette émotion. En d'autres termes, la colère devient un concept qui résume plusieurs données dans un seul mot.

 

 

 4- Formalisme
L'approche formelle traite des mots décrivant les émotions comme des objets formels, comme les nombres ou comme les chiffres, en considérant que les mots font partie d'un ensemble culturel. Dans cette approche, le mot amour est un amour bien précis pour décrire une émotion celle-ci bien définie dans la langue française.

 

couple conflit

 

Emotions : l'expression émotive

Selon certaines théories, l'expression émotive est considérée comme un aspect intégral du processus d'émotion. Certains pensent que l'expression émotive est basée sur des expériences. William James, un professeur à Harvard à la fin du 19ème siècle pensait que les changements corporels pendant l'émotion constituent " l'expérience émotive ".

 

 

Comment se manifeste l'émotion
James pensait que le corps agissait comme une plate-forme frappée par des impulsions neurales pour créer les vagues du changement qui pourraient alors être senties par le cerveau comme " sentiment émotif ".  Aucune expérience scientifique n'a permis de valider cette approche.

Un autre aspect de la théorie de James est que les changements corporels sont réalisés par le système nerveux selon un processus qui ressemble à une réaction réflexe ou instinctive. Les études plus récentes indiquent que les changements émotifs peuvent être très complexes, si la colère peut entrainer une réponse rapide, cette réponse est déjà modérée selon de nombreux facteurs. Quant aux émotions complexes comme une appréciation esthétique de la beauté ou de la musique, il est évident qu'il s'agit d'un processus complexe.
 
Silvan Tomkins, un psychologue du 20ème siècle a développé la théorie de James en proposant que les sensations fournies par des expressions émotives, des changements vasculaires, et d'autres changements du visage sont la source de sentiments différents de l'émotion : par exemple, être heureux, la tristesse, ou la crainte, la colère. Et il a décrit des catégories spécifiques d'émotion liées aux expressions faciales.
 
Selon Tomkins, les émotions liées au dégoût est une variante de l'émotion liée au rejet de la nourriture nocive ou dangereuse, avec une ouverture de la bouche et des lèvres, l'élimination de la nourriture avec la langue. Ensuite, cette réaction de dégoût a généré d'autres scénarios de rejet, tels que l'émotion du mépris où l'objet est une autre personne, et l'émotion de la honte où l'objet est soi-même. Tomkins a énuméré des catégories d'émotion selon leurs expressions.
 
Ce nouveau regard de Tomkins sur les expressions faciales des émotions a largement influencé la psychologie des émotions durant le 20 ème siècle et a ouvert le chemin à d'autres théories et à d'autres concepts.
 
 

   homme en souffrance

 

Emotions : leurs expressions

Le terme " expression " implique l'existence de quelque chose qui est exprimée. Certains psychologues nient l'existence d'une émotion hors de son expression faciale et corporelle.

 

Exprimer ses émotions

Des psychologues pensent que l'expression fait partie de la réponse émotive. Pour certains, les expressions faciales ont principalement une fonction communicative et traduisent l'état mental de la personne.


Certaines expressions faciales sont associées aux émotions humaines spécifiquement.
Les études prouvent que les gens classent les expressions du visage par catégorie d'émotion d'une manière semblable à travers les cultures, et que des expressions faciales identiques tendent à se produire en réponse à une émotion identique.


Les recherches scientifiques récentes ont tenté de grouper les expressions faciales en sept catégories. Le développement récent des outils scientifiques pour l'analyse faciale, telle que le système de codage d'action faciale a aidé à améliorer cette classification : Heureux, Triste, Colère, Crainte, Dégoût, Surprise, autres.

Certaines classifications par souci de simplification, sans réel fondement scientifique tentent de classer les émotions selon leur contenu en :

 

-Émotions simples : Expression simple comme colère, joie, etc.
-Émotions mixtes : expression de plusieurs émotions à la fois. Dans d'autres études, ce genre d'émotion est classé comme sous-émotion ou émotion secondaire.

 

 

Par exemple, la jalousie est une émotion qui regroupe plusieurs émotions à la fois : colère, dégout, envie, rage.
- Émotions repoussées : Ce sont des émotions traduites essentiellement par une expression physiologique, comme les douleurs gastriques en cas de colère refoulée et non exprimée.
Ils existent d'autres classifications pour catégoriser les émotions selon le besoin exprimé, ou selon leur caractère positif ou négatif, etc.

 

 timidité femme cheveux en bataille sur fond bleu

 

Emotions : ses composantes

Il n'existe pas de définition consensuelle ou scientifiquement admise des émotions. Il n'existe pas non plus de consensus concernant les composantes des émotions, les analyses des émotions selon l'approche utilisée.

 

De quoi se compose une émotion

D'une façon générale, l'émotion s'accompagne d'un changement d'état d'esprit, une sorte de changement mental stimulé par des idées ou par des images.
Ce changement de l'état d'esprit s'accompagne par des modifications physiologiques. La colère par exemple s'accompagne d'une augmentation de la tonicité musculaire, par accélération du rythme cardiaque et respiratoire, et parfois par une transpiration. Ces modifications sont les résultats des sécrétions hormonales provoquées par le cerveau comme réponse à l'émotion.

 


En cas de colère, l'organisme se prépare à se défendre et a exprimé cette colère. Certains voient dans ces modifications physiologiques une fonction adaptative, c'est-à-dire une simple expression physiologique de l'émotion, d'autres considèrent ces modifications physiologiques comme faisant parties de l'émotion. En d'autres termes, la colère est une émotion qui se traduit par un état physiologique bien précis.

 


L'expression de l'émotion est un point important en psychologie. Par exemple, les expressions faciales et corporelles nommées expression d'émotion sont des indicateurs de la présence de cette émotion. L'expression de l'émotion varie selon les personnes, les cultures, et les époques.


Il existe également des modifications physiologiques moins visibles comme par exemple la réaction des muscles lisses du tube digestif qui provoque des douleurs gastriques ou des diarrhées, ou la réaction des muscles lisses du système circulatoire qui provoque une augmentation de la tension artérielle. D'autres modifications vont compléter le tableau de la colère, de la peur, de la jalousie, etc.


Il existe une autre composante importante dans l'expression de l'émotion : le langage. Les pensées vont être formulées dans des mots qui peuvent transmettre aux autres une idée de l'état mental triste, joyeux ou en colère.

 

Les circonstances qui provoquent les émotions font parties de l'émotion également. Ainsi l'événement qui provoque la colère peut être considéré comme universel selon certaines approches (les humains se mettent en colère devant les mêmes circonstances), et culturels selon d'autres approches (les humains se mettent en colère selon leurs cultures).

Les émotions comme le dégoût semblent culturelles et personnelles, certaines personnes aiment certains aliments d'autres les jugent dégoûtants.

 

Références
* Ekman, P., Friesen, W. V., & Ellsworth, P. (1982). What emotion categories or dimensions can observers judge from facial behavior? In P. Ekman (Ed.), Emotion in the human face (pp. 39-55). New York: Cambridge University Press.
* Frijda, N. H. (1986). The emotions. New York: Cambridge University Press.
* Gray, J. A. (1985). The whole and its parts: Behaviour, the brain, cognition and emotion. Bulletin of the British Psychological Society. 38, 99-112.
* Izard, C. E. (1977). Human emotions. New York: Plenum Press
* James, W. (1884). What is an emotion? Mind, 9, 188-205.
* Oatley, K., & Johnson-Laird, P. N. (1987). Towards a cognitive theory of emotions. Cognition & Emotion, 1, 29-50.


* Ortony, A., & Turner, T. J. (1990). What's basic about basic emotions? Psychological Review, 97, 315-331.
* Parrott, W. (2001), Emotions in Social Psychology, Psychology Press, Philadelphia

 

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Volonté : définition et généralités

volonte

 

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Volonté : définition et généralités

Contrairement à d'autres concepts, la volonté est difficile à définir. Il s'agit d'une résolution, décidée après réflexion, accompagnée de prise de conscience des conséquences.


La décision volontaire peut être provoquée par des facteurs principaux : facteurs extérieurs comme par exemple une invitation à un dîner, et facteurs intérieurs comme l'état psychologique, la fatigue, le désir d'être avec d'autres invités, ou le contraire : le désir d'éviter les autres.
La décision volontaire n'est pas toujours aisée, parfois c'est une décision laborieuse, prise après longue hésitation, après avoir calculé les conséquences, les avantages et les inconvénients. Par exemple pour aller chez le dentiste, la présence de la douleur facilite cette décision. Une personne qui doit aller chez le dentiste pour faire un examen préventif hésite plus facilement qu'une personne qui souffre. La volonté dépend de nos tendances, de nos besoins, de nos passions, et également de nos craintes.
Beaucoup d'actes volontaires sont décidés pour des raisons personnelles, parfois inavouables, comme des désirs inappropriés, ou des comportements mal jugés. Un homme peut se rendre à la piscine pour nager, mais peut-être, il a choisi cette piscine, à cette heure précise pour tenter de séduire sa voisine mariée qui fréquente la piscine à la même heure. Il s'agit d'un acte volontaire, d'une justification sociale acceptable, alors que les motivations profondes sont moins avouables.

 

La volonté en philosophie

 

La notion de volonté désigne un phénomène psychologique difficile à distinguer du désir, et de l'intention. Le désir peut être considéré comme un facteur favorisant l'action volontaire. L'intention peut être considérée comme un événement mental pouvant aider à l'action sans le déterminer. Dans ce sens, la volonté peut être conçue comme une cause mentale distincte des effets physiques qu'elle provoque, mais aussi comme un événement cérébral entraînant une succession d'événements physiques. Il existe de longues discussions philosophiques pour trancher la question suivante : est-ce que la volonté est synonyme de l'action ? Il est impossible de trancher cette question, celui qui a décidé et qui n'a pas fait, est-il volontaire ? Celui qui essaie de faire, l'a-t-il fait ?
Pour sortir de cette aporie, certains philosophes suggèrent que le terme volontaire doit englober un ensemble d'événements mentaux, et comportementaux. C'est-à-dire, la volonté c'est : décider et faire.

Le concept de volonté occupe de longs chapitres en philosophie, et en psychologie. Ce concept est présent également dans les études judiciaires, et dans la littérature médicale. Ce terme est utilisé pour décrire les actes motivés, réalisés avec préméditation et détermination.
Il n'existe pas un consensus sur la nature de la volonté. Dans certaines écoles philosophiques, psychologiques, le concept de volonté est refusé, remplacé par la doctrine du déterminisme qui nie la réalité de la volonté. D'autres écoles acceptent partiellement la volonté comme synonyme de libre arbitre, c'est une approche philosophique occidentale qui a développé les principes de Platon et d'Aristote. On retrouve ce courant dans les écritures de René Descartes et d'Emmanuel Kant. Dans d'autres écoles philosophiques, volonté est considérée comme les résultats des interactions d'éléments contradictoires par exemple le désir et la raison, on retrouve ces tendances dans l'écriture philosophique de Spinoza, et de Hume. À l'opposé, d'autres philosophes ont considéré la volonté comme la manifestation d'une personnalité accomplie, d'un raisonnement performant, on retrouve ce courant philosophique développé par Arthur Schopenhauer et Frédéric Nietzsche.

 


Avoir la volonté, être volontaire

 

Généralement, être volontaire signifie la capacité à prendre des décisions, d'assumer les conséquences. L'image de la personne volontaire serrant les points et mâchoires fonçant dans les obstacles avec témérité, insouciance est un cliché.
Pouvoir dire non, quand je veux, qui veut peut surmonter les obstacles, vouloir avec férocité, etc. voilà d'autres clichés qui perturbent notre perception de la volonté.
Agir volontairement, c'est agir avec conscience, pour des raisons conscientes, en assumant les conséquences. Celui qui utilise le verbe je veux devrait savoir pourquoi, et connaitre les conséquences qui suivent. Quand on dit : je veux, il est important de pouvoir justifier cette volonté à soi-même. Quand la personne agit sans pouvoir expliquer ses choix par des raisons conscientes, il s'agit plutôt d'un automatisme inconscient, et non pas de la volonté. Les décisions provoquées par un instinct ne sont pas volontaires, mais relèvent de l'inconscient.
Agir involontairement, c'est d'être gouverné par des motivations inconscientes. Les exemples sont nombreux dans notre vie quotidienne : un enfant qui veut être médecin ou avocat, il exprime une volonté, mais en réalité, il cherche à imiter ses parents, ou à devenir comme le médecin de la famille, ou se conformer aux désirs de ses parents. Dans ce cas il s'agit d'une fausse volonté.

En réalité, nos actions mêmes les plus volontaires sont influencées par notre inconscience, et par des besoins et des désirs. La volonté augmente quand les raisons conscientes augmentent. La volonté diminue quand les raisons inconscientes augmentent. Dans ce cas nous entrons dans une expérience humaine si banale si fréquente : l'hésitation.

 

 

 

 

 volonte

 

Volonté : décider et faire

Le monde parle de volonté, on nous sert la volonté toute la journée, enrobée dans de multiples contextes. Le terme perd progressivement de son importance, dilué et parfois déformé.

Un acte volontaire dépend de beaucoup de choses, de nos tendances, de nos besoins, de nos passions. Quand on dit : on veut, on désigne déjà un désir.
Ce désir peut naître d'une ambition personnelle ou sociale, comme le désir de réussite, ou le désir de ressembler à quelqu'un. Le désir peut naître d'un besoin, comme fonder une entreprise pour créer son emploi et vivre mieux.
Continuons avec l'exemple d'un créateur d'entreprise. À cette étape, ce qui compte dans le désir exprimé est son caractère conscient. La personne qui cherche à créer des entreprises devrait se demander s'il désire cette entreprise pour travailler, pour gagner sa vie, ou pour dominer ses employés et répondre à des besoins d'affirmation. Ce n'est pas un acte de volonté de faire l'entreprise pour des raisons inconscientes. C'est une réponse coûteuse, condamnée à l'échec, des instincts inconscients. La personne n'a pas exprimé une volonté, elle est poussée par un désir inconscient.

En deuxième temps, ce désir se transforme en projet, avec plein de détails, des inconvénients et les avantages. C'est le moment de la décision et de la délibération. Le désir se transforme en idée réalisable, selon un schéma bien précis. Chaque détail exige de la personne une décision réfléchie, raisonnable, accompagnée de sa propre liste d'arguments et de justification.
Après l'idée, à la personne passe à la conception, c'est-à-dire, trouver le schéma idéal pour réaliser ce désir. La délibération examinait les raisons pour et contre la réalisation de ce désir, la décision est le jugement qui termine la délibération par l'acceptation, par le refus.

La délibération peut ici être troublée par des motifs inconscients comme l'héritage culturel, les peurs, les angoisses, les complexes. Il est important de comprendre qu'une délibération fondée sur des motifs inconscients n'est pas un acte volontaire, mais une réponse à des besoins inconscients.

En troisième temps, après la décision, on passe à l'action. L'exécution suit généralement la décision. La réussite de l'action exige une détermination, c'est-à-dire, donner la priorité à cette action, pour garantir sa réussite, en acceptant les inconvénients qui accompagnent la réalisation de cette action.
Pendant l'exécution, il est important que la personne soit déterminée à aller vers son but, sans céder au pessimisme, sans céder aux tendances contradictoires.
Dans cet exemple, la volonté devient une succession d'étapes, toujours conscientes et justifiées. Le désir est le début, la décision cherche à réaliser ce désir, par une action consciente et résolue.


Dans le cas de notre créateur d'entreprise, certains facteurs peuvent altérer sa volonté comme : l'inhibition (la personne n'exprimera pas son désir), l'impulsivité (cela peut nuire à sa décision et à son action), le manque d'énergie (fatigue, émotivité, manque d'organisation), raideur mentale, préjugés, crispation.

Par contre, certains facteurs peuvent encourager la réalisation de son projet comme trouver l'équilibre entre l'impulsivité et l'inhibition, avoir de l'énergie, la maîtrise de soi, l'enthousiasme accompagné d'un esprit positif, souplesse, harmonie entre besoins conscients des besoins inconscients.

Dans ce cadre la volonté devient : décider et faire.
Les philosophes, comme les psychologues, ne font qu'éclaircir, à leur façon, ces facteurs qui influencent la volonté, et sa traduction réelle : l'action

 

 

 

 

noir blanc

Volonté : ses expressions

La volonté est un concept philosophique important, peu utilisé en psychologie en raison de son caractère imprécis, et en raison de la difficulté d'utiliser ce concept dans la pratique.

En réalité, la volonté est synonyme de nombreux comportements importants en psychologie. Le soignant pourra travailler sur ces comportements pour répondre aux besoins de ses patients.

 

Volonté ou pas


On agit volontairement quand on agit pour des raisons conscientes bien définies, bien précises. Nous savons dans ce cas pourquoi nous avons fait ce choix, mais pourquoi nous avons pris cette décision. Dans de nombreux cas, nous prenons des choix par automatisme inconscient, et non pas par choix. C'est l'exemple des choix et des décisions prises par instinct, ou par le besoin d'avoir raison, ou par le désir de dominer.

Agir involontairement, c'est généralement être gouverné par des besoins inconscients.
Combien de personnes aiment dire : je veux, mais leur action reste involontaire, même en croyant le contraire. Les besoins conscients et inconscients, avoués ou non, sont à l'origine de cette situation.

La volonté augmente quand les raisons conscientes augmentent. La connaissance profonde de soi est indispensable à l'exercice de la liberté, et de la volonté. Nous pouvons trouver de nombreux exemples dans le monde des relations, et dans le monde des couples. Certaines personnes se plaignent de rechercher toujours le même type de partenaire, de se trouver dans des situations inconfortables qui se répètent. Pourtant, ces personnes sont libres, elles agissent avec une volonté apparente. Progressivement, avec le temps, la maturité et l'âge, ces personnes identifient mieux leurs motivations, arrivent à déceler les besoins conscients et inconscients, pour mieux faire leur choix.

La volonté diminue quand les motifs inconscients augmentent. Beaucoup de personnes peuvent donner les marques extérieures d'une forte volonté. La vraie volonté se traduit dans les actes, et dans les conséquences de ses actes, et non pas dans le discours.
Nous savons que l'alcool augmente le risque d'accidents de circulation. Un homme volontaire va éviter de boire avant de prendre le volant. Un autre homme, pour de multiples raisons, risque de boire avant de prendre le volant. Les deux comportements sont libres, et d'apparence volontaire. Nos raisons conscientes sont parfois mélangées à des forces intérieures : instinct, impulsion, émotion, besoin. La volonté ne dépend pas toujours de raisons conscientes, elle est soumise à la connaissance de soi, à la connaissance de ses propres besoins et ses propres motivations.

 

La volonté comme résolution et ténacité

Quand on parle volonté, on parle parfois de ces hommes résolus à aboutir, capables d'employer tous les moyens disponibles pour y arriver, acceptant tous les sacrifices, admettant les difficultés, cherchant toujours une solution. La ténacité est une puissance équilibrée, une réponse maîtrisée à une difficulté ou à un défi. Le sportif peut montrer une ténacité en acceptant le stress et l'effort de l'entraînement pour améliorer son niveau. Nous devons distinguer la ténacité en sa qualité de réponse équilibrée et dosée en face d'une difficulté, de l'obstination (comportement d'apparence, dissimulant impuissance et faiblesse).

 

La volonté comme maîtrise de soi


Dans le langage populaire, on utilise le terme « volonté » comme synonyme de « maîtrise de soi ». C'est une aptitude à dominer ses sentiments et ses instincts, pour garder le contrôle sur ses réactions, pour mettre cette maîtrise de soi au service d'un but précis.

 

La volonté comme décision


Nous utilisons le terme volonté pour désigner un comportement où des personnes sont capables de prendre des décisions, rapides, parfois graves. En réalité, nous nous désignons ainsi un système de décision et de délibération. Chez certaines personnes, la délibération est rapide avec peu d'hésitation, sans rumination mentale. Ces personnes évaluent rapidement le risque, admettent et maîtrisent les conséquences de leurs décisions. Ainsi, la prise de décision est rapide. Il est important de distinguer la rapidité maîtrisée de la décision, de l'impulsivité qui entraîne la prise de décisions rapides, mais mal maîtrisées. L'impulsivité traduit parfois l'anxiété, le stress, prendre une décision pour ne pas subir les ruminations mentales.

 

La volonté comme esprit d'initiative


Nous utilisons le terme volonté pour décrire une aptitude à entreprendre une tâche nouvelle, à accepter le risque. L'esprit d'initiative est un voyage sans carte précise, mais qui se dirige vers un but bien précis, sans détailler la totalité du parcours . L'esprit d'initiative exige la capacité à tolérer le stress engendré par la nouveauté, d'avoir l'endurance nécessaire pour atteindre le but. Pour avoir l'esprit d'initiative, il est préférable d'avoir une bonne estime de soi, une bonne santé mentale, et une résolution satisfaisante.

 

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Détermination et volonté

La volonté nécessite la capacité de formuler des idées, de les étudier, de les transformer en projet, de le réaliser. La détermination et peut-être la qualité la plus importante dans la réalisation des projets.

La volonté nécessite la capacité de formuler des idées, de les étudier, de les transformer en projet, de le réaliser. La détermination et peut-être la qualité la plus importante dans la réalisation des projets.
La détermination est un processus mental, conscient, raisonnable, qui entraîne un comportement conditionné au service d'une idée transformée en projet.

 

 

Etre déterminé, être volontaire  
La détermination conditionne la réussite de votre entreprise, afin que l'idée ne se transforme pas en simple discours.
La détermination est considérée par certains comme synonyme de la volonté. La détermination exige une confiance en soi, une capacité de décider, un positivisme capable d'engendrer un optimisme indispensable pour la réussite.
La détermination est indispensable dans les deux dernières étapes de chaque projet : la décision, et l'exécution. La confiance en soi, et l'esprit positif conditionne la réussite de ces deux étapes pour éviter l'hésitation, et l'interminable délibération avant de prendre la décision, et pour avoir la capacité psychologique pour réaliser le projet.


Si vous avez des difficultés à décider, changez vos stratégies de décision. Posez-vous certaines questions :
Quels sont les avantages de prendre telle décision, quelles sont les récompenses possibles en cas de réussite ? Quel plaisir ce projet peut me procurer ?  Quelle souffrance ce projet peut engendrer ? Est-ce que je suis capable de mener le projet à terme, ou je suis capable de renoncer ?

Dans ces questions, vous avez noté la présence de plusieurs composantes indispensables à toute décision une composante matérialiste : les récompenses en cas de réussite, les inconvénients en cas d'échec, une composante émotionnelle et psychologique sur le plaisir attendu, et la souffrance ou les difficultés éventuelles, et une composante personnelle sur la capacité de chacun à mener ses projets jusqu'à leur réussite.

Après avoir décidé, souvenez-vous qu'aussi longtemps vous maintenez dans votre esprit les avantages éventuels de votre réussite, le plaisir attendu, votre détermination ne peut être que plus solide et plus forte.
Rester positif pendant les décisions et les réalisations de vos projets. Éviter les personnes qui encouragent la passivité, ou le pessimisme. Vous n'avez pas besoin d'entendre des phrases sur l'échec de tout projet, ou le commentaire des gens pessimistes, fondé sur un état d'esprit, et non pas sur une réalité.


Éviter les personnes conformistes, qui ne cherchent qu'à continuer l'ordre établi dans leur vie personnelle et professionnelle. Un projet est par définition une modification plus ou moins importante d'une situation donnée. Acheter une maison, fonder une entreprise sont des changements réels dans votre vie. N'attendez pas les gens conforme à l'encouragement quand il s'agit d'une modification.

 

Dans votre entourage, certaines personnes peuvent exprimer un doute sur votre réussite. Parfois, ces personnes vous préfèrent comme vous êtes, et redoutent tout changement. Si ces personnes vous intéressent, vous pouvez leur expliquer vos motivations, la rassurer sur la portée de ces changements. Changer de travail ou de pays ne signifie pas un coup d'état dans votre existence, ni une rupture définitive avec vos racines, ou avec vos parents.

De temps en temps, citez les avantages que vous cherchez en réalisant votre projet, citez deux ou trois au début, puis progressivement, cherchez les autres avantages. Cela consolide votre détermination, et améliore votre optimisme. Dans ces avantages, ne restez pas seuls, imaginer les autres dans votre projet est dans les avantages espérés. Changer de région pour fonder une entreprise ailleurs, peut procurer à votre famille et à votre entourage certains avantages. Vous pouvez transformer votre entourage en allié précieux en impliquant dans votre projet dès le début.


Si vous avez des doutes ou des difficultés, citez les raisons pour lesquelles cette entreprise vous semble impossible à réussir puis analyser ces difficultés, l'une après l'autre, en cherchant à les surmonter. Pour augmenter votre détermination, diviser les difficultés, séparez les pour tenter de les surmonter.

 


Insistez sur les récompenses de votre réussite, et non pas sur les difficultés, ou la souffrance qui accompagne le projet. L'optimisme n'est pas un point de vue plus idiot que le pessimisme.

 

Pendant la réalisation de votre projet, contentez-vous des petites réussites, célébrez la petite réussite comme faisant partie de la réussite globale de votre entreprise. Cultivez ces petites réussites comme un fondement de votre confiance, cela vous permet de consolider à nouveau votre détermination.
Pourquoi ne pas imiter les exemples positifs, ces personnes qui ont réussi leur projet en dépit de leurs difficultés, de leur maladie, de leurs conditions humaine ou sociale. Les histoires de réussite peuvent renforcer votre optimisme.


Pendant les étapes de décision et d'exécution, distinguez nettement la détermination de l'entêtement. La détermination est un processus mental, qui entraîne un comportement positif pour réussir un projet, l'entêtement est une réaction qui traduit une sorte de raideur. L'entêtement n'est pas signé de volonté ou de confiance, les enfants peuvent être entêtés, les adultes devraient être déterminés.

 

 

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Avons-nous besoin de valeurs morales ?

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Avons-nous besoin de valeurs morales ?


Il est important de considérer soigneusement nos valeurs pour plusieurs raisons. Ces valeurs pourraient guider notre vie vers des buts nobles, plutôt que nous guider vers un parcours de vie égoïste ou gouverné  par les impulsions, ou par les émotions.

Les valeurs morales peuvent nous inspirer et vous motiver pour atteindre les buts de nos ambitions et de notre existence. Le manque de valeurs dans la vie peut engendrer une culpabilité ou un mécontentement durable.Les valeurs aident aussi à consolider l'estime de soi. Les valeurs nous offrent des références et des repères pour affronter les problèmes et formuler des solutions et  modeler nos réactions. Ainsi, l'échec peut devenir une expérience, la réaction à une agression peut devenir moins violente, les objectifs recherchés plus adaptés à nos besoins.

 

Les valeurs morales nous aident à accepter nos devoirs et nos responsabilités avec philosophie et bonne humeur, nous évitent de nous sentir coupables en face d'une contradiction entre l'idée morale dominante et notre comportement.

 

Les valeurs peuvent également donner un sens à notre quotidien, en mettant les étapes de la vie dans un objectif plus général.

 

Les valeurs partagées varient dans le temps. Nous sommes peut être plus matérialistes que nos parents,  plus individualistes mais chaque génération a ses valeurs et ses idées morales.

 

Les valeurs jouent un rôle important dans notre vie, dans nos relations vis-à-vis des autres et vis à vis de nous-mêmes. Il est difficile de comprendre la fidélité dans un couple après plusieurs années sans prendre en compte les valeurs de chaque partenaire. Cet exemple peut s'appliquer sur le dévouement des parents, l'engagement dans les relations inter personnelles, ou sur les  efforts consentis dans les structures d'aides aux autres sans attendre récompense ou reconnaissance.  

 

 

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Quand nous commettons un acte en opposition à nos idées morales, nous souffrons d'une mauvaise estime de soi et d'un pénible sentiment de culpabilité.

 

 

Nos immoralités et ses justifications
Pour éviter ce sentiment inconfortable, culpabilité ou regret, nous adoptons de nombreux mécanismes intermédiaires, pour nous réconcilier avec nos valeurs, avec nous-mêmes. Ces comportements varient selon les personnes, leurs cultures et leur idée morale.

 

Justification morale
Nous utilisons parfois une justification morale pour disculper la trahison de notre propre morale, en pensant que nos actes sont justes. Après avoir triché à un examen, la justification peut être : j'ai triché car j'ai besoin de réussir cet examen. Après avoir agressé une personne, la justification utilisant la morale peut être : j'étais obligé de l'agresser pour défendre un ami. Ce genre de justification ne modifie en rien dans la nature de l'acte, mais nous permet d'échapper à la culpabilité.

 

 Relativiser nos actes
Parfois nous utilisons des parades qui jouent avec les limites et avec la sévérité de nos actes, pour les rendre plus justifiables. En refusant l'aide à un voisin, la justification peut être : je n'ai pas les moyens d'aider un voisin, mes enfants d'abord. Dans ce genre de justification, on joue sur des priorités, ou sur des limites, ou sur des nécessités.

 

Comparaison
Dans d'autres cas, nous justifions nos actes immoraux par comparaison avec les actes des autres. Ce n'est pas grave de tricher dans ma déclaration d'impôts, beaucoup de gens trichent aussi leur déclaration. J'ai accepté la corruption car tout le monde est corrompu autour de moi.

 

 Nos faiblesses
Parfois nos actes immoraux sont justifiés par notre prétendue faiblesse, par notre incapacité à résister. Ils m'ont obligé de le faire. Je fais cet acte car la loi m'oblige à le faire. Je n'ai pas assez de force pour refuser l'ordre d'exécuter un tel acte.

 

 Déni de responsabilité
Le déni de responsabilité est un mécanisme pour justifier les actes immoraux également. J'étais parmi les autres. Je ne pouvais pas l'aider, d'ailleurs personne ne l'a aidé. Je ne peux rien faire pour l'écologie, car une personne seule ne peut rien faire.

 

Déni de conséquences
Le déni des conséquences est également un mécanisme pour justifier des actes jugés immoraux. On relativise les conséquences de nos actes pour les rendre plus acceptables : j'ai juste transmis le message. J'ai seulement téléphoné. J'étais seulement un intermédiaire dans cette affaire.

 

Déshumanisation
La déshumanisation est une technique parfois cruelle, justifiant des actes immoraux. Pourquoi épargner telles personnes ? Ils sont de simples sauvages. Pourquoi respecter telle personne alors qu'elle est moins que rien. Ce n'est pas grave ce que j'ai fait, cette personne est handicapée. Il ne faut pas en faire une affaire, ce n'est qu'un animal.
Dans ces cas, on réduit l'humanité de l'autre, ou refuse la souffrance de l'animal, ou on invalide les besoins des autres.
D'autres justifications cherchent à rendre la victime responsable. Un SDF ne mérite aucune aide, il est responsable de son sort. Pourquoi aider les pauvres alors qu'ils sont paresseux.

 

Les dangers de trop justifier  
Ces justifications affaiblissent notre système moral et nous entrainent vers une relativisation dangereuse car ces mécanismes peuvent être utiles pour sortir de la culpabilité d'un acte commis, mais aussi peuvent être utilisés pour justifier des actes à commettre. Agresser un handicapé en déshumanisant sa personne, ou en prétendant que tout le monde agresse les handicapés finit par justifier l'agression, nous mettant dans une position immorale vis-à-vis de nos valeurs, et dans une position délicate vis-à-vis de la société et de ses outils judiciaires.


Attention danger, l'utilisation de ce genre de mécanismes pour justifier un acte immoral n'a aucune valeur juridique ou sociale. Un acte immoral va être jugé selon un consensus social ou juridique, et non pas selon nos justifications ou nos dénis.

 

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8 Raisons pour lire ou relire Proust cet été

 

PROUST

 

8 Raisons pour lire ou relire Proust cet été

Si vous cherchez un grand livre à lire cet été, nous vous proposons de lire à la recherche de temps perdu de Proust, ce grand classique de la langue française, publié, réédité, analysé, et traduit, est devenu avec le temps un livre à la fois intimidant et jouissif.

 


Nous allons vous s’exposer nos raisons de ce choix. Commençons déjà par le célèbre passage de la madeleine :

 


« La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté... Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses..., l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »

 

 

Si vous aimez le modernisme

Proust raconte la société française en action, la fin de la classe aristocratique qui s’achève avec la première Guerre mondiale, la libération progressive des mœurs, les changements des relations au sein des couples, et au sein des groupes sociaux, les habitudes et les coutumes d’une époque qui n’existe plus. Il relate la fin du XIXe siècle, et le début de la modernité. Ce voyage à travers des personnages attachants offre au lecteur un panorama riche en couleurs.

 

 

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Si vous aimez la littérature sociale
Proust est le romancier social par excellence. Il dessine avec la minutie d’un peintre les portraits de classes sociales variées, en prenant le soin de décrire leur psychologie, pour arriver à un résultat rarement égalé en littérature. Proust décrit avec la même perfection, et avec le même intérêt la vie d’une duchesse, et la vie de sa femme de ménage Françoise, leurs défauts, leurs désirs, et leurs espoirs. Il ne s’agit pas d’un roman élitiste, ou une collection de souvenirs concernant l’aristocratie. La recherche du temps perdu est un roman qui traite tous les personnages, de toutes classes sociales avec la même attention, et avec le même amour.

Progressivement, vous allez connaître chaque personnage, comme s’il s’agit d’un cousin ou d’un voisin, sa famille, ses habitudes, ses opinions politiques, ses ambitions, ses tentatives d’ascension sociale, ou ses douleurs de solitude ou de maladie.

 

 


Si vous êtes amoureux
La recherche du temps perdu est un roman d’amour, un livre consacré au sentiment amoureux dans ses racines profondes. Proust se sert des mots pour décrire les différentes manières d’aimer, les motivations du sentiment amoureux, l’échec amoureux, et les menaces qui fragilisent ce lien sentimental. Le chagrin amoureux a une place importante dans la recherche du temps perdu. Proust explore la douleur et la tristesse spécifique à l’abandon, et à la perte de l’être aimé. Chaque étape sur le chemin du pèlerinage amoureux est analysée avec le même talent et le même intérêt par Proust, dans le contexte social et psychologique du personnel du personnage.

 

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Si vous aimez la romance et l’érotisme
si vous êtes un lecteur de romance, et si vous appréciez le parfum érotique dans la littérature, vous allez trouver dans l’histoire du narrateur avec Albertine une belle histoire d’amour, une romance qui commence par analyser la séduction, l’attirance, le passage émotionnel vers le charnel, les difficultés relationnelles de la cohabitation, puis la rupture et l’absence de l’être aimé. La relation du narrateur avec Albertine est complexe, jalonnée de doutes et de questions, de désir et d’érotisme. La sexualité chez Proust est multiple, hétérosexuelle et homosexuelle, les relations amoureuses évoluent, subissent les changements de leur environnement, et de la société.

 

 

 


Si vous aimez la psychologie
un grand écrivain peut nous aider à déchiffrer le monde, comme un traducteur qui nous ouvre les yeux sur une autre réalité. Nous trouvons chez les grands écrivains comme Dostoïevski, Shakespeare, ou Proust, cette capacité à analyser la psychologie, à inventer la psychologie positive avant les psychologues, à traiter l’anxiété avant la psychologie moderne.


En lisant Proust, vous allez voir des personnages anxieux, des personnages ambitieux, voire arrivistes, certains ont des troubles d’orientation sexuelle, d’autres ont des problèmes de racines culturelles. Le voyage de ses personnages à travers le roman permet au lecteur d’accéder à l’intelligence qui anime la grande littérature, de comprendre un point de vue différent, de suivre l’acheminement psychologique d’un personnage, et ces interactions avec les autres, et avec lui-même.

 

 

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Si vous voulez comprendre les familles
Si vous tentez l’aventure de comprendre vos parents et votre famille, une lecture de Proust peut être utile. Dès le début de ce roman, dès les premières lignes, le narrateur, le jeune Marcel, déplore la perspective d’une nuit sans le baiser de sa maman. Il va élaborer un plan astucieux pour obtenir ce baiser, il va réussir, mais aussi il va s’interroger sur le chagrin de l’enfant, sur la tendresse, sur la frustration, sur l’irritation, sur le manque de compréhension qui accompagne les relations parents- enfants. À travers d’autres personnages, Proust raconte les relations entre les couples, les dynamiques qui s’imposent au sein des familles, les rapports de force dans le couple, les trahisons, et la loyauté.

 

 


Si vous aimez la langue française,
La langue française est à son apogée chez Proust, à travers un style, un choix judicieux de mots, de métaphores et de descriptions. La richesse du vocabulaire donne aux descriptions une belle précision accompagnée de comparaisons et de métaphores parfois surprenantes. C’est une langue travaillée anoblie par une succession de correction et de mise en forme.

 

 

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Si vous aimez rire
Chez Proust, en dépit d’une croyance populaire, les textes sont simples, accessibles qui fonctionnent, et provoquent l’émotion, et entraînent parfois le sourire. Certains personnages sont ridicules, comme les personnages de Molière, certains dialogues sont comiques. Après quelques pages, on devient familier de la tribu de Proust, on sourit, car on devine la réplique de tels ou tels personnages, et ses réactions.

 

Par contre, si vous décidez de lire Proust, vous courez deux risques à la fois. Vous pouvez commencer par le premier tome de la recherche, pour finir accro, avec une étagère consacrée à Proust, des traductions, des biographies, des ouvrages analysant ce roman.

 

Le deuxième risque est de se demander à la fin de cette lecture : que lire après un tel roman ?

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La perfection, addiction problématique de nos sociétés

 

Perforrrance

 

La perfection, addiction problématique de nos sociétés

La perfection est un concept ambigu, qui peut s’avérer dangereux et problématique sur le plan individuel et collectif.
Nous vivons dans une société de perfection, une société où les normes ne cessent de se multiplier, une société où l’erreur n’est plus admise. Pour nous adapter à notre société, nous devenons perfectionnistes, et nous exigeons des autres un certain degré de perfectionnisme.
La perfection devient dépendance, une épidémie dans le monde de travail et dans nos vies privées. Les banquiers sont exigeants, les actionnaires, les clients, les juges, l’administration, les médecins, les patients, et même les amoureux dans les couples. Nous vivons dans une société de normes, qui fixe des objectifs de performance parfois irréalistes, qui ne tolèrent plus les erreurs, société d’attentes perfectionnistes sans lien avec le réel.

 

bergson citation perfection

La perfection, une vieille illusion

Le perfectionnisme est le besoin d’être parfait, de croire qu’il est possible d’atteindre la perfection.
Sur le plan individuel, le perfectionnisme est perçu comme un trait positif qui augmente les chances de réussite, mais il peut conduire à des pensées négatives ou à des comportements autodestructeurs qui rendent plus difficile la réalisation des objectifs. Les gens déprimés, les gens anxieux sont perfectionnistes. La perfection à son tour peut causer du stress, de l’anxiété, de la dépression et d’autres problèmes de santé mentale.
Le perfectionnisme n’est pas la même chose que s’efforcer d’être le meilleur possible. La perfection n’est pas une question de réussite et de croissance.

 

Alain citation agreable

 

Le côté obscur de la perfection

Les humains sont imparfaits, ils vivent dans un monde imparfait aussi.
La recherche de la perfection peut s’avérer sans issue. La perfection est inaccessible. Cette recherche est la garantie d’un échec. En souhaitant être parfaits, nous pouvons perdre la hiérarchie de nos priorités en consacrant notre énergie pour améliorer des détails. Nous pouvons être plus productifs en formulant de nouvelles idées, ou en élaborant de nouvelles approches.
En désirant la perfection, nous perdons la capacité de déléguer et de nous faire aider. Les relations de travail deviennent exigeantes et tendues. La perfection entraîne un état de pression, de stress et d’anxiété qui se terminent par l’épuisement.

 

Dépasser la perfection

Le point important est de remplacer le concept de la perfection par un autre : la précision. Nous pouvons exiger de médecins, des juristes, ou des banquiers de la précision, sans aller vers la perfection illusoire. Dans une étude menée en 2014 par l’Université York, l’exigence imposée dans certains métiers, comme juristes, professionnels de la santé et architectes, était associé à de taux élevés de déprime, de stress et à un risque plus élevé d’automutilation et de suicide que la moyenne.
Nous pouvons nous concentrer sur ce qui doit être fait et non pas sur la façon dont cela doit être fait. Nous pouvons nous concentrer sur le résultat final plutôt que sur un processus exigeant, normatif, ou imposé par la contrainte. Nous pouvons établir avec les autres des relations honnêtes et sincères pour trouver la meilleure solution, sans chercher la solution parfaite, car elle n’existe pas ou elle est irréaliste.

 

Rousseau citation perfection

La perfection de la société : Attention utopie

Les utopies sont des visions idéalisées d’une société parfaite. Thomas More a inventé le terme utopie en 1516 comme synonyme de « pas de place pour les êtres imparfaits. »
Le perfectionnisme en un terme utilisé dans la philosophie morale et politique chez Aristote, Thomas d’Aquin, Spinoza, Marx et Green, qui pensaient que l’humain est perfectible.
Le perfectionnisme ressemble à un idéal qui identifie un modèle de vie comme idéal pour tous. La théorie de valeurs perfectionnistes identifie ce qui est bien pour les humains. Cela implique que certains modes de vie ne sont pas utiles même s’ils sont pleinement adoptés. La doctrine perfectionniste n’apprécie pas la pluralité.


L’éthique perfectionniste a souvent été associée à des doctrines élitistes. Un certain nombre d’écrivains perfectionnistes ont affirmé que la perfection qui importe le plus est celle de ceux qui sont capables d’atteindre le maximum. Cette version « superman » du perfectionnisme, une vision associée à Nietzsche, donne un poids absolu à l’excellence que peut être atteint par certains.
Les critiques de la politique perfectionniste rejettent souvent l’idée qu’il existe de façons de vivre meilleures que d’autres et alertent sur les dangers de ce genre de théories sur la liberté individuelle.
La conviction que les êtres humains sont perfectibles peut conduire à tenter de les éduquer, de les convaincre, ou conduit à des drames et des sociétés totalitaires utilisant la punition pour changer le comportement individuel ou collectif.


Il est important de défendre l’idée que la démocratie soit la gestion raisonnable de gens imparfaits dans un monde imparfait. Pour améliorer les comportements, le pouvoir politique peut inciter ou faire de la pédagogie. Interdire, ou punir devient problématique, au risque d’une société autoritaire.

 

Références
1. Flett, G. L., Heisel, M. J., & Hewitt, P. L. (2014). The destructiveness of perfectionism revisited: Implications for the assessment of suicide risk and the prevention of suicide. Review of General Psychology, 18(3), 156-172.
2. Hasse, A. M., Prapavessis, H., & Owens, R. G. (2013, June 24). Domain-specificity in perfectionism: Variations across domains of life. Personality and Individual Differences, 55(2013), 711-715.
3. Arneson, R., 2000, « Perfectionism and Politics », Ethics , 111 : 37-63.

 

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Le sens de la vie selon la psychologie moderne

 

sens de la vie

 

Le sens de la vie selon la psychologie moderne

Nous vivons dans une société individualiste qui offre à chacun la possibilité d'organiser, autant que possible, son parcours personnel.
La question sur le " sens de la vie " devient de plus en plus présente en Occident sans idéologies ni religions où chacun devrait créer son propre projet au sein de la collectivité.
Une existence prend son sens quand elle mène à quelque chose, lorsque le présent mène à l'avenir.
Il appartient à chacun de prendre le temps de découvrir ses idéaux profonds, ses passions et ses besoins.
Selon le psychologue Viktor Frankl :

La recherche d'un sens à la vie est parfois remplacée par la recherche du pouvoir, incluant sa forme la plus primitive, soit le désir de gagner toujours plus d'argent. Dans d'autres cas, c'est la recherche du plaisir qui y est substituée.


Viktor Frankl en est convaincu : c'est en cherchant ce sens profond de leur vie que ses patients retrouveront progressivement volonté et joie de vivre.
Héritière de la philosophie du bien-être, la psychologie moderne tente de formuler des conclusions utiles sur le sens de la vie, et sur les moyens les plus appropriés pour y arriver.

 

citation sens de la vie nietzsche


La passion


Kierkegaard disait : on a plus perdu, quand on a perdu sa passion que quand on s'est perdu dans sa passion. Pour d'autres philosophes, la passion est problématique, car elle perturbe notre rationnement. Pour les philosophes de la liberté, la passion est une " maladie de l'âme " (Kant), pour les philosophes rationalistes comme Descartes, elle brouille le jugement et empêche l'accès aux vérités.
La psychologie moderne tente de trouver une réponse utile à ces oppositions. Existe-t-il une différence entre avoir une passion harmonieuse et une passion obsédante ? La réponse est oui. En 2003, le psychologue canadien Robert Vallerand a fait une nette distinction entre passion harmonieuse et obsédante. Si votre passion vous dépasse, devient hors de votre contrôle, si votre bonheur et votre estime de vous-même dépendent de cette passion, vous êtes dans une passion obsédante, qui risque de vous mener vers l'anxiété et la tristesse. Si votre passion est sous contrôle, raisonnée par votre esprit et par votre plan de vie ou par vos principes éthiques, vous êtes dans une passion harmonieuse. Vous pouvez imaginer que le travail ou l'argent peuvent faire votre bonheur.


Cette passion est saine, sauf quand l'argent ou le travail deviennent indispensables à votre bonheur, ou pire, quand ils sont en contradiction avec vos principes ou vos attentes. En cas de passion obsédante, il est plus difficile de trouver le sens de sa vie.
Hegel préférait dire : Rien de grand ne s'est accompli dans le monde, sans passion.

 

citation sens de la vie shakespeare

Les projets pour donner du sens à notre vie

Pour donner un sens à votre vie, ne laissez pas mourir vos projets et vos ambitions. Cultivez vos rêves et gardez-les précieusement. Si vous avez une ambition, n'attendez pas longtemps pour transformer cette ambition en projet. Les chercheurs à l'université de la Floride du Sud ont examiné les réponses de centaines de personnes qui se plaignent de l'absence de sens à leur vie et le retentissement de cette absence sur leur carrière professionnelle, sur leur santé, et sur leur qualité de vie. Les chercheurs ont remarqué que les personnes qui négligent leurs ambitions et leurs projets perdent plus que les autres le sens et la qualité de leur vie. La recherche du sens dans notre vie dépend de nos projets, de leur réalisation, et de leurs relations avec nos besoins, et nos vraies attentes.

 

citation sens de la vie twain
Endurance et autodiscipline

 

Dans de nombreuses publications, les psychologues semblent s'accorder sur un point : la vie sans endurance et courage ne peut être une vie satisfaisante. La psychologue Angela Duckworth de l'Université de Pennsylvanie écrit dans son livre publié en 2016 " tomber 7 fois, se relever à la huitième " que les personnes endurantes sont capables de réussir leurs projets, d'améliorer leur qualité de vie. Ces personnes sont consciencieuses, autodisciplinées, courageuses et travailleuses. Ces critères semblent s'associer avec la réussite professionnelle, et une meilleure qualité de vie. Se relever après un échec exige une passion pour recommencer, du courage pour se remettre au travail, et une endurance pour réussir.

 

citation sens de la vie Williams

Persévérance pour réussir

Jon Jachimowicz de l'école de commerce de New York a étudié le sentiment des personnes qui font leur travail avec passion. Il a noté que les personnes qui apprécient leur travail bénéficient de cette association passion/travail. Ces personnes sont plus heureuses, et plus douées pour réussir sur le plan professionnel et personnel. Ces résultats suggèrent que la persévérance est indispensable pour transformer une passion en projet, pour trouver un sens à la vie, et pour chercher une bonne satisfaction.

 

citation sens de la vie Yoshikawa

 

L'investissement peut transformer le travail en passion

Certains auteurs pensent que l'investissement profond dans une tâche peut parfois transformer cette tâche en passion.
Duckworth suggère que personne ne rencontre sa passion et le sens de sa vie spontanément, et qu'il ne suffit pas de réfléchir ou de méditer pour changer les conditions de notre vie. Il est important d'explorer, d'essayer différentes activités, d'étudier différents projets, d'affronter les défis pour trouver le sens de sa vie. Il est parfois utile de chercher le conseil chez les autres, à travers le contact personnel, ou à travers la lecture et les études.


Exécuter consciencieusement une tâche, maîtriser cette tâche, perfectionner l'exécution peut devenir une passion. Dans une étude publiée en 2014, les entrepreneurs allemands ont remarqué qu'une tâche répétée pendant huit semaines peut être exécutée d'une façon satisfaisante pour les employés à partir de la neuvième semaine. Les employés ont exécuté cette tâche, ont perfectionné leur approche, ont fini par transformer cette exécution en passion. Les tâches exécutées étaient librement choisies par les employés, les procédures d'exécution également. Cet investissement qui transforme le travaille en passion exige le libre choix de son travail, et la compréhension de l'intérêt de ce travail.


Quelques suggestions
Certaines écoles de psychologie proposent quelques conseils pour aider chacun à trouver le sens de sa vie. Nous trouverons les mêmes conseils dans les livres de philosophie, dans les conseils de nos parents et dans la culture populaire
1. Ne négligez pas vos rêves et vos projets
2. Cultiver ce que vous trouvez agréable
3. Penser à ce que vous aimez avant de penser à ce que vous n'aimez pas
4. Analyser vos sentiments et vos besoins
5. Ne pas gaspiller son temps (être raisonnable avec les jeux et les distractions)
6. Savoir distinguer le bonheur de la satisfaction
7. Ne pas être passif dans la vie
8. Trouver le temps pour réfléchir à vos propres problèmes
9. Être patient.
10. Vous devez faire ce que vous aimez.

 

References:
Dave Isay : Callings: The Purpose and Passion of Work 2016, Penguin Press.
Wilhelm REICH, " L'analyse caractérielle ", Paris, Payot
Viktor Frankl, découvrir un sens à sa vie, Montréal, Actualisation, 1988

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Films comme documents sociologiques

 cinema sociologie

 

Films comme documents sociologiques

Les films sont une construction culturelle et ne reflètent pas la réalité, mais essaient de dessiner une réalité vraisemblable.
La sociologie et le cinéma entretiennent des liens ambigus : ils traitent souvent des mêmes objets, mais avec des points de vue, des méthodes et des objectifs différents. C'est également le cas de la littérature, un mélange subtil et complexe de sociologie et de psychologie dans un jeu de style. Dans ce sens, le cinéma est une voie d'accès à la connaissance du réel. Certains films marquent une époque, sont l'image d'un moment ou d'une tendance, deviennent un document comme une vieille photo de vacances. Il est difficile de nier le caractère sociologique de certains films comme Les Temps modernes de Chaplin.
Nous avons choisi certains films pour tracer l'évolution de notre société, des films qui ont eu le privilège d'avoir le succès populaire et la capacité de résumer un mouvement sociologique.

 

4 mariages et enterrement


1- Quatre Mariages et un enterrement

Avec Hugh Grant , Andie MacDowell , Kristin Scott Thomas, réalisé par Mike Newell en 1994.
Le passage où Hugh Grant abandonne la future mariée devant l'autel est devenu une scène d'anthologie. Grant est un homme qui refuse de se marier, acceptant le scandale, l'humiliation publique pour lui et pour la future mariée, il fait le choix de l'amour en sacrifiant les apparences sociales. À la sortie du film, cette scène est remarquée, inattendue, politiquement incorrecte. Un geste misogyne et irresponsable ?  Un geste d'amour et de romantisme qui distinguent l'homme moderne ?  


Ce film rappelle la fin de la masculinité traditionnelle héritée du 19e siècle, définissant l'homme par ses devoirs. L'homme devrait veiller au respect des conventions sociales pour être apprécié dans la société, devrait se comporter comme " un homme ", devrait négliger ses propres sentiments et ses propres intérêts pour le bien de sa famille et de la collectivité. Après deux guerres, où les hommes avaient payé le prix fort, les années 60 voient l'apparition d'un homme nouveau, qui sera capable dans les années 90 de rejeter les conventions sociales pour chercher son propre bonheur. Entre individualisme et hédonisme, le cinéma des années 2000 nous montre cet homme occidental moderne, qui refuse d'être sacrifié par la société pour le couple. Les femmes se trouvent en face d'un homme qui revendique ses droits au-delà du couple. Certaines femmes critiquent cet homme nouveau, irresponsable, sans virilité traditionnelle, immature, et irresponsable. D'autres voient une évolution inéluctable dans une société individualiste.  

 

you got a mail



2 - Vous avez un message

Un film de 1999, réalisé par Nora Ephron, avec Tom Hanks et Meg Ryan,
Dans un scénario de romance, un homme et une femme vont s'apprécier sur internet, dans une relation virtuelle et vont s'affronter dans le réel. L'intrusion des moyens modernes de communication allait métamorphoser les relations hommes-femmes et la naissance des couples. En dehors du couple, hommes et femmes s'affrontent également dans une compétition professionnelle. Le couple devient un défi.
Dans trois films, Meg Ryan va dessiner les contours de la rencontre et de la relation entre un homme et une femme dans la société occidentale. Dans Quand Harry rencontre Sally  (1989, film réalisé par Rob Reiner avec Billy Crystal), le spectateur réfléchit en souriant sur la fragilité du couple moderne, sur la difficulté de rester neutre en face de la séparation avec ses années de deuil et de frustration.
Dans le film suivant " Vous un avez un message ", l'amour triomphe, comme toujours dans les films de romance, mais dans une société différente, où les grands phagocytent les petits, où les commerces ferment sous la pression des grands magasins, laissant les quartiers et les centre-ville vides et sans activité. Le couple devient refuge, havre de paix dans une société anxiogène.
Dans le film " Nuits blanches à Seattle " 1993, réalisé par Nora Ephron
avec Meg Ryan et Tom Hanks, nous restons sur le même sujet.  Nora Ephron nous raconte la difficulté de rencontrer, de trouver la (le) partenaire, de construire un couple dans une société où il est plus probable d'être tuée dans un attentat que de trouver un homme.


 À travers ces trois romances, Meg Rayn désigne ce changement sociologique radical, le couple devient fragile, devient rare en raison de l'évolution de la société et des changements de rôle. Les femmes ne sont plus prêtes à tout sacrifier pour le couple, les hommes non plus. Pourtant, dans un monde de solitude et d'isolement, l'autre devient plus précieux, plus indispensable que jamais.

La vie est un long fleuve tranquille


3-   La vie est un long fleuve tranquille

Un film d'Étienne Chatiliez, réalisé en 1988, avec  Benoît Magimel, Valérie Lalande et Tara Römer.
Dans une petite ville vivent deux familles aussi différentes que possible, aussi caricaturales que possible. Le réalisateur réussit un film devenu culte, aux dialogues devenus proverbiaux (c'est lundi, c'est raviolis "), et chanson humoristique (Jésus revient), caricatures cruelles, et une sociologie fine.
Le film nous dévoile une société coupée en deux quartiers inconciliables, séparés par des policiers. La différence se manifeste par le comportement et le langage, par l'argent, et par la culture.
À chacun de choisir son quartier, ses traditions et sa tribu. Mais Momo devra manier deux identités presque antagonistes comme sa sœur. Voilà le problème.
 Dans d'autres films, Chatiliez, dessinera dans Tatie Danielle  (1990) une caricature sans nuances d'une nouvelle génération de personnes âgées en France, de retraités riches et en bonne santé, qui refusent d'être infantilisés ou marginalisés.
Dans son film Tanguy (2001), c'est le nouveau jeune qui sera caricaturé, le jeune qui ne veut plus quitter ses parents, les jeunes adultes immatures, qui veulent rester enfants, insupportables pour les parents. Ils refusent la responsabilité, incapables d'affronter le monde réel et la société anxiogène.  
Chatiliez est le réalisateur qui a réussi un pari difficile : décrire la société et son époque sans céder à la pensée dominante, en faisant rire et en invitant à la réflexion.

 

lost in translation


4- Lost in translation

De Sofia Coppola en 2003, avec Bill Murray, Scarlett Johansson, Giovanni Ribisi
Si vous passez quelques jours au Japon, vous allez comprendre combien Coppola a réussi à montrer l'étrangeté de Tokyo par le prisme d'un regard occidental, ville fascinante, dérangeante, anxiogène et déroutante. Il est difficile de comprendre le Japon en utilisant les repères occidentaux.


Lost in Translation est un film sur l'intimité sociale dans un environnement hostile. Le titre fait référence à la mauvaise compréhension de la communication interpersonnelle.
Charlotte (Scarlet Johansson) est incapable de communiquer émotionnellement avec son mari, préoccupé par sa carrière pour reconnaître les besoins sociaux de Charlotte et ses insécurités.
Marié, couronné de succès et approchant du crépuscule de sa carrière, Bob (Bill Murray) a perdu le sens de sa vie, guidée par des réalisateurs, par des hommes d'affaires et par sa famille. Il est désintéressé par le Japon, et par toute forme d'interaction sociale.
Bob et Charlotte se rencontrent. Leur solitude les relie et ils peuvent trouver un réconfort immédiat dans la compagnie l'un de l'autre. Ils sont capables de se comprendre. Bob danse et chante toute la nuit avec Charlotte. Bob aide Charlotte à faire face à ses insécurités en lui donnant l'interaction sociale dont elle a besoin et en lui faisant comprendre que même si la vie à son âge est remplie d'obstacles, elle " s'améliore ".
Charlotte pose doucement la tête sur l'épaule de Bob après une longue nuit d'activités festives, Bob ramène Charlotte endormie dans sa chambre. Ces scènes fournissent un sentiment de compréhension qu'aucun mot ne peut exprimer.
Lorsque Bob embrasse passionnément Charlotte à la fin du film, tout en chuchotant silencieusement à l'oreille alors qu'elle pleure son départ, nous sentons intimement leur affection et leur douleur.
Ce film nous rappelle un trait important de notre société. L'occident ne comprend pas toujours les autres, les occidentaux n'arrivent pas toujours à se comprendre, et vivent dans un isolement social douloureux. Nous ne validons pas les besoins des autres, nous recevons des autres la même invalidation accompagnée de leur indifférence.  

  amelie poulain

 

5-  Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain

De Jean-Pierre Jeunet, 2001 avec Audrey Tautou, Philippe Beautier, Régis Iacono
Il n'est pas étonnant de trouver dans les livres de psychologie positive des exemples de productions culturelles traduisant et renforçant cette notion de psychologie positive en vogue en occident depuis plusieurs années. Le film " le Fabuleux destin d'Amélie Poulain " y figure en bonne place.
Un des fondateurs de la psychologie positive Martin Seligman écrit : " Renforcer la force humaine : c'est une mission oubliée de la psychologie ".
Avant la Seconde Guerre mondiale, la psychologie avait trois missions : guérir la maladie mentale, rendre la vie personnelle plus épanouissante, et identifier et encourager les talents. Pendant des années, la psychologie se consacrait essentiellement au traitement des troubles mentaux négligeant les autres missions : améliorer la vie personnelle et nourrir les facultés positives de chacun.
Si vous devez raconter le comportement de personnes bloquées un vendredi soir dans un aéroport en raison de mauvais temps, vous avez le choix. Vous pouvez décrire des voyageurs irrités, râleurs, agressifs, et déprimés. Vous pouvez aussi décrire le positif, comme ce chanteur bloqué avec les voyageurs qui a pris sa guitare pour improviser un récital faisant chanter et applaudir les voyageurs, ou détailler l'histoire de l'hôtesse qui reste après la fin de sa longue journée de travail pour distraire les enfants et les calmer en regardant la neige. La réalité sincère serait de décrire les deux visages de cet événement et de montrer comment le positif peut nuancer le négatif. C'est le but de la psychologie positive, héritière à la fois de la psychologie et de la philosophie occidentale.
Le film Amélie poulain est une dose agréable de psychologie positive, et cultive certains talents humains utiles pour améliorer la qualité de vie et pour vivre heureux. Amélie est curieuse des autres, elle aime bien aider. Elle réussit à sortir son père de son isolement, à aider sa voisine à faire son deuil, à calmer l'épicier. Quand il s'agit de sa propre psychologie, elle est encouragée et aidée à dépasser sa timidité, pour accepter la joie de vivre, et initier une vie amoureuse.
La réussite du film dépend du son sujet, d'une association réussie de talents, et également de la bonne réception du public.
La réussite de ce film agréable et optimiste souligne l'accueil favorable du public face à ces tendances de la psychologie positive à éclairer le bon, le beau et le génial de nos vies.

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Psychologie positive, pensées positives

sport pense positive

 

 

Psychologie positive, pensées positives

 

Un humain devrait s'adapter à son environnement, et répondre aux défis de la vie : santé, économie, couple, deuil, etc.  Si vous voulez atteindre un objectif, la sagesse populaire vous invite à être positif.
Nos pensées fondent notre capacité à formuler notre conscience, nos sentiments et notre volonté puis nos actions.


Dans ses études sur l'intelligence, Julie Norem a comparé les opportunistes stratégiques et les pessimistes défensifs. Si vous êtes un opportuniste stratégique, vous envisagez le meilleur résultat possible et vous planifier pour atteindre ce résultat. Si vous un pessimiste défensif, même si vous avez été couronné de succès par le passé, vous allez décrire toutes les choses qui pourraient aller mal et vous risquez de ne rien faire.
Nous sommes en réalité l'ensemble de nos pensées. La qualité de nos pensées conditionne nos actions et notre qualité de vie. C'est l'un de principes de la psychologie positive.
Les grands hommes des différentes époques ont compris la capacité de l'esprit à engendrer créativité, détermination, résistance et endurance.

 

Matisse pensee positive

 


Les pensées nourrissent notre esprit


Les mots et les idées sont notre nourriture psychologique et morale. Ce que nous entendons (parole, sons, musique), ce que nous voyons (livres, image), ce que nous discutons deviennent la nourriture de notre esprit et la base de nos pensées.
Lorsque nous entendont constamment des mots négatifs, des pensées négatives ou anxiogènes, nos pensées deviennent moins positives, et doivent lutter contre cette atmosphère négative. Quand nous sommes confrontés à des situations qui suscitent la réflexion, certaines idées nous aident dans nos décisions, d'autres nous ralentissement en semant peur et hésitation.
Notre esprit se nourrit à travers ce que nous recevons de notre environnement : famille, amis, émotions, musique, livres, films, art, etc.


C'est une banalité, de mentionner que notre famille et nos amis affectent notre point de vue et nos pensées. Ceci explique pourquoi nous sommes encouragés à nous entourer de gens qui augmentent notre estime de soi et rehaussent notre lucidité et notre capacité à formuler des pensées positives et utiles.
Les personnes défaitistes, pessimistes, ou nihilistes ont quelque chose en commun, ils influencent nos décisions et nos pensées, puis nos réactions et nos comportements. Combien de fois, est-on déprimé ou démoralisé après une discussion avec un rabat-joie, ou avec une personne cynique ?
L'influence des livres, de la musique, de la culture, est primordiale. Nous gagnons à travers ces productions intellectuelles un esprit plus apaisé et plus harmonieux. En lisant un livre, ou en regardant un film, nous bénéficions d'un discours structuré et soigné capable de nous aider à produire des pensées positives.
La prudence et le pessimisme sont parfois utiles pour affronter la complexité d'un sujet et ses conséquences. Ces approches négatives, en sachant maîtriser la dose, peuvent modérer nos actions, améliorer notre défense et accroitre notre capacité d'analyse.

 

Derain pensee positive


De nombreuses études confirment que les émotions positives sont une force déterminante pour avoir des pensées positives et incontournables dans la recherche de l'épanouissement de tout être humain.

Il serait utile de réduire les situations qui empoisonnent l'esprit par leur négativité, comme on peut constater parfois dans les discussions sur les réseaux sociaux, ou en écoutant les personnes trop anxieuses, ou cyniques et de chercher des situations qui encouragent la pensée positive.
Les livres, l'art, la culture, la musique, la méditation et les amis optimistes peuvent nous rendre plus heureux, plus positifs et nous aider dans notre réussite et notre épanouissement.  
La psychologie positive est fondée sur les pensées positives : penser positivement pour produire des conséquences positives.

Réf :
Wiley Periodicals, Inc. J Clin Psychol 58: 993-1001, 2002.
Fredrickson, B. L. (2001). The role of positive emotions in positive psychology: The broaden-and-build theory of positive emotions. American Psychologist, 56(3), 218-226.

 

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Alain et la psychologie positive : le bonheur est une action

Psychologie postitive bonheur

 

Alain et la psychologie positive : le bonheur est une action

La psychologie positive est une nouvelle branche de la psychologie en pleine expansion. Martin Seligman est un pionnier de la psychologie positive (terme lui-même inventé par Abraham Maslow).

Depuis les années 2000, cette science humaine propose de s'intéresser non plus à ce qui fonctionne mal chez les individus mais ce qui fonctionne le mieux. Cette branche de la psychologie tente de réunir les avantages de la philosophie, de la psychologie, et du développement personnel pour célébrer l'épanouissement, le bonheur et le bien-être.
Les chercheurs en psychologie positive examinent ce ce qui rend les êtres humains heureux, épanouis et satisfaits dans le but de comprendre et de favoriser les facteurs qui permettent aux individus, et à la société de prospérer.


La psychologie positive repose sur trois piliers :
-  l'étude des émotions positives,
-  l'étude des traits de personnalité positive, en particulier nos forces et nos vertus mais aussi nos aptitudes, et enfin
-  l'étude des intuitions positives.

Martin Seligman définit la psychologie positive comme devant permettre de se concentrer sur les forces des individus plutôt que sur leurs faiblesses et de développer les talents pour atteindre l'épanouissement plutôt que guérir les pathologies.

 

citation seligman

 

Il distingue trois niveaux de bonheur :
1.    La vie plaisante (pleasant life), basée sur le plaisir, dont l'objectif est de vivre de nombreux plaisirs et d'en amplifier les effets. Ce type de bonheur instantané ne dure pas puisque l'effet des plaisirs décroît avec l'usage.
2.    La bonne vie  (good life) basée sur l'engagement, dont l'objectif est de connaître ses forces pour se maintenir dans un état de bien-être optimal. Le plaisir profond génère des émotions positives dont la durée est plus longue que celles générées par des plaisirs éphémères. La personne est dans un état de satisfaction.
3.    Le sens de la vie  (meaningful life) basée sur le don de soi où l'individu connaît ses forces et les met au service d'une cause plus grande que lui-même. Le sentiment d'accomplissement est alors profond et durable.

 

 

La pensée d'Alain avant la psychologie positive

Émile Chartier, dit Alain (1868-1951), est né dans la petite ville de
Mortagne-au-Perche, en Normandie, qui lui consacre aujourd'hui un musée.
Il est dans l'histoire littéraire le créateur d'un genre particulier : "  le propos  ",  forme de développement de la pensée dans une écriture précise.  Le propos n'est pas la maxime ni l'aphorisme, le Propos chez Alain est concis, affirmatif, porteur d'une pensé et d'une réflexion. On peut classer Alain comme un essayiste et moraliste de la pure tradition française.

 

citation Alain bonheur


Selon le philosophe Alain, apprécier le bonheur est une question d'action et de savoir vivre.
Dans son livre, toujours publié et lu dans de nombreux pays, Propos sur le bonheur, Alain fonde les principes de la psychologie positive, et du développement personnel.
Au coeur de sa pensée, il y a l'idée que vivre, c'est déjà être heureux. "Comme la fraise a goût de fraise, la vie a goût de bonheur", écrit-il.
Prenons quelques exemples de son best-seller Propos sur le bonheur. Alain pense que nous pensons nos émotions, et que notre cerveau peut les contrôler.   


" Sentir, c'est réfléchir, c'est se souvenir. Ceux qui ont trop pensé à leurs peines, lorsqu'ils les racontent à faire pleurer les autres, trouvent encore à cette action un petit soulagement. "

Concernant l'avenir, il conseille de faire appel à la raison et à la volonté pour choisir l'optimisme.

" j'aime bien mieux ne pas penser à l'avenir, et ne prévoir que devant mes pieds. Non seulement je n'irai pas montrer au mage le dedans de ma main, mais, bien plus, je n'essaierai pas de lire l'avenir dans la nature des choses ; car je ne crois pas que notre regard porte bien loin, si savants que nous puissions être. J'ai remarqué que tout ce qui arrive d'important à n'importe qui, était imprévu et imprévisible. Lorsqu'on s'est guéri de la curiosité, il reste sans doute à se guérir aussi de la prudence. "

Dans un autre passage il écrit sur l'importance d'agir, de se jeter dans l'action :  

" La destinée est instable ; une chiquenaude crée un monde nouveau. Le plus petit effort entraîne des suites sans fin. Celui qui a planté ces ormes n'a pas délibéré sur la brièveté de la vie. Jetez-vous comme lui dans l'action sans regarder plus loin que vos pieds, et vous sauverez vos ormeaux. "


Concernant l'action, il demande d'y mettre les moyens pour y arriver  

" Dès que l'on veut gagner, il faut vouloir les moyens, c'est-à-dire faire des sommes de petits profits. Ou bien c'est grimper sans regarder à chaque pas que l'on fait ; or toute pierre n'est pas bonne, et la pesanteur ne nous lâche jamais. Ruine est un beau mot ; car la perte est accrochée au marchand et le tire toujours. Qui ne sent pas cet autre genre de pesanteur perd sa peine."

Selon lui, un projet commence par l'idée, par l'imagination et progresse par l'action :

" L'imagination mène le monde des hommes, par ceci qu'elle ne peut s'affranchir
de coutume et il faudrait dire que l'imagination ne sait pas inventer ; mais c'est l'action qui invente. "

En matière de sentiments, il appelle à la raison, à la réflexion, pour lui, l'amour est un projet qui nécessite d'agir :  
" L'amour n'est pas naturel ; et le désir lui-même ne l'est pas longtemps. Mais les sentiments vrais sont des œuvres. On ne joue pas aux cartes pour les jeter au premier mouvement d'impatience ou d'ennui ; et personne n'a jamais eu l'idée de jouer au hasard sur un piano. "


Psychologie postitive

 

Le bonheur est une action

La philosophie et la psychologie positive se rejoignent pour constater que les personnes les plus satisfaites et optimistes sont celles qui ont découvert et exploité leurs forces et leurs  moyens. Le bonheur exige une vie agréable, un sens et une signification. Le bonheur exige de faire face au passé, d'être optimiste à propos de l'avenir, de profiter du présent, de cultiver les émotions positives, de chercher la connaissance, l'amour, la justice et d'avoir le courage et le sens de l'action.


Une vie agréable est une vie qui poursuit avec succès les émotions positives sur le présent, le passé et l'avenir, qui laisse à l'imagination les soins de proposer et l'action courageuse l'occasion de réaliser.
Le bonheur n'est pas le résultat de rebondir d'une joie à une autre ; atteindre le bonheur implique le fait de tolérer des périodes d'inconfort. Les psychologues sont d'accord avec les philosophes comme Alain qui disait qu'une partie importante du bonheur dépend de nos actions.   
Dans son livre sur Alain, Thierry Leterre écrit en 2006:

 

"Pour Alain, le bonheur ne dépend pas de ce que l'on a mais de ce que l'on fait, de notre capacité à agir. Le bonheur est une façon de faire."  

 

Bibliographie:
Alain : propos sur le bonheur, 1925
Seligman, Martin E.P. (2002). Authentic Happiness: Using the New Positive Psychology to Realize Your Potential for Lasting Fulfillment. New York, NY: Free Press.
Seligman, Martin E.P. (2004). "Can Happiness be Taught?" Daedalus, Spring 2004.

 

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La beauté est bénéfique pour nous

Beaute pyschologie


Si l'automne est votre saison préférée, c''est le bon moment pour une promenade,  pour admirer les couleurs des forêts et des jardins, et pour apprécier le pouvoir de la beauté à  générer du bonheur et du bien-être.
Dans les ouvrages de psychologie positive, on parle de la capacité des gens à apprécier la beauté et combien cette capacité peut être source de bonheur et de joie de vivre.
Faire une promenade attentive, marcher à un rythme lent et observer la beauté du monde, voilà un moment de détente pour l'organisme et aussi pour le cerveau. Si vous aimez l'art, regardez attentivement pendant quelques minutes les œuvres, vous allez être touché par l'expérience de la beauté. Si vous aimez les fleurs, il suffit de s'en entourer, de les regarder, sentir, toucher.  
On peut devenir photographe amateur pour mieux observer, mieux profiter de la beauté de notre monde. Photographier ce qui est beau est un moyen de prolonger le regard et de bénéficier des effets positifs de la beauté sur votre psychologie.

 

Beaute pensee

 


Kant : la beauté exige la pensée

La nature de la beauté et la nature de l'Art sont parmi les deux thèmes les plus discutés et les plus controversés dans la philosophie occidentale. La beauté a traditionnellement été considérée comme une valeur ultime, avec la bonté, la vérité et la justice.  Au XXIe siècle, la beauté semble retrouver un intérêt dans les débats en Europe.
Juger le goût n'est pas un jugement logique mais esthétique.
Jusqu'au dix-huitième siècle, la beauté était objective en occident. Pour Platon, la beauté était dans les formes, dans sa proximité avec une forme idéale ou avec une pensée divine. Ainsi, on avait créé les canons de beauté.
Au dix-huitième siècle, surtout dans les îles britanniques, la beauté était associée au plaisir ; le plaisir était l'origine de la beauté. Locke a traité la couleur comme source ou lieu de beauté, dans sa qualité de rêve de l'esprit.
Hume et Kant pensaient que le goût était subjectif. Le goût avait la capacité de détecter et de savourer la beauté. Sans plaisir, il n'y a pas de beauté.


Kant concède que le goût est subjectif, que tout jugement de beauté repose sur une expérience personnelle.
" Je pourrais profiter d'une expérience douce devant le portrait de ma grand-mère, par exemple, ou devant l'architecture d'une maison qui me rappelle la maison de mon enfance. Personne ne me reproche telles expériences, mais elles ne prétendent pas guider ou correspondre aux expériences des autres. " Kant
Selon Kant, le jugement selon lequel quelque chose est beau, est un jugement désintéressé. Le jugement doit être indépendant des désirs humains - les désirs économiques et sexuels, par exemple. Au 19ème siècle, on disait que la beauté est donc une valeur positive ; c'est un plaisir. (Santayana 1896)

 

La psychologie du chocolat et de bonbons

Selon Kant, l'expérience de la beauté exige la pensée, contrairement aux plaisirs sensuels. Pourtant, le plaisir d'un baiser, d'un morceau de chocolat ou d'un verre de vin peut être une expérience de la beauté.
En mai 2017, des chercheurs ont publié dans le journal Current Biology un article amusant sur la beauté et la pensé. Leurs expériences donnent raison à Kant et le contredisent en même temps.
Leurs résultats montrent que les distractions nuisent à l'expérience de la beauté. Pour être touché par la beauté d'un tableau ou d 'une image, il vaut mieux être concentré. Par contre, les expériences confirment que les plaisirs sensuels peuvent être beaux.
Ils ont trouvé que la beauté est agréable et que le plaisir est toujours beau, selon Denis Pelli de l'Université de New York.
Un plaisir intense ou une expérience profonde de la beauté exigent tous deux, une pensée.
Pour explorer ces théories philosophiques, les chercheurs ont demandé à 62 personnes d'évaluer le plaisir et la beauté ressentis en regardant une image, en goutant un bonbon ou un chocolat ou en touchant un ours en peluche. Les chercheurs ont remarqué que distraire les personnes réduisent leurs jugements de beauté. Une image était jugée belle, puis moins belle en cas de distraction, puis rejugée belle en cas de concentration et de calme.   
En d'autres termes, Kant avait raison. La beauté exige la pensée, la réflexion.
Cependant, contrairement à la proposition de Kant selon laquelle les plaisirs sensuels ne peuvent jamais être beaux, 30 % des participants ont déclaré avoir eu une expérience de beauté en savourant un bonbon ou en touchant un doux ours en peluche.
Ces résultats montrent que beaucoup d'autres choses en dehors de l'art, peuvent être belles - même les bonbons, ou les peluches.
Les chercheurs ont l'intention de poursuivre leurs études sur d'autres thèmes : Y a-t-il des gens qui ne peuvent pas éprouver de la beauté ? Quel rôle joue la beauté dans la prise de décision ? Une beauté est-elle nécessaire à la créativité ?  La laideur est-elle le contraire de la beauté ?
Dans d'autres cultures, la beauté rejoint la pensée de Kant, elle exige calme, pensée, et méditation, comme on le peut lire dans la littérature japonaise ou chinoise.  

 

Beaute benefices


En quoi est-ce utile ?
Dans un musée ou dans un jardin, il est important de ne pas distraire les autres, un tableau est plus beau, un jardon est plus magnifique quand le cerveau est concentré. Quand on veut savourer un moment de beauté, arrêtons nos portables et nos smartphones, et plongeons nous dans la beauté sans distraction. C'est ce qu'on fait généralement en écoutant la musique ou en lisant.   


Quand nous embrassons notre amoureux, quand nous savourons une bonne pâtisserie, ou quand nous laissons agir nos sens, nous n'avons pas besoin de réfléchir, nos sens peuvent nous transmettre la beauté sans l'intervention de la pensée.


Réf
Aenne A. Brielmann, Denis G. Pelli. Beauty Requires Thought. Current Biology, 2017; DOI: 10.1016/j.cub.2017.04.018

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Je me réjouis des malheurs des autres !

femme boxe

 

Dans un mail, Patricia avoue qu'elle se réjouit des malheurs des autres. Ce sentiment intime la met mal à l'aise. Elle avoue qu'elle jalouse les autres, se réjouit de leur malheur, et se sent parfois coupable.

 

"Pourquoi les gens ne peuvent s'empêcher de sentir un plaisir quand le malheur frappe les autres? Je ne vous cache pas que ce sentiment m'étonne, je n'arrive pas à savoir ce qui alimente mon intérêt pour le désastre et le malheur. Il m'arrive parfois de regarder à la télévision la vie des gens riches et célèbres, et lorsqu'un présentateur de télé passe devant les juges, je suis plutôt joyeuse, et quand un grand patron d'entreprise est viré, je suis contente en me répétant : il mérite.

 

Mon voisin a fait installer une jolie piscine bleue dans son jardin. J'en étais jalouse, presque malade mais récemment, ce voisin divorce.

La maison est mise en vente. J'ai eu un sentiment de joie à ma grande honte!! . Je ne gagne rien à ces malheurs, mais cela me fait plaisir, c'est curieux. Comment analyser ma " méchanceté?"

 

Les humains s'évaluent en fonction des gens qui les entourent, comme dans un jeu de miroir. Si les gens autour de nous trébuchent, notre estime personnelle augmente.

 

Schopenhauer décrivait ce sentiment comme " la réjouissance méchante : schadenfreude". Certains pensent que l'humain serait programmé pour jouir du malheur des autres.

 

Comment réagit un groupe qui observe deux étudiants? Le premier: privilégié, voiture, copine, bonnes notes, famille riche, et un autre jeune homme pauvre, sans copine, sans voiture, notes moyennes. Il y a une forte chance que le groupe d'observateurs envie le sort du premier mais se réjouit de sa chute. Comme si l'envie constituait un puissant déclencheur de la jouissance méchante " schadenfreude ".

 

D'autres pensent que c'est le ressentiment qui agit dans ces cas; Plus on jugeait que les gens ne méritaient pas leur statut, plus on a plaisir à leur chute". Vous ne les croyez pas méritants, et vous ressentez la schadenfreude. !!!

 

Les personnes que nous envions le plus sont celles qui nous sont les plus proches. Mais l'âge de l'information, la télévision, et Internet, ont compliqué la situation en nous mettant en concurrence avec des personnes que nous ne connaissons pas. Il est risible de passer son temps à regarder à la télévision les malheurs d'un homme riche jugé à l'autre bout de la terre et pourtant c'est ce que nous faisons, comme si la piscine bleue était dans nos têtes avant d'être dans la réalité.

 

Lorsqu'un puissant est condamné par la justice, certains ressentent les mêmes émotions ou lorsqu'un collègue surpayé est mis à la porte. Lorsqu'un voisin riche divorce, on se réjouit. Cela nous rassure, les riches divorcent, les piscines sont vendues, et nous avons notre bonheur familial même sans piscine. Donc, la piscine si convoitée n'a plus d'intérêt.,

 

L'augmentation de l'estime de soi diminue l'intensité du ressentiment. Une bonne estime de soi permet de ne jalouser personne ni d'envier les piscines bleues !!!

 

Que voulez-vous Patricia, les humains sont comme ça !!! Mais entre-nous, pensez-vous que la piscine fait le bonheur?

 

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