Repas: combien par jour? Comment tromper votre faim?

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Dans l'histoire de la médecine, la compréhension de la physiologie de la digestion et les avancées des sciences de nutrition n'ont pas influencé réellement la routine alimentaire. Depuis l'antiquité, on pensait que la digestion des aliments se fait plus vite et mieux pendant le sommeil, la médecine moderne ne confirme pas cette constatation ; cependant aucun médecin ne peut proposer une routine alimentaire scientifiquement prouvée même si l'idée d'absorber  des repas copieux avant de dormir semble abandonnée.

 

Quel repas

La plupart des aliments sont consommés dans le cadre de repas. Les repas varient selon plusieurs facteurs :
- La combinaison d'aliments consommés. Par exemple, un repas en France un repas comporte viande avec un ou deux légumes, puis fromage. Un repas britannique ne comporte pas de fromage
- selon le traitement, la préparation et la cuisson. Cela peut avoir un impact sur la valeur nutritionnelle des aliments. Par exemple, la cuisson à la vapeur des légumes permet de réduire les pertes de vitamines solubles dans l'eau.
- L'ordre dans lequel les éléments sont consommés. Dans dans la plupart desPays européens, un repas formel est composé de trois séquences :entrée, plat principal, et dessert. En chine, les plats sont servis ensemble sans séquence.
- Comment la nourriture est consommée : avec les mains ou des outils, des plats séparés ou un bol commun. C'est une question culturelle et de savoir vivre. C'est une question importante sur le plan cultuel et hygiénique.
Dans certaines sociétés, les hommes et les femmes mangent séparément, dans d'autres pays, les enfants ne mangent pas avec les adultes.

 

Combien de repas ?

La seule réponse valable à la question : combien de repas par jour faut-il consommer est la suivante : c'est du cas par cas. Certaines personnes se portent bien avec trois repas et deux  collations, d'autres avec deux repas seulement. Le nombre de repas suit également l'activité physique et les besoins alimentaires. Certaines personnes n'ont pas faim le matin, et n'ont pas besoin de prendre le petit déjeuner.

À l'exception des enfants, des adolescents et des personnes âgées, le nombre de repas devrait suivre les besoins personnels et le goût de chacun, à condition que nous soyons à l'écoute des signaux de la faim, de bien connaître les besoins de son organisme.
Il n'existe pas non plus une vérité scientifique sur la quantité d'aliments à consommer à chaque repas. Notre tradition en France est de manger un dîner copieux. L'obésité en France n'est pas plus fréquente que dans certains pays anglo-saxons où les traditions invitent à ne pas manger après 19 heures pour éviter de prendre du poids.

abs11.5-orange En conclusion, il n'existe pas de règles concernant le nombre des repas, il faut se connaître, respecter son organisme et ses besoins alimentaires. Chez une personne adulte en bonne santé, la routine alimentaire est une question de goût et le besoin et non pas une question de règles ou de recettes. Ainsi le petit déjeuner n'est pas vraiment le repas le plus important, le dîner n'est pas le repas responsable de l'obésité.

abs11.5-orange Dans certaines maladies : diabète, hypoglycémie, le reflux oeso-gastrique, colon irritable,  il est conseillé de manger plusieurs petits repas par jour afin de permettre à l'organisme de mieux lutter contre ces maladies. Chez les sportifs et les athlètes, la routine alimentaire devrait suivre les besoins de l'activité physique bien évidemment.

Aliments-art

 

Manger à votre faim

Manger est un plaisir. C'est un moyen pour fournir à notre organisme des nutriments et calories. On revient toujours à la phrase de Molière ou "on mange pour vivre et non pas  vivre pour manger". La vie offre heureusement d'autres joies que la nourriture, et d'autres satisfactions que les sucres et les lipides.

 

 

Pour bien manger

- Nous devons manger pour nous restaurer, et non pas pour satisfaire nos sens.
L'organisme doit remplacer l'énergie  dépensée au cours de la journée, et absorber des aliments qui lui permettront de construire et de réparer ses tissus et ses organes. La première fonction de la faim est de satisfaire l'organisme, c'est à dire remplacer ses pertes d'énergie, et lui permettre d'avoir les moyens d'assurer le bon fonctionnement des organes. Ainsi il est légitime de manger à sa faim, sans dépasser les limites raisonnables.

- Pour conserver un poids santé, sans excès, ni obésité, bien manger consiste à manger à sa faim, pour éviter de se sentir mal dans sa peau, pour éviter une frustration supplémentaire.

- Il est indispensable de lutter contre le sentiment punitif généré par certains régimes, qui consiste à nous faire croire que pour maigrir il faut souffrir ou mourir de faim. Il est indispensable de satisfaire votre faim, pour éviter les variations de poids, et cette frustration associée à une colère contre soi  ou contre la nourriture qui invite les personnes à abandonner leurs régimes ou leur contrôle sur la nourriture.

- Il est indispensable de lutter contre la faim car cette sensation désagréable peut  devenir une source d'irritabilité et d'agressivité qui punit socialement et émotionnellement. Inutile de garder un poids raisonnable en perdant son soutien et son réseau social.

- Pour bien manger, il est possible de s'alimenter sans engraisser, en appréciant les plaisirs  de  la table, en mangeant sainement, d'une façon équilibrée et variée, sans se priver, et sans gagner de  poids.

- Bien manger à sa faim et avant tout une question de qualité, et non pas de quantité. La nourriture ne console pas, la vraie réponse à nos anxiétés et à nos frustrations ne sont pas dans les assiettes.

 

Faim ou Appétit ?

La faim est un besoin organique qui ressemble au phénomène primitif des animaux, c'est une sensation négative, douloureuse et frustrante, liée à une sensation de vide dans l'estomac, qui peut s'accompagner d'un malaise général, d'une sensation de faiblesse et parfois des maux de tête. La faim est un besoin naturel, qu'il convient d'accepter et de valider.
L'appétit est une envie et non pas un besoin. L'appétit (et le plaisir et le désir de manger,) accompagne parfois la faim, mais peut être indépendant. Dans ce cas l'appétit est influencé par plusieurs facteurs : le mode  de préparation, de présentation des aliments augmente le désir de manger de même que l'emploi des épices, des condiments et autres. L'ambiance générale aussi la présence des convives améliore l'appétit et l'envie de manger.
L'appétit et la recherche d'un plaisir qui ne sont sûrement pas d'ordre vital, mais qui s'exprime par le désir de manger quelque chose qui nous attire et qui nous plaît. Le comportement alimentaire de l'être humain demeure un phénomène mal connu et complexe. Idéalement pour ne pas grossir, l'appétit devrait correspondre à la faim ;  en d'autres termes, manger devient un besoin et non pas une recherche de plaisir. La faim est faite pour conserver la vie, l'appétit flatte  nos sens et augmente le plaisir.

 

Adoptons l'alimentation consciente 

Nous mangeons pour de nombreuses raisons autres que la nutrition :
Nous mangeons pour fêter,
Nous mangerons par ennui,
Nous mangeons par habitude
Nous mangeons à cause du stress.
De nombreux facteurs influencent notre consommation de nourriture : Manger sans réfléchir, régimes chroniques, troubles de comportement alimentaire, sentiment de culpabilité, obsession, incapacité de maîtriser ses émotions face à la nourriture. Ces comportements peuvent entraîner non seulement de mauvaises habitudes alimentaires, mais aussi une relation malsaine avec la nourriture.

L'alimentation consciente exige certains points :
- une relation saine avec la nourriture,
- avoir conscience des besoins nutritionnels,
- apprécier la nourriture,
- faire preuve de souplesse à l'égard du régime alimentaire,
- accepter son corps
- s'accepter sans porter des jugements catégoriques.
- avoir conscience des facteurs qui modifient notre relation avec la nourriture, nous poussent à manger sans réfléchir,
- trouver des stratégies qui favorisent le plaisir de manger.

 

Vous avez vraiment faim ?

Nous mangeons pour alimenter notre corps, nous mangeons pour des raisons physiques, émotionnelles et sociales.
Pour simplifier notre relation avec la nourriture, On peut décrire trois types de faim :
- Faim de l'estomac : Le faim de l'estomac est physique. Notre corps nous dit qu'il a besoin d'énergie.
- Faim de la bouche : c'est la recherche du goût, d'une texture en particulier, envie de salé, sucré ou de croquantes.
- Faim émotionnelle : manger pour des raisons émotionnelles, à cause d'un comportement, comme par exemple manger pour se réconforter après une journée difficile. Cette faim émotionnelle nous pousse à nous alimenter pour nous consoler.

 

Etre conscient de sa faim

Certaines stratégies peuvent aider à comprendre la nature de notre faim, et des trouver les outils pour corriger certains comportements.
- Afin d'éviter de manger pour se consoler, réfléchissez aux situations dans lesquelles vous vous sentez mal, comme les situations stressantes au travail ou le stress quotidien.
- Cherchez les moyens de vous réconforter autrement que par la nourriture : écouter de la musique, discuter avec des amis, faire des exercices physiques. Vous pouvez envisager d'autres activités comme la lecture, la relaxation ou les activités artistiques.
- Organisez votre alimentation sous forme d'un journal, ou d'un plan pour avoir conscience de ce que vous mangez et des raisons pour lesquelles vous mangez.
- Cherchez les déclencheurs de votre faim émotionnelle et comment y répondre autrement que par la nourriture.
- Vous pouvez éviter certains déclencheurs de faim. Si vous pouvez identifier des situations ou des moments de la journée qui présentent des risques, essayez d'y faire face en trouvant une réponse valable.
- Vous pouvez ajuster vos achats pour planifier vos repas au début de semaine. Les aliments sains et peu caloriques sont à portée de la main, faciles à prendre, comme les fruits, les légumes, et les yogourts. Tentez de répondre à vos besoins émotionnels par une nourriture saine.
- Cherchez d'accroître votre contrôle sur vos habitudes alimentaires : éviter de cultiver un sentiment de privation ou de culpabilité, attendez avant de manger pour découvrir combien de temps cette faim émotionnelle peut durer.
- Gérer le stress et contrôler les pensées négatives, cela permet de lutter contre la faim émotionnelle.

 

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La faim, comment la tromper

C'est toujours le même problème, la sensation de faim nous rend irritable, frustré, nous fragilise, et finit par nous inviter à abandonner nos régimes ou notre contrôle sur la nourriture. Ainsi, nous cédons à notre appétit, nous mangeons au-delà.

En règle générale, à aucun moment de votre régime, vous ne devriez avoir faim. La sensation de faim n'a pas raison d'être, car elle peut jouer un rôle néfaste dans le régime ou le contrôle que nous exerçons sur notre alimentation. Un régime pour maintenir son poids santé, pour perdre quelques kilos ne devrait pas s'accompagner de faim ou de souffrance.

Il est parfois difficile de lutter contre la souffrance de la fin, contre ses fringales qui nous harcèlent en dehors du repas.
Tout d'abord si vous avez des fringales, il faudra vous méfier des gourmandises comme les biscuits secs, les crèmes glacées, les gâteaux, ou les brioches. Vous pouvez consommer raisonnablement ces gourmandises si vous l'avez fait vous-même, en sachant pertinemment la quantité énergétique présente dans ces préparations.


La consommation de ce genre de gourmandises fabriquées par l'industrie agroalimentaire est un vrai danger pour votre contrôle alimentaire ou votre régime, car l'industrie agroalimentaire soigne le goût et la présentation, et n'a pas pour objectif le contrôle alimentaire ou le régime.

Il existe des moyens pour tromper la faim, et surmonter ses fringales :
Au début de vos repas, essayez de manger une salade composée de plusieurs légumes pauvres en calories, comme laitue, céleri, concombres, radis, et chou. C'est légume contiennent beaucoup de cellulose, des fibres alimentaires, ayant pour effet de gonfler dans l'estomac, d'offrir une sensation de plénitude, et de lutter contre la sensation de faim.

Les protéines enlèvent également la sensation de faim. Il est utile d'y penser. Il ne faut pas oublier de manger de la viande, du poisson, des œufs, du fromage ou des laitages.

Pour éviter la sensation de faim, il ne faut jamais sauter un repas.  Abandonner un repas peut mener au cours de la journée à une chute de sucre dans le sang que les médecins nomment hypoglycémie, qui finira par déclencher une pénible sensation de faim, orientée vers les aliments sucrés.

Pour avoir moins de faim, évitons les sucres raffinés, qui stimulent le pancréas qui fabrique de l'insuline, provoquant ainsi une hypoglycémie, et une sensation de faim.
N'oubliez pas, l'eau peut aider à diminuer les contractions de l'estomac, et peut aider dans certaines occasions à alléger la sensation de faim et jouer le rôle d'un coupe-faim.

Si la sensation de faim vous harcèle entre les repas, ils existent de nombreux aliments sur lesquels vous pouvez compter pour apaiser cette sensation de faim sans trahir votre régime, et sans engraisser. On peut citer les cornichons, les salades assaisonnées et arrosées de jus du citron, des branches de céleri, salade de tomates, des radis, concombres, carottes râpées, fromage maigre, yogourt nature, un œuf , une tranche de jambon de préférence moins salée que d'habitude.

 

 

légumes, repas végétarien

Comment équilibrer nos repas pour être en forme toute la journée ?

 

Trois principes de base sont utiles pour garantir l'énergie, la santé mentale et la santé physique: dormir suffisamment, bouger et bien manger ! Afin de préserver notre santé, nous devons travailler sur ces différents aspects. L'équilibre alimentaire est un élément clé pour être en bonne santé, et en bonne forme. 

 

Pensez aux sucres

Le corps ne peut fonctionner sans sucre. Il est essentiel de se nourrir d'ingrédients nutritifs et variés, mais aussi, de glucides. Le cerveau humain se nourrit uniquement de glucose, un type de glucides. Le cerveau ne représente que 2 % de notre poids, mais il consomme 20 à 25 % de l'énergie alimentaire quotidienne. Certains pensent que les glucides entraînent l'obésité. C'est une idée fausse, tout repose sur le choix des sources de glucides et de la quantité consommée. Les glucides existent dans les fruits, dans les légumes, dans les produits céréaliers, et non pas seulement dans le chocolat et les bonbons.

 

Les protéines

Pour assumer une bonne performance intellectuelle tout au long de la journée, il est important d'intégrer une bonne dose de protéines dans vos repas.  On retrouve ces protéines dans les produits laitiers, dans les viandes, et dans les produits de substituts de repas. Ces aliments assurent la satiété et fournissent l'énergie nécessaire pour les travaux d'endurance.

Il est important également d'associer les glucides aux aliments riches en protéines. On trouve les glucides dans les plats sucrés, les sucres lents (comme riz, pâtes, fruits et légumes) sont à préférer aux sucres rapides comme les friandises, bonbons ou chocolat. De l'autre côté les sources de protéines comme le fromage, les fruits secs aident à maintenir un bon niveau d'énergie tout au long de la journée.

 

Bien associer, bien manger

Les aliments sont notre source principale d'énergie, bien les assimiler, il assure le bon fonctionnement de notre organisme.

Ce que nous absorbons, la manière de le faire, influence directement notre santé. L'organisme n'est pas un entrepôt. Ses capacités à stocker et à assimiler sont limitées, tout excédent se transforme en éléments néfastes. Parfois on se prive de l'essentiel, parfois nous avons la fâcheuse habitude de tout mélanger, alors que certaines combinaisons alimentaires perturbent notre digestion.

 

La qualité des aliments est essentielle

Pour votre nourriture, il est conseillé de choisir des produits sains qui offrent toutes les garanties, les produits les plus frais. Rien ne vaut le produit frais cultivé naturellement et près de chez vous. N'oublions pas que les légumes et les fruits débordent de vitamines, de minéraux, d'oligo-éléments et d'enzymes qui dynamisent les fonctions vitales. La consommation des fruits et légumes crus stimule la digestion. C'est pour cela que les salades se consomment au début de repas.

Prenons l'habitude de mâcher et de manger tranquillement sans nous presser, de consommer des produits sains et frais, sans excès et en quantité. La bonne santé sera au rendez-vous.

 

Savoir planifier les repas 

Combien de fois êtes-vous rentré chez vous après une journée au travail, sans avoir aucune idée sur la composition de votre dîner ?
En planifiant quelques repas pour la semaine, vous pouvez économiser un stress inutile et manger mieux.
Le repas en famille est un moment important si vous avez des enfants. Les enfants et les adolescents devraient manger des repas réguliers, pour éviter le grignotage et le risque d'obésité, de même pour éviter le risque de fatigue. Le dîner est souvent le meilleur moment pour le repas familial, un moment où la famille est réunie à la fin de la journée.
La planification des repas peut être bénéfique pour la santé de votre famille, elle permet d'avoir un contrôle efficace sur la quantité d'aliments préparés, pour éviter la consommation de la restauration rapide ou collective, et pour élaborer des menus variés riches en éléments nutritifs. Cette planification vous permet également de mieux gérer le budget de votre famille en réduisant le nombre d'achats que vous faites par hasard, ou par coeur.


La planification des repas exige d'avoir des idées sur les menus, sur les ingrédients, et sur l'apport nutritif de vos menus. Vous pouvez ainsi faire vos achats d'une façon raisonnée et organisée.
La planification des repas peut devenir avec le temps une règle alimentaire dans votre famille, une sorte de routine où vous pouvez associer les désirs, l'apport nutritif, l'économie du temps et l'économie d'argent.


 

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Fascisme japonais : crise économique et refus de modernité

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Fascisme japonais : de la crise au refus de modernité


Le fascisme japonais et le fascisme européen ont de nombreuses similitudes : régimes autoritaires et tendances totalitaires.
Cependant, il existe une différence importante : le fascisme japonais est un mouvement sans réel soutien populaire, tandis que la montée de l'extrême droite en Europe était portée par un mouvement de masse en Italie et en Allemagne. Au japon, crise et peur de la modernité ont amené l'extrême droite au pouvoir.  

 

La modernité frappe à la porte de l'ile empire    

La mort de l'empereur Komei donna l'occasion au jeune prince Mutsuhito, devenu le successeur de son père, d'abattre définitivement les partisans du shogunat (gouvernement militaire) dans la Guerre de Boshin. Après son accession au trône, le jeune souverain ordonne le transfert officiel de la capitale impériale de kyoto à l'ancienne résidence des shoguns (aujourd'hui le Palais impérial), à Edo, ville qui fut rebaptisée " Tokyo ", c'est-à-dire la "Capitale de l'est".


L'ère Meiji commença le 23 octobre 1868, permettant l'entrée organisée et volontaire du Japon dans l'ère industrielle, l'abandon d'un régime féodal. La Charte en 1868 des dirigeants Meiji stipulait la mise en place d'assemblées délibérantes, la participation de toutes les classes dans les affaires politiques, abrogation des restrictions de classe sur l'emploi, recherche de la connaissance internationale.
Une constitution fut élaborée en 1889 comportant 11 articles. On voit la naissance d'un Conseil d'État, des organes législatifs, du suffrage universel, de nouvelles règles administratives locales.
Autre réforme importante, l'abolition de la classe guerrière les samouraïs.


La Conférence d'Osaka en 1873 aboutit à la réorganisation de l'administration d'un système judiciaire indépendant et à la création d'une chambre des anciens, chargée d'examiner les propositions de la législature.

Bien que le gouvernement ne s'opposa pas au parlementarisme, il continua à contrôler la situation politique. De nouvelles lois en 1875 interdisent la presse de critiquer le gouvernement et l'examen des lois nationales. La loi sur les réunions publiques (1880) limite sévèrement les rassemblements publics en interdisant la participation des fonctionnaires et nécessitant une autorisation de la police.

Cette réforme ne fut pas acceptée par tous, et provoqua en 1877 la rébellion de Satsuma menée par l'un des fondateurs de la nouvelle ère, Takamori Saigo, alimentée par des réflexes xénophobes et conservateurs de la société japonaise. Celle-ci sera rapidement matée au bout de six mois par les forces impériales.


Le japon est partie en guerre contre la Chine en 1894-95. Cette première guerre sino-japonaise va durer du 1er août 1894 à 17 avril 1895 opposant la Chine de la dynastie Qing à l'empire du Japon, pour le contrôle de la Corée. Après six mois, les Qing demandent la paix en février 1895. Cette guerre indique la domination japonaise en Asie orientale et une sévère perte de prestige et de pouvoir de la dynastie Qing, et inaugure une importante vague de protestation, et de révolutions.

Le Japon a connu, durant les années qui ont précédé la guerre, un fort développement économique instauré dès 1872 pour transformer le régime féodal et moderniser le pays. Le Japon s'est organisé comme un État moderne, au pouvoir central fort, avec un régime parlementaire. La modernisation s'est étendue à l'armée, et à l'industrie militaire.

La Corée était traditionnellement tributaire de la Chine. La première guerre sino-japonaise en 1894-1895, permettra à l'Empire du Soleil Levant, par le traité de Shimonoseki de mettre la main sur Taïwan, l'archipel des Pescadores et la presqu'île du Liaodong, ainsi que de placer La Corée sous sa sphère d'influence (signature d'un traité d'alliance militaire).


Dans un quart de siècle, le "miracle de Meiji "sous forme de modernisation accélérée a transformé le japon d'un pays sous-développé en une puissance mondiale.


Le japon entre en guerre en 1894. Pour la même occasion, il exige une révision de ses traités inégaux avec les nations occidentales. Cette révision est aussi devenue une demande populaire.
En dépit des divergences de vue parmi des intellectuels et et les hommes politiques sur les méthodes de modernisation et les valeurs culturelles, cette victoire faisait une exceptionnelle unanimité au sein de la société japonaise.


La crise : porte ouverte à l'extrême droite


La crise de 1929-30 allait provoquer un changement radical de la politique de coopération avec l'occident. La crise encouragea les courants les plus radicaux. Ces mouvements appelaient à un régime autoritaire qui imposerait sa volonté à intérieur et à l'extérieur.

En 1925, l'Union soviétique reprend le contrôle de la Mandchourie. En 1931, l'incident de Mukden dans le sud de la Mandchourie sera à l'origine d'une guerre. Il s'agit d'un attentat contre une section de voie ferrée appartenant à la société japonaise : chemin de fer de Mandchourie du sud (Minami Manshu Tetsudo Kabushiki-gaisha).

L'armée japonaise intervient en Mandchourie. Le 18 février 1932, le Japon déclare la zone indépendante de la république de Chine, sous le nom de " Grand État mandchou (Mandchoukouo) de Chine".
Suivant une politique d'expansion impériale, le Japon va reproduire ce modèle en installant des gouvernements d'occupation pro-japonais dans la république de Chine, aux Philippines, et en Thaïlande. Le Mandchoukouo est utilisé comme base arrière pour les invasions japonaises, et lieu de déportation des Chinois après la guerre sino-japonaise.

 

fascisme japon eleves instruction militaire


L'armée faisait la guerre à l'extérieur, les ultra-nationalistes de droite à l'intérieur et à l'extérieur en commençant à terroriser la population à l'intérieur du Japon,  intimidant les libéraux, les industriels, et les investisseurs. Libéraux et capitalistes furent jugés responsables de l'état du pays.
Le politologue Masao Maruyama (1914-1996) décrit les idées de l'ultra-nationaliste  :


" Le contenu de leur idéologie était extrêmement vague et abstrait. Le principe était d'accepter l'autorité absolue de l'empereur et de se soumettre à ces ministres. Toute tentative pour formuler une idée opposée à la volonté impériale devrait être considérée comme une invasion, une agression. Ils diffusaient une sorte d'optimisme mythologique et simpliste selon laquel il suffit de liquider les méchants et les corrompus pour que les nuages se dissipent, et que le soleil impérial du Japon brille à nouveau."

 

Ces idées gagnèrent aussi certains pays européens comme l'Allemagne et l'Italie.

En mai 1932, un groupe de jeunes officiers de marine assassinent le premier
ministre. Les gouvernements démocratiques ne gouvernent plus. Les deux grands partis continuent à gagner les élections en attendant leur dissolution en 1940 au nom de l'unité nationale.
A partir de 1932, le premier ministre nommé par les militaires, est encadré par des bureaucrates qui coopèrent avec les militaires.


Cette phase de l'histoire est décrite par les japonais comme la phase de fascisme de leur pays, qui a impliqué le japon dans la guerre du Pacifique et, enfin de compte, pour aboutir à sa défaite militaire en 1945.


Bien que la plupart des chercheurs occidentaux soient réticents à appliquer le concept européen du fascisme à l'évolution du Japon pendant cette période, il est clair que, sous la pression internationale et les crises internes, la démocratie parlementaire qui avait évolué au Japon à partir de la moitié de la période Meiji, s'est complétement désintégrée devant la crise économique, et devant la montée de l'armée, celle-ci ayant réussi à établir un état oppressif dès la fin des années 30.

 

Les fascistes en Europe ont été inspirés par des "leaders" comme Hitler et Mussolini, ils sont arrivés au pouvoir grâce à des mouvements de masse. Au japon, aucune mouvement de masse n'a participé à l'installation d'un état policier. En raison de la crise, les militaires ont fini par convaincre d'être les dépositaires de l'esprit national et traditionnel japonais, d'être le seul espoir pour l'unité de la nation.


Une fois au pouvoir, l'ennemie qui avait conduit le peuple égaré fut désigné : la modernité et les doctrines et idéologies socio-politiques propagées par l'occident.
Dans un tract publié en 1937 intitulé les principes Fondamentaux de notre politique nationale :

 

" On peut dire qu'en occident comme dans notre pays, l'individualisme est dans l'impasse, il conduit à la confusion idéologique et sociale et aux crises."

 

Les militaires ont diffusé l'idée que le Japon était une terre sacrée, gouvernée par un bon empereur, que les citoyens étaient membres d'une grande famille, censés servir l'Etat avec fidélité. Les militaires avaient la sainte mission d'étendre l'influence japonaise à l'étranger et de préserver la paix à l'intérieur.

Durant ces années, de nombreux auteurs et artistes furent interdits ou poursuivis, non seulement les auteurs communistes ou auteurs de gauche mais des dramaturges, des professeurs et des écrivains. Il était interdit de commenter ou de juger la politique dans les journaux comme dans les universités.

 

Les idées des militaires et de leurs alliés critiquaient également les modes, et les " grotesques habitudes " et "l'absurdité des idées occidentales".

On interdisait les salles de danse, les revues féminines, les mini golfs, et même les mots croisés.

 

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