Lien entre romantique et romance

romance-romantique-lien-rose Lien entre romance et romantique

romance romantique lien rose

Dans l’esprit de la plupart des gens, les mots « romance » et « romantique » évoquent des pensées d’amour avec la connotation de quelque chose de dramatique ou de passionnel. 
Quel est le lien entre ces deux mots et la fiction littéraire ?

 

La réponse réside chez les Romains. Ayant conquis la majeure partie de l’Europe, l’un des principaux héritages laissés par les Romains était la langue. Les langues romanes, dont les plus parlées sont le français, l’italien, l’espagnol et le portugais, sont les langues qui dérivent du latin courant parlé par les citoyens ordinaires à travers l’Empire romain.
Les romans du début du Moyen-Âge racontaient des histoires écrites, généralement en vers. Le sujet était souvent tiré des exploits héroïques d’Alexandre le Grand, le roi Arthur et ses chevaliers, ou Charlemagne.
En France, le romantisme médiéval s’intéressait souvent autant à l’amour, même s’il s’agissait d’un amour courtois idéalisé, qu’à l’aventure. Cette tradition de contes héroïques, et fantaisistes et chevaleresques s’est poursuivie jusqu'à la renaissance, et a été gentiment ridiculisée par Cervantès dans son ouvrage Don Quichotte qui introduit un élément plus réaliste dans la fiction.

 


À partir du XVIIIe siècle, le mot romance a pris différentes significations littéraires, mais il a généralement été appliqué aux histoires qui comportaient un élément de fantaisie ou d’exagération, par opposition aux histoires plus ancrées dans la réalité quotidienne que l’on appelle romans (de l’italien novellas qui signifie histoire ou nouvelle).

 

 

Sens de la romance

 

 

Ce sens de la romance peut être étendu aux œuvres de Walter Scott au XIXe siècle, Dumas, Conrad et Tolkien au XXe siècle, tous maîtres des récits d’aventure avec un élément d’improbabilité. Mais le XVIIIe siècle a vu l’apparition de romans dont le sujet principal était l’amour et la romance (au sens moderne du terme), souvent du point de vue féminin. Pamela (1741) de Samuel Richardson est un des premiers exemples populaires, les chagrins du jeune Werther (1774) de Goethe, qui est un narrateur masculin. Chacun de ces livres invitait le lecteur à ressentir la détresse de ses protagonistes et avait une dimension sensuelle ou érotique.

 

Avec l’apparition du roman gothique à la fin du siècle, les deux sens du romantisme ont été combinés. L’accent mis sur l’identification émotionnelle a été joliment mis en avant par Jane Austen dans sa parodie du gothique, Northanger Abbey, et dans Raison et sentiments, où le sens commun est mis en contraste avec une sensibilité exacerbée.

 

La vision souvent ironique de Jane Austen sur la relation entre les sexes incarne la fiction « romantique », M. Darcy représentant l’archétype du mâle, beau et désirable. C’est l’origine du « roman d’amour » moderne : des fantasmes divertissants et évasifs de séduction et d’amour produits en grande quantité par des auteurs au XXe siècle tels que Barbara Cartland, Nora Roberts et Sophie Kinsella.

 

 

Largement stigmatisé par les critiques, ce genre est extrêmement populaire auprès de son lectorat (essentiellement féminin) et constitue aux États-Unis près de la moitié des ventes de livres de poche de fiction. La romance est un terme moins utilisé en France, et remplacé parfois par le terme roman d‘amour ou littérature sentimentale.

 


Ce genre était moins présent en France, mais progressivement, la littérature sentimentale a gagné son public et ses lettres de noblesse chez les lecteurs. Les critiques ne semblent pas apprécier cette écriture.
Les écrivains de littérature sentimentale existent, les livres se vendent bien, mais les écrivains sont moins médiatisés que dans le monde anglo-saxon.

 

Références


Peter Melville Logan : Wiley-Blackwell Encyclopedia of Literature, 2011 Blackwell Publishing

 

 

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Françoise Sagan: anti romance

Sagan---anti-romance

Sagan   anti romance

 

 

En 1954, Simone de Beauvoir publie son roman les mandarins et décroche le prix Goncourt. Elle s'interroge sur la possibilité de concilier désir et responsabilité sociale, épanouissement personnel et couple.

Même année, le premier roman d'une jeune de 17 ans, habilement commercialisé par son éditeur, retient l'attention du public et de la critique, et remporte en mai le prix des Critiques.

 

 

sagan  francoise bonjour tristesse

 

Bonjour tristesse 1954

Bonjour tristesse de Françoise Sagan devient un best-seller en France puis aux États-Unis. Le roman est une romance familiale plutôt qu'une romance proprement dite.

Le roman a choqué et ravi les lecteurs par sa représentation de l'adolescence sexualisée, amorale, absorbée par les plaisirs et le confort égoïste plutôt que par le devoir ou par la recherche du véritable amour.
Cécile, jeune parisienne de dix-huit ans, sort et fréquente en compagnie de son père Raymond, un quadragénaire veuf séduisant, frivole et libertin. Cécile va d'un garçon à un autre, elle s'ennuie, est triste.
«Paris, le luxe, la vie facile. Je crois bien que la plupart de mes plaisirs d'alors, je les dus à l'argent : le plaisir d'aller vite en voiture, d'avoir une robe neuve, d'acheter des disques, des livres, des fleurs. Je n'ai pas honte encore de ces plaisirs faciles, je ne puis d'ailleurs les appeler faciles que parce que j'ai entendu dire qu'ils l'étaient..

Avec son père et sa maîtresse Elsa âgée de vingt-neuf ans, elle passe l’été sur la Côte d’Azur, insouciants et légers, existence hédoniste, luxe, nonchalance et plaisirs. Cécile flirte avec Cyril, un jeune voisin, étudiant.
Avec lui elle découvre la sexualité :

"À deux heures, j’entendis le léger sifflement de Cyril et descendis sur la plage. Il me fit aussitôt monter sur le bateau et prit la direction du large. La mer était vide, personne ne songeait à sortir par un soleil semblable. Une fois au large, il abaissa la voile et se tourna vers moi. Nous n’avions presque rien dit :
« Ce matin…, commença-t-il.
– Tais-toi, dis-je, oh ! tais-toi… »
Il me renversa doucement sur la bâche. Nous étions inondés, glissants de sueur, maladroits et pressés ; le bateau se balançait sous nous régulièrement. Je regardais le soleil juste au-dessus de moi. Et soudain le chuchotement impérieux et tendre de Cyril… Le soleil se décrochait, éclatait, tombait sur moi. Où étais-je ? Au fond de la mer, au fond du temps, au fond du plaisir… J’appelais Cyril à voix haute, il ne me répondait pas, il n’avait pas besoin de me répondre.
La fraîcheur de l’eau salée ensuite. Nous riions ensemble, éblouis, paresseux, reconnaissants. Nous avions le soleil et la mer, le rire et l’amour, les retrouverions-nous jamais comme cet été là, avec cet éclat, cette intensité que leur donnaient la peur et les autres remords ?…
J’éprouvais, en dehors du plaisir physique et très réel que me procurait l’amour, une sorte de plaisir intellectuel à y penser. Les mots « faire l’amour » ont une séduction à eux, très verbale, en les séparant de leur sens. Ce terme de « faire », matériel et positif, uni à cette abstraction poétique du mot « amour », m’enchantait, j’en avais parlé avant sans la moindre pudeur, sans la moindre gêne et sans en remarquer la saveur. Je me sentais à présent devenir pudique."

Raymond reçoit la visite d'une ancienne amie de sa femme, Anne Larsen, femme de quarante-deux ans, directrice d’une maison de couture. Raymond s’éprend d’elle. Anne s’installe à la villa qu’Elsa quitte, puis Raymond annonce à Cécile sa décision de renoncer aux amours éphémères et d'épouser Anne.
D'abord heureuse à cette nouvelle, elle découvre cependant peu à peu que ce mariage risque de mettre de l'ordre dans son existence, de menacer son bonheur et son style de vie.

Elle obtient que Cyril et Elsa feignent d’être amoureux, devant Raymond qui ne tarde pas à s’offusquer et finit par revenir à Elsa. Anne le découvre, et furieuse quitte la maison. Un peu plus tard, elle se tue dans un accident de voiture.
Cécile et son père reviennent à Paris, reprennent leur existence insouciante. La vie de Cécile sera toujours teintée de tristesse
"Aujourd'hui, quelque chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres

 

Sagan   un certain sourire

 

 

Un certain sourire 1956

Sagan devient une figure iconique des années 1950 et 1960. Elle représentait la jeunesse, l'insouciance, et le côté immoral assumé. Elle est plus célèbre que sa littérature, sa biographie intéresse plus que ses romans. Ses romans ne sont toujours pas mentionnés dans les manuels scolaires en France.

Après Bonjour tristesse, les romans de Sagan appartiennent au genre de la romance : récits légers d'amour et de séparation se déroulant dans les classes aisées, dans le milieu raffiné des arts et des médias parisiens.

Dominique, une jeune fille qui mène sa vie entre des études en droit à la Sorbonne, et l'amour de Bertrand. Elle s’ennuie :
«Il me fallait quelqu'un ou quelque chose. Je me disais cela en allumant ma cigarette, presque à voix haute : quelqu'un ou quelque chose et cela me paraissait mélodramatique.»
Elle rencontre Luc, l’oncle de Bertrand, un charmant quadragénaire, séduisant et marié. Elle désire aimer sans penser sans se soucier du temps, veut vivre au présent, «J'étais jeune, un homme me plaisait, un autre m'aimait. J'avais à résoudre un de ces stupides petits conflits de jeune fille ; je prenais de l'importance. Il y avait même un homme marié, une autre femme, tout un petit jeu de quatuor qui s'engageait dans un printemps parisien. Je me faisais de tout cela une belle équation sèche, cynique à souhait


Françoise, épouse de Luc, prend Dominique sous son aile, et ne voit rien. Bertrand s’indigne et rompt avec la jeune femme.


«Le bonheur est une chose plane, sans repères. [...] Peut-être le bonheur, chez les gens comme moi, n'est-il qu'une espèce d'absence, absence d'ennuis, absence confiante. À présent je connaissais bien cette absence, de même que parfois, en rencontrant le regard de Luc, l'impression que tout était bien, enfin. Il supportait le monde à ma place. Il me regardait en souriant. Je savais pourquoi il souriait et
J’avais aussi envie de sourire. [...] Je me surpris dans la glace et je me vis sourire. Je ne m'empêchai pas de sourire, je ne pouvais pas. À nouveau, je le savais, j'étais seule. J'eus envie de me dire ce mot à moi-même. Seule. Seule. Mais enfin, quoi? J'étais une femme qui avait aimé un homme. C'était une histoire simple ; il n’y avait pas de quoi faire des grimaces.»
En 1958, le roman fut adapté au cinéma par Jean Negulesco, avec Christine Carrère, Rossano Brazzi, Joan Fontaine.

 

Sagan   Dans un mois dans un an

 

 

Dans un mois, dans un an (1957)

Fanny et Alain, éditeur à Saint-Germain-des-Prés, tiennent salon une fois par semaine, recevant leurs jeunes amis écrivains, artistes et mondains agréables.
Alain se demande s'il ne s'est pas trompé de vie, en étant au côté d'une femme terne alors qu'il aime en secret la belle Béatrice, comédienne en quête d'un grand rôle. Un de leurs amis, Bernard, journaliste et romancier encombré d’une épouse fidèle, mais fade, Nicole, est l'heureux amant de Béatrice, mais tente vainement de séduire Josée, une fille libre et insaisissable. Alcool, plaisirs parisiens, futilités, ces personnes sont à la recherche du sens de la vie sociale et de la vie tout court, et font le malheur de leurs proches.
Quand Alain, Bernard ou Béatrice auront atteint leur but, que restera-t-il de leurs succès ou de leurs échecs, quelques moments de bonheur, un peu d'amertume et beaucoup de tristesse. C'est tout.

 

Sagan, sexe sans sentiment et sans culpabilité

L'univers de Sagan est peuplé de lassitude chic du monde, de cafés et de soirées où journalistes, directeurs de théâtre, mannequins et actrices se rassemblent pour flirter, parler, boire et tomber amoureux. Elle suit son public, car elle captait une atmosphère ambivalente d'attirance, et de répulsion face à la superficialité de la nouvelle France consumériste. Les personnages de Sagan prennent pour acquis les plaisirs matériels: voyages, vacances sur la Côte d'Azur, loisirs, bonne nourriture et boissons. Ils sont aussi désorientés, conscients parfois avec complaisance du vide qui entoure leur existence et notent avec douleur qu'ils vivent dans un vide moral.

Les héroïnes des deuxième et troisième romans de Sagan, Un certain sourire (1956) et Dans un mois, dans un an (1957), partagent la liberté sociale et sexuelle de Cécile de Bonjour tristesse, et son sentiment résigné, doux amer qu'il n'y a rien de significatif à faire de cette liberté. L'ennui comble le vide.

Elles tombent amoureuses, affrontent les conflits entre amour et autonomie personnelle, entre sentiments et société, entre devoir et désir.

Le monde de Sagan refuse les valeurs transcendantes, c’est un monde sans Dieu, sans vérités morales absolues, sans sens, la liberté est la condition inconfortable de l'existence de ses protagonistes plutôt que leur but.

L'influence de l'existentialisme est remarquée par les critiques, et reconnue par Sagan elle-même, bien que Sagan n'ait jamais partagé le sens de la responsabilité personnelle et politique, ni l'éthique de l'engagement proposés par Sartre.

L'impact de Simone de Beauvoir est présent. Simone de Beauvoir formule son rejet des modèles proposés d'épanouissement féminin : le mariage et la maternité, cherche une alternative : indépendance financière, autonomie, et engagement sociopolitique. Les héroïnes de Sagan, dont le champ de réflexion et d'action ne s'étend pas plus loin que les relations personnelles et les loisirs ne partagent pas les opinions de De Beauvoir.

Dans ce monde sans absolu, des rencontres sexuelles agréables et occasionnelles devraient suffire à certains moments de bonheur, la liberté est un moyen, mais de quoi? Le couple est incertain, et ne peut être la solution.

Ni passion, ni romance, les héroïnes assument leur propre liberté sexuelle et la valeur qu'elles attachent à l'autodétermination. La relation idéale proposée à Dominique, l'héroïne étudiante d'Un certain sourire, par Luc, homme séduisant, marié et plus âgé, est "une aventure sans lendemain et sans sentimentalité" (Sagan 1956 : 79) dans lequel le désir et l'intérêt mutuels permettront à chacun de suspendre brièvement l'ennui qui ronge la vie. Une relation sans conséquences sur le reste de la vie. Dominique accepte. Dans le roman Dans un mois, dans un an, Josée emmène Jacques chez elle pour répondre à une attirance désinvolte :


" Il était assez beau, mais vulgaire et sans intérêt" (Sagan 1957 : 16), et passe ensuite trois jours à l'hôtel avec son ex-amant Bernard, pour ne pas le décevoir, car il l'aime toujours:
" Un vrai bonheur, une fausse histoire d'amour " Dans un mois, dans un an 1957 : 105).

Ces héroïnes sont antisentimentales, traitent le sexe et l'amour de la même manière que les personnages masculins chez Sagan. Leur liberté n'invente pas un modèle, mais copie le modèle masculin dans les relations : le lien n'est pas essentiel, l'amour est aléatoire, transitoire, une menace pour l'indépendance.

Dominique, malgré ses efforts, tombe amoureuse de Luc, le "certain sourire" avec lequel elle termine son récit marque la fin de cet amour et de son plaisir, une fin teintée de résignation, de solitude retrouvée, et de détachement affectif retrouvé.

"Je ne m'empêchai pas de sourire, je ne pouvais pas. À nouveau, je le savais, j'étais seule .... Seule. Seule. Mais enfin, quoi ? J'étais une femme qui avait aimé un homme. C'était une histoire simple ; il n'y avait pas de quoi faire des grimaces." Certain sourire, 1956, 35 (125)

Josée termine son histoire en aimant Jacques, mais en reconnaissant la vérité de la prophétie de Bernard : "Un jour vous ne l'aimerez plus et un jour je ne vous aimerai sans doute plus non plus. Et nous serons à nouveau seuls et ce sera pareil"
Dans un mois, dans un an 1957, (188).

Cécile dans Bonjour tristesse savoure un moment de bonheur dans le lit de Cyril, le quitte pour un autre, défend un monde de futilité sans pour autant échapper à sa tristesse.

Les histoires d'amour de Sagan sont aux antipodes des scénarios classiques de la romance, où la solitude est finalement remplacée par le bonheur avec un véritable amour.

Les récits de Sagan sont construits sur l'intrusion dans ce monde dépassionné des émotions intenses et maladroites, de sentiments qui perturbent la teneur "civilisée, adulte, raisonnable" (Sagan 1956 : certain sourire, 1956, 87) de ses relations.

Dans le roman Dans un mois, dans un an, Josée cherche Jacques dans le Quartier Latin, dans un besoin désespéré de l'avoir avec elle
" Même pour être battue ou repoussée "
Dans un mois, dans un an 1957, 129

L'amour, chez Sagan, par opposition au simple désir, signifie vouloir être avec l'autre même si cela n'apporte aucune gratification.

Dominique se rassure : "Nous nous plaisions, tout allait bien"

Luc décrit "cet effort bouleversant qu'il faut accomplir pour aimer quelqu'un, le connaître, briser sa solitude"

Si les romans de Sagan sont antisentimentaux et antiromantiques, lorsque ses protagonistes tombent amoureux, ils entrevoient un mode de relation plus empathique et attentif, les rencontres sont agréables, mais provisoires. Le bonheur est éphémère, la sexualité est une consommation partagée.

Pour les femmes chez Sagan, la tentative de vivre une romance durable se solde par la souffrance et même, dans le cas d'Anne, par la mort, comme si l'idéal de fidélité et de complicité n'avait pas sa place dans un monde dépourvu de sens, résigné aux plaisirs passagers et au vide permanent.

Le portrait que fait Sagan de la société d'après-guerre souligne le non-sens de la modernité, la liberté par rapport aux anciennes conceptions morales s'accompagne d'un sentiment désolé d'un vide éthique. Ses jeunes héroïnes assument leur liberté sociale et sexuelle, mais leur sphère d'action reste dans des domaines féminins liés aux relations et aux émotions.

Les héroïnes de Sagan démontrent leur capacité à adopter des modèles masculins de détachement émotionnel, d'autonomie et de vie indépendante, mais ne semblent pas résoudre le dilemme de la relation, de la solitude et du sens de la vie.

Dans les romans de Sagan, les femmes ne proposent aucune critique, ne formulent aucune proposition. Les héroïnes rejettent les modèles maternels pour s'identifier aux figures paternelles masculines (Bonjour tristesse est un bon exemple) qui encouragent l'engagement dans la vie publique, la liberté sexuelle, le détachement émotionnel. Le modèle du désir sexuel masculin est sublimé au détriment de l'amour féminin, et de la maternité.

 

 

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Avant toi, film romance à partir d'un best seller anglais

avant toi film affiche

Avant toi, roman de Jojo Moyese qui devient film


"Vous allez vous sentir un peu mal à l'aise dans votre nouveau monde. Mais j'espère que vous vous sentez un peu émerveillé aussi. Vivez autant que vous pouvez, Ne vous contentez pas. C'est bien de vivre, il suffit de vivre. Avec mon amour, Will ".  


Voilà la lettre que Will laisse à Lou après son départ.  

Dans son best-seller publié en 2012, Jojo Moyes dessine le personnage de Louisa Clark, une fille ordinaire qui vit une vie ordinaire. Elle accepte d'accompagner un riche patient handicapé. Cette rencontre va transformer sa vie. Jojo Moyes nous décrit , dans son roman de 353 pages dans sa version d'origine,  deux familles, deux milieux, deux classes sociales.

 

avant toi film livre jojo moyes

 

Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l'Angleterre dont elle n'est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l'accueil glacial qu'il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l'accident qui l'a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n'a que quelques mois pour le faire changer d'avis.

Lou Clark sait beaucoup de choses. Elle sait combien de pas il y a entre l'arrêt de bus et la maison. Elle sait qu'elle aime travailler dans le magasin de thé, elle sait qu'elle pourrait ne pas aimer son petit ami Patrick. Mais elle ne sait pas comment se protéger de l'amour qui va naître avec ce patient, ni comment rester à distance de la souffrance.  Le livre est un best seller en Angleterre, un roman d'amour qui fait pleurer, et qu'on n'abandonne pas avant de l'avoir fini.  

 

avant toi film Emilia Clarke Sam Claflin

 

Avant toi, film romance de Thea Sharrock.  

Le film est sorti en juin 2016 en Angleterre, il sera en France au mois de Décembre.   
"Avant toi", est une adaptation du roman de Jojo Moyes, réalisée  par Thea Sharrock.  On s'attache doucement à ce duo entre Will, tétraplégique et Louisa, sa demoiselle de compagnie.

 

avant toi Emilia Clarke Sam Claflin


Emilia Clarke fait bonne figure sans arriver à éviter de sur-jouer. Dans certains passages, son jeu est excessif, trop forcé surtout dans les passages comiques. Elle arrive à séduire aussi bien son patient puis le spectateur surtout dans la deuxième moitié du film.  Les deux personnages vont s'écouter, s'aimer.

 

avant toi film emilia clarke


C'est un film sincère et sans vulgarité, drôle parfois, émouvant. Le film est très fidèle au roman, ce qui rend le scénario brillant et solide.
Après une réussite planétaire de Games of Thrones, Emilia Clarke est pétillante, parfois trop même, charmante avec son sourire et sa joie de vivre.
La réalisation est soignée, un esthétisme séduisant dans la deuxième partie du film. Couleurs, lumières, dépaysement pour alléger le thème central du film

Le film manque par certains cotés et ne peut transmettre la profondeur de certains passages du livre. Les réflexions sur l'handicap, la vie, la qualité de vie, les arguments pour vivre ou pas, aimer ou pas, on ne les retrouve pas dans le film.


C'est un film romance, léger, bien fait, formaté pour plaire. La bande originale, est bien faite.
et permet de passer une bonne soirée.


Scénario : 3 etoiles
Réalisation :  3 etoiles
Impression générale : 3 etoiles
Inivitation d'aller voir le film  : 4 etoiles

 

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De la romance aux films romantiques

films romantiques1

 

Films romantiques: bougies, Jazz et mer au loin

Les histoires d'amour nous sont familières, variées dans leur intensité, dans leur fin et selon les cultures, et selon les époques. Généralement, une histoire d'amour exige une dose de romance. L'attirance devrait être embellie de rêves, de rituels, de cadeaux, et de couleurs. Un homme aime une femme, il essaie de la séduire, dans un milieu plus ou moins hostile. Voilà comment se présente la formule de base de toute romance.

Dès ses débuts, le cinéma américain joua la carte de la romance comme genre populaire. Pendant la première moitié du 20ème siècle, les "bonnes" relations amoureuses se terminent en mariage. La nuit de noce après le fameux baiser était la fin heureuse d'une longue romance. Le cinéma rejoint la littérature pour produire des histoires sur les relations et les émotions.

 

films romantiques2

 

Amour romantique : thèmes imposés

Les films romantiques explorent certains thèmes : l'attirance, le coup de foudre, l'amour romantique, l'obsession amoureuse, l'amour platonique, amour sexuel et passionné, le couple, la rencontre et la séduction. Il n'existe pas de définition qui désigne un film de romance. C'est une histoire d'amour, avec quelques difficultés ou obstacle, qui déroule dans des lieux réputés romantiques par ex comme l'automne à New York sur un morceau de Jazz, à des moments particuliers comme la Saint valentin, ou au bord de la mer, dans les musées, ou à central Park. Chaque film a sa recette pour créer sa romance. Ces "histoires de relations" ont fini par influencer le discours de la société sur l'intimité, et sur les relations. Ces histoires écrites ou filmées sont à la base de la psychologie populaire. Ces films de romance ne détaillent plus comment un homme peut séduire une femme, mais comment évolue la relation, comment évolue le mariage, comment évoluent les relations extraconjugales.

Dans certains livres, comme dans certains films, il s'agit d'analyses plus ou moins simples sur l'intimité, sur les échanges dans le couple, sur les crises du mariage.
Récemment, on parle plus de la rencontre que du couple, Le discours dominant sur le couple et l'intimité n'est plus "Jusqu'à ce que la mort nous sépare ", mais plutôt un discours sur l'émotion, sur les relations, sur le rôle de l'autre dans notre vie. Si la littérature de romance a été considérée comme un genre littéraire secondaire aux États-Unis, le cinéma de romance a fait un progrès extraordinaire sur le plan technique, commercial, comme sur le plan de scénario. L'amour romantique moderne est l'enfant du cinéma hollywoodien, est le cousin de ces romans d'amour destiné aux femmes.

Dans ces films de romance, l'amour est roi, les hommes découvrent qu'ils ont besoin d'une relation et les femmes développent une meilleure estime du féminin dans le sillage de la deuxième vague du féminisme. Depuis les années 1970, le sexe est devenu une partie de la relation. Un film de romance doit avoir sa dose de sexe. C'est le cas des romans d'amour aussi. Le sexe marque le début de la relation, juste après l'attirance, et devient une question importante, quand le couple s'installe dans une relation sérieuse.

 

Amour romantique, consommation et capitalisme


De nombreux facteurs ont participé à la naissance de cette culture de l'amour romantique moderne : Au XXe siècle, la culture de la consommation encouragée par la recherche individualiste de l'amour, a institutionnalisé l'amour romantique et la culture de la romance. La consommation n'est pas seulement une culture matérialiste, mais une culture émotionnelle. Cette culture de la consommation a largement utilisé l'image du couple heureux et amoureux pour vendre des produits, et pour passer le message de la sécurité, et de l'autoréalisation dans une interaction romantique entre un homme et une femme. L'industrie des loisirs a utilisé l'image des couples pour vendre un film ou pour aller au restaurant. Le romantisme hollywoodien se définit par des repères visuels, par certaine atmosphère : Un dîner romantique se passe généralement dans un lieu isolé, élégant, à proximité de la mer par exemple, avec un rituel particulier comme les bougies, et la musique.

 

 

 


L'amour romantique moderne est une sorte d'utopie, un récit qui permet à l'être humain de dépasser sa condition ; l'utopie romantique décrit l'autoréalisation, l'authenticité, et le bonheur atteint dans une expérience amoureuse. Un des principaux facteurs est la distinction entre la sphère privée et la sphère publique.

 

L'amour devient le fondement de la sphère privée, et de plus en plus son unique fondement. L'amour romantique ne peut s'épanouir en dehors d'une culture individualiste.

 

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