La série ELITE : divertissement, complexité, et profondeur

Serie elite photo de groupe

 

La série espagnole parue sur nos écrans à partir de 2018 créée par Darío Madrona et Carlos Montero, diffusée sur Netflix, termine sa quatrième saison. Elle cartonne toujours et le succès est encore au rendez vous. Elite fait l'exploit de garder ses personnages centraux ancrés dans la réalité, ce que des séries similaires telles que Gossip Girl et How to Get Away with Murder n'ont pas réussi à maîtriser.


Il s’agit d’une teen drama, une histoire d’élèves d’un lycée privé sensé donné un haut niveau d’études permettant d’entrer dans les meilleures universités et assurer un brillant avenir à cette jeunesse dorée privilégiée par l’argent ou par la naissance.
La première saison est centrée sur un crime survenu dans l’enceinte même du lycée et la recherche du meurtrier de la plus brillante élève, la jeune Marina.


Après l'effondrement de leur école publique, trois étudiants des quartiers pauvres de la ville reçoivent des bourses pour fréquenter Las Encinas, l'école privée réservée aux enfants des résidents les plus riches d'Espagne. Mais alors que Samuel, Nadia et Christian affrontent les étudiants d'élite qui n'apprécient pas leur intrusion, une série d'événements se déclenchent pour aboutir au meurtre d'un de leurs nouveaux camarades de classe.


Les trois boursiers vont susciter à tour de rôle le centre de l’attention, Nadia jeune fille pauvre musulmane voilée, Samuel beau gosse dont le frère sort de prison, et le joyeux et désinvolte Christian.


Malgré la présence de jolis uniformes censé gommés les différences, tout ce petit monde s’affronte en rivalités de classe sociale, de croyance religieuse, de valeurs éthiques et en rivalités amoureuses. Certains acteurs (Marina, Christian) sont retrouvés dans une autre série espagnole bien célèbre La Casa Del papel.


Les jeunes gens vont bientôt découvrir que l’argent et le pouvoir familial ont des limites et étrangement que le rang social n’assure ni la réussite, ni l’amitié ou ni même le bonheur ou l’amour.


Christian, le tombeur de fille qui parle vite, est tout de suite sous le charme de Carla, une fille noble habituée à obtenir ce qu'elle veut. Même si elle sort avec son petit ami de longue date, Polo. Mais ce qui commence comme des rencontres sexuelles occasionnelles se transforme rapidement en un triangle amoureux non conventionnel.


Polo jongle entre jalousie et désir de maintenir simultanément sa relation avec Carla en essayant de séduire Christian, ce qui conduit à des conversations sur la sexualité et le polyamour.
Nous rencontrons Ander, star du tennis en conflit avec son père, puis Omar le frère aîné de Nadia qui cache ses trafics de drogue à leur père musulman pour subvenir aux besoins de sa famille.


Ander et Omar sont emportés dans une romance homosexuelle. Omar est terrifié à l'idée de bouleverser sa famille très conservatrice. Le coming out varie selon la famille et selon la classe sociale.


La première saison s’ingénie à nous montrer que les lycéens boursiers comme les jeunes gens de la bourgeoisie ont les mêmes problèmes de parents absents, incompétents, désargentés, ou corrompus, que l’amitié et la solidarité restent des valeurs sur lesquelles ils peuvent compter face à un drame. Les autres saisons varient peu, d’autres élèves arrivent, d’autres conflits, et d’autres crimes.


On joue sur le flash back pour nous montrer les jours et semaines avant le drame pour expliquer les circonstances de l’évènement et nous laisser jouer au détective, en tentant de deviner qui est l’assassin. Les saisons suivantes appliquent la même recette, l’arrivée des gens en dehors de ces cercles qui perturbe cet univers, comme les autres ils finissent par affronter ce monde de rivalité, aiment, rompent, font la fête, rient et pleurent.

 

Une série comme les autres mais différente

 

Créer une série policière sur une bande de jeunes est la clé du succès de la série américaine how to get away with a murderer, Gossip Girl traite les relations entre filles riches occupées par la mode et le sexe, Sex and the City a traité la libération sexuelle dans l’univers de New york,

Ellite associe l’intrigue policière aux rencontres homo et hétéro sexuelles, et au choc des classes sociales, sans lieu précis, sans inspection sociologique. La société n’existe pas en dehors du lycée.

 

Serie elite Ander et Omar

 

Personnages complexes

 

La meilleure partie d'Elite est sans doute dans ses personnages complexes. Les personnages sont jetés dans des situations qui les opposeront à leurs amis, à leur entourage, complexité que le public a du mal à juger.


Ces jeunes gens passent une grande partie du temps à faire la fête, à s’habiller de vêtement de marque, à nager, à boire et danser, à s’envoyer en l’air engendrant une bonne humeur rafraichissante. Sexe, drogue, polyamour, corruption, homosexualité, coming out, VIH et meurtre sont quelques-uns des points forts de l'intrigue de cette série.
Marina, la fille de l'une des personnes les plus riches de la ville, a contracté le VIH d'un ex-petit ami à l'âge de quatorze ans. Elle tombe amoureuse de Samuel, le petit nouveau et quand elle lui parle de son statut, ça lui tombe sur le dos. Rien ne change dans leur relation. Elite déstigmatise le VIH.


En dépit des événements fantaisistes où des adolescents bien habillés boivent et font la fête dans un cadre luxueux, les conflits personnels, les intrigues amoureuses et les classes engendrent chez les adolescents une tension permanente. Par exemple, la rebelle Marina (María Pedraza), la petite sœur de Guzmán, est prise entre deux frères et entre deux mondes, née dans un milieu riche et puissant mais plus empathique envers les nouveaux élèves de l'école, tombant constamment amoureuse de garçons que sa famille n'approuve pas. Elite dépeint les tensions entre les classes sociales de manière réaliste. Marina refuse de s'intégrer dans le monde binaire de son école et elle en sera finalement punie pour cela.

 

Serie elite amour des femmes saison 4



Profondeur dans un cadre agréable

 

Elite a une profondeur qu'aucune autre série sur le thème des adolescents n'a atteinte depuis des années. Le seul autre drame fonctionnant au même niveau est probablement Euphoria de HBO.
Sur le papier, Elite n'a pas l'air si prometteur. Un groupe d'enfants riches dans une école privée se déchirant les uns les autres. Mais un coup d'œil dans ce monde de sexe, de mensonges et meurtre de la série télévisée espagnole et il est impossible de ne pas être accro. Des différences de classe, de la pauvreté, de l'injustice raciale et des thèmes LGBT, la série se penche sur les problèmes de la vie des adolescents de nos jours. Cette approche de problèmes sérieux est présentée dans un emballage incroyablement brillant, coloré, met en exergue un sens aigu du réalisme.


Les triangles amoureux sont l’un des piliers des séries pour jeunes adultes, mais Elite repousse les limites et multiplie les approches pour examiner ce qui fait réagir les personnages.
Elite devrait être applaudie pour avoir affiché un certain nombre de problèmes sociaux, et comment la société les oblige à réagir.


Comme dans tout feuilleton pour adolescents, il y a beaucoup de romance, mais sur le plan relationnel, la dynamique de l'amitié et de la fraternité se distingue particulièrement, car elle semble réelle et bien pensée.


"Elite" explore également la masculinité et la féminité. Des filles utilisent leur charme pour arriver, vendent leur corps, en parlant de liberté et de choix, des garçons portant le discours d’une masculinité traditionnelle n’ont pas la force d’assumer ce discours, ni de comprendre leurs rôles dans une société moderne.


Guzmán, le garçon le plus populaire de l'école, mais aussi le plus dur envers les nouveaux « étrangers », représente les caractéristiques typiques d'un méchant privilégié : contrôlant, manipulateur et violent. Au fur et à mesure que l’histoire progresse, nous commençons à voir plus d’épaisseur dans sa personnalité. Il est protecteur envers sa famille et sa sœur Marina, il se soucie de ses amis et il finit par tomber amoureux de la fille qu'il voulait humilier.
"Elite" montre comment le mépris des pauvres, le racisme, la xénophobie et l'homophobie sont présents dans toutes les cultures, et dans toutes les classes.

 

Serie elite amour heterosexuel samel et clara

Sexualités multiples et plutôt réalistes


Les scènes de sexe - et il y en a beaucoup - sont plus qu'un simple amusement lascif et complaisant. Il y a tellement de choses sous la surface.
La série explore sans crainte la sexualité, les histoires romantiques sont nombreuses avec des scènes de sexe intenses pour les accompagner, pour explorer l'amour de manière nuancée. Le sexe occasionnel est le plus fréquent, assumé comme une recherche de plaisir, qui se transforme parfois en lien plus émotionnel. La sexualité homosexuelle et hétérosexuelle avec plusieurs partenaires, de polyamory (relation avec partenaires ménage à trois) à la sexualité avec partenaires multiples (plan à trois), la bisexualité, la fluidité de l’orientation sexuelle (être hétéro puis homo puis bi), la sexualité d’expérimentation, la sexualité intéressée motivée par des intérêts financiers ou personnels.

Les problèmes des couples sont présents aussi : infidélité, la difficulté de la monogamie, la difficulté de la communication, la grossesse non désirée, VIH, etc.

 

Serie elite amour homosexuel


La romance homosexuelle entre Ander (joué par Arón Piper) et Omar (Omar Ayuso) est un bon exemple. Les deux se retrouvent dans une histoire d'amour passionnée qu'ils doivent cacher - non pas parce qu'ils ont honte de leur sexualité ou parce que leurs amis n'approuvent pas, mais parce qu'Omar craint que cela ne ruine sa relation avec son père musulman traditionaliste.


Le triangle amoureux entre Nadia, Guzmán et Lu, (Danna Paola), où Guzmán va rompre avec sa petite amie officielle (Lu) pour gagner l’amour de Nadia, musulmane, et réservée.
Il y a aussi le cas de Carla et Polo, interprétés par Álvaro Rico, deux enfants riches qui sont ensemble depuis le collège. Quand ils essaient de pimenter leur sexualité de couple avec Christian, joué par Miguel Herrán, les trois s'emmêlent dans une relation polyamoureuse comique, et douloureuse à la fois.

 

Serie elite amour et tradition

 

Traditions et liberté


Tout au long de la saison, l'histoire de chaque personnage est explorée. La jeune musulmane intelligente et ambitieuse Nadia (Mina El Hammani) et le garçon riche au cœur d'or Guzmán (Miguel Bernardeau) se distinguent. L'un des moments les plus forts de la série est lorsque Nadia défend son hijab après que le directeur de l'école lui a dit qu'elle risquait d'être expulsée si elle continuait à le porter.

 

Bien que Nadia obéisse et l'enlève pendant les heures de classe, elle le porte toujours tout au long de la série et explique à quel point il est important pour elle, même si elle se permet quelques plaisirs comme l’alcool, les baisers et les caresses avec Guzmán. Elle aussi, vit son adolescence, et les difficultés de ses choix.

 

Conclusion :


Un jeu juste de jeunes acteurs, un dialogue léger et percutant, des relations élaborées, et un style général basé sur les fêtes, les vêtements, les couleurs et une bande sonore moderne et agréable, ces qualités aident Elite à se démarquer et de surpasser d’autres séries de même genre comme Gossip Girl ou de Pretty Little Liars.
Elite apporte une approche moderne au drame traditionnel pour adolescents, mais à mesure que les conflits entre les classes et les personnes se résolvent, la tension baisse. Les personnages commencent la saison avec force, puis se transforment parfois en caricatures. L’intrigue liée au meurtre ne sauve pas le scénario de moments d’ennui.
Elite est un drame pour adolescents subtilement différent, audacieux, et profond par rapport aux autres séries teen drama et mérite le détour.

 

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Outlander, Tudors, Poldark, Versailles et histoire de la sexualité

 

outlander noce

 

 

 

De nombreuses séries télévisées actuelles, basées sur une œuvre littéraire ou sur un scénario, n’hésitent pas à sexualiser les personnages dans un contexte donné.

Nous devinons facilement que l’audience représente la motivation première dans cette sexualisation du contenu et de la réalisation. D’autres justifications peuvent surgir : le souci de s’approcher de l’intimité des personnages, de transmettre aux spectateurs un contexte historique dans sa globalité, où la vie personnelle et intime rejoint le collectif et l’environnement historique.

Observer l’histoire dans la chambre à coucher, comme une romance historique. Mettre en arrière-plan un contexte historique donné, implanter des personnages, décrire la vie de ces personnages. À partir de ce contexte historique, il s’agit de peindre le style de vie d’une époque, coutumes, façon d’exprimer des émotions, la vie intime, amoureuse, et accessoirement sexuelle.

 

 

outlander

 

 

Outlander

La série Outlander, est une romance historique qui se déroule pendant la révolution jacobite en Écosse. L’héroïne traverse le temps pour vivre une grande histoire d’amour, avec un insurgé jacobite. Cette histoire d’amour passe de la séduction à la sexualité, du mariage à la grossesse. Les scènes sexuelles présentes dans le roman Outlander de Gabaldon, leur transcription à l’écran offre au spectateur un aperçu de la sexualité dans l’Écosse du 18ème s siècle et des relations entre les hommes et les femmes à cette époque. On voit des scènes sexualisées, des discussions sur les pratiques sexuelles, sur le désir, sur le corps et sur les émotions. La sexualité est montrée, décrite, commentée et détaillée, pour nous rappeler la difficulté de la condition féminine à cette époque. Violence et insécurité obligeant les femmes à accepter la protection des hommes. La relation entre les deux héros se transforme en relation amoureuse égalitaire. Les motivations sexuelles sont de nature émotionnelle et amoureuse.

 

 

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Versailles

La série télévisée Versailles suit une vieille tradition française d’exhiber la vie intime des monarques, leur sexualité, leurs partenaires, et leur préférence. La série expose les relations homosexuelles du dauphin, les relations entre Louis XIV et ses favorites. La série, généreusement parsemée de scènes explicites homosexuelles et hétérosexuelles, transmet quelques détails sur la sexualité de la classe dirigeante, sur le couple, la fidélité, sur les comportements de deux sexes, et sur les motivations sexuelles. La série Versailles dessine des relations sexuelles fondées sur le pouvoir, et parfois sur la survie. Il n’existe que peu d’amour à Versailles. L’argent, le désir, et l’ambition motivent l’acte charnel.

 

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Poldark



La série Poldark reprend le roman de Winston Graham qui décrit l’Angleterre vers la fin du XVIIIe siècle. Une relation amoureuse entre Poldark et sa cousine Élisabeth dans un contexte de difficultés économiques, de pauvreté, de corruption politique. Cette série reflète le double standard de l’époque, les femmes devaient garder leur virginité, cultiver la vertu pour trouver le meilleur mari possible, condition indispensable pour exister, et pour survivre.

 

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Tudors

 

La série Tudors n’a pas besoin de contexte pour montrer des scènes sexualisées. L’histoire réelle d’Henri VIII demeure une succession de problèmes de chambre à coucher : infertilité de sa première femme, attirance vers la deuxième, trahison et infidélité pour les autres épouses. La cour royale de l’Angleterre du 16e siècle devient le théâtre d’intrigues amoureuses, de messages érotiques, de gestes de séduction, et de jeux d’attirance. La série décrit la sexualité de cette époque, une sexualité partagée entre les traditions religieuses, et entre les désirs individuels assouvis discrètement. La condition féminine laisse à désirer même au sein de la classe dirigeante. En dépit de ses nombreux mariages, le comportement sexuel d’Henri VIII se dirige essentiellement vers la reproduction, l’enfantement, et la recherche d’un héritier.

 

 

 

Histoire de la sexualité et séries télévisées

 

Depuis plusieurs années, nos petits écrans se dévergondent, nos soirées ne manquent pas d’images et de dialogue sexualisés. Cependant, devant ces feuilletons, le public observe avec amusement et intérêt la jupe relevée, ou les culottes déchirées.
En dépit d’images sexualisées nombreuses, beaucoup de gens se sentent inconfortables par rapport à la sexualité et aux discussions relatives au comportement sexuel. Nous regardons sans problème Louis XIV en train de flirter avec sa belle-sœur, nous évitons de parler de notre propre sexualité, de notre propre époque, de nos propres comportements.
De nombreuses personnes jugent qu’il est inapproprié de parler sexualité, commentant avec un petit sourire les études sur le comportement sexuel, ou sur l’histoire de la sexualité en général.

 


Si les livres traitant de la sexualité ou de l’histoire de la sexualité sont rarement consultés par le grand public, l’avalanche de scènes sexualisées dans les séries peut engendrer certains effets bénéfiques sur notre culture populaire : valider le désir sexuel masculin et féminin, déculpabiliser vis-à-vis de la sexualité, remettre la sexualité dans un contexte culturel et historique, et permettre à chacun de mesurer l’évolution de nos comportements individuels et collectifs.

 

 

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Série Girls : 4 filles désenchantées à New York

girls Dunham Williams Kirke Mamet

De gauche à droite : Zosia Mamet, Allison Williams, Lena Dunham et Jemima Kirke, les quatre interprètes principales de la série.  Girls, une série-ovni, personnelle et attachante

 

 

 

"Je ne veux pas vous faire peur, mais je pense que je peux être la voix de ma génération, ou du moins, une voix dans cette génération. " déclare Hannah dans le premier épisode de Girls en 2012.


La série commence avec Hannah Dunham une fille de 24 ans qui aspire à devenir journaliste, elle vit à New York. Ses parents lui annoncent qu'il est temps de devenir adulte et autonome, et qu'ils vont arrêter de l'aider financièrement, qu'elle devrait trouver un emploi rémunéré plutôt des stages de l'année écoulée. Ses amies une bande de filles (Allison Williams, Jemima Kirke et Zosia Mamet ) ont toutes leurs propres problèmes,  des citadines post-universitaires, à la recherche d'un emploi, d'une carrière et d'une relation amoureuse.


Six ans plus tard, dans la rue de banlieue, une jeune adolescente parle avec Hannah en lui disant madame, pendant qu'Hannah cherche un moyen pour convaincre son nouveau-né d'accepter de téter son sein. Elle est devenue adulte, maman et responsable d'un enfant.   

 

girls serie tele tv show

 

Dès que la chaine HBO a diffusé le premier épisode de la série en 2012, Girls s'est démarquée des autres séries par ses personnages féminins, par son réalisme, du scénario et de la réalisation. Un parti pris et revendiqué par Lena Dunham (Hannah), réalisatrice, auteur et actrice principale, passée en quelques épisodes d'une inconnue à la porte-parole d'une génération de jeunes femmes urbaines, ironiques et désabusées.  
En 2017, Clap de fin. Six années de louanges, de critiques, de polémiques, et d'audiences fluctuantes, la fin de la sixième saison de la série américaine a eu lieu en février 2017. Les quatre copines perdues dans la Grosse Pomme tirent leurs révérences.

Amours compliquées, impasses financières, corps imparfaits, sexualités et genre, angoisses existentielles. Dunham parvient à nous dessiner les amitiés féminines actuelles, l'angoisse de l'âge adulte, les relations,  la sexualité, l'estime de soi,  l'image corporelle, et  l'intimité dans un monde de médias sociaux qui favorise la distance, la perte de sens et le narcissisme, où il faut survivre avec la précarité et le doute.
Lena Dunham s'est imposée comme un visage de l'intelligentsia culturel new-yorkais, récompensée par deux Golden Globes , comparée à Woody Allen dans sa façon de traiter les sujets graves avec ironie, dérision et recul.

 

Des jeunes femmes 15 ans après " sex and the city "

Pendant dix ans, la série sex and the city racontait le parcours de 4 femmes dans le monde de la consommation, des couples précaires, et la sexualité, Girls parle de la précarité des jeunes femmes, sur plan personnel et professionnel.  Girls s'est concentré sur des héroïnes jeunes dans une époque particulière, dans les années post-crise économique (subprimes). Sex and The City  présentait des femmes trentenaires bien intégrées, aisées et sophistiquées.


Quand Sex and The City était à son apogée au début des années 2000, on voyait des modèles féminins comme la sauvage Samantha, Charlotte la distinguée romantique aux yeux écarquillés, la cynique Miranda ou Carrie et ses chaussures. Dans Girls, il y a la sauvage Jessa,  Sosh la romantique, la belle angoissée Marnie et Hannah la sans-pudeur et sans limite.


Cette génération de femme post crise doits'adapter à un contexte économique compliqué. Cette génération vivra moins bien que ses parents.  La précarité économique s'accompagne d'une précarité émotionnelle et relationnelle. Leurs vies sexuelles sont insatisfaisantes, parfois même dégradantes. Cela n'existait pas dans Sex And The City.
Sur le plan relationnel, la fameuse entraide féminine si présente dans sex and the city disparait. Les personnages sont angoissés, terrorisées par l'avenir, et nombrilistes.  
Sur le plan physique, Girls montre des corps en insistant sur le gras, dans des positions peu flatteuses, on montre les fesses rebondies, les bourrelets, les seins de Hannah entre autres. Cette nouveauté fut bien reçue par les téléspectateurs. La créatrice de la série se met en scène dans une volonté claire de casser les codes de représentations.

 

girls amour sexe relations

Le sexe

Parmi les mythes du cinéma Hollywoodien, les femmes peuvent avoir des expériences sexuelles satisfaisantes sans jamais enlever leurs soutiens-gorges, et peuvent atteindre des orgasmes mémorables en quelques minutes. Les "Girls" cassent ces codes irréalistes usés et surannés. Dans cette série, le sexe est nu, cru, en sueur, étrange, surprenant par son réalisme et peu flatteur.
Ces jeunes femmes ont une sexualité récréative, désordonné, parfois utilisée pour apaiser une angoisse ou partager une émotion, dans des rencontres éphémères.


Girls  montre des scènes gênantes pour le spectateur, où les filles sont nues, vulnérables, déliassées.  Les filles ne refusent pas la sodomie mais négocient cette pratique avec ou sans préservatif, elles sont désabusées, n'osent pas dévoiler leur insatisfaction et n'ont pas beaucoup de choix.  


Girls peut être une série troublante en raison de son réalisme cru.  La sexualité de ces filles n'est pas plus satisfaisante que celle de leurs grands-mères.  Cette sexualité est montrée comme aléatoire et partagée avec des partenaires masculins parfois indifférents ou perdus dans leur propre précarité. Les hommes dans cette série sont troublés par leur orientation sexuelle, par leur égoïsme, et par leur situation économique. Le copain d'Hannah peut se masturber devant elle, peut la tromper. Son père devient homo après 25 ans de mariage, son colocataire est homo.      

 

Pas de romance, restons réels 

Alors que les livres de néo romance et les films sont à la mode, la série Girls échappe à cette tendance. En dépit de nombreuses rencontres et relations, les héroïnes terminent la série, seules, sans couples romantiques et sans fin " heureuse ".
Au fur et à mesure que le spectacle se déroule, Hannah, Marnie, Jessa et Shoshanna ne parviennent pas à sortir de leur stagnation. Les quatre femmes finiront par grandir et adopter une vie adulte responsable avec résignation, sans les feux d'artifices d'une romance à l'américaine.
Hannah a quitté la ville de NY et ses cycles d'appartenance et d'aliénation pour quelque chose de nouveau.
Le réalisme invite les scénaristes à refuser la romance, à exhiber une réalité que le cinéma n'aime pas montrer.   Elles cherchent un travail, un foyer, elles ne seront pas invitées dans des resto chics, ni dans des avions privés. Elles sont dans la vraie vie.    

 

girls Dunham

Reconstruire le corps d'une femme

Il est difficile de compter combien de fois Lena Dunham a enlevé son soutien-gorge ou à baissé sa culotte dans "Girls ". Dès le début, elle fait du corps un usage différent, le corps est réaliste, montré dans ses imperfections et ses détails.  Girls discutent les détails du corps, de ses réactions, de ses problèmes comme si la série cherchait à redéfinir la beauté féminine et le corps féminin.
Hannah est une femme, pas toutes les femmes. C'est son corps et et non le corps féminin.
En montrant une figure réaliste et imparfaite, Hannah oblige les femmes à se réconcilier avec leurs propres corps. Elle montre à plusieurs reprises qu'Hannah n'est pas maternelle, n'est pas douce, n'est pas émotive ou empathique vis-à-vis d'autres femmes. Lena Dunham veut être réaliste au risque d'être détestée.  Dans l'autre sens, le personnage de Marnie est provocateur, corps mince et léger, jolie visage de princesse de Disney. Elle adore planifier, organiser mais est en échec après un mariage désastreux et une carrière ratée de chanteuse de folk, Marnie trop désireuse d'être admirée, objet du regard masculin. Sa beauté ne changera rien à son parcours de vie.

Une conclusion : l'amour désenchanté ??


En terminant cette série, j'ai pensé à certains de nos sociologues et nos philosophes   français qui ont traité le sujet de l'amour désenchanté.     
Au début du XXe siècle, le sociologue Max Weber a décrit le désenchantement, par une modernité où le savoir et la science mettent fin à l'irrationnel. Un siècle plus tard, la psychologie, la psychanalyse, les neurosciences ont réduit l'amour à l'inconscient, à la pulsion sexuelle, ou à une chimie cérébrale.
E. Illouz écrit que " la conjonction du consumérisme, de la légitimation croissante de la sexualité par la psychologie et par le féminisme" a fini par désenchanter l'amour. Dans son ouvrage Les Sentiments du capitalisme, elle décrit comment la consommation, la marchandisation du sexe ont déréglé le marché de l'amour.
Elle souligne combien un certain féminisme a participé au désenchantement des relations amoureuses. La séduction devient politiquement incorrecte, le couple n'est plus amour mais liberté et égalité.
Et la solution ?  
Faudrait-il jeter aux orties la liberté de choix, l'individualisme et l'émancipation des femmes pour sauver l'amour ?  Non.
E. Iglou invite à trouver des alternatives pour ré-enchanter la modernité amoureuse. A chacun de trouver sa solution, car nous sommes dans une société individualiste.   Pour trouver la solution, chacun devrait être conscient de l'enjeu.
Les filles (de la série) à la recherche d'un nouveau modèle de relation ont échoué, et se retrouvent seules enfin de compte, mais elles recommencent à chercher.      
Encore essayer, Encore chercher, et inventer son modèle amoureux.
On peut se poser la question : comment éviter de précariser la jeune génération et hypothéquer ainsi l'avenir ?  


C'est une série qui mérite le détour, on rit, on sourit, on est troublé, parfois on s'ennuie mais on retrouve vite l'intérêt.

 

 

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Stricke Back, série à succès d'après les livres de Chris Ryan

Strike back Stapleton Winchester Green

 

Stricke Back, des soldats un peu spéciaux 


Chris Ryan intègre le Special Air Service (SAS) en 1984. Au cours de ses dix années de service, il accomplit plusieurs missions qui l'emmènent aux quatre coins de la planète pour des entraînements ou des opérations spéciales. II assume, en outre, le commandement de l'équipe des snipers pour les missions de contre-terrorisme.
En janvier 1991, durant la 1ère Guerre du Golfe, un commando de huit hommes du SAS - nom de code " Bravo Two Zero " - est infiltré en profondeur derrière les lignes ennemies irakiennes.
La mission tourne à la tragédie. Un seul homme échappe à la mort ou à la capture, Chris Ryan. Il réalise alors la plus grande évasion jamais accomplie par un membre du SAS, ce qui lui vaut de recevoir la Médaille Militaire.
En 1994, Chris Ryan quitte le SAS pour se consacrer à l'écriture. Quinze ans plus tard, Chris Ryan est l'un des auteurs de thrillers les plus célèbres en Angleterre. Il a publié une dizaine d'ouvrages, qui ont tous dépassé plusieurs centaines de milliers d'exemplaires vendus. Il est à l'origine du phénomène " SAS thriller " en Angleterre.

 

Strike back Stapleton Winchester Mitra


La série Strike Back est une production américano-britannique basée sur les romans de Chris Ryan. La série prend notamment racine dans le roman homonyme (2007) de Ryan.
La cinquième et la dernière saison de cette série vient d'être diffusée dans certains pays européens. Ca sera le cas en France début décembre.     
C'est presque une tradition littéraire anglo-saxonne, raconter des exploits attribués aux soldats, et mettre en lumière la valeur de l'individu et son courage. C'est la tradition James Bond, des livres à succès à des films devenus mythiques.  
Cette série relate les aventures et péripéties d'une unité d'élites de l'armée britannique, dite " la section 20 " une unité secrète de renseignement militaire britannique, composée d'hommes et de femmes qui partent sur le terrain en mission spéciale, dangereuse voire en " mission impossible " pour lutter contre les terroristes.

 

Je me sens nu sans mon fusil

Organisation, compétence, efficacité, précision, force physique, sang-froid, logistique et ingéniosité sont requis par ses hommes face à des conditions extrêmes. Personne ne discute le bien fondé des ordres ; Scott et Stonebridge amis et complémentaires sur le terrain, le disent eux-mêmes nous sommes des soldats. Ces soldats sont commandés par un officier et le lieu de commandement s'appelle " la bergerie ", l'officier (homme ou femme) descend sur le terrain quand son équipe est dépassée par les événements.

 

Strike back Winchester

 

Cette série nous montre aussi les erreurs de ces officiers; hommes et femmes commettent des erreurs. La dure réalité de l'action n'épargne personne et la sanction ne tarde pas.  Cinq saisons de réussite, puis la saison 5 diffusée en 2016 met un terme à la série.  Ce n'est pas James Bond, ici, on meurt, on est blessé, on est capturé, on est humain. Courageux, dévoué, discipliné, professionnel mais humain.   
Vous aimez l'action, les kalachnikovs, les bagarres, et le sexe joyeux, vous serez servis.
Cette série est plaisante à voir, addictive, moments d'humour, solidarité dans l'action, quelques scènes de sexe et d'amitié tempèrent les moments de violence.  La série se passe dans diverses régions du monde où des conflits ont lieu, Afrique, Colombie, Thaïlande, Moyen orient, Corée, Ex-Yougoslavie, décors émouvants et beauté des paysages exotiques accompagnent les personnages à travers le monde.  Nous sommes loin aussi de l'ambiance de la série mission impossible.
C'est une série passe-temps, agréable à regarder sans autre prétention.

 

Strike back Stapleton Srbova

 

 

Nous sommes des soldats ou des putains de pions ?  

Nous sommes loin de James bond et ses exploits qui ont fait sourire nos parents.  La dernière saison se termine par la condamnation du pouvoir politique corrompu, cynique et incompétent, ces hommes politiques si loin du terrain et des risques de la vie réelle qui décident de supprimer la section devenue trop gênante. Des soldats qui croyaient servir leur patrie découvrent qu'ils sont des pions à sacrifier sur un échiquier politique ou diplomatique. Dans la dernière saison, la série a montré ces hommes soldats autrement, leurs fragilités, leurs questions et leurs problèmes personnels. Il ne s'agit pas de James bond, ni cowboys mais des hommes et des femmes soldats, des humains.

 

Strike back Srbova


Vous regardez plusieurs saisons de stricke back, vous pouvez dire que cette série rend insensible à la violence et à la mort, qu'il s'agit d'un spectacle.  La saison 4 puis la saison 5 entrainent les personnages vers l'émotion, vers l'introspection. La mort d'une camarade provoque chagrin, larmes et respect. On va un peu plus loin, ces soldats sont des maris, des pères, et des amis. Ils se permettent même de tomber amoureux et de pleurer.

 

Strike back Stapleton

 

Dans le monde occidental, après la guerre du golfe et la guerre d'Iraq, après les mensonges qui ont impliqué l'armée britannique en Iraq, les anglais, comme de nombreux occidentaux semblent ne plus croire dans le discours politique manipulateur, refusent même d'encourager tout engagement dans leur armée dans un conflit extérieur pour éviter que les soldats et les citoyens deviennent des pions dans un jeu cynique. La série sticke back va dans ce sens. Ils quittent l'armée et ses magouilles, ils gardent l'essentiel : le souvenir des disparus pendant les opérations et l'amitié avec les copains toujours en vie.   


C'est une fin intelligente, qui va dans la tendance générale des opinions publiques en occident qui désirent moins de guerre et plus d'intelligence dans la gestion des conflits .

 

 

 


 

 

 

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Girlfriend Experience : le sexe dans le froid urbain

Comme le film, The Girlfriend Experience, la série est une histoire de prostitution. Une jeune et jolie étudiante en droit, Christine est admise comme stagiaire dans un grand et célèbre cabinet d’avocat de Chicago. Les études coûteuses, sa libido, et son ambition personnelle vont la conduire à rejoindre, par l’intermédiaire d’une amie le monde des Escorts girls.

 

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Girlfriend Experience

Brillamment interprétée par Riley Keough, la petite-fille d'Elvis Presley Riley Keough. Christine Reade est une femme intelligente qui a compris la société. Elle joue son rôle à la perfection : la comédie de la vie, du travail, où tout est écrit et appris par cœur. Rien de spontané dans un monde où l’on enregistre et filme tout. Et à certains moments, elle est presque rigide voire autiste.


Solitaire, ses relations même avec sa famille sont compliquées.
Pas d’ami, elle le répète. Elle ne fait confiance à personne, ne se livre pas, garde tout pour elle, dans un souci de maîtrise. Je n'ai pas d'amis. Je ne veux pas partager mon temps avec les gens, sauf pour accomplir quelque chose, répond Christine à sa sœur.


Ce détachement fait de Christine un personnage fascinant et frustrant dans ce monde d’aliénation économique et sexuelle. Emy Seimetz et Lodge Kerrigan ont écrit et réalisé 13 épisodes de 30 minutes à partir du film portant le même nom de Soderbergh. Les deux premiers épisodes sont médiocres.


Le premier jour, son patron David (Paul Sparks) arrête ses tentatives pour faire preuve d'initiative en lui ordonnant de simplement copier-coller les documents. Avery l'invite à prendre un verre en échange d'argent avec un avocat. Elle est enfin admirée par les hommes qui dirigent. Plus tard, quand elle a rassemblé une liste de clients, elle regarde froidement d'une fenêtre de voiture de banquette arrière à un groupe d'hommes en costumes. La dynamique de pouvoir favorise la jeune femme, pour un instant.

 

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La corruption est partout dans la série sauf dans le sexe : dans ce cabinet juridique, dans la famille de Michaël prête à tout pour récupérer l’héritage, dans la fausse amitié d’Avery, dans l’agence d’Escorts et dans les amours mensongers des clients. Le sexe devient un geste naturel calme et sans complexes.
Dans une société capitaliste, tout est transactionnel», explique Kerrigan. « Chaque travail est transactionnel Il y a toujours un jeu de pouvoir ». Girlfriend Experience devient à partir de quelques épisodes un tableau passionnant des relations humaines dans un contexte d’argent, d’ambition et de pouvoir. Le sexe n’est qu’une carte à jouer parmi d'autres.

 

Intimité dans un monde urbain connecté

Christine Read accepte de rencontrer des hommes, en dehors de ses heures de cours et en marge de son emploi de stagiaire dans un grand cabinet d’avocats, pour améliorer son train de vie, pour accéder à un certain confort. Loin de lui apporter la liberté désirée, elle va perdre son travail, ses études et son identité.


Le client paie pour qui je ne suis pas, dit elle. Elle est dans un monde une prison urbanisée, hiérarchisée et normalisée.


Le portrait de la prostituée moderne, indépendante, occasionnelle, cultivée, bien éduquée qui se vend cher, sélective, déterminée, ambitieuse. Internet a modifié définitivement le monde des rencontres. L’escorte est une prostituée de luxe, qui offre le sexe et l’intimité. C’est la petite amie rêvée, ou l’épouse idéale. Elle offre à ses riches clients, au-delà du sexe, du temps disponible pour les écouter.


Pour ne pas perdre le contrôle, l’étudiante a un garde-fou : le sexe, seul plaisir qu’elle s’autorise, seul moment de relâche où elle se permet de fermer les yeux. Lors de ses rencontres, elle se détend complètement et s’échappe un instant de sa difficile réalité. Elle le pensait , mais elle est surprise dans un moment d’intimité par une caméra,

Christine n’en reviendra pas. Elle atteint son plaisir en solo. Dans sa vie factice, le bonheur et l’amour semblent lui manquer cruellement, comme d’ailleurs aux autres personnages.

Le sexe et le genre sont liés dans la société moderne. L’ambition d’une femme est une question compliquée. Le sexe n'a plus un facteur déterminant dans la vie d’une femme, mais demeure toujours un jeu de pouvoir dans la société.

 

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C’est quoi l'intimité, dans un contexte professionnel ou dans un contexte transactionnel, dans une société capitaliste avancée où tout a un prix ?
La première saison se termine par l’image de l’Escort en train de se masturber, pour trouver son réel plaisir.


The Girlfriend experience est une série originale, intelligente et subtile qui, si elle ne plaît pas à tout le monde, mérite d’être vue, c’est une écriture délicate et une belle réalisation.

 

 

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