16 Questions Réponses sur Anorexie Boulimie

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La restriction de nourriture (et de calories) ne signifie pas une restriction complète de nourriture (jeûne, grève de la faim). Chaque patient choisit la nourriture qu'il juge moins problématique en consommant le moins possible de calories. Certains mangent quelques jours pour se priver ensuite durant une semaine.


abs11.5-orange  J'ai lu vos réponses, mais je ne suis dans aucune catégorie, je mange absolument de tout, sans me purger, mais mon psychiatre insiste que j'ai un comportement anorexique.



Une personne anorexique cherche à éviter un repas ou une partie du repas, le sentiment de culpabilité et la souffrance qui accompagnent la consommation de la nourriture est un bon indicateur du diagnostic. Certains cas sont « limites » ou borderline.

 



abs11.5-orange Je pèse 57 kg, je mesure 167 cm. Dans ce cas, puis-je être anorexique si j'ai les symptômes que vous décrivez ?


Les gens souffrant d'un trouble du comportement alimentaire peuvent avoir des poids différents allant parfois jusqu'à l'obésité. Le corps médical sait que le poids corporel ne reflète que partiellement la santé générale ou morale de la personne. Le poids n'est qu'un argument du diagnostic parmi d'autres critères.

 



abs11.5-orange J'ai 18 ans, suis un peu maigre, je mange beaucoup de bonbons. Parfois je ne mange que ça. Une personne comme moi peut -elle être anorexique ?

 

Beaucoup d'anorexiques consomment de la nourriture en cachette. Le bonbon et les boissons sucrés sont les aliments les plus consommés. Il est rare de trouver une personne anorexique vivant uniquement sur les bonbons ; d'autres produits accompagnent ce régime comme drogues, alcool, café, thé, cigarettes.

 



abs11.5-orange Ma fille Mathilde de 17 ans est diagnostiquée anorexique - boulimique. Je ne peux pas accepter ce diagnostic, ma fille est noire comme moi, et comme son père. Nous sommes arrivés en France il y avait 20 ans.

 

Anorexie - Boulimie est une maladie ethnique encouragée par la mode de vie et la culture occidentale, et ce n'est pas une maladie attachée à la couleur de la peau. Les jeunes adolescents blancs ou étudiants peuvent souffrir comme les jeunes Africains ou afro- Américain ou asiatiques, riches ou pauvres, à condition de suivre le modèle occidental de vie. Il est possible d'imaginer qu'une jeune adolescente noire née en France sera influencée par les images des mannequins, par les poupées barbie.

 

 


abs11.5-orange Je mange trois repas par jour, je ne me purge jamais. Comment puis je avoir un trouble du comportement alimentaire ?

 


Les troubles du comportement alimentaire ne sont pas corrélés au nombre ou à la qualité des repas. Le médecin s'intéresse au mode alimentaire plus qu'au nombre de repas. Si une fille ne mange que deux feuilles de salades, et un yaourt allégé, il est possible de suspecter une anorexie si les calories consommées sont moins que nécessaire au bon fonctionnement de l'organisme. Cela sera considéré comme anorexie d'autant plus si une souffrance accompagne ce comportement.

 

 



abs11.5-orange Je n'ai jamais vomi mes repas, jamais de laxatifs ou de lavement, comment le médecin généraliste a -t - il fait son diagnostic de Boulimie, c'est une erreur, non ?

 


Ce n'est que la moitié de la vérité. Votre médecin sait parfaitement qu'il existe de nombreux moyens pour se purger après un bon repas hors laxatifs, vomissements, et lavements. Le froid (climatisation en plein hiver), exercice compulsif (courir 20 km plusieurs fois par semaine) ou le jeûne complet périodique.

 

 


abs11.5-orange Ma fille a été hospitalisée pour oesophagite sévère, le médecin découvre qu'elle était boulimique, elle vit avec nous depuis toujours, personne n'a rien remarqué.

 


Il n'est pas rare que les anorexiques, boulimiques, et hyperphagiques se présentent comme des adultes normaux. Ce type de patient peut attendre avec patience le moment de solitude pour se purger ou pour jeûner complètement. Il ne s'agit ni de ruse ni de méchanceté mais d'un comportement compulsif et obsessionnel.

 

 


abs11.5-orange Je suis prof de lycée, j'ai entendu dire que ces comportements ne sont qu'une étape dans l'évolution de la vie des adolescents. Le nombre d'obèses dépasse 25 % dans mes classes, ce n'est pas possible que tout le monde soit malade !

 

L'anorexie, Boulimie et Suralimentation Compulsive (hyperphagie) ne sont pas des phases du développement. Ces maladies évoluent par poussées (régime, jeûne, obésité). L'obésité enfantine est un signe d'un comportement alimentaire troublé. Votre remarque est pertinente, l'opposition entre culture et images véhiculées par les médias et obésité des adolescents peut engendrer une souffrance ou des cas d'anorexie.

 

 

 

abs11.5-orange Je sais que je suis anorexique, je n'arrive pas à m'en sortir. Je prends des vitamines et des suppléments minéraux. Cela peut empêcher le danger de mort.

 


Malheureusement, les suppléments, les vitamines ne protégeront personne des séquelles d'un trouble du comportement alimentaire. Les vitamines et les Minéraux sont absorbés dans la nourriture d'une façon continue et harmonieuse. Les vitamines et les suppléments ne peuvent pas empêcher la mort subite par crise cardiaque ou par arythmie, l'insuffisance rénale, l'œdème cérébrale (par manque de protéine), le diabète, perte du cycle menstruel (aménorrhée), stérilité, dépression et suicide.

 

 



abs11.5-orange Je crois que vous dites n'importe quoi, je suis dans l'éducation nationale, je passe ma journée avec des adolescents, tout le monde est obèse, puis cela s'arrange avec l'âge ; en plus je ne connais pas une adolescente qui ne soit pas touchée par ce que vous appelez hyperphagie compulsive ou suralimentation compulsive. Messieurs les médecins, impossible d'admettre que nous sommes tous malades.

 


Ce qui définit la Suralimentation Compulsive n'est pas le poids du patient mais le sentiment de culpabilité ou de soulagement qui accompagne la nourriture : Remplir un vide, image dégradée de soi, isolement, dépression. En face d'un adolescent obèse, le médecin ne cherche pas en premier un trouble du comportement alimentaire mais une maladie organique (thyroïde, maladie génétique, métabolique). Il se dirige ensuite vers les maladies psychologiques, et tentent de classer cette maladie en fondant son diagnostic sur la psychopathologie de l'adolescent et non pas sur son poids. Les enfants obèses sont malades de leur obésité et n'ont pas tous un trouble du comportement alimentaire. De même pour l'anorexie, le médecin élimine des maladies organiques (leucémie, cancer, diabète, maladies endocrines) avant de poser le diagnostic de trouble du comportement alimentaire.

 

 



abs11.5-orange Toutes les personnes qui souffrent de désordres alimentaires sont extrêmement maigres. C'est vrai ??

 


Bien des anorexiques, des boulimiques et des personnes souffrant d'alimentation compulsive ont un poids au-dessus de la moyenne. La dépression, le peu d'estime de soi et le besoin de se trouver un moyen de défense contre le stress n'ont rien à voir avec le poids! Les aliments et le poids sont des symptômes de conflits émotionnels. Cette idée est fausse, comparée à quelque chose du genre «tous les alcooliques tombent toujours d'ivresse». La vérité est que les personnes souffrant de troubles alimentaires ne sont pas maigres en général aussi bien que les personnes ivres ne sont pas toujours des alcooliques.

 



abs11.5-orange J'ai noté que les personnes souffrant de la suralimentation compulsive sont paresseuses, sans volonté, et ne savent que manger et faire des tentatives de suicide.

 


Ceci est une fausse idée  d'appliquer sur les patients des jugements moraux. Le corps médical se défait de tout jugement durant l'exercice de l'art médical. Les personnes souffrant de compulsions alimentaires utilisent la nourriture comme moyen de remplir un "vide" intérieur. La nourriture est un moyen de défense contre le stress, la souffrance. Pour quelques personnes (surtout les adolescentes) c'est aussi une façon de ne pas être fragile. En restant obèses, personne ne voudra se rapprocher d'elles, le poids devient un bouclier contre les autres. La paresse n'a rien à voir avec le poids. Votre jugement est personnel et non médical.

 



abs11.5-orange Les médecins devraient savoir mais notre médecin généraliste, excellent par ailleurs, n'a pas détecté l'anorexie de notre fille Sophie. Le psy a fait le diagnostic après un entretien d'une heure avec Sophie.

 


Malheureusement, les cas débutants (limites, borderline) ne sont pas faciles à détecter. Les médecins généralistes se concentrent, en premier, sur les problèmes physiques possibles, puis adressent la patiente chez un psychiatre. Si vous consultez un psychiatre directement, il sera obligé de faire un bilan pour éliminer des maladies anorexiques tel le cancer, l'anémie, et le SIDA. De plus, le corps humain apprend à s'adapter à la malnutrition et aucun examen biologique ( analyse ) ne permet de faire le diagnostic du premier coup.

 



abs11.5-orange Si j'arrive à faire manger ma fille anorexique (par la force ou par la persuasion), cela résoudra t il son problème ?

 

Se concentrer sur la nourriture est une erreur. Les victimes de ces troubles alimentaires utilisent la nourriture comme moyens de défense contre les émotions. Il faudrait guérir la cause de cette souffrance avant tout, apprendre à vivre ses émotions, apprendre à manger sainement. Apprendre à ne pas utiliser la nourriture comme moyen de défense. Priver une patiente de nourriture ou l'obliger à manger ne règle rien, et ces stratégies de traitement ne font qu'augmenter la souffrance et donc, la sévérité des troubles alimentaires.

 

 



abs11.5-orange Je suis homosexuel. A l'age de 17 ans, je suis devenu boulimique. Est-ce une maladie des femmes et des homos seulement ?

 


Non. Les médias ont commencé à parler de la «population cachée» d'hommes souffrant de troubles alimentaires. L'image du corps prend un intérêt excessif dans la population homosexuelle (beauté des partenaires, séduction, magazines spécialisées) imitant ainsi l'image du corps féminin. Plusieurs hommes sont victimes de troubles du comportement alimentaire, certains danseurs, sportifs, hommes de médias. Lorsque l'image du corps est perçue comme faisant partite d'une identité, les troubles alimentaires peuvent surgir. Les chiffres démontrent qu'une victime sur dix est un homme.

 

 



abs11.5-orange Quelle est la distribution de ces maladies dans les autres pays du monde autre que l'Europe et les USA ?

 


Les études montrent que le nombre de cas est en nette augmentation dans les zones urbaines au japon, et que la diffusion d'images de corps féminins et des produits de régime commence à augmenter le nombre de cas en Chine et en inde. Un article sur la situation de ces maladies en Argentine relate : « Le pourcentage de patients est presque trois fois plus grand qu'aux USA. Les femmes Argentines sont obsédées par leurs corps ».

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Borderline, trouble borderline de la personnalité

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Le trouble borderline de la personnalité est caractérisé par une instabilité émotionnelle, un comportement impulsif, rapports inter-individuels chaotiques, et image de soi altérée. 

Le trouble de la personnalité limite est le trouble de la personnalité le plus présent dans les consultations. Il s’agit d’un trouble de santé mentale sérieux difficile à vivre pour le patient et pour ses proches. En dépit de sa fréquence, il s’agit d’un trouble plus mal compris et sous-diagnostiqué.

Le terme « borderline » a été employé il y a soixante ans pour décrire les patients qui se trouvaient à la frontière entre psychotique et névrotique. Contrairement aux patients psychotiques, qui étaient chroniquement divorcés de la réalité, et aux patients névrotiques, qui répondaient plus systématiquement aux relations étroites et à la psychothérapie, les patients borderline sont entre les deux.

Enfin, en 1980, la troisième édition du Manuel diagnostique et statistique de l’American Psychiatric Association (DSM-III) a intégré pour la première fois ce trouble.

 

Lyse touchée par le trouble borderline

Lyse était une fillette ordinaire qui aimait jouer avec ses poupées rêvait de faire carrière et de tomber un jour amoureuse de son prince charmant.

À un moment donné, Lyse a basculé, a franchi la frontière entre « normal » et « limite ».

Ce changement pourrait avoir été influencé par sa mère, très proche de sa fille et qui a brusquement quitté la famille après le divorce. Lyse avait 6 ans.

Après le départ de la mère, le pèse s’est trouvé seul avec les enfants. Lyse le décrit comme un père distant, laissant les enfants aux soins d’une nounou. Lyse se montrait anxieuse lorsqu’il n’était pas présent. Lyse pleurait à pendant ses visites périodiques à sa mère. Pendant cette période, Lyse perd sa confiance en elle, craignant l’obscurité et redoute d’être seule, devient sensible et pleure facilement. Elle essaie de plaire à ses deux parents, en leur reprochant secrètement leur divorce. Elle a développé une peur profonde d’être abandonnée.

Pendant la puberté, Lyse s’est préoccupée de plus en plus de son apparence et a commencé à se faire vomir après avoir mangé souffrant de crises d’anorexie et de boulimie. Sa personnalité commence à être troublée, elle pouvait se montrer charmante, charitable et empathique, mais en d’autres occasions, elle faisait preuve d’une rage cruelle imprévisible. Pendant les périodes de stress, elle semblait calme et stoïque, à d’autres moments, elle alternait un chagrin inconsolable et une colère féroce.

Sa vie sexuelle est peuplée de rencontres passagères, de relations sexuelles sans but sauf à lutter contre son sentiment de solitude et d’abandon.   

 

 Causes et fréquence :

Ce trouble est une maladie chronique affectant les relations du patient avec son entourage. La fréquence ne cesse d'être augmentée dans les publications scientifiques, arrivant parfois à 10 % de la population féminine. Les personnes affectées ont tendance à l'auto mutilation, aux abus de substances, et aux comportements à risque.

Les facteurs en cause sont:
-facteurs génétiques
-traumatisme durant l'enfance, comme abus physique ou et sexuel.

D'autres facteurs sont mentionnés :
-difficultés familiales
-pauvreté de communication au sein de la famille

 

Des études génétiques et neurologiques plus récentes ont émis la théorie qu’il pourrait y avoir des fondements biologiques héréditaires.

Une nouvelle ligne de recherche postule que les vulnérabilités génétiques, ou biologiques se combinent aux traumatismes environnementaux pour produire des mécanismes d’adaptation borderline. Un modèle suggère que les tendances héritées se croisent avec les valeurs basées sur le développement pour produire la personnalité.

Certains chercheurs ont démontré que des niveaux anormaux de sérotonine, un neurotransmetteur (une substance chimique impliquée dans la conduction nerveuse dans tout le corps, mais surtout dans le cerveau peuvent être à l’origine de l’impulsivité et de l’agressivité accrues.

D’autres neurotransmetteurs, comme la dopamine et l’acide gamma-aminobutyrique [GABA], peuvent être impliqués dans la régulation de l’agressivité impulsive.

 

 

 Fréquence

Le trouble borderline de la personnalité est plus fréquent chez les femmes.

Le trouble borderline représente 30 à 60 % de troubles de la personnalité. 10 % des consultations en santé mentale répondent aux critères de ce trouble. Les femmes sont affectées trois plus que les hommes.  

L’intensité des symptômes borderline peut être liée aux situations de vie. Ce trouble est plus sévère chez les étudiants, les chômeurs, les personnes séparées, les athées, les personnes ayant un casier judiciaire et chez les personnes ayant perdu un parent par décès ou par divorce.

Le comportement borderline est observé de la fin de l’adolescence ou début de la trentaine, suite à des problèmes de séparation, ou de crise de colère chez les enfants.  

La plupart des adolescents affectés par le trouble borderline sont déjà victimes des problèmes d’identité, d’humeur, d’impulsivité et d’insécurité relationnelle.

Au cours de leurs troisième et quatrième décennies, de nombreux borderline atteignent une certaine stabilité dans leur vie. Les comportements borderline peuvent être freinés ou stabilisés

 

Signes cliniques


Les troubles de la personnalité sont perçus comme des inadaptations comportementales chroniques.

Ce trouble partage plusieurs caractéristiques avec d’autres troubles de la personnalité, notamment les troubles de la personnalité histrionique, narcissique, antisociale, schizotypique et dépendante. Cependant, l’autodestruction, les sentiments chroniques de vide et les craintes désespérées d’abandon distinguent le trouble Borderline d’autres troubles de la personnalité.

 

Les signes cliniques incluent :

  • -dérégulation émotionnelle
  • -agression impulsive,
  • -agression contre soi ( abus de substance, automutilation )
  • -tendances suicidaires chroniques
  • -colère inexpliquée
  • -intolérance à rester seul
  • -impulsivité avec l'argent, avec les substances et dans les relations sexuelles
  • - troubles du comportement alimentaire.

Le diagnostic s'effectue sur la base de symptômes, des examens, et des signes.

Les principales caractéristiques de ce trouble sont l’impulsivité et l’instabilité des relations, trouble de l’image de soi, trouble de l’humeur. Les critères sont :

1.  Efforts pour éviter un abandon réel ou imaginaire

2.  Modèle de relations interpersonnelles instables caractérisé par l’alternance entre des extrêmes d’idéalisation et de dévalorisation.

3.  Perturbation de l’identité : image de soi ou sentiment de soi durablement instable.

4.  Impulsivité dans au moins deux domaines qui sont potentiellement nuisibles pour soi-même : Impulsivité des dépenses, de sexe, abus de substances, conduite dangereuse, frénésie alimentaire.

5.  Comportement, gestes ou menaces suicidaires récurrents, ou comportement d’automutilation.

6.  Instabilité affective (humeur) et réactivité marquée aux situations environnementales : dépression intense, irritabilité, anxiété durant quelques heures ou quelques jours

7.  Sentiment chronique de vide

8.  Colère inappropriée, intense ou difficulté à contrôler la colère, manifestations fréquentes de colère, colère constante, conflits physiques fréquents.

9.  Paranoïa transitoire liée au stress ou symptômes dissociatifs graves. (sentiments d’irréalité)

 

Difficultés de diagnostic

Le trouble borderline est rarement isolé. Certains des symptômes sont identiques à d’autres maladies. Par exemple, comme dans le cas des borderline, de nombreuses personnes souffrant d’un trouble de l’attention et d’hyperactivité font preuve d’impatience, d’impulsivité, de colère, d’une faible estime de soi et de fréquents abus de sub — stance.

Près de 90 % des borderline répondent aux critères des maladies anxieuses, en particulier le syndrome de stress post-traumatique, le trouble panique et le trouble d’anxiété sociale.

Ce trouble peut imiter d’autres maladies. Les changements d’humeur peuvent être diagnostiqués à tort comme des troubles bipolaires. Une psychose passagère peut imiter la schizophrénie.

Malgré sa fréquence, le trouble Borderline est souvent mal diagnostiqué ou sous-diagnostiqué. De nombreux cliniciens hésitent à diagnostiquer ce trouble en raison de sa stigmatisation sociale.

Les patients borderline sont redoutés, ils ont la réputation d’être exigeants, avec des appels téléphoniques fréquents et une agitation constante. Ils constituent un groupe de patients psychiatriques litigieux. Lorsqu’ils sont déçus, leur rage est difficile à tolérer, qui entraine violence, suicide et plaintes.

 

Le traitement :

Psychothérapie : 

La psychothérapie reste la base du traitement, complétée par une pharmacothérapie centrée sur les symptômes.

Deux approches de psychothérapie ont démontré leur efficacité :

[1] la psychothérapie psychodynamique qui suit certaines théories psychanalytiques et

[2] la thérapie comportementale qui utilise des approches cognitives et comportementales.

 

Médicaments :

Les médicaments ciblent des symptômes notamment dans les domaines de l’instabilité de l’humeur, du contrôle des impulsions. Les classes de médicaments utilisées sont principalement les antidépresseurs, les stabilisateurs de l’humeur, les psychotropes.

La thérapie comportementale et psycho-dynamique donne des bons résultats. Le traitement médicamenteux peut réduire la dépression, l'inquiétude, et l'agression impulsive.

Le comportement auto-destructeur pourrait être modéré par un changement d'environnement social ou familial et par le traitement en groupe.

Le traitement donne de meilleurs résultats en cas de relation thérapeutique personnalisée ( avec le même thérapeute) car les difficultés avec l'autorité font parfois partie des facteurs déclencheurs de cette maladie. 

 

 

Le pronostic et l'évolution :

Le Trouble de la personnalité borderline est une maladie dangereuse, voire potentiellement mortelle : environ 8 à 10 % des patients se suicident.

La plupart des borderline s’améliorent de façon significative, et près de la moitié bénéficient d’une guérison complète malgré les nombreuses frustrations endurées par le patient, par les proches et la famille, et par le thérapeute.

 

Les complications :

 

  • -Vie sociale chaotique et résultats scolaires médiocres.

 

-Abus de substance

 

-Suicides

 

-Troubles du comportement alimentaire

 

-Dépression

 

- Autres.

 

 

Références

Bender DS, Skodol AE, Pagano ME, et al. Prospective assessment of treatment use by patients with personality disorders. Psychiatr Serv 2006; 57:254.

Gunderson JG, Herpertz SC, Skodol AE, et al. Borderline personality disorder. Nat Rev Dis Primers 2018; 4:18029.

Ingenhoven T, Lafay P, Rinne T, et al. Effectiveness of pharmacotherapy for severe personality disorders: meta-analyses of randomized controlled trials. J Clin Psychiatry 2010; 71:14.

Zanarini MC, Frankenburg FR. A preliminary, randomized trial of psychoeducation for women with borderline personality disorder. J Pers Disord 2008; 22:284.

Cristea IA, Gentili C, Cotet CD, et al. Efficacy of Psychotherapies for Borderline Personality Disorder: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA Psychiatry 2017; 74:319.

Bellino S, Zizza M, Rinaldi C, Bogetto F. Combined therapy of major depression with concomitant borderline personality disorder: comparison of interpersonal and cognitive psychotherapy. Can J Psychiatry 2007; 52:718.

McMain SF, Links PS, Gnam WH, et al. A randomized trial of dialectical behavior therapy versus general psychiatric management for borderline personality disorder. Am J Psychiatry 2009; 166:1365.

Zanarini MC, Vujanovic AA, Parachini EA, et al. Zanarini Rating Scale for Borderline Personality Disorder (ZAN-BPD): a continuous measure of DSM-IV borderline psychopathology. J Pers Disord 2003; 17:233.

 

 

 

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Causes des troubles alimentaires

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L'analyse de l'hystérie par Freud demeure un excellent exemple des liens entre la culture et les réactions psychopathologiques. On peut dire que les interventions de Freud ont permis d'analyser et de comprendre ce trouble qui affectait déjà les femmes à cette époque.

Dans les années 80, le public américian découvre les troubles du comportement alimentaire : la chanteuse Karen Carpenter décède après une utilisation excessive de laxatifs (pour se débarrasser de la nourriture).

 

Et dans les années 90, le grand public découvre que Diana Spencer (Lady Di) souffrait d'une boulimie accompagnée d'une profonde dépression avec des épisodes de purges et de vomissements. Il est possible que cette maladie ait existé depuis des siècles, mais sous des dehors non médicaux : spirituels ou sacrés ; actuellement , la mort spectaculaire d'une jeune adolescente se privant de nourriture ne se passe plus dans les couvents comme par le passé mais dans les cours d'écoles, et dans les hôpitaux.

 


 A. Facteurs psychologiques :

A. La personnalité : difficultés alimentaires durant la petite enfance. Quasi-constance d'une enfance sans histoire. Souci principal : correspondre à l'attente de la mère.
B. Facteurs familiaux : Absence d'autonomie des individus. Enchevêtrement des liens. Empiètement des générations. « Parentification » des enfants. Dérive incessante des relations triangulaires vers des relations duelles. Crainte des conflits.





  B. Rôle de l'adolescence

Le traumatisme essentiel demeure la puberté et le processus de l'adolescence lui-même. Rôle des changements physiologiques de la puberté. Pression psychosociale. Possibilité de réalisation sexuelle concrète. Conflits d'identification. Sexualisation des liens et des activités. Cet effet traumatique potentiel de la puberté peut se moduler très différemment selon les évènements et l'action de l'entourage.





C. Facteurs culturels :

Impact du modèle de la femme mince sur un narcissisme fragile ?
Idéal de civilisation qui prône l'affirmation de soi à travers un corps modelé, maîtrisé et contrôlé pour en faire un instrument de puissance et de conquête, d'avantages plus que de plaisir. Rôle du repas comme rite familial : seul moment où la famille est réunie. Les tensions familiales et les conflits de hiérarchie et de territoire s'y jouent préférentiellement.

Inscription de l'anorexie dans l'ensemble des conduites masochistes : augmentation de cette conduite dans une civilisation où les interdits sont limités.



 

Rôle de la dénutrition

Il ne s'agit pas d'un facteur étiologique mais son impact est important sur le plan somatique et physiologique : une bonne partie des troubles hypothalamiques et endocriniens peut lui être attribuée.

Sur le plan psychologique : la famine entraîne le développement de conduites alimentaires bizarres avec transformation du goût. Propension des sujets à être absorber par leur apparence, à centrer leurs intérêts sur l'image d'eux-mêmes et sur la nourriture. Modification de la perception du temps. Aggrave  les phénomènes de dépersonnalisation, les sensations de perdre le contrôle de soi. Rétrécissement du champ des intérêts avec centrage exclusif sur quelques préoccupations obsédantes. La vie imaginaire et les rêves s'appauvrissent et disparaissent.

 

 Psychopathologie : troubles psychologiques 

 

-  Psychopathologie individuelle


Le conflit pulsionnel : Evitement de la sexualité génitale, érotisation des conduites alimentaires. Un double mouvement affecte la sexualité : déplacement sur l'oralité conflictualisée faisant l'objet de dégoût, d'inhibition et de refoulement. Réactivation d'un érotisme qui appartient au stade antérieur de la libido anale et orale (rites alimentaires, pensées obsédantes, conduites de vérification, surinvestissement de la maîtrise, relations d'emprise et manipulations sur les objets).

-  Pathologie de la personnalité

Existence d'un profond sentiment de désespoir et d'abandon. Le conflit essentiel se situe au niveau du corps et non au niveau des fonctions alimentaires sexuellement investies. L'Anorexie exprime une incapacité à assumer le rôle génital et les transformations corporelles propres à la puberté.

- Troubles de l'image du corps

Ces troubles sont liés à un défaut de reconnaissance des sensations et des besoins du corps. Ce défaut est secondaire à des troubles des premiers apprentissages au cours desquels la mère impose ses propres sensations, ses propres besoins à l'enfant au lieu de l'aider à percevoir et à reconnaître les siens propres. L'identité de l'enfant est fragilisée et il reste profondément dépendant de son entourage.
La lutte pour l'autonomie et la reconquête d'un moi déficient, exercée par le contrôle du corps est le trait essentiel de l'Anorexie. Sensation de faim : sensation d'exister qui constitue une réassurance narcissique et rétablit un sentiment de continuité de soi en permanence menacée. La problématique de l'identité est au cœur de l'Anorexie mentale.

 

 Importance du conflit dépendance-autonomie

L'anorexique se détruit pour s'assurer de son « existence » (ce n'est pas une conduite suicidaire). Se développe chez l'anorexique une sensation mégalomaniaque liée à la maîtrise de ses besoins, aux sentiments d'autosuffisance et à la satisfaction d'auto engendrer une image idéale de soi. Au travers de la maîtrise du besoin c'est le corps qui est visé : corps machine, corps fétiche, écran qui protège l'anorexique des affects envahissants et incontrôlables qu'il est susceptible de provoquer.
Le regard occupe une place importante chez l'anorexique, et se nourrit de l'effet provoqué chez les autres par son corps exhibé. Parfois, au contraire, se dérobe au regard d'autrui.

 

 Psychopathologie familiale

a. Les mères : Elles sont décrites d'une façon qui peut apparaître contradictoire : Personnage fort, rigide, dominant et même tyrannique, peu chaleureux évitant l'expression de sentiments positifs et les manifestations réactionnelles. Fréquence des manifestations dépressives. La future anorexique occupe dans les fantasmes de sa mère une place particulière: nature narcissique de l'investissement maternel avec valorisation des performances reconnues socialement au détriment des formes d'expression plus personnelles (d'ordre pulsionnel et affectif).

b. Le père : Généralement décrit comme ayant un caractère effacé, soumis à la domination de sa femme, incapable de faire preuve d'autorité. Parfois au contraire, trop proche de sa fille.

c. La famille : Elle cherche à apparaître comme parfaite dans une caricature de normalité alors qu'elle montre des signes de retrait et d'isolement. Le repas est le temps organisateur de la vie familiale. Il s'y joue l'essentiel des échanges avec la recherche active de complicité et d'alliance de chacun des parents avec un des enfants. Ces familles sont aussi caractérisées par l'enchevêtrement entre les membres d'une même famille, la surprotection, la rigidité et l'intolérance aux conflits.

 

 

 Ce qu'elles pensent d'elles mêmes

Je suis obèse, horrible, c'est ma faute, je ne suis pas comme les autres. Les patients  anorexiques et boulimiques ont une perception déformée d'eux-mêmes, et ne sont pas indulgents envers eux-mêmes. Un bon exemple de perception déformée est la façon de juger, avec balancement d'un extrême à un autre. «Quand je mange je suis une personne affreuse horrible et je mérite de mourir ! » Une conversation, une personne quitte la table pour aller à la salle de bain, la patiente peut penser «il part parce que ma conversation est stupide, tout le monde me hait, ils sont là par pitié. » Les compliments sont vus comme gestes polis sans plus. Les patients peuvent sentir responsable de refaire le monde, et quand ils ne peuvent pas, ils se punissent, se haïssent. Il y a un besoin fort de contrôler leurs vies et la vie de gens autour eux. Tout semble négatif d'une manière ou d'une autre. La distorsion majeure de la perception s'exprime en des mots tels : « la vie sera meilleure et je serai heureux quand je perdrai du poids.»

 

 

La pensée : L'obsession de la nourriture, l'image dégradée de soi ; les gens souffrant de l'anorexie et de la Boulimie obtiennent souvent un sentiment de pouvoir en se privant. Il n'est pas rare de voir une Anorexique «fière» après des périodes de jeûne.

 

 

Culpabilité: Parce qu'ils déçoivent les autres, et ils sont moins brillants que les autres, ils sentent une culpabilité.

 

 

Pouvoir : Un besoin de contrôler les aspects émotionnels et physiques. Ils ont une fragilité devant les émotions, et jugent plus facile de penser à la nourriture que de gérer leurs émotions.

 

 

Deception. Mentir après manger, mentir pour ne pas manger, mentir pour vomir en cachette ou pour se faire des lavements ou prendre des laxatifs. La déception accompagne les mensonges et aide le patient à entretenir une sensation de contrôle.

 

Dépression. L'humeur balance, manque de motivation, désespoir, anxiété ou panique, claustrophobie, isolement, solitude, et suicide.

 

 

Le corps : Céphalées, tension artérielle basse, frilosité. La tension artérielle est basse par manque de potassium (surtout après laxatifs ou lavements). Picotement des mains, pieds, visage. vertige. Problèmes Dentaires : détérioration, décalcification, corrosion par l'acidité du vomissement, Ostéoporose, Aménorrhée, Problèmes cardiaques, Problèmes de sommeil, et Epuisement.

 

 

L'estime de soi : La perception de l'image de soi est médiocre avec sentiment de culpabilité : «je ne fais jamais rien de correct. Mes pensées sont stupides ». Il est fréquent chez les anorexiques et les boulimiques d'être perfectionnistes. Quand ils ne peuvent pas réaliser la perfection désirée, ils se détestent. Dans leur besoin d'affection ils remplissent le vide avec la nourriture.

 

Le trait commun des troubles du comportement alimentaire est le manque d'amour propre et d'estime de soi. Les patients pensent qu'ils ne méritent ni d'être heureux, ni les bonnes choses. Certaines patientes peuvent vivre une histoire d'amour mais à chaque difficulté émotionnelle, ces patientes ne peuvent pas voir les points positifs « la beauté que les autres aperçoivent en elle » et recommencent à nourrir de la haine vis à vis elles mêmes.

 

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