La morale entre hommes et femmes

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Certaines études comme celles de Carol Gilligan qui a étudié l'idée morale chez les femmes ou comme celles de Kohlberg qui a tenté d'étudier l'idée morale chez les hommes et de vérifier si les réponses des femmes et des hommes à des questions relatives aux valeurs sont semblables ou pas,  sont relativement contradictoires.

Freud pensait que les femmes sont moins « morales » que les hommes selon sa définition de la morale, d'autres auteurs ont partagé également son point de vue.

Le développement de la condition féminine, et les changements de statut des femmes ont modifié profondément  cette vision.

Les études confirment qu'il existe une différence dans le développement de la morale entre les sexes ; ces différences ne sont pas négligeables.

 

Kohlberg a noté que les garçons cherchent pendant leur enfance à satisfaire les autres en étant dans le sens du devoir. Gilligan a noté que les filles cherchent, pour satisfaire les autres, le gain personnel : faire plaisir, et obtenir le plaisir.

 

La morale des femmes semble se développer différemment  que celle des hommes.

Dans la société occidentale, les hommes continuent à être plus impliqués dans les questions concernant la justice collective, en discutant religion, lois et politiques, alors que les femmes privilégient majoritairement le règlement de divergences de points de vue par les arguments logiques, et par l'intermédiaire des structures légales comme les tribunaux. En d'autres termes, les hommes aiment agir pour régler un problème même en dehors des règles établies, les femmes préfèrent régler le même problème selon les règles établies.

Les hommes semblent évoluer pour être indépendants, pour avoir la liberté de faire ce qu'ils ont envie de faire.

Les femmes évoluent majoritairement dans le sens logique pour assurer à chacun ses droits et ses besoins. Quand un homme parle de droits à acquérir, la femme risque dans une majorité des cas de parler des moyens pour acquérir ces droits.

Par exemple, hommes et femmes sont pour la justice et la compréhension dans 90 % des cas, cependant 93 % des hommes sont pour la justice et 7 % seulement pour la compréhension, alors que 62 % des femmes sont pour la compréhension et 38 % seulement pour la justice, selon l'étude de Carol Gilligan.

Les études dénotent que les hommes et les femmes voient le monde d'une façon différente dès leur première enfance, et leurs réactions varient en face des dilemmes moraux.

 

 

Dans une salle de classe, les garçons de onze ans ont répondu majoritairement qu'un père peut parfaitement voler un médicament si la vie de sa fille est en danger quand il n'a pas les moyens de payer ce médicament. Les filles ont répondu que le pharmacien devrait avoir plus de sensibilité, mais en même temps, le père n'a pas le droit de voler de médicaments.
Les théoriciens de la morale ont considéré longtemps ce genre de réponses féminines comme  « subordonnées », expliquant ainsi l'incapacité des femmes à avoir une morale collective.

Cependant, les études récentes voient les choses autrement : les deux réponses sont valables car les garçons utilisent la force et la puissance  (ils ont la force physique), alors que les filles tentent de trouver les intermédiaires et les moyens d'arriver au même but (car elles ne possèdent pas la force physique.)

 

 

D'autre part, les garçons semblent considérer cette idée morale comme une question de besoins personnels. Le père a besoin de ce médicament pour sauver sa fille. Les filles voient ce dilemme moral comme un conflit impersonnel de droits individuels, et cherchent des solutions qui ne heurtent personne.
D'autres facteurs semblent jouer un rôle dans le développement de la morale entre les deux sexes.  Les garçons gagnent leur identité masculine en se séparant de leurs mères, alors que les filles gagnent leur identité féminine en imitant leurs mères.

Cela peut expliquer que les garçons voient le lien et l'attachement comme un danger, alors que les filles voient le danger dans la solitude, l'isolement et la déconnexion d'avec les autres.
L'intimité est effrayante pour les garçons, sécurisante et vitale pour les filles. De même, l'autonomie est une fierté pour les garçons, effrayante pour les filles.

 


L'accomplissement et le succès font partie de l'identité masculine, alors que les relations et le succès au sein du groupe sont appréciés par les filles pour leurs caractères sécurisants.


Les hommes valorisent plus ouvertement leur interdépendance aux autres, jugent le pouvoir comme moyen pour consolider leurs relations avec les autres, les femmes voient le pouvoir comme la capacité de commander les autres.


En dépit des modifications parfois spectaculaires de la condition féminine, la différence de réaction, en face d'un dilemme moral, entre les hommes et les femmes demeure visible. Cependant, la société moderne semble avoir besoin de points de vue, masculin et féminin, car si le père vole le médicament , la société entre dans un monde violent où les besoins personnels sont prioritaires, et si nous ne trouvons pas ensemble une solution pour que le père puisse avoir le médicament et sauver sa fille, il finira par voler le médicament et déclencher un cercle de violence.

 

En conclusion, il existe une différence dans l'évolution de l'idée morale chez les garçons et chez les filles. Cette différence ne devrait pas être instrumentalisée pour formuler des conclusions sur la supériorité ou l'infériorité de la morale des femmes ou des hommes, mais plutôt pour avoir un point de vue englobant les deux moitiés de la société.

D'autre part, il est difficile d'expliquer la différence de l'évolution de la morale chez les garçons et les filles, sans oublier la grande variété des réactions individuelles influencées par l'expérience, le vécu, l'héritage culturel, et les besoins personnels.

 

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Avons-nous besoin de valeurs morales ?

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Il est important de considérer soigneusement nos valeurs pour plusieurs raisons. Ces valeurs pourraient guider notre vie vers des buts nobles, plutôt que nous guider vers un parcours de vie égoïste ou gouverné  par les impulsions, ou par les émotions.

Les valeurs morales peuvent nous inspirer et vous motiver pour atteindre les buts de nos ambitions et de notre existence. Le manque de valeurs dans la vie peut engendrer une culpabilité ou un mécontentement durable.Les valeurs aident aussi à consolider l'estime de soi. Les valeurs nous offrent des références et des repères pour affronter les problèmes et formuler des solutions et  modeler nos réactions. Ainsi, l'échec peut devenir une expérience, la réaction à une agression peut devenir moins violente, les objectifs recherchés plus adaptés à nos besoins.

 

Les valeurs morales nous aident à accepter nos devoirs et nos responsabilités avec philosophie et bonne humeur, nous évitent de nous sentir coupables en face d'une contradiction entre l'idée morale dominante et notre comportement.

 

Les valeurs peuvent également donner un sens à notre quotidien, en mettant les étapes de la vie dans un objectif plus général.

 

Les valeurs partagées varient dans le temps. Nous sommes peut être plus matérialistes que nos parents,  plus individualistes mais chaque génération a ses valeurs et ses idées morales.

 

Les valeurs jouent un rôle important dans notre vie, dans nos relations vis-à-vis des autres et vis à vis de nous-mêmes. Il est difficile de comprendre la fidélité dans un couple après plusieurs années sans prendre en compte les valeurs de chaque partenaire. Cet exemple peut s'appliquer sur le dévouement des parents, l'engagement dans les relations inter personnelles, ou sur les  efforts consentis dans les structures d'aides aux autres sans attendre récompense ou reconnaissance.  

 

 

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Quand nous commettons un acte en opposition à nos idées morales, nous souffrons d'une mauvaise estime de soi et d'un pénible sentiment de culpabilité.

 

 

Nos immoralités et ses justifications


Pour éviter ce sentiment inconfortable, culpabilité ou regret, nous adoptons de nombreux mécanismes intermédiaires, pour nous réconcilier avec nos valeurs, avec nous-mêmes. Ces comportements varient selon les personnes, leurs cultures et leur idée morale.

 

Justification morale


Nous utilisons parfois une justification morale pour disculper la trahison de notre propre morale, en pensant que nos actes sont justes. Après avoir triché à un examen, la justification peut être : j'ai triché car j'ai besoin de réussir cet examen. Après avoir agressé une personne, la justification utilisant la morale peut être : j'étais obligé de l'agresser pour défendre un ami. Ce genre de justification ne modifie en rien dans la nature de l'acte, mais nous permet d'échapper à la culpabilité.

 

Relativiser nos actes


Parfois nous utilisons des parades qui jouent avec les limites et avec la sévérité de nos actes, pour les rendre plus justifiables. En refusant l'aide à un voisin, la justification peut être : je n'ai pas les moyens d'aider un voisin, mes enfants d'abord. Dans ce genre de justification, on joue sur des priorités, ou sur des limites, ou sur des nécessités.

 

Comparaison


Dans d'autres cas, nous justifions nos actes immoraux par comparaison avec les actes des autres. Ce n'est pas grave de tricher dans ma déclaration d'impôts, beaucoup de gens trichent aussi leur déclaration. J'ai accepté la corruption car tout le monde est corrompu autour de moi.

 

 Nos faiblesses


Parfois nos actes immoraux sont justifiés par notre prétendue faiblesse, par notre incapacité à résister. Ils m'ont obligé de le faire. Je fais cet acte car la loi m'oblige à le faire. Je n'ai pas assez de force pour refuser l'ordre d'exécuter un tel acte.

 

 Déni de responsabilité


Le déni de responsabilité est un mécanisme pour justifier les actes immoraux également. J'étais parmi les autres. Je ne pouvais pas l'aider, d'ailleurs personne ne l'a aidé. Je ne peux rien faire pour l'écologie, car une personne seule ne peut rien faire.

 

Déni de conséquences


Le déni des conséquences est également un mécanisme pour justifier des actes jugés immoraux. On relativise les conséquences de nos actes pour les rendre plus acceptables : j'ai juste transmis le message. J'ai seulement téléphoné. J'étais seulement un intermédiaire dans cette affaire.

 

Déshumanisation


La déshumanisation est une technique parfois cruelle, justifiant des actes immoraux. Pourquoi épargner telles personnes ? Ils sont de simples sauvages. Pourquoi respecter telle personne alors qu'elle est moins que rien. Ce n'est pas grave ce que j'ai fait, cette personne est handicapée. Il ne faut pas en faire une affaire, ce n'est qu'un animal.
Dans ces cas, on réduit l'humanité de l'autre, ou refuse la souffrance de l'animal, ou on invalide les besoins des autres.
D'autres justifications cherchent à rendre la victime responsable. Un SDF ne mérite aucune aide, il est responsable de son sort. Pourquoi aider les pauvres alors qu'ils sont paresseux.

 

Les dangers de trop justifier  


Ces justifications affaiblissent notre système moral et nous entrainent vers une relativisation dangereuse car ces mécanismes peuvent être utiles pour sortir de la culpabilité d'un acte commis, mais aussi peuvent être utilisés pour justifier des actes à commettre. Agresser un handicapé en déshumanisant sa personne, ou en prétendant que tout le monde agresse les handicapés finit par justifier l'agression, nous mettant dans une position immorale vis-à-vis de nos valeurs, et dans une position délicate vis-à-vis de la société et de ses outils judiciaires.


Attention danger, l'utilisation de ce genre de mécanismes pour justifier un acte immoral n'a aucune valeur juridique ou sociale. Un acte immoral va être jugé selon un consensus social ou juridique, et non pas selon nos justifications ou nos dénis.

 

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