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Numérique, virtuel et notre réalité

 

realite virtuelle

 

Numérique, virtuel et notre réalité

En philosophie occidentale, la connaissance de la vérité et de la réalité est une problématique centrale. Vérité et réalité sont des notions qui se recoupent sans se confondre : la vérité touche à la logique et à la raison, la réalité touche aux choses, c’est-à-dire au matériel. La réalité est ce qu’un individu perçoit et comprend. Et le numérique ? Et le virtuel ?

 

Virtuel et réel : question philosophique au début


Selon Lacan, le virtuel n’est pas une forme du réel. Lacan considère une actualité non représentative comme une plénitude absente qui figure dans la langue comme un excès et un manque, mais qui ne peut jamais être représentée. Selon lui, le virtuel est un phénomène qui perturbe l’autorité, et altère les représentations de l’identité de soi.
Certains s’inquiètent de l’importance croissante du virtuel et de l’excès d’abstraction, qui pourraient entraîner une perte de la créativité de l’imagination (Baudrillard, 2000).
Hegel discute le retentissement de l’abstraction dans l’esprit collectif indispensable au maintien de l’État-nation politique. Selon lui, l’identité se réalise à travers un processus de négation des autres identités. Dans l’état nation, l’identité collective dépassant les autres identités est indispensable pour la survie d’une nation. L’abstraction est « indifférente » à tout autre objet, et ne prend en compte aucun autre élément. Il fournit une identité nouvelle et par définition individualiste. (Hegel, 1977).
Deleuze a suggéré que la virtualité inexistante est une impossibilité. Badiou pense que le réel inclut à la fois les formes et les objets concrets (Badiou, 2000). L’abstrait n’existe que dans le concept, mais pas dans la réalité.
Ce résumé affirme que l’évolution numérique a dépassé avec brio certaines critiques formulées par les philosophes et les sociologues, le modèle inventé ne ressemblait pas aux modèles pré existants.



Pour les personnes : Le média est le message

 

Il y a plus d’un demi-siècle, le canadien Marshall McLuhan Herbert, (1911 – 1980), professeur canadien de littérature anglaise et théoricien de la communication, a écrit l’un des livres les plus importants sur la théorie des médias « comprendre les médias » où il a forgé des concepts toujours actuels comme « le village global » et « le média est le message ».
Selon McLuhan, les termes « medium », « technologie », « médias » sont interchangeables. Le sous-titre de son livre, The Extensions of Man, postule que toute technologie est une extension de notre corps et de notre conscience. Quand vous prenez votre voiture, elle devient une extension de vous-même : ses limites sont vos limites, et votre conscience doit prendre en considération sa taille, ses angles, et sa puissance.
Selon McLuhan, le contenu du support n’est pas aussi important que le support lui-même, c’est le support qui change les sociétés, et non pas le contenu.
Nous pouvons noter l‘importance de Google et Facebook comme médium capable de changer nos sociétés. L’indexation des fichiers dépasse par son importance, le contenu des fichiers. Les liens de facebook sont plus déterminants que les textes et les images publiés. Dans le monde virtuel, les clics remplacent les briques, et les liens remplacent les bureaux.
Comme l’écrit de McLuhan, « le “contenu” de tout média nous aveugle sur le caractère du média ». On pourrait penser que la technologie progresse sans cesse, mais ce n’est pas nécessairement le cas. Remarquez l’autre terme que McLuhan attribue à nos créations quand il écrit : « Toute invention ou technologie est une extension ou une amputation de notre corps physique, qui exige de nouveaux rapports et nouveaux équilibres entre les autres organes et extensions du corps. »
Le GPS est une technologie qui modifie progressivement notre mémoire et nos systèmes visuels. Nous regardons une carte virtuelle pendant que nous roulons sur une route réelle. Notre cerveau agit autrement pour s’adapter. C’est le virtuel qui guide et non plus le réel.
Dans les domaines numériques, le réseau, son informatique, ses télécommunications et son infrastructure précèdent l’espace, et deviennent plus déterminants. C’est le sens de cette jolie phrase de Baudrillard (1990) : « La carte précède le territoire ».
Nos technologies définissent nos réalités. Ces outils permettent le meilleur et le pire, défendre la liberté et la démocratie ou s’isoler dans une réalité individuelle sans liens avec les autres.

 


Pour les sociétés : un modèle de liens

 

Comme les pages d’internet, le modèle numérique est un modèle de liens. Il dépasse les critiques philosophiques en créant des liens nouveaux dans le monde réel. Les clics ne remplacent pas les briques, mais orientent le public vers telle, ou telle brique. Avec le numérique, les annonces immobilières deviennent aussi rentables que les services de négociation. Le numérique devient l’intermédiaire indispensable pour la vente, la rencontre, le tourisme et les voyages. Il ne s’agit pas de réalité virtuelle, mais de liens entre des personnes réelles, et des biens matériels.
Ces liens permettent le développement d’un modèle nouveau. Les constructeurs automobiles ont compris que la voiture est un produit et une plate-forme de prestation de services. En fournissant les services de relation avec la clientèle tels que la navigation embarquée mise à jour, l’assistance routière d’urgence, les télécommunications, ou le partage des données peuvent approfondir leurs liens avec leurs clients et générer plus de revenus. C’est dans la combinaison des produits et du service que ce génère des revenus et des profits. Le produit est important, le service aussi. Les pages des sites web de E-commerce sont transformées en liens de comparaison, d’évaluation et un forum d’opinion, une sorte de mosaïques d’informations personnalisées
encore une fois, cette technologie change notre réalité.
Lorsque le produit est un objet matériel ou un service avec des résultats concrets, les marques sont virtuelles. Le virtuel devient réel, il n’a pas la tangibilité du réel, mais il existe. Les clients n’achètent pas une abstraction, mais un bien.
Les modèles commerciaux en ligne qui ont du succès sont axés sur les relations et non pas sur la transaction. Plutôt que de se concentrer sur la réduction des prix pour conclure une seule transaction, les relations et les collaborations et la valeur ajoutée pour les clients sont la clé pour fidéliser la clientèle.

 

Gestion du virtuel et du réel : société d’évaluation

 

La gestion de ce modèle repose sur des rapports complexes. L’absence de contact réel élimine tout compromis.
— L’éthique est indispensable
Ce modèle exige des devoirs éthiques indispensables. En cas de produit de mauvaise qualité, les critiquent font chuter les ventes ou décribilisent le vendeur.
— les services
Les relations avec le client impliquent des services continus, comme l’accompagnement, l’explication, le service après-vente, etc.
— Les services virtuels en ligne doivent bénéficier d’une relation de confiance, de courtoisie, d’économie, échange et certaine exclusivité.
— Les services doivent avec vitesse et justesse. Le temps est un facteur important dans ce modèle.

 

Virtuel et réel : Les briques comptent plus que les clics


Le modèle virtuel est créatif. Remplacer le réel par le virtuel est une absurdité, mais se lier au réel et imposer de nouvelles règles dans la gestion de ce réel a permis à ce modèle virtuel d’exister.


— Le réel d’abord
La crise du Covid 19 a démontré que le virtuel n’existe pas en cas de perturbations du monde réel, et a offert un éclairage sur les limites du modèle décrit par McLuhan. Si la technologie modifie notre réalité, elle est moins déterminante qu’on le pensait. Pendant la crise Covid 19, de nombreux produits manquaient. On découvre ce que la virtualisation tentait de faire oublier : la production réelle est indispensable à la survie individuelle et à la survie des nations. Les briques comptent plus que les clics.
Le public a découvert que l’économie virtuelle, bien que représentée comme un ensemble de lois réelles ne peut remplacer l’économie réelle. Si le média compte plus que le contenu, que vaut Google sans le contenu des sites et youtube sans les productions artistiques ?


Certains modèles tentent de répondre à ce dilemme, Netflix produit une certaine quantité de ces diffusions, associant le réel et le virtuel. Sa réussite peut indiquer le début d’un modèle fiable ?
C’est aussi le cas d’Amazon et de youtube qui commencent à produire un contenu.
La propriété intellectuelle et la valeur des connaissances accessibles continuent à être un problème important.
Lacan suggérait que le virtuel est un phénomène qui perturbe l’autorité, et altère les représentations de l’identité de soi.

 

 

Quand Hegel écrivait que l’abstraction altère l’esprit collectif indispensable au maintien de l’État-nation politique en cultivant des identités individuelles. Certains voient ces dangers apparaître déjà dans leurs sociétés, le Japon peut être un exemple de l’isolement et du retrait encouragés par le monde virtuel.

 

Références

Badiou, A. (2000) Deleuze (trans. L. Burchill). Minneapolis : University of Minnesota Press.
Baudrillard, J. (1990) The Precession of Simulacra. New York : Zone Books.
Baudrillard, J. (2000) The Vital Illusion. New York : Columbia University Press.
Beineix, J-J. (1999) Otaku : Les Enfants du virtuel. Paris : Denoel.
Blackwell, T. (2002) « Net hotline will allow wives to report “concerns” ». National Post, 27 February, p. 7.
Cappeliez, S. (2001) « McDonaldization » ? Food in a Globalized Culture. Ottawa
Deleuze, G. (1981) Difference and Repetition. New York : Columbia University Press.
Hegel, G. W. F. ((1977) Phenomenology of Spirit. trans. A. V. Miller. Oxford : Oxford University Press.
Lefebvre, H. [1981] La Production de L’Espace [2nd edn]. Paris : Anthropos.

 

 

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