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Adolescence et puberté : difficultés

 adolescent libre

Adolescence et puberté : difficultés

La sexualisation (processus psychologique et culturel : désir, fantasme) et puberté (processus biologique ; hormones, règles, etc ) peuvent engendrer certaines difficultés :

 

Rupture subite avec l'enfance :


L'adolescent se trouve privé subitement des privilèges de son monde d' enfants (tout est permis, enfant tout puissant). L'enfant perd ce monde sans pouvoir entrer dans le monde des adultes. Il est traité autrement par son entourage sans être responsable de ces modifications qui transforment son corps.

 

Confusions des sentiments et des pensées :


L'adolescent sera en face de désirs nouveaux, des sentiments différents qui le poussent vers l'autre. La puissance du désir sexuel peut troubler l'adolescent qui se trouve devant un autre problème nouveau : personne ne peut l'aider. C'est un passage douloureux par exemple pour un adolescent lorsque sa camarade refuse de sortir avec lui. Il est seul pour la première fois face à un problème qui ne maîtrise pas, ni ses parents si ses copains peuvent l'aider.

L'absence de choix :

La fillette à 10-11 ans devrait faire face aux développements de son corps, elle est en face d'une poitrine qui prend forme, qui attire le regard d'un garçon ou les commentaires ironiques. Les réactions seront maladroites, déplacées et parfois agressives. La sexualisation exige de l'adolescent de savoir gérer son image de soi, son image du corps, et une adaptation psychologique et sociale.

 

Violence :

Cette violence des idées, des hormones associée au sentiment d'impuissance et de solitude, peuvent engendrer chez les adolescents des réponses violentes pour bloquer cette sexualisation psychologique douloureuse et une puberté non maîtrisable. Ces réponses peuvent être symboliques ou réelles : agressivité, dépression, anxiété, stress ou plus grave : anorexie, boulimie, automutilation. Certaines difficultés de cette puberté peuvent mettre la vie en danger.

 

Sexualité et peur de la passivité

La sexualité n'est pas une simple pratique ou désir isolé, la sexualité implique l'être de l'adolescent, son désir, son identité, son autonomie et sa relation avec l'intimité.

 

Passivité vis à vis du corps
Le corps change, se transforme, la fille voit son corps se métamorphoser sans pouvoir intervenir ou maîtriser, le corps échappe et devient à la fois objet de désir pour certains, objet de curiosité pour d'autres.

 


La passivité, la perte de contrôle peuvent engendrer anxiété et peur.

 

Passivité vis à vis des émotions
Sous l'influence des hormones, l'adolescent se trouve débordé des désirs pour lesquels il ne peut rien, ne maîtrise rien. Les adolescents parlent de la peur de perdre le contrôle, de devenir fou.

 


Passivité vis à vis de son intimité
Le corps de l'adolescent devient incontrôlable, la fille peut rougir sans le vouloir si le garçon qu'elle désire lui adresse la parole, comme si le corps dévoilait l'intimité, comme si les idées étaient nues. Toute plaisanterie autour du corps, de comportement, de sexe peut engendrer une profonde blessure.

 

 

 

Passivité vis à vis de la sexualité
La passivité est associée à un désir sexuel qui exige de l'adolescent d'accepter l'autre et ses différences. Lui qui pensait que les filles sont "compliquées et inconstantes ", se trouve obligé de comprendre, d'apprendre à tolérer la fille avec ses qualités et ses défauts. Cette relation avec la fille lui dévoile ses besoins, et ses manques. Il découvre qu'il est incapable de satisfaire ses désirs sans elle. Cette codépendance qui surgit dans la vie adolescente s'accompagne d'une autre passivité douloureuse : en dépit de tout ce que le garçon puisse accepter, rien ne lui garantit que la fille désirée accepte et partage son désir et son amour.

 

Passivité vis à vis de ses propres peurs
Une fois avec l'autre, l'adolescent découvre des facettes de ses besoins. La fille découvre qu'elle a besoin de l'autre pour être bien, pour partager ses émotions, pour demander soutien. Elle risque d'avoir peur de ces besoins, de son besoin affectif qui la fragilise, de son attachement qui la met à la merci de l'autre. L'anxiété de séparation et l'anxiété d'abandon risquent de surgir.

Ces passivités sont un passage obligé dans la sexualité adolescente. Il faut un certain temps pour les intégrer comme données incontournables. Le souhait de contrôler l'acte sexuel peut entraîner les adolescents à des comportements sexuels inhabituels, comme la mise en scène de l'acte sexuel ou créer des scénarios précis pour échapper à cette passivité inquiétante et se donner l'illusion de la maîtrise.

 

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