Encyclopédie: sexologie et couple

Menstruation et identité sexuelle

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Menstruation et identité sexuelle

Il existe un lien important entre menstruation et identité sexuelle. Les femmes qui développent des attitudes négatives vis à vis de leur sexualité ou de leur corps comme instrument sexuel, peuvent développer aussi des réactions négatives vis à vis de la menstruation.

Les femmes qui ont appris que la sexualité est coupable ou honteuse, peuvent avoir des réactions semblables vis-à-vis de la menstruation. De la même façon, les femmes qui associent menstruation au manque de propreté ont tendance à considérer l'activité sexuelle comme négative. Les filles sont souvent socialisées pour lier menstruation et sexualité. Les cours d'éducation sexuelle présentent la menstruation et la sexualité comme moyens de procréation (Martin, 1987). Les mères résument parfois l'éducation sexuelle de leurs filles à la menstruation et à la grossesse. ( O'Sullivan, Meyer-Bahlburg, & Watkins, 2001).

Des phrases genre "tu es devenue une femme", accompagnent la discussion sur la menstruation chez les jeunes femmes. (Lee & Sasser-Coen, 1996). À cause de ces nombreux facteurs, les attitudes des filles au sujet de la menstruation façonnent leurs croyances au sujet de la sexualité et au sujet de leurs décisions sexuelles.

Il semble que les filles qui ont eu tôt leur premières règles (ménarche) sont plus actives sexuellement à long terme que les filles qui ont eu leur règles tard. ( Marin., 2000). Les études démontrent un lien entre attitudes menstruelles et attitudes sexuelles et comportement sexuel (Rempel & Baumgartner, 2003). Dans une étude, les femmes qui semblent à l'aise avec leurs menstruations ont rapporté plus de confort avec leur sexualité et étaient plus capables de pratiquer la sexualité en ayant leurs règles (Rempel & Baumgartner, 2003). Dans une deuxième étude, les femmes qui parlent de honte au sujet de la menstruation ont moins de rapport sexuel mais ont plus de comportement sexuel à risque (Schooler, 2001).

Les attitudes négatives au sujet des organes génitaux et au sujet de menstruation peuvent réduire les capacités des femmes à chercher le plaisir dans les expériences sexuelles.

La culture ambiante joue un rôle aussi, la sexualité féminine n'est pas autorisée à prendre des décisions sexuelles actives ou agressives. Une femme qui discute ses désirs, la contraception, ou qui prend une décision sexuelle basée sur ses besoins, affronte le risque d'être étiquetée de "salopes". Beaucoup de jeunes femmes rapportent leur difficulté à demander une activité sexuelle ou à initier une rencontre sexuelle. (Abma, Driscoll, & Moore, 1998).

La honte menstruelle et génitale augmente ces difficultés et rend l'expérience sexuelle, la prise décision, et la satisfaction sexuelle moins importantes.

Règles et menstruation : aspects culturels

La menstruation est un événement normal dans la vie des femmes, transition entre le monde de l'enfance et la féminité adulte. Bien que les règles soient un événement naturel, elle est le symbole du développement d'identité sexuelle de la fille adolescente (Diorio 2000).

Les sociétés occidentales ont supprimé toute reconnaissance rituelle du début de la menstruation (ménarche) laissant les jeunes femmes se débrouiller seules avec leurs règles. Les études soulignent que l'expérience "vécue" de la menstruation ne permet pas à l'adolescente de réconcilier les caractères émotionnels et le rôle dicté par la société.

La publicité par exemple se concentre sur les aspects hygiéniques de la menstruation, en accentuant un besoin de dissimuler le saignement, en nette contradiction avec l'importance sociale de l'événement (Simes 2001).

Les jeunes femmes apprennent que leur cycle menstruel est sale, qu'elles doivent dissimuler leurs règles, pour une variété de raisons culturelles et religieuses, qu'elles devraient éviter les rapports sexuels pendant les règles.

Beaucoup d'adolescentes associent le saignement mensuel aux sentiments négatifs, à la honte, au dégout, et surtout à dissimuler cet événement aux hommes (Costos 2002), De nombreuses adolescentes est de ne plus avoir de règles, ou de les supprimer (Andrist 2004).

Le contact sexuel pendant les règles est interdit par les textes islamiques, Talmudiques et bibliques, aussi bien que pour des raisons hygiéniques qu'idéologiques (Ahmed, 2005). Les adolescents sont donc priés d'éviter tout contact sexuel pendant les périodes menstruelles (Foxman 1998).

Cette situation est problématique, la jeune femme peut avoir des occasions pour avoir des rapports sexuels pendant ses règles. Elle doit intégrer les attentes culturelles, émotionnelles, physiques, et sexuelles associées à la menstruation. (Schooler 2005)

La rareté relative des actes sexuels pendant les règles est une réalité scientifique (Hensel, 2004) démontre aussi que les proscriptions culturelles influencent les comportements sexuels.

Références :

Marin, B., Coyle, K., Gomez, C., Carvajal, S., & Kirby, D. (2000). Older boyfriends and girlfriends increase risk of sexual initiation in young adolescents. Journal of Adolescent Health, 27, 409-418.
O'Sullivan, L. F., Meyer-Bahlburg, H. G., & Watkins, B. X. (2001). Mother-daughter communication about sex among urban African-American and Latino families. Journal of Adolescent Research, 16(3), 269-292.
Rempell, J., & Baumgartner, B. (2003). The relationship between attitudes towards menstruation and sexual attitudes, desires, and behavior in women. Archives of Sexual Behavior, 32(2), 155-163.
Schooler, D. (2001). Messages about menstruation: The role of menstrual education in shaping young women's attitudes about menstruation and their sexual decision making. Unpublished Master's Thesis, University of Michigan

 

 

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