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Lesbiennes: Eviter la mort au lit

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Lesbiennes: Eviter la mort au lit

Cela a déjà été observé par l'article de Schwartz publié en 1983 et dans son livre sur les couples américains où il parle de "la mort au lit" des couples lesbiens pour décrire la rareté de l'activité sexuelle dans ce type de couples. Les études révèlent que 20 % seulement des couples lesbiens cohabitant pendant 10 ans et plus continuent à voir des relations sexuelles.

La mort au lit chez les lesbiennes !!

Ce livre et ce concept de "mort au lit" ont été largement critiqués par la communauté lesbienne. Cependant d'autres études dans ces années-là ont confirmé la constatation de Schwartz. Il n'y avait rien d'homophobe dans cette étude, c'était la réalité de ces années-là.

La mort au lit décrivait la pauvreté des relations dans les couples lesbiens dans les années 80, par rapport aux couples hétérosexuels et par rapport aux couples gays. L'interprétation de ce livre a été parfois malveillante, cherchant à dévalorisé la sexualité lesbienne, à décrire cette sexualité comme une sexualité morne, une sous-sexualité.

30 ans plus tard, la mort au lit n'est plus un livre qui dévalorise la sexualité lesbienne, mais plutôt un livre qui avertit la communauté lesbienne sur l'importance de l'animation sexuelle du couple, et sur l'importance de la participation de chaque partenaire dans la sexualité au sein du couple lesbien. Les clichés sur la sexualité lesbienne sont toujours là : la sexualité lesbienne est une sexualité de masturbation, la sexualité lesbienne ce n'est pas une sexualité, la sexualité lesbienne ne peut être durable.

Depuis les années 80, de nombreuses études ont confirmé que la fréquence de l'activité sexuelle est moins élevée dans les couples lesbiens que dans les couples hétérosexuels et les couples gays, par contre, la durée des rapports sexuels est plus élevée dans les couples lesbiens, la satisfaction sexuelle et globale dans la relation lesbienne est identique à celle des couples hétérosexuels.

Comment éviter la mort au lit ?

Le couple lesbien aujourd'hui peut éviter la mort au lit en insistant sur l'importance de la sexualité, sur l'entretien du désir dans le couple, et sur la participation des deux partenaires. Il est important de noter que la phase d'attirance dans le couple lesbien est plus longue, et généralement plus intense que dans les couples hétérosexuels. Cette attirance au début de la relation peut engendrer des attentes peu réalistes. La passion sexuelle initiale ne peut durer pendant une décennie, ni toute la vie. Il est utile de fonder une relation sur l'intimité (engagement, soutien, partage, sexualité) et non pas sur la sexualité et le désir exclusivement.

Pour des raisons multiples, culturelles et sociales, de nombreuses femmes continuent à associer la sexualité aux sentiments, aux émotions. D'autres femmes préfèrent parler de qualité que de quantité en matière de sexualité. Bien que la nouvelle génération de femmes lesbiennes soit de plus en plus libérée en matière de sexualité, acceptant les rencontres de sexe occasionnel comme un moyen de jouir d'un rapport sexuel sans engagement, les idées anciennes continuent. Il est important d'abandonner autant que possible les idées culturelles ou philosophiques quand il s'agit de sexualité, de chercher le plaisir sexuel et l'orgasme, et surtout d'éviter les idées négatives sur la sexualité.

Le mythe de la spontanéité peut être un obstacle important à l'épanouissement sexuel du couple lesbien. De nombreuses femmes continuent à croire que le sexe devrait se produire spontanément, sans effort, sans artifices, sinon il s'agit d'une sexualité artificielle, une sexualité sans sincérité. Il est utile de comprendre que l'animation du lit lesbien est l'affaire des deux partenaires, stimuler le désir de l'autre, stimuler son propre désir est une responsabilité partagée. La sexualité spontanée existe au début de la relation, comme un besoin, comme une invitation. Cohabiter avec une partenaire modifiera le caractère spontané de la sexualité. La spontanéité des rapports sexuels fait partie du modèle féminin de la réponse sexuelle. Le cerveau demeure l'organe sexuel le plus puissant chez la femme. La réponse sexuelle féminine se déclenche dans le cerveau, pour provoquer par la suite d'autres parties de la réponse sexuelle : érection du clitoris, érection des mamelons, lubrification vaginale. La spontanéité sexuelle est plus présente dans la réponse sexuelle masculine, où l'érection est facilement atteignable par stimulation visuelle, tactile, ou par les fantasmes. La réponse sexuelle féminine nécessite moins de spontanéité et plus de préparation.

Dans ce sens, il devient injuste de comparer la relation sexuelle entre deux lesbiennes à une relation hétérosexuelle où l'homme initie fréquemment la sexualité dans le couple bénéficiant d'un désir sexuel continu, et stable sans l'influence des hormones et des règles. Dans les livres récents sur la sexualité lesbienne, de nombreuses femmes lesbiennes déclarent programmer leur sexualité, sans attendre le désir sexuel spontané. Au lieu d'attendre, passivement, un désir spontané, il est possible de préparer activement le terrain, de cultiver le désir sexuel, et d'augmenter la fréquence des rapports sexuels.

Le désir sexuel féminin est un désir narcissique, en lien avec l'image de soi, et avec l'image du corps. L'excitation sexuelle chez la femme est une réponse à ses propres pensés, à ses propres désirs. Quand la femme est excitée sexuellement elle se voit belle, désirable et sexy. Dans un couple lesbien, chaque partenaire est invitée à cultiver son propre désir, en soignant autant que possible son image de soi, son image du corps, en aidant la partenaire à se sentir désirable à son tour.

Une autre particularité du couple lesbien réside dans l'éducation des filles. Les choses changent lentement, mais dans l'état actuel des choses, les femmes ne draguent pas, ne font pas le premier pas, ni pour trouver un(e) partenaire, ni pour initier un rapport sexuel. Les femmes lesbiennes subissent la même influence culturelle. Pendant la phase de rencontre, elles ont du mal avec le rejet, et avec la honte d'être rejetée. Parfois cette influence culturelle continue dans le couple lesbien, une partenaire attend patiemment et passivement que sa partenaire initie un rapport sexuel. Elle évite d'initier un rapport sexuel ou de proposer à sa partenaire un rapport sexuel de crainte d'être rejetée. Ce point est plus sensible dans le couple lesbien que dans le couple hétérosexuel, où les hommes sont éduqués pour faire le premier pas, pour prendre le risque, et d'accepter facilement le risque du rejet.

Dans le couple lesbien, il est important de refuser les relations non sexuées, de se révolter contre ce modèle de couple que certaines femmes peuvent proposer par facilité, ou pour d'autres raisons. Un couple lesbien peut bénéficier d'une sexualité plus variée et plus riche dans ces pratiques que les couples hétérosexuels, d'une fréquence de rapports sexuels élevés, une satisfaction sexuelle identique aux autres couples. Une partenaire ne devrait pas craindre de perturber l'harmonie en mettant en cause l'intimité du couple pour l'améliorer. C'est un point essentiel dans les couples lesbiens de longue durée. Initier un rapport sexuel ne rend pas la femme perverse ou obsédée. À force de chercher la spontanéité et les émotions dans le sexe, l'activité sexuelle peut disparaître dans le couple.

La communication entre les deux partenaires devrait approfondir l'intimité du couple, an assistant sur le rôle central de la sexualité en abandonnant la timidité injustifiée, la pudeur excessive, et les idées négatives sur la sexualité.

Sur le plan des pratique sexuelles, la sexualité lesbienne est plus variée et plus riche dans les pratiques que les autres sexualités. Il est toujours possible pour un couple lesbien d'attiser le désir sexuel par la nouveauté.

Imaginations érotiques et fantasmes sont des points essentiels dans le désir sexuel féminin. Les pensées érotiques jouent un rôle important dans la stimulation du désir sexuel et dans le maintien de ce désir. Cultiver les fantasmes, les partager, raconter peut être un moyen de préserver le désir sexuel dans le couple.

La réponse sexuelle féminine est une réponse complexe, progressive et prolongée. Deux partenaires peuvent prendre leur temps pour transformer la sexualité en un moment récréatif, de prolonger les préliminaires, de rechercher à atteindre l'orgasme le plus fréquemment possible.

 

 

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