Encyclopédie: sexologie et couple

Facteurs psychologiques et homosexualité

homme musique feu homosexualite

 

Facteurs psychologiques et homosexualité


Les approches psychologiques concernant la compréhension de l'homosexualité ont reçu plus d'attention que les facteurs biologiques, en raison de la récente évolution de la biologie. Nombreuses approches sont possibles pour comprendre l'homosexualité.


abs11.5 rose Approche psychanalytique

Sigmund Freud (1856-1939) a conceptualisé la psychanalyse composée de trois dimensions différentes : théorie de développement humain, théorie de personnalité, et la psychothérapie.
La psychanalyse a noté que les homosexuels ont de nombreux problèmes, de multiples conflits antérieurs qui se traduisent dans l'étape finale par le comportement homosexuel.

Dans trois essais sur la sexualité (1905), Freud écrit au sujet de l'homosexualité, en utilisant les conclusions de sa propre expérience clinique, et sa croyance que tout être humain est bisexuel. En même temps, Freud avait la certitude que les homosexuels ne vont jamais disparaître, car il s'agit d'une étape de l'évolution psychologique des humains. Selon lui, l'homosexualité est la traduction d'un problème de développement, les homosexuels ont un conflit avec le complexe d'Oedipe chez les garçons et le complexe d'Electra chez les filles, c'est-à-dire avec un désir sexuel inconscient vis-à-vis de leurs parents (la mère  chez les garçons, le père chez les filles.)

Ainsi le problème devient un déficit de modèle et d'identification, et le comportement homosexuel, selon cette approche, traduit le désir de l'homme d'être aimé par sa mère, et le désir de la fille d'être aimée par sa mère.

Cette approche est purement théorique. La sexualité freudienne ne repose sur aucune base scientifique, mais sur des concepts théoriques permettant de comprendre le comportement sexuel chez les humains. En dépit de son caractère théorique, ces concepts ne sont pas en mesure de fonder un modèle de compréhension de l'orientation homosexuelle. Penser qu'un homme homosexuel a le désir inconscient d'être une femme, est une idée simpliste, pouvant expliquer un comportement homosexuel passif, mais n'explique pas le comportement homosexuel actif, de même, cette approche n'explique pas l'absence de pénétration anale dans de nombreux couples homosexuels, ou le refus de la pénétration dans certains couples lesbiens.

D'autres approches psychanalytiques plus récentes que l'approche de Freud  comme celle d'Irving Bieber (1962) ont tenté d'expliquer à l'orientation homosexuelle par une interaction entre le père et l'enfant. Cette approche suggère que les homosexuels sont les enfants d'un père distant, et d'une mère séductrice, et que l'ambiance familiale dans les familles des homosexuels peut être caractérisée par l'absence de communication.

Les limites de cette approche sont simples à trouver, rarement l'homosexualité est présente dans la fratrie, en dépit de l'évolution au sein de la même famille.

En 1962, Wilbur a étudié 106 personnes homosexuelles. Elle conclut que l'homosexualité masculine impliquerait plusieurs facteurs, que le parent à une relation différente avec chaque enfant, et que la relation des parents avec un enfant homosexuel est différente d'une façon significative de la relation des parents avec un enfant hétérosexuel. Dans cette relation, elle décrit un air passif et indifférent. Selon la même étude, la mère est dominante, contrôlante, usant des rapports de force avec leur filles.

Selon l'approche psychanalytique, une personne homosexuelle peut changer son orientation sexuelle et retrouver une orientation hétérosexuelle avec une vie sexuelle et émotionnelle satisfaisant.

 

abs11.5 rose Approche comportementale de l'homosexualité

L'approche comportementale signifie que nos comportements déterminent nos pensées, nos émotions et nos besoins.
Les partisans de cette approche pensent que les facteurs biologiques et génétiques influencent rarement l'orientation sexuelle (Malott, 1996). C'est l'histoire personnelle de chaque personne, de son comportement, de sa façon de s'adapter avec son environnement qui peuvent expliquer l'orientation sexuelle de chaque personne.

Les comportementalistes croient que l'environnement d'une personne fournie les stimulations qui vont conditionner son comportement, y compris son comportement sexuel, hétérosexuels ou homosexuels (Greenspoon et Lamal, 1987).

Selon cette approche, la curiosité sexuelle durant l'enfance peut être réprimandée ou punie par le père. Cette punition peut inciter l'enfant à préférer sa mère, et de s'identifier plus à sa mère et son père.

Les approches comportementales expliquent que les interactions relationnelles et sexuelles avec les premiers partenaires hétérosexuels sont d'une importance majeure. Si ces interactions impliquent sentiment de honte, culpabilité, stigmatisation, cette jeune personne risque de chercher les interactions et les relations affectueuses avec des personnes de son propre sexe, puis passer de l'intimité émotionnelle à l'acte physique.

Selon l'approche comportementale, l'acquisition de l'orientation sexuelle se réalise progressivement, sur une longue période, selon le plaisir et la douleur engendrés par les expériences successives.

La théorie comportementale ne peut expliquer l'orientation homosexuelle des personnes qui n'ont pas souffert des expériences douloureuses, ne peut expliquer la prise soudaine de conscience de son homosexualité, ni le comportement homosexuel affiché, parfois, en dépit de la stigmatisation sociale et de la punition.

 

abs11.5 rose L'approche sociale de l'homosexualité

La théorie sociale (Bandura, 1965) suggère que les gens apprennent leur comportement en imitant les comportements des autres dans la société. Selon cette approche, l'observation des autres joue un rôle important dans l'apparition du comportement individuel, cette observation module, influence, et peut modérer leur propre comportement.
Selon cette approche, l'homosexualité devient l'imitation d'un comportement homosexuel. En d'autres termes, une personne devient homosexuelle en imitant l'homosexualité de ses camarades ou de ses pairs.

L'approche sociale a permis de formuler des concepts assez utiles pour comprendre les interactions personnelles, dans les relations et dans la sexualité, mais demeure incapable de bâtir un modèle pouvant expliquer l'orientation homosexuelle.

 

Références :

    Lenore T. Szuchman , Frank Muscarella : Psychological Perspectives on Human Sexuality , 2005
    Burch, B. (1993). On intimate terms. The psychology of difference in lesbian relationships. Urbana, IL: University of Illinois Press.
    Card, C. (1995). Lesbian choices. New York: Columbia University Press.
    Hamer, D., & Copeland, P. (1994). The science of desire. The search for the gay gene and the biology of behavior. New York: Simon & Schuster.
    Mondimore, F. M. (1996). A natural history of homosexuality. Baltimore: The Johns Hopkins University Press.
    Murray, S. O. (1996). American gay. Chicago: The University of Chicago Press.
    Plant, R. (1986). The pink triangle. New York: Henry Holt and Company

 

 

 

Commentaires

Suivez-nous !