Encyclopédie: sexologie et couple

Lesbiennes et intimité

femme robe rouge 

Lesbiennes et intimité

 

Dans de nombreuses études, la plupart des femmes lesbiennes ont rapporté une bonne satisfaction sexuelle ; 75% des femmes jugent leur activité sexuelle satisfaisante.

"Dans un livre sur les lesbiennes, j'ai lu que le couple lesbien est celui qui assure le plus de satisfaction de la relation parmi les couples gais et hétérosexuels. En même temps, ils disent qu'il y a une différence dans la sexualité, que le couple hétérosexuel est plus satisfait au lit. Comment comprendre ce genre d'affirmations. Pourtant c'était dans un livre sérieux et non pas sur un site Internet amateur.

C'est un peu mon expérience. J'avais plus de rapports sexuels avec mon ex mari, j'ai moins de sexe avec ma copine mais je suis plus heureuse et plus en harmonie avec elle, je l'aime comme je ne n'ai jamais aimé un homme dans ma vie. Merci"

Les études comparatives trouvent une grande ressemblance entre la satisfaction sexuelle des lesbiennes, des couples gays et hétérosexuels. Dans une étude américaine, 68% de lesbiennes, 63% des gays et 67% de hétérosexuels se déclarent satisfaits de leur vie sexuelle.

 

Satisfaction sexuelle

La satisfaction sexuelle est associée à une fréquence sexuelle élevée. 95% de lesbiennes ayant rapport sexuel trois fois par semaine ou plus se déclarent satisfaites de leur vie sexuelle. 37% de lesbiennes ayant un rapport sexuel par mois se déclarent satisfaites de leur vie sexuelle.

La satisfaction sexuelle était plus grande chez les lesbiennes dans les couples où les partenaires étaient relativement égales dans l'initiation et le refus de l'activité sexuelle, en d'autres termes, la satisfaction sexuelle chez les lesbiennes dépend de la demande de chaque partenaire ; 83% de lesbiennes qui rapportent une égalité de refus ont été satisfaites sexuellement, 58% seulement se déclarent satisfaites dans le couple où l'une des deux partenaires à plus de demandes sexuelles que l'autre.

Dans les couples lesbiens, la satisfaction sexuelle semble associée à l'importance de l'attachement dans le couple, aux activités partagées, et à la fidélité sexuelle.
La présence de l'orgasme est un élément important dans la satisfaction sexuelle lesbienne. Les études comparatives démontrent que les lesbiennes ont souvent plus d'orgasmes pendant leur activité sexuelle que les femmes hétérosexuelles. Dans des couples de plus de cinq ans, 17 % des femmes hétérosexuelles n'ont jamais eu d'orgasmes, 7 % des lesbiennes seulement.
40 % des femmes hétérosexuelles ont un orgasme facile dans ces couples, 68 % des lesbiennes ont un orgasme facile.

Il existe de nombreuses études pour affirmer un taux élevé des orgasmes chez les femmes lesbiennes. Il s'agit en réalité d'une particularité du couple lesbien : d'un côté, les rapports lesbiens semblent augmenter la probabilité d'orgasme, et de l'autre, beaucoup de femmes lesbiennes privilégient les activités non génitales comme embrasser ou caresser et qui ne sont pas associées nécessairement à orgasme.
La satisfaction sexuelle lesbienne dépend aussi de la qualité générale du rapport, en cas de relations difficiles sur le plan émotionnel ou relationnel, la satisfaction sexuelle diminue nettement.


Pratiques sexuelles Lesbiennes

Kinsey a trouvé qu'à l'âge de 30 ans, 25 % des femmes déclarent avoir eu une certaine réponse érotique à l'égard d'autres femmes.
À l'âge de 40 ans, 19 % des femmes ont déjà eu un contact sexuel avec d'autres femmes.
13 % des femmes ont eu un orgasme pendant un rapport sexuel lesbien, la moitié seulement de ces femmes se déclarait lesbiennes.
De 2 à 6 % de femmes célibataires, 1 % cent des femmes mariées, 1 - 6 de femmes divorcées ou veuves, étaient exclusivement lesbiennes.


Orgasme :

Kinsey a rapporté que les contacts homosexuels étaient fortement efficaces pour procurer aux femmes des orgasmes. Ce constat est toujours valable, les études modernes confirme que la relation lesbienne est plus riche en orgasme féminin que la relation hétérosexuelle, même si la fréquence sexuelle chez les lesbiennes est moindre que celle des femmes hétérosexuelles.

 

Nombre de partenaires :

L'équipe de Kinsey a noté que 71 % des femmes ayant eu des rapports homosexuels ont eu un ou deux partenaires, ce chiffre est de 51 % chez les hommes gays où la tendance est à multiplier les partenaires.

 

Fréquence des rapports sexuels

La fréquence de la sexualité des femmes lesbiennes est d'une fois par semaine. Moins de 20% de femmes lesbiennes fréquentes les lieux de rencontre, les bars, et les parties privées pour trouver une partenaire. Une majorité des femmes lesbiennes indique avoir eu des relations sexuelles avec les hommes, la moitié de ses relations été une relation passagère. La majorité des femmes lesbiennes ont lu moins de 10 partenaires sexuelles féminines pendant leur vie d'adulte, la majorité des lesbiennes était monogame durant l'année précédente.


Les pratiques sexuelles

Les baisers et la stimulation manuelle des seins et des organes génitaux étaient les pratiques les plus répandus (95 - 98 %) ; les baisers profonds 77%, stimulation orale du sein 85 %, stimulation orale des organes génitaux 78%, le tribadisme et le frottage des partis génital contre les hanches les cuisses et les fesses étaient présents dans 56% des cas.
L'utilisation d'un objet pour la pénétration vaginale était plus rare que les pratiques précédentes.

Le rapport Kinsey note que de nombreuses femmes homosexuelles se sont satisfaites durant leur expérience homosexuelle d'embrasser une autre femme sur les lèvres et sur le corps. Selon les études, les femmes lesbiennes utilisent cinq pratiques sexuelles principalement:

    - atteindre l'orgasme en frottant le corps contre celui de la partenaire
    - masturbation mutuelle, être masturbée par la partenaire
    - faire du cunnilingus (stimulation orale des parties génitales) à sa partenaire
    - recevoir le cunnilingus.
    - pénétration.

Il semble que la technique la plus citée pour atteindre l'orgasme est celui de frottage le corps avec stimulation manuelle. La technique sexuelle la plus préférée était sexe oral.

 

Fréquence sexuelle dans les couples lesbiens

De nombreuses études (Loulan, 1987) ont analysé la fréquence sexuelle dans le couple lesbien, le chiffre varie considérablement selon l'échantillon étudié : 1 % des femmes en couple rapporte plus d'un rapport sexuel par jour, 4% un rapport sexuel par jour, la majorité, 57%, déclare plusieurs rapports par semaine. 25 % déclarent un rapport par semaine. 5% de femmes déclarent ne plus avoir les rapports sexuels dans le couple.

Une autre étude a demandé aux lesbiennes combien de fois elles sont été engagées dans une activité sexuelle inclure la stimulation des organes géniques pendant le mois passé (Peplau, 1978). Un tiers des femmes avait eu ce genre d'activité une fois par semaine, 37% plus qu'une fois par semaine, et 8% n'avaient pas eu ce genre d'activités durant le mois passé. Ces données sont utiles pour illustrer la variabilité de la fréquence sexuelle parmi les couples lesbiens.

La fréquence sexuelle lesbienne décline avec le temps (Loulan, 1987). 76 % des femmes vivant en couple depuis deux ans ont un à trois rapports sexuels par semaine, ce chiffre devient 37 % en cas de couples de deux à 10 ans, est de 27 % dans les couples de plus de 10 ans.

L'âge des partenaires, la durée du couple, et la durée des rapports sexuels semblent influencer la fréquence sexuelle.

Les études démontrent que la fréquence sexuelle décline avec la durée du couple : durant les premières années, un tiers des lesbiennes ont un rapport sexuel trois fois ou plus par semaine, 20 % la deuxième année et 10 % à partir de troisième année de relation.

On peut dire que le déclin général de l'activité sexuelle dans le couple est une donnée constante dans les couples hétérosexuels, gays, et lesbiens. Dans les premières étapes de la relation, les gays ont plus de relations sexuelles que les autres couples ( hétérosexuels ou lesbiens). Après deux ans de relations, 67% des gays déclarent avoir un à trois rapports sexuels par semaine, ce chiffre est de 45 % dans les couples hétérosexuels et 33 % dans les couples lesbiens. Après 10 ans de vie commune, 18 % des couples hétérosexuels ont un à trois rapports sexuels par semaine, 11 % de couples gays et 1 % des couples lesbiens.

Ces études méritent bien d'être nuancées, car dans chaque étude, et à chaque étape de la relation, les lesbiennes déclarent avoir moins de relations sexuelles que les couples hétérosexuels et les couples gays. Il semble que l'activité sexuelle lesbienne décline après deux ans de vie commune, et après 10 ans de vie commune dans les couples hétérosexuels.

Cette découverte statistique a entraîné l'apparition de l'idée que le lesbienne ont moins de rapports sexuels, ainsi le "mort au lit » est devenu une idée véhiculée dans les médias, bien que de nombreux psychothérapeutes croient réellement à la présence de ce syndrome (Iasenza 2002, p. 112).

Il n'existe aucune explication valable permettant de comprendre le déclin rapide de l'activité sexuelle des lesbiennes dans les relations à long terme. Des théories suggèrent que l'éducation et la culture ambiante entraînent les filles à réprimer et à négliger leur désir sexuel.

Une autre étude propose comme explication la difficulté de certaines femmes à initier et a demandé le rapport sexuel comme font les hommes dans le couple hétérosexuel.

Une troisième possibilité est basée sur la présomption que les hommes s'intéressent généralement plus au sexe que femmes. Selon cette théorie, les femmes lesbiennes comme les femmes hétérosexuelles peuvent subir une perte de désir sous la pression du travail ou sous la pression de l'éducation des enfants. Dans les couples hétérosexuels, le niveau élevé du désir sexuel de l'homme encourage la femme à prendre part à l'activité sexuelle du couple.

Il existe cependant une controverse majeure concernant ce genre d'étude, on peut noter qu'en Occident, les définitions conventionnelles de sexe incluent une activité englobant les organes génitaux, et excluent les autres activités de la définition d'acte sexuel ; les caresses deviennent préliminaires, les baisers simples contact.

Ces controverses posent une question fondamentale : comment définir l'activité sexuelle lesbienne avant de l'évaluer ? la question est d'ailleurs posée sur l'ensemble de la sexualité féminine. En élargissant le concept de l'activité sexuelle, l'étude de Loulan, 1987 à trouvé que 90 % des femmes lesbiennes ont inclus dans la définition de l'activité sexuelle des activités comme étreindre, enlacer, et embrasser. 88 % des lesbiennes ont inclus le fait de toucher ou d'embrasser les seins dans la définition de l'activité sexuelle.

D'autres études démontrent que de nombreuses femmes semblent apprécier les activités non génitales. 91% de lesbiennes aiment étreindre, caresser, et enlacer; 82% aiment les baisers avec la langue, et 74% aiment juste se tenir la main.

Une autre question se pose quand il s'agit de sexualité lesbienne : est ce que cette basse fréquence sexuelle devrait être considérée un problème? Est-ce que le manque de désir sexuel ou de l'activité génitale est un problème dans un rapport lesbien affectueux, romantique et riche en émotion?

 

Conclusion

On peut dire que la satisfaction de la relation, la satisfaction globale, est plus élevée dans les couples lesbiens que dans les couples hétérosexuels ou dans les couples gay. Les femmes lesbiennes se disent, majoritairement, heureuses et satisfaites dans leur couple. La satisfaction globale dans une relation inclue la satisfaction sexuelle. Les études démontrent que la satisfaction purement sexuelle est moindre dans le couple lesbien que dans le couple hétérosexuel. Cette idée est discutée voire contestée dans d'autres études.

Si on applique le modèle hétérosexuel sur la sexualité lesbienne, comme c'était le cas dans les années 80, on découvre que les lesbiennes ont moins de sexualité, ont moins d'orgasme.

Les études récentes tentent de définir la sexualité lesbienne d'une façon plus pragmatique. Dans le couple lesbien, la sexualité n'est pas toujours génitale, la sexualité lesbienne peut être une sexualité de caresses, de masturbation mutuelle, avec ou sans orgasme. Cette approche plus réaliste de la sexualité lesbienne tente d'expliquer la satisfaction globale et sexuelle du couple lesbien.

Par contre, en appliquant le modèle hétérosexuel sur la sexualité lesbienne, on finit par conclure, comme dans les études des années 80, la femme lesbienne n'aime pas le sexe, c'est une femme sensuelle et non pas sexuelle.

En conclusion, le couple lesbien a moins besoin de sexualité génitalisée pour arriver à une bonne satisfaction qu'un couple hétérosexuel ou qu'un couple gay.

 

 

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