Encyclopédie: sexologie et couple

Le Couple lesbien

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Le Couple lesbien


Bien que l'homosexualité masculine soit présente historiquement dans de nombreuses civilisations comme la Grèce antique, l'homosexualité féminine a été considérée comme une forme d'amitié, et a été encouragée. Les termes homosexualité et homosexuel sont récents datant du début du 20ème siècle.

 

Comprendre les dynamiques du couple lesbien

Il existe actuellement deux approches de l'homosexualité, celle hostile, prudente, hésitante et une autre, militante, peu critique, et partiale. Certaines études concernant les lesbiennes sont réalisées à l'origine pour étudier l'homosexualité masculine.

Cette situation était la norme. Durant ces dix dernières années, il fallait admettre que cette sexualité lesbienne n'est pas une copie féminine de l'homosexualité masculine mais une entité distincte. La tendance actuelle est de distinguer les deux sexualités. S'il existe des points communs entre les gays et les lesbiennes, les particularités de chaque communauté sont nombreuses.
D'autre part, le sexe et l'attirance sexuelle ne sont pas les seules composantes clés dans le rapports lesbiens. Dans de nombreux couples, le rôle de la sexualité est moins important que l'affection ou de l'attachement.

Dans les couples ou la sexualité est une composante importante, des lesbiennes déclarent cherchent dans l'activité sexuelle l'intimité émotionnelle et psychologique et non pas la sexualité elle même.
Les lesbiennes sont des femmes qui éprouvent parfois un lourd fardeau de préjugés. Révéler son identité équivaut toujours à se rendre vulnérable à la désapprobation, la discrimination. Le silence et l'invisibilité sont souvent la seule stratégie viable, malgré son prix onéreux.
Historique

L'histoire de l'homosexualité est récente, et n'est pas indicative des millions de vies vécus par les homosexuels à travers l'histoire, et reflète plutôt le parti pris contre l'homosexualité.

Le mot lesbienne dérive du nom de l'île de Lesbos en méditerranée où naquit Sapho, une poétesse lyrique du 6ème siècle A J-c . Sapho a dirigé une école pour filles dédiée à l'adoration de la déesse Aphrodite. Elle avait des rapports sexuels avec d'autres femmes.

Au moyen âge, les tribunaux médiévaux ont rarement jugé des cas impliquent la sexualité entre femmes. Cependant, les choses changent au 16ème siècle, la France, l'Espagne introduisent dans leurs lois le péché silencieux, punissant le lesbianisme de la même punition que l'hérésie. Cette situation juridique continuera jusqu'à la moitié de 20ème siècle dans les textes, mais les pratiques changent Les médecins du 19ème siècle ont classé l'homosexualité ( au même titre que la prostitution et la masturbation) en maladie, et ont tenté de trouver la cause et le traitement.
En 1974, l'Association Psychologique américaine a enlevé homosexualité de la catégorie de maladie.

 

Le contenu d'un couple lesbien

- Le sexe mais pas en premier
Le sexe et l'attirance sexuelle ne sont pas des composantes clés dans les rapports lesbiens. Dans de nombreux couples, le rôle de la sexualité est mineur et parfois inexistant remplacé par l'affection et par un fort attachement. Dans les couples ou la sexualité est une composante importante, des lesbiennes cherchent dans l'activité sexuelle l'intimité émotionnelle et psychologique plus que la sexualité elle même.

 

  -Attachement émotionnel
Dans les rapports lesbiens, l'attachement émotionnel joue un rôle plus important que l'attirance sexuelle. Il est possible de trouver des rapports lesbiens purement sexuels caractérisés par la séduction, passage rapide de la proximité à l'intimité ( nomadisme sexuel) mais les rapports fondés sur l'attachement et sur des promesses de projets de vie demeurent majoritaires.
   

- Anxiété et peurs partagées
Les rapports lesbiens ont un fort contenu d'attachement. Les plaintes psychologiques des lesbiennes indiquent certains points faibles de cette forme d'attachement, des points fragilisés par la peur ou l'anxiété. Les problèmes émotionnels (problème de cœur) sont périodiques, fréquents, et d'une intensité marquée en rapport avec une éventuelle ambiguïté identitaire des partenaires.

 

Les thèmes d'anxiété les plus fréquents dans le couple lesbien sont :
    - La peur des conflits,
    - La peur d'abandon,
    - Le pouvoir dans le couple,
    - Le désir d'une relation fusionnelle pouvant fournir ce sentiment de sécurité qui demeure problématique dans certains couples lesbiens.

 

- Exclusivité sociale
Les rapports lesbiens s'appuient sur l'exclusivité sociale. Il est fréquent que le couple lesbien dès sa formation tente de réduire le contact avec les autres membres de la famille et avec les amis antérieurs. Ce retrait graduel a pour but de renforcer le contrôle, et de protéger la relation, mais laisse les deux partenaires seules et sans soutien. Cette fragilité de l'attachement, cet isolement social favorise l'anxiété de séparation.

 

- Durée de vie assez longue
Les couples lesbiens ont une durée de vie plus longue que les couples homosexuels masculins, ont tendance à être riches d'intensité émotionnelle et de jalousie encouragée par l'exclusivité sociale et sexuelle. Des comportements abusifs et des manipulations existent dans certains couples ( de même proportion que les couples hétérosexuels).

 

- Intensité relationnelle
Ces couples sont basés sur une intensité relationnelle aussi, de sommet de bonne attente à des crises majeures. En vérité, l'attachement dans de nombreux couples lesbiens est une dépendance affective émotionnelle, relationnelle, financière, et un sur-investissement permanent . Ce n'est pas rare d'entendre une lesbienne dire « sans elle je ne peux pas vivre » ou « elle est tout pour moi » ou " je ne sais pas comment vivre sans elle. Avant elle, j' étais sans vie. Maintenant elle est ma vie."

 

- Relations exigeantes
L'investissement émotionnel dans les rapports lesbiens est exigeant, prenant parfois les habits d'une relation de substitution comme dans les autres couples, homosexuels ou hétérosexuels mais avec plus d'acuité. Certains rapports répondent au besoin d'un amour maternel ( voulez vous devenir ma maman? ) ou d'une consolation après un échec amoureux ( consolez moi du monde) ou d'une peur sociale. Cette situation n'est pas rare. L'anxiété exprimée par cette recherche d'amour et de soutien rend la séparation pénible et douloureuse. La dépression demeure une maladie fréquente chez les lesbiennes.

 

- réquence de dépendance affective
En d'autres termes, ces relations de dépendance affective sont fréquentes dans les couples lesbiens, mais aussi dans les couples non reconnus par la société. On peut les observer dans les relations extraconjugales, dans les couples hétérosexuels avec importante différence d'âge, certains mariages mixtes. L'harcèlement de la société peut transformer ces couples en citadelle assiégée .

 

- Le rôle de la société
 La honte intériorisée fait partie de l'identité lesbienne et a influencé les styles d'attachement. Une majorité de ces femmes a rapporté ce sentiment de honte intériorisée. Les relations solides et saines ont été associées avec les niveaux de honte les moins élevés, l'anxiété et les relations abusives et fusionnelles sont plus fréquentes dans les couples souffrant de cette honte.

 

- La violence conjugale entre lesbiennes existe
 Peu reconnue, souvent minimisée au sein même des milieux lesbiens car l'agresseur est une femme. Les lesbiennes victimes de violence conjugale sont isolées et jugées. La société est préparée pour affronter la violence conjugale hétérosexuelle mais commet faire en cas de violence entre femmes ? Cette question mérite discussion.

 

Relations saines

Les relations saines sont associées avec des niveaux de honte moins élevés, l'anxiété et les relations abusives et fusionnelles sont plus fréquentes dans les couples souffrant de cette honte. La désapprobation de société, demeure la source possible de ces facteurs de risque, selon la plupart des études, les lesbiennes ont tendance à faire leur auto-révélation (coming out ) plus tardivement que les homosexuels masculins. Elles souffrent des pressions sociétales, et se trouvent en cas de problème sans réel soutien.

 

 

Réf :

    Ritter, K. Y., & Terndrup, A. I. (2002). Handbook of affirmative psychotherapy with lesbians and gay men. New York: Guilford Press.
    Nichols, M. (1987b). Lesbian sexuality: Issues and developing theory. In Boston Lesbian Psychologies Collective (Ed.), Lesbian psychologies: Explorations and challenges (pp. 97-125).
    Urba Marvin, C., & Miller, D. (2000). Lesbian couples entering the 21st century. In P. Papp (Ed.), Couples on the fault line: New directions for therapists (pp. 257-283). New York: Guilford Press.
    Krestan, J., & Bepko, C. S. (1980). The problem of fusion in the lesbian relationship. Family Process, 19(3), 277-289.na: University of Illinois Press.

 

 

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