Encyclopédie: sexologie et couple

Pornographie : approche socio - médicale

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Pornographie : approche socio - médicale

La consommation de la pornographie : 1% d'hommes, 6% de femmes n'ont jamais été exposés à la pornographie. Les non-consommateurs observent des seins dénudés en regardant un catalogue ou un calendrier.

 


Définir la pornographie
La pornographie n'a pas de définition, la difficulté de la définition résulte de l'impossibilité d'isoler une définition unique et satisfaisante. La pornographie est un phénomène de société, un problème pour certain, une consommation pour d'autres. C'est un monde à part où les rôles sont isolés de la réalité, une présentation particulière de l'humain et de ses relations avec la sexualité, la nudité.

 

Quelle définition pour la pornographie
Le fondement social et culturel de la pornographie demeure peu étudié. Le nombre des études sur la pornographie est impressionnant mais les études neutres et utiles sont rares. Les études qui nous arrivent d'Amérique du nord sont imprégnées par le puritanisme où la pornographie est condamnée car elle célèbre une sexualité libre hors de la religion, et par un féminisme militant et moralisant. Cette alliance contre nature pose en soi de nombreuses questions.
Les études en France sont rares. Elles sont imprégnées soit un féminisme militant soit par le souci juridique de protection des mineurs sans étudier la pornographie chez les adultes.


Les définitions à caractère juridique ou pénal (ce qui est interdit ou ce qui autorisé) sont nombreuses. Elles se basent sur un fondement de protection des mineurs en Europe, ou sur un fondement religieux en Amérique du nord. Chaque société a le droit de s'organiser selon des lois votées démocratiquement. Néanmoins, les définitions pénales ne permettent pas une définition globale de la pornographie.
Les définitions à caractère sociologique peuvent être plus larges. Ces définitions tentent à corréler le contenu des produits pornographiques et les groupes de la société. Dans ce cadre, les féministes continuent leur pression politique pour interdire tout ce qui est pornographique affectant l'image de la femme. Une question simple s'impose : pourquoi l'image de la femme devait- elle être plus précieuse que l'image de l'homme ? Et que fait-on si la pornographie célèbre la domination féminine ?
Un autre problème peut s'ajouter à la complexité de définir la pornographie : c'est la confusion qui provient de l'emploi indifférencié des mots utilisés dans les textes juridiques et sociologiques comme obscénité (référence à la morale et au goût), érotisme (référence littéraire et artistique), indécence (référence sociologique), pornographie.

Ces mots n'ont pas de significations précises, et changent de sens selon les époques, et les cultures.

La médecine n'a pas de définition non pus. D'une part, le médecin doit se défaire de toute attache philosophique ou idéologique pendant l'exercice de son art, et d'autre part, psychiatriser la sexualité et ses représentations est un acte inutile, et dangereux. La consommation de la pornographie n'est pas une maladie. Le seul rôle médical possible est d'analyser, étudier et aider en cas d'un comportement excessif.
Il est plus utile en parlant de pornographie de ne pas tenter une définition. Toute définition " passe-partout " ne peut qu'augmenter la confusion. Il est légitime cependant d'étudier le contenu, d'analyser l'idéologie véhiculée par telle ou telle production.

 


Historique de la pornographie
Les mœurs culturelles dans lesquelles nous vivent forment dans nos esprits nos concepts pornographiques. Les hommes préhistoriques ont laissé des merveilles de dessins érotiques sur les murs des leurs grottes. L'exemple des figurines de Vénus, petites statuettes en argile, en pierre en ivoire de l'ère Paléolithique. Ces figurines représentent des déesses de fertilité, mais les poitrines, le ventre et la postérieure accentués expriment tout simplement la sexualité.

Traditionnellement, les cultures orientales, islamiques et Hindoues ont regardé favorablement et "malicieusement " la sexualité ; les thèmes et les scènes érotiques ont été dépeints partout durant des siècles. Le Kama Sutra est un manuel indien d'érotisme et de positions sexuelles du 4ème siècle av c. Dans le livre "Enlacement", il y a soixante - quatre chapitres consacrés aux caresses préliminaires. Ces textes peuvent aisément être considérés pornographiques à notre époque. Cependant, pour les indiens anciens, le Kâma-Sûtra était un manuel de pratiques sexuelles comme notre code de la route.
Les Romains anciens (1er siècle) exposaient leur art " sexuellement- orienté " dans les endroits publics. Au 19ème siècle, les archéologues à Pompeii (Ville ensevelie en 79 AC après l'éruption de Vésuve) furent choqués et consternés par ces images anciennes, et ils sont cachés rapidement ces images en employant le terme "pornographie" pour classer ces objets artistiques.


En France, la révolution française, libérale par ailleurs, ne pouvait pas tolérer les écritures du marquis de Sade, bien qu'il soit juste de noter que cette révolution ait libéré le marquis qu'après des années d'emprisonnement durant les années de monarchie.
L'époque Victorienne en Angleterre, et le 18ème siècle en France sont ceux de la répression sexuelle. L'attitude générale était que la sexualité est coupable, sale, et malsaine. La masturbation était considérée dangereuse à la santé. La pornographie était criminalisée pour la première fois. Bien sûr, une pornographie souterraine prospérait.


Le cinéma débuta en 1894, justes deux ans après, une actrice apparut nue dans "Le Bain," un film Français.
Aujourd'hui, les produits conçus pour induire l'excitation sexuelle sont généralement appelés pornographique. La Pornographie a généré une industrie prospère. Sur Internet, 10000 sites pornographiques génèrent plus de 1 $ milliard par an.
N'importe qui peut acheter un magazine sexuel pour une lecture privée dans la salle de bain ou dans la chambre à coucher. Le Magnétoscope a changé le visage de la pornographie. La naissance d'internet a réorganisé le monde de la pornographie. Ce n'est plus la peine d'aller acheter un journal ou de rougir en payant sa cassette de film " porno " , il suffit de se connecter à internet.

 

Le porno entre médecine et psy
Ces images suggestives ne sont plus considérées dans la culture ambiante comme pornographiques bien que 28% d'hommes déclarent être exposés à la pornographie chaque jour. 6% de femmes seulement considèrent être exposées quotidiennement à la pornographie.
Les études démontrent que pornographie joue un rôle dans la vie sexuelle des hommes, un rôle moindre dans la sexualité féminine bien que les études suggèrent une corrélation entre l'âge d'exposition à et la perte de virginité chez les adolescents.
En moyenne, les hommes et les femmes perdent leur " virginité " à l'âge de 17 ans, l'exposition à la pornographie augmente la précocité sexuelle et les dangers qui l'escorte (grossesse, MST, etc.).


Aux USA, un adolescent voit son premier film " considéré pornographique " à l'âge de 13 années, les jeunes femmes sont exposées à l'age de 15 ans.
La pornographie est une " chose " masculine ?
Durant les décennies passées, la pornographie a visé principalement le consommateur mâle car les désirs sexuels de femmes ont été niés ou inexplorés. Traditionnellement, les femmes ont trouvé leur confort sexuel dans les romans à l'eau de rose.
Une étude fournie par la psychologue J. Heiman a montré qu'en mesurant le niveau d'excitation, les réactions en face d'un film pornographique, des hommes et des femmes étaient identiques. Il y a probablement une différence dans la perception de la pornographie entre les hommes et les femmes bien que la société formate les goûts.


La consommation est différente entre homme et femme sur la quantité mais aussi le type de produits. Les femmes avouent être plus réceptives aux films érotiques où l'acte sexuel est filmé avec douceur alors que 54% des hommes réclament des films " crus " et 12% seulement aiment les films " soft ou doux. Il semble que beaucoup de femmes ne cherchent pas les détails visuels dans ces films préférant libre choix à leur imagination.

 


Pourquoi utilisent-ils la pornographie ?
L'emploi le plus répandu pour 46% des hommes est pour se masturber, suivi de par la curiosité dans 17% des cas. A l'opposé, 20 % de femmes utilisent la pornographie comme un outil dans leurs rapports sexuels. Les différences entre les sexes frappent : 22% de femmes réclamant que la pornographie est essentiellement employée à fournir stimulation sexuelle en couple alors que 90% des hommes regardent la pornographie seuls. Les femmes trouvent dans la pornographie instrument d'orgasme solitaire (masturbation), mais aussi quelque chose à partagé avec un partenaire.

 


Consommer du porno  
La pornographie est un domaine délicat, sujet aux controverses morales, religieuses, politiques et scientifiques. Ses enjeux économiques et sociaux sont imposants. Malgré cela, la pornographie reste peu étudiée comme si elle n'était qu'un phénomène relevant de la sphère privée, sans impact social.
Qu'un phénomène aussi important ne suscite, chez les chercheurs, qu'un intérêt mineur demeure un mystère. Il n'existe pas de consensus sur ce qu'est la pornographie. Certains distinguent la pornographie douce de la pornographie dure, d'autres l'érotisme de la pornographie. Il s'avère toutefois difficile de tracer une ligne de démarcation entre les deux. La pornographie demeure un problème controversé. Des groupes militent contre la pornographie sous prétexte de valeurs, d'une idée de la femme, des problèmes concernant les enfants. D'autres militent pour la liberté d'expression, mais ces polémiques ont crée, à nouveau, une image dévalorisée de la sexualité.


La pornographie est devenue un produit de consommation utilisée pour satisfaire des besoins sexuels et fait partie de notre quotidien et devient avec l'inflation actuelle de produits pornographiques omniprésente.
* - Un nombre important d'hommes consomment de la pornographie. Les chercheurs et le corps médical s'intéressent à savoir si cette consommation incite à exercer sur autrui une forme de contrainte sexuelle. Les études sociologiques sont pauvres, critiquables, ne dépassant pas les essais littéraires ou les études basées sur un questionnaire analysé et commenté.
* - Les études fournies par le corps médical semblent avoir un intérêt majeur, elles bénéficient d'une méthodologie stricte, et d'une analyse scientifique. Ces études avancent en dépit des difficultés méthodologiques, parce que la pornographie évolue sans cesse et exploite toute nouvelle technologie.
* - Sur la pornographie, on ne sait presque rien. Les distinctions entre pornographie, érotisme et obscénité, les retentissements sur les enfants, les liens avec les autres pratiques sexuelles, etc. Et comment faut-il comprendre les films dits " sexy " diffusés généralement à la télévision.
* - Le médecin ou le chercheur confronté à la pornographie peut avoir des difficultés à se défaire de sa propre sexualité et sa propre moralité, le diagnostic ou la recherche devient éprouvante et presque impossible. Les réponses devraient être exclusivement scientifiques, médicales, et sanitaires. Toutes autres réponses pourraient entraîner une erreur de diagnostic ou de raisonnement.

 

Références
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