Encyclopédie: sexologie et couple

Idées négatives qui empêchent la satisfaction sexuelle

 

 

 femme inquiete

Idées négatives qui empêchent la satisfaction sexuelle

Les problèmes sexuels ne sont pas rares. Dans certaines études ( Laumann, Paik, et Rosen 1999), 43% de femmes et 31% des hommes se plaignent d'un problème sexuel durant l'année passée, sous forme d'insatisfaction ou manque d'estime de soi pendant la rencontre sexuelle.

 

Pensées négatives sur le sexe
Depuis les années 70, Masters et Johnson (1966, 1970) ont signalé que certaines idées qui s'imposent pendant l'acte sexuel peuvent troubler la satisfaction, et empêcher l'abandon, comme par exemple surveiller sa propre performance sexuelle, ou imaginer les réactions de son propre corps. Dans ce cas, Masters et Johnson décrivent la difficulté pour ces couples à garder l'excitation sexuelle et le désir.


D'autres études (Barlow 1996) ont soulevé le lien entre ces idées, et l'environnement culturel et psychologique ; dans certains cas, ces idées troublant l'intimité du couple sont liées à l'identité de chaque partenaire et de son rôle. Un homme peut penser qu'il doit réaliser tel ou tel acte, sinon sa partenaire ne sera pas satisfaite, ou éviter tel acte pour ne pas mettre sa virilité en question. Dans ce cas, le contrôle empêche l'abandon, l'orgasme, la satisfaction sexuelle.
Progressivement, la personne ayant ce genre d'idée cherchera à les combattre en insistant sur les fantasmes, ou sur certaines pratiques sexuelles. En cas d'échec, la personne continue le contrôle et se dégage de l'activité sexuelle par manque de satisfaction.


Chez les femmes, quand ces idées apparaissent pendant l'acte sexuel, l'excitation sexuelle régresse, entraînant un arrêt de la réponse sexuelle. Cela se traduit par une sécheresse vaginale, et chez l'homme par une éventuelle perte de l'érection.
Les idées relatives à l'image du corps sont un facteur d'évitement sexuel. Une femme qui se voit "  pas belle " aurait des idées négatives pendant l'acte sexuel, qui provoquent manque de satisfaction puis évitement plus ou moins total de l'activité sexuelle.

Les hommes aussi peuvent se sentir gênés par l'image de leur propres corps, cet inconfort joue un rôle inhibiteur et peut provoquer une insatisfaction sexuelle et un évitement.
Il existe neuf catégories de pensées non érotiques négatives pouvant empêcher la satisfaction sexuelle et l'orgasme :
1. -    La crainte de l'intrusion : le souci concernant le fait d'être interrompu ou surpris pendant l'activité sexuelle. Il s'agit d'une idée liée à l'intimité, à la pudeur, et à la sécurité.
2. -    Des craintes et des anxiétés relatives au corps : il s'agit d'une crainte majoritaire chez les femmes. Les idées négatives tournent autour de la beauté du corps, sa désirabilité, ses réactions pendant l'acte sexuel, sa propreté, ses odeurs.
3. -    Crainte liée aux infections sexuellement transmissibles et à la grossesse.
4. -    Les craintes liées à la nature et à la qualité de relation : dans une relation compliquée, ou une relation sans avenir, les idées négatives tournent autour de l'avenir de la relation, du retentissement de cette relation sur l'avenir.
5. -    Des craintes liées aux notions philosophiques morales, culpabilité.
6. -    Crainte engendrée par une aversion sexuelle (absence de désir sexuel)
7. -    pensées négatives engendrées par l'environnement social professionnel comme les problèmes à l'école ou les problèmes professionnels.
8. -    Pensées négatives relatives à des interactions sexuelles avec d'autres personnes : c'est un cas de figure fréquent ; la personne subit pendant la sexuelle des images et des pensées sur son activité sexuelle avec une autre personne que son partenaire, avec son ex, ou avec des partenaires imaginaires.
9. -    Des pensées négatives relatives à sa propre performance, ou à la performance du partenaire.

Dans les études concernant des personnes âgées de 18 à 50 ans dans des couples de 20 mois en moyenne, les pensées non érotiques qui empêchent l'abandon et la satisfaction varient selon les couples, et influencent négativement la relation sexuelle des degrés variables.

Globalement, les hommes subissent des pensées négatives relatives à la performance sexuelle, pendant que les femmes subissent des pensées négatives relatives à l'image du corps, à la grossesse, et aux infections sexuellement transmissibles.
La qualité de la relation, et son cadre juridique, sa durée, influencent la fréquence de ces pensées négatives, par exemple dans un couple engagé ou marié depuis un certain temps, la crainte des maladies sexuellement transmissibles est moins présente, de même que la crainte d'une grossesse est moins fréquente.

Il est à noter également que ces pensées négatives qui empêchent l'abandon et l'orgasme altèrent le fonctionnement sexuel chez l'homme et chez la femme, en retardant l'orgasme masculin et l'éjaculation, et en compliquant la réponse sexuelle chez la femme et en favorisant la sécheresse vaginale. Cependant, les études confirment ces idées altèrent la satisfaction sexuelle largement plus que les femmes que chez les hommes.
Le traitement peut aider les personnes à focaliser leur attention sur les aspects érotiques de la relation, sur le corps de leur partenaire et sur leurs propres fantasmes et savoir négocier une pensée négative passagère (comme la crainte de grossesse).
Le traitement devrait rechercher un éventuel trouble anxieux  et le traiter, et de savoir érotiser son propre corps et le corps de l'autre partenaire.

 

Références
* Barlow, D. H. (1986). Causes of sexual dysfunction: The role of anxiety and cognitive interference. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 54, 140-148.
* Dove, N. L., & Wiederman, M. W. (2000). Cognitive distraction and women's sexual functioning. Journal of Sex & Marital Therapy, 26, 67-78.
* Heiman, J. R. (2002). Sexual dysfunction: Overview of prevalence, etiological factors and treatments. The Journal of Sex Research, 39, 73-78.
* Laumann, E. O., Gagnon, J. H., Michael, R. T., & Michaels, S. (1995). The social organization of sexuality: Sexual practices in the United States. Chicago: University of Chicago Press.
* Laumann, E. O., Paik, A., & Rosen, R. C. (1999). Sexual dysfunction in the United States. Journal of the American Medical Association, 281, 537-544.
* Masters, W. H., & Johnson, V. E. (1970). Human sexual inadequacy. Boston: Little Brown and Company.
* Rowa, K., Purdon, C., Summerfeldt, L., & Antony, M. M. (2005). Why are certain obsessions more upsetting than others? Behaviour Research and Therapy, 43, 1,453-1,465

 

 

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