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Sexualité : théorie d'interaction symbolique

 

 

 

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Sexualité : théorie d'interaction symbolique

Le principe de cette théorie est que la nature humaine et l'ordre social sont des produits de communication symbolique parmi des personnes. (Stryker, 1980). Selon cette théorie, le comportement d'une personne est construit à travers les échanges et les interactions avec les autres ; le comportement est le résultat d'adaptation, de recherche et de bénéfice.


Le comportement d'une personne émerge par la communication avec les autres. Les gens peuvent communiquer avec succès entre eux à condition d'attribuer les mêmes significations et les mêmes valeurs aux objets et aux symboles.
La théorie d'interaction symbolique considère que les humains formulent des plans d'action pour réaliser leurs buts. La réussite de ces plans nécessite la coopération des autres. Cette coopération exige que les significations et les interprétations soient partagées et consensuelles. En cas de signification confuse, un accord doit être développé à travers les échanges et les discussions.

 

Par exemple, si un homme invite une femme à son appartement, elle devrait comprendre avec précision la signification de cette visite : visite amicale, intime ou invitation sexuelle ? Les deux personnes devraient réaliser un certain accord au sujet du but de la visite avant de réaliser cette visite. L'homme et la femme pourraient rapprocher leur interprétation par la négociation explicite ou par la communication tacite verbale ou non verbale. Cette recherche pour établir des significations partagées est indispensable dans la pratique de certains comportements sexuels, l'exemple type est le comportement des nudistes, des homosexuels, des fétichistes ou des adeptes de l'échangisme (Weinberg 1995).


Observer le comportement des personnes pratiquant l'échangisme peut aider à comprendre l'intérêt de cette théorie : la pratique échangiste exige des négociations, des interprétations communes, et des consentements établis. Quand un homme tente de toucher une femme, un geste, un regard ou un mot peut suffire à lui fournir le consentement d'aller plus loin ou pour lui demander de s'arrêter.
Pour adapter leurs actions et réaliser un certain consensus, les gens, agissant entre eux, et doivent négocier de nouvelles significations ou réaffirmer de vieilles significations. Bien que les interactions romantiques et sexuelles soient préétablies, les participants se comporteront rarement comme prévu, en particulier, dans des interactions sexuelles initiales. La théorie d'interaction symbolique souligne qu'une personne engage, dans l'interaction, sa propre identité, son estime de soi, et son héritage culturel.

 


On peut observer l'utilité de cette théorie dans le processus de la séduction, où le garçon par exemple tente de proposer à une fille un rendez-vous. Chaque geste, chaque comportement de ce garçon, tente de réussir son plan, la réussite de ce plan signifie le consentement de la fille. Cependant, chaque étape sera négociée, chaque consentement peut être affirmé ou révoqué. En même temps, on note que ce garçon en proposant à la fille une négociation met en jeu son identité et son estime de soi, il devrait gérer ensuite un éventuel refus ou une réponse ironique ou agressive.


La théorie d'interaction symbolique peut aider à comprendre le comportement des personnes dans une société individualiste, car cette théorie offre à l'individu une place centrale dans les hiérarchies sociales (Charon, 1998). L'individu tâche de maintenir son estime de soi, son amour-propre et doit se voir selon le point de vue des autres qui vont accepter ou refuser la négociation avec lui. La théorie d'interaction symbolique est un outil dans la compréhension de la sexualité humaine : elle identifie l'importance de l'individu dans l'interaction sociale, souligne le rôle central de la communication et du langage symbolique, décrit les processus de négociation et la réalisation du consensus et de consentement.

 

On peut critiquer cette théorie, car elle ne prend pas en compte les émotions et les facteurs psychologiques dans les relations, parce qu'elle considère l'individu comme un être toujours raisonnable et logique sans passion et sans influence culturelle. D'autres critiquent cette théorie, car elle met trop d'accent sur le consensus et néglige l'importance du conflit.

 

En conclusion, cette théorie peut être utile à analyser les dynamiques des rencontres, les jeux des négociations et des consentements, mais ne peut pas analyser les dynamiques d'une relation courte ou à long terme.

 

Références
Stryker, S. (1980). Symbolic interactionism : A social structural version. Menlo Park, CA: Benjamin/Cummings.
Weinberg, M., Williams, C., & Calhan, C. (1995). " If the shoe fits . . . " : Exploring male homosexual shoe fetishism. Journal of Sex Research, 32, 17-27.
Charon, J. M. (1998). Symbolic interactionism: An introduction, an interpretation, an integration. Upper Saddle River, NJ: Prentice-Hall

 

 

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