Encyclopédie: sexologie et couple

Rapports sexuels non pénétratifs, ou outersex

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Rapports sexuels non pénétratifs, ou outersex

 

Activité sexuelle non pénétrative, non coïtale : définition

On peut définir l’activité sexuelle non coïtale par un ensemble de pratiques sexuelles qui évitent la pénétration vaginale. En d’autre terme, faire l’amour sans pénétrer.
Ces pratiques sont nommées également pratiques non pénétratives, ou sexe externe, ou outersex ou outercourse en anglais.
Il n’existe pas de consensus sur la liste des pratiques non coïtales.
Les pratiques sexuelles non pénétratives sont nombreuses, englobant presque la majorité des pratiques sexuelles : sans éjaculation masculine comme étreintes, baisers, massages, jeux préliminaires, frottage, tribadisme, caresses, cyber sexe, ou webcam sexe, ou avec éjaculation en dehors du vagin : masturbation solitaire ou mutuelle, masturbation exhibée, éjaculation intra mammaire, éjaculation axillaire, ou inter fémorale (inter crurale).
Chez les adolescents américains, la définition de sexe externe (outersex ou outercouse) inclut parfois le sexe oral.
Dans notre culture, les pratiques sexuelles non pénétratives sont considérées comme un prélude superficiel, ou comme une introduction à l’acte sexuel pénétratif.
Les pratiques sexuelles non pénétratives ne sont pas synonymes d’abstinence sexuelle, ni de chasteté, ni d’une sexualité infantile ou adolescente, elles permettent une expression assez libre du désir sexuel, et un échange intime riche et varié.

 

Pratiques sexuelles non pénétratives : historique


La pénétration vaginale par le pénis est considérée, depuis l’Antiquité à nos jours, et dans la plupart des cultures, comme synonyme de l’acte sexuel accompli, de la consommation du mariage, et aussi comme l’élément déterminant dans la qualification de viol.
Depuis l’antiquité, dans les cultures méditerranéennes, la pénétration a été considérée comme un comportement actif qui définissait l’acte sexuel et la masculinité. La réception de la pénétration par une femme était considérée comme un acte naturel respecté, par contre l’homme pénétré était dévalorisé et stigmatisé.
Les pratiques sexuelles non pénétratives ont été encouragées par les religions et par les cultures pour imposer une morale sexuelle, pour protéger la famille de l’adultère et pour préserver la virginité.

 

 

 

Motivations des pratiques sexuelles non pénétratives


abs11.5 rose — moyens de contraception naturelle
Les pratiques sexuelles non pénétratives ont été encouragées comme un moyen de contraception naturelle au sein des couples, et comme un moyen d’éviter les grossesses non désirées dans les relations extraconjugales.


abs11.5 rose — philosophie et pratiques sexuelles non pénétratives
Il existe de nombreuses écoles philosophiques qui encouragent les relations sexuelles non pénétratives comme les philosophies asiatiques (tantrisme, taoïsme) pour préserver l’énergie sexuelle chez l’homme, pour éviter la pénétration chez les hommes incapables de contrôler leurs éjaculations, afin d’économiser l’éjaculation du sperme, considéré comme un liquide vital, et dont l’épuisement entraîne maladie, et vieillissement précoce.
Dans d’autres cultures, on encourage les pratiques sexuelles non pénétratives pour approfondirent les échanges et l’intimité dans le couple, comme la technique de Karezza qui encourage a les vertus érotiques des caresses, de la retenue, pour aider le couple à s’épanouir. À l’origine de cette méthode, popularisée en 1896, une obstétricienne américaine : Alice Stockholm Bunker. Selon cette méthode, il est plus important de cultiver l’intimité émotionnelle que de rechercher l’orgasme et la jouissance.
Depuis toujours, la philosophie traite le lien entre le corps et l’esprit, entre les instincts et la morale. On retrouve de nombreux textes philosophiques jugeant l’acte sexuel pénétratif comme un acte primitif ou impulsif.
Dans son livre : Sexuel Outercourse : Philosophy of Lovemaking, publié en 2005, Ann Van Sevenant explique son point de vue philosophique sur la sexualité non pénétrative comme une sexualité différente, parfois plus intime ou plus profonde :
« Sexual outercourse » est la manière la plus intense de mener à bien l’existence et d’y impliquer notre être : elle se produit dans la plus grande intimité entre amants, lorsque tous deux entrent en contact avec l’existence, car ils sont touchés par l’être, éventuellement à la merci de ce qui leur arrive, de ce qui leur est accordé. (page 19-20)
« Sexual Outercourse » offre une présentation de l’existence humaine dans laquelle l’accent n’est pas mis sur un but prédéterminé, mais aussi sur l’absence d’un but. (page 122)
« Quand nous faisons l’amour, nous explorons le vaste espace profond que nous découvrons dans les yeux de l’autre, tout en embrassant et caressant la peau soyeuse de notre corps et de notre âme. Chaque contraction de nos organes génitaux est une tentative de s’embrasser à l’endroit même où nos corps se séparent. (page 110)

 

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abs11.5 rose — Amour courtois, amour des samouraïs
La violence guerrière de la féodalité médiévale cohabite avec l’exaltation de la féminité, de la chasteté et de la passion propre à l’amour courtois, et également aux amours des samouraïs. L’amour courtois est une recherche de l’assouvissement d’un désir interdit par l’église et les lois, un amour qui essaye d’intégrer la vision chrétienne de l’amour, qui tente de dépasser le désir charnel en privilégiant la parole, le serment, la noblesse des sentiments, la conduite généreuse, la politesse, et le langage.
La règle de l’amour courtois n’est pas que la dame et son amant ne peuvent pas avoir de relations sexuelles, c’est que son amant ne peut pas s’attendre à des relations sexuelles. C’est à la discrétion de la dame de décider si elle veut que cette relation ambiguë inclue l’adultère physique, il est du devoir de l’amant de garder sa confiance à cet égard.
L’amour courtois est considéré par certains auteurs comme une variante de sexualité, exprimée par un jeu de sensualité, d’érotisme, et de pratique sexuelle comme le touché, les baisers, les discussions érotiques, les étreintes qui cherchent à éviter l’adultère et l’acte sexuel accompli, sans toujours y réussir.

 

abs11.5 rose — Les religions monothéistes
Les trois religions monothéistes définissent à leur façon l’acte sexuel par la pénétration. Cette définition s’applique à la définition du péché et à ses conséquences juridiques et éthiques, de la consommation du mariage, et sur les conseils formulés à l’attention des couples mariés.
Les pratiques sexuelles non pénétrative ont été conseillées en dehors du mariage pour alléger le péché, pour préserver la virginité si appréciée à certaines époques. Par contre, sans justification valable, ces pratiques étaient déconseillées dans le couple, la pénétration vaginale avec éjaculation était considérée comme pratiques légitimes dans le couple pour favoriser la satisfaction et la procréation. Dans de rares cas, ces pratiques non pénétratives ont été autorisées comme un moyen de contraception naturelle.

 

abs11.5 rose — Préservation de la virginité
Les pratiques sexuelles non pénétratives ont été populaires pour préserver la virginité hyménale dans les sociétés qui favorisent l’importance de la virginité pour sauvegarder la pureté de la filiation, et pour cultiver une certaine morale religieuse ou sociétale.
Actuellement, les pratiques sexuelles non pénétratives sont fréquentes chez les jeunes adolescents, qui tentent de préserver la virginité durant l’apprentissage sexuel à la puberté, et qui considèrent la pénétration vaginale comme l’acte sexuel par définition.

 

abs11.5 rose — Menstruation et sexualité non pénétrative
Ce cas de figure est fréquent dans les couples, qui optent pour une sexualité non pénétrative pendant les jours de la menstruation, pour des raisons culturelles ou religieuses (interdit religieux de pénétration pendant la menstruation) ou pour des raisons pratiques liées à l’hygiène, ou à l’inconfort.

 

abs11.5 rose — Lien entre intimité et pénétration vaginale
La définition de l’intimité à notre époque est une définition personnelle. Certaines personnes considèrent la pénétration vaginale (ou anale) comme un acte intime, réservé à des relations établies avec son cortège d’échange, et de confiance. Dans ce cas les relations sexuelles non pénétratives sont considérées comme une sexualité moins intime, une sexualité « allégée ». Dans certains cas, les relations sexuelles occasionnelles, les rencontres sexuelles à leurs débuts peuvent opter pour une activité sexuelle non pénétrative.

 

abs11.5 rose — Sexualité non pénétrative adolescente
Dans la tranche d’âge autour de la puberté, la sexualité non pénétrative est majoritaire, considérée comme un apprentissage à une sexualité plus adulte. Ces activités évitent la pénétration retardent la perte de la virginité, et allègent le risque de grossesse non désirée.

 

abs11.5 rose — Féministes, domination, sexualité non pénétrative
Dans certains courants féministes, la pénétration est considérée comme un viol. Dans d’autres courants, la pénétration est vue comme un acte de domination masculine, ou comme un acte de domination hétérosexuelle sur la minorité homosexuelle essentiellement lesbienne. À partir de ces approches, la sexualité non pénétrative peut être envisagée comme une sexualité égalitaire. Ces approches culturelles demeurent minoritaires.
Certaines critiques féministes de la définition de l’acte sexuel par la pénétration négligent le fait que la pénétration prenait son importance non pas en raison d’une domination masculine, mais essentiellement par son lien avec la procréation.

 

abs11.5 rose — Douleur vaginale et sexualité non pénétrative
En cas de dyspareunie (douleur vaginale pendant la pénétration), le couple peut opter pour une sexualité non pénétrative de substitution. En cas de vaginite, de vaginisme et sécheresse vaginale, ou après un accouchement, le couple trouve dans la sexualité non pénétrative un moyen de consolider l’intimité du couple.

 

abs11.5 rose — Sexualité non pénétrative et personnes âgées
Chez les personnes âgées, la pénétration devient un acte inconfortable en raison de l’atrophie des parois vaginales, de la sécheresse vaginale, ou en cas de difficultés d’érection. Le couple peut moduler son activité sexuelle en optant pour une activité sexuellement non pénétrative, confortable et satisfaisante pour les deux partenaires.

 

abs11.5 rose — Sexualité non pénétrative comme un jeu érotique
Les jeux préliminaires en sexualité sont des pratiques sexuelles non pénétratives. Dans certains couples, il s’agit des jeux préparant la pénétration. Dans d’autres cas, les pratiques sexuelles non pénétratives peuvent intervenir pour casser la routine dans le couple, ou pour ajouter de la nouveauté.

 

 

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Les pratiques sexuelles non pénétratives les plus fréquentes

 

abs11.5 bleu1 — caresses : large éventail de jeux préliminaires, impliquant une stimulation des zones érogènes secondaires comme les cuisses, le dos, le cou et les zones érogènes primaires comme la stimulation des organes génitaux, ou des seins.


abs11.5 bleu1 — Frottage : terme générique désignant de frotter une partie du corps contre la partie du corps de son partenaire, habillé ou nu. Le frottage peut impliquer les fesses, les seins, l’abdomen, les cuisses, les pieds, les mains, les jambes et les organes sexuels contre l’organe sexuel d’une autre personne. En cas de frottage des organes génitaux, on utilise le terme frottage génito-génital.
Les couples peuvent s’engager dans le frottage comme une forme de préliminaires ou simplement comme une méthode pour obtenir une satisfaction sexuelle sans les aspects pénétrants du sexe vaginal, anal ou oral, souvent, les jeunes s’engagent dans le frottage comme une étape précoce de leur vie sexuelle, comme une découverte, ou comme un apprentissage.
D’autres termes dérivent du frottage :
— acte sexuel par frottement ; acte sexuel qui se réfère exclusivement au frottage génital sans pénétration
— le frotteurisme ; une paraphilie impliquant une obsession du frottage ou une exécution non consensuelle comme : presser ses organes sexuels sur un inconnu dans les moyens de transport.

 

abs11.5 bleu1 — Masturbation mutuelle
La masturbation mutuelle (ou rapport sexuel manuel) implique la stimulation manuelle des organes génitaux par deux partenaires ou plus qui se stimulent mutuellement.
Les pratiques de masturbation mutuelle comprennent la stimulation sexuelle manuelle du pénis ou du scrotum, ou la stimulation sexuelle manuelle du vagin, du clitoris ou la vulve, avec ou sans introduction des doigts. La masturbation mutuelle peut aboutir à l’orgasme, avec ou sans éjaculation.
Certains couples utilisent les techniques de masturbation mutuelle pour atteindre un orgasme dit élargi qui désigne une expérience orgasmique plus intense, plus étendue, et plus prolongée. Les deux partenaires peuvent adapter leur stimulation selon le scénario prévu, en variant l’intensité, et les organes caressés pour tenter d’atteindre un orgasme différent et prolongé avec ou sans éjaculation.

 

abs11.5 bleu1 — Sexualité non pénétrative et éjaculation extra vaginale
Rapports sexuels mammaires, forme de relations sexuelles non pénétrantes entre un homme et une femme.

-Axilisme : Relations sexuelles axillaires : C’est une variante sexuelle où le pénis est inséré dans l’aisselle de sa partenaire.

-Sexe inter crural, inter fémoral : le pénis est stimulé en le plaçant entre les cuisses de la partenaire, avec ou sans lubrification.

-Sexe inter fessier : stimulation du pénis à l’aide des fesses, souvent utilisée comme une forme de masturbation mutuelle. Il diffère du sexe anal parce qu’il n’y a pas de pénétration de l’anus.

-Rapports sexuels mammaires : le pénis est placé entre les seins, la pression des seins peut créer un plaisir pour les deux partenaires.

-Massage érotique : friction du corps pour créer plaisir et détente. Cela peut se faire entre deux ou plusieurs personnes de n’importe quel sexe et orientation sexuelle. Il peut s’agir de l’utilisation d’huiles (chauffées ou non) ou simplement des mains de l’individu. On l’appelle aussi massage sensuel.

 

-Foot job : stimulation sexuelle du pénis d’un individu avec les pieds d’un autre individu. Dans certains cas, cela peut faire partie d’un fétichisme des pieds. Un individu place ses pieds autour du pénis et le caresse jusqu’à ce que l’orgasme soit atteint. Il y a aussi des variations là où le clitoris est stimulé par les pieds.

 

-Baiser : le fait de toucher les lèvres d’une personne contre celles d’une autre personne peut être considéré comme un acte sexuel, en particulier un baiser profond (baiser français) où une personne insère sa langue dans la bouche du partenaire. Le baiser peut aussi se faire sur d’autres parties du corps et fait généralement partie des préliminaires.

-Stimulation des mamelons : lorsqu’un partenaire caresse (manuellement ou oralement) les mamelons de sa partenaire. N’importe qui peut participer à cet acte et cela peut se faire à plusieurs.

 

-Tribadisme : une forme de sexualité lesbienne où les femmes se frottent les parties génitales l’une contre l’autre (en frottant leurs parties génitales ensemble, soit en frottant les parties génitales contre d’autres parties du corps d’une autre)

 

- Doigté : stimulation du vagin, de la vulve, du clitoris en particulier, ou de l’anus, avec les doigts. Elle est souvent utilisée comme une forme de masturbation mutuelle.

 

- Sexe oral : stimulation des organes génitaux par la bouche et la gorge. On parle de fellation lorsque l’acte est pratiqué sur un pénis et de cunnilingus lorsqu’il est pratiqué sur les organes génitaux féminins[45] Un type particulier de relations sexuelles orales, l’anulingus, est la stimulation de l’anus par la bouche.


- Stimulation à l’aide d’un vibromasseur : un partenaire ou un groupe d’individus peut stimuler les parties génitales en utilisant un vibromasseur.

 

Les relations non coïtales et les adolescents


Dans son étude publiée en 2008, Hensel souligne la diversité du répertoire sexuel adolescent. L’expérience sexuelle génitale orale est courante, même parmi les adolescents et qui déclarent ne jamais avoir de relations sexuelles, ou se définissent comme vierges ou puceaux. Certains adolescents parlent d’abstinence sexuelle en dépit du fait qu’ils ont des relations sexuelles non pénétratives.
Dans la même étude, Hensel montre que le comportement d’abstinence sexuelle ou de relations sexuelles non coïtales, coïncide chez certains adolescents avec les jours de saignements vaginaux pendant la menstruation. Pour certains, il s’agit de respecter l’interdit religieux, pour d’autres il s’agit d’une question d’hygiène.


Certaines formes de relations sexuelles non pénétratives des adolescents incluent une pénétration digitale (pénétration par les doigts) ou des variantes de relations orales.
Cette définition particulière des relations non pénétratives (outersex) chez les adolescents actuellement pose de réels problèmes sanitaires, relatifs aux infections sexuellement transmissibles comme l’herpès ou l’HPV transmissibles par contact intime sans pénétration, ainsi que des problèmes juridiques.

 

Références
Devon J. Hensel (2008). Variations in Coital and Noncoital Sexual Repertoire among Adolescent Women, J Adolesc Health
Allen, L. (2011). Young people and sexuality education: Rethinking key debates. New York, NY : Palgrave Macmillan.
Allen, L. (2012). Pleasure’s perils? Critically reflecting on pleasure’s inclusion in sexuality education. Sexualities, 15(3–4), 455–471.
Allen, L., Rasmussen, M. L., & Quinlivan, K. (Eds.). (2014). The politics of pleasure in sexuality education: Pleasure bound. New York, NY : Routledge.

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