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Allorgasmie : fantasmer sur une autre pour jouir

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Allorgasmie : fantasmer sur une autre pour jouir

 

Chez les femmes hétérosexuelles et chez les hommes homosexuels, pour décrire ce phénomène on utilise le terme alloandrisme (fantasmer sur un partenaire homme) et chez les hommes hétérosexuels et chez les femmes lesbiennes, on utilise le terme d’allogynie. Ce terme devient synonyme de fantasme coïtal quand la pensée à une autre personne intervient pendant l’acte sexuel.

 

Distinguer allorgasmie de fantasmes coïtaux

On trouve parfois une confusion dans l’utilisation de ces deux termes. Les fantasmes coïtaux sont des images mentales, et des scénarios érotisés, utilisés pendant l’acte sexuel, impliquant le partenaire ou d’autres personnes dans le but d’améliorer la réponse sexuelle et l’intensité de l’orgasme.

De nombreux sexothérapeutes encouragent les leurs clients à utiliser les fantasmes sexuels comme source de stimulation pour les aider à augmenter l’intérêt et l’excitation.

Dans les deux sexes, le but premier de fantasmes coïtaux est d’accroître l’excitation sexuelle. On considère que le fait de fantasmer pendant le coït est une composante normale du comportement sexuel. Les fantasmes coïtaux sont d’un jeu mental : fermer les yeux, embrasser son partenaire en pensant à une autre, ou à un autre corps pour redoubler l’excitation, pour avoir des niveaux plus élevés de satisfaction et de fonctionnement sexuels.

 

allorgasmie  et fantasmes coitaux   distinction

 

Fantasmer sur une autre personne ne signifie pas un manque d’amour ou de désir pour le partenaire, il peut s’agir d‘un jeu mental, ou d’une technique pour améliorer la réponse sexuelle.
On parle d’allorgasmie quand les fantasmes sur une autre personne conditionnent l’accès à l’orgasme.
Il existe également des pensées sexuelles éruptives involontaires qui peuvent s’accompagner d’images et de pensées négatives relatives à la sexualité. C’est un phénomène présent chez les personnes ayant subi un abus ou d’une agression sexuelle.

 

Le contenu des fantasmes coïtaux


Selon les études, fantasmer sur une autre personne est fréquent, utilisé pour maintenir l’excitation sexuelle ou pour faciliter l’éjaculation ou accélérer l’accès à l’orgasme.
Les études confirment que les fantasmes coïtaux (fantasmes pendant l’acte sexuel) sont fréquents dans les deux sexes, au début de la vie sexuelle, et au sein du couple après quelques années de vie commune. Chez les hommes, ces fantasmes impliquent généralement une amante imaginaire, chez les femmes, ces fantasmes impliquent, dans une majorité des cas, des pratiques sexuelles, des scènes de soumission et des expériences homosexuelles lesbiennes.


Le contenu de ces fantasmes varie selon les besoins, selon les attirances, et parfois selon l’orientation sexuelle.


— améliorer l’excitation sexuelle par la nouveauté : dans ce cas, le contenu de ces fantasmes se concentre sur l’image érotisée d’une personne rencontrée récemment, sur une image, sur une pratique sexuelle particulière, ou sur une réaction corporelle du partenaire. C’est un cas fréquent de penser pendant l’acte sexuel à une scène érotisée d’un film, au corps d’une voisine ou d’un collègue de travail, ou à une pratique sexuelle qui ne fait pas partie des pratiques fréquentes dont le couple.

— améliorer l’accès à l’orgasme : ces fantasmes peuvent accélérer ou faciliter l’accès à l’orgasme, en stimulant le fondement mental de la réponse sexuelle dans les deux sexes. Cette stimulation dépendant de besoins et de gouts peut traduire un manque d’excitation, une difficulté d’accéder à l’orgasme.

— améliorer l’attirance sexuelle : dans ce cas, le contenu des fantasmes s’oriente vers des images concernant le corps, ou les détails corporels d’une personne. Le désir de faire l’amour avec un homme plus musclé que son partenaire, d’être désiré par une femme plus mince ou plus ronde sur conjointe, fantasmer sur des jeux préliminaires particuliers.

— améliorer la réponse sexuelle : dans ce cas, le contenu des fantasmes s’enrichit des images capables de stimuler la personne, afin de mieux s’impliquer dans l’acte sexuel. Dans certains cas, il peut s’agir pour une femme d’un fantasme de soumission lui permettant de se détendre, ou d’un fantasme de type homosexuel lesbien lui permettant d’imaginer une rencontre sexuelle différente.

 

Problèmes liés à l’allorgasmie

Bien que la plupart des recherches disponibles soutiennent que le fantasme coïtal est utile, il est admis, que l’excès des fantasmes pendant l’acte sexuel, ou le conditionnement de l’orgasme par l’apparition de ces fantasmes puisse être un symptôme d’un trouble relationnel ou sexuel au sein du couple (Perel, 2003).
Dans certains cas, les hommes peuvent avoir des difficultés à atteindre l’orgasme ou finir un rapport sexuel par éjaculation en raison de besoins sexuels non satisfaits ou en raison d’une différence entre un comportement, ou une image construits dans leurs fantasmes et le comportement sexuel et l’image réelle de leurs partenaires.
L’allorgasmie peut fragiliser la relation, le partenaire peut se sentir jaloux ou menacé, peut considérer ces fantasmes comme un acte compromettant l’exclusivité de la relation.


Le fantasme le plus menaçant est quand les images mentales utilisées intéressent un ami commun, ou une personne disponible dans l’environnement social du couple. Quand un partenaire est forcé de faire appel à ce genre de fantasme pour accéder à l’orgasme, l’allorgasmie peut devenir problématique.

 

Réf :
Boss, S., & Maltz, W. (2001). Private Thoughts: Exploring the Power of Women’s Sexual Fantasies. Novato, CA: New World Library.

Goleman, D. (2006). Social Intelligence. New York : Bantam Dell

Perel, E. (2003). Erotic intelligence. Psychotherapy Networker, May–June, 24–31.

 

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