Encyclopédie: sexologie et couple

Sex doll, sexbots, poupées sexualisées

sexbot homme

Sex doll, sexbots, poupées sexualisées  

L’évolution technologique inquiète certains observateurs qui s’interrogent si ces poupées sexuelles vont exacerber les problèmes interpersonnels, si l’utilisation de poupées sexuelles peut renforcer l’objectivation et l’exploitation des femmes ou si ces poupées peuvent aider les personnes timides et isolées. Une autre question devient cruciale : les poupées sexuelles sont — elles le signe d’une détérioration, d’un changement des relations entre les hommes et les femmes dans la société occidentale ou seulement une tendance passagère.

 

 

Sex bot, c’est quoi ?

Au cours des dernières années, grâce aux nouvelles technologies, de plus en plus d’hommes et de femmes déclarent s’engager dans des actes intimes et sexuels avec des poupées humanoïdes, selon les chiffres de ventes.
Une poupée réaliste peut peser de 30 à 40 kg, et mesure de 150 à 170 cm, faite d’une charpente métallique ou en pvc, articulée, parfois motorisée selon les modèles, habillée d’une chair de consistance et de couleurs humaines faites de silicone ou d’élastomère thermoplastique.

Selon les fabricants, il est difficile de distinguer la peau et la chair de ces poupées de la vraie peau humaine. Ces poupées sont personnalisables, le client peut choisir le visage, les yeux, la bouche et les caractéristiques sexuelles primaires et secondaires telles que les seins et les organes génitaux, peuvent inclure des éléments spécialisés tels l’érection, la miction et l’éjaculation par pression, ou l’hymen détachable.

Au fur et à mesure que ces produits deviennent plus sophistiqués et incorporent la technologie robotique, certaines personnes prévoient un passage progressif de l’activité sexuelle d’un humain à un autre humain à des relations qui impliquent la réalité virtuelle, les jouets sexuels et des « sexbots » réactifs.

 

Selon David Levy , d’ici 2050, les robots humanoïdes remplaceront les humains de nombreuses façons, y compris en tant que compagnons. Selon lui, il s’agit d’une évolution qui « transformera les notions d’amour et de sexualité. »

 

 

Comme l'évolution des jeux de société à plusieurs, vers les jeux informatiques, seul avec son ordinateur.

 

 

La firme Realbotix produit des robots sexuels sophistiqués et réactifs nommés « Harmony », sous forme de poupée sexuelle féminine ou masculine utilisant l’intelligence artificielle (IA) pour synthétiser la parole et un gestuel encore limités. On trouve des poupées sexuelles parlantes en Chine, présentées comme soutien émotionnel, et aide physique au quotidien.

 

sexbot femme

 

 

Sexualité et poupées robotisées réalistes (sexbot)


Heidi Nast a étudié l’impact des poupées sexuelles en Asie, soulignant que les hommes cherchaient du réconfort avec les poupées sexuelles comme un moyen de recevoir les soins dont ils ont besoin.

Kathleen Richardson pense que le développement du sexbot, favorise une objectivation croissante des femmes et des enfants. D’autres chercheurs sont moins pessimistes, Kate Darling ne voit pas de raison valable de s’alarmer sans études scientifiques désignant un réel danger et rappelle que différents types de robots à usage non sexuel d’assistance et de thérapie sont déjà utilisés pour des applications de soins de santé, par exemple, par des personnes qui souffrent d’un accident vasculaire cérébral, de démence, d’autisme ou d’un handicap physique.

 

Dans son étude publiée en 2019, Makato Su souligne que le réalisme de la poupée est un critère déterminant dans l’achat. Selon la même étude, les hommes justifient leurs achats :
« Nous faisons l’amour plusieurs fois par semaine, le soir, au lit. Comme tout couple normal », Ou « En ce qui concerne le sexe, rien ne sort de l’ordinaire »

Les participants à l’étude de Makato Su ont expliqué leur choix :
« Dans la vie réelle, les femmes ont moins de qualités. Les relations avec les poupées sont supérieures. »
« Bien que j’apprécie la compagnie des femmes, je n’ai pas envie de consacrer le temps et les efforts nécessaires pour avoir une relation. J’ai acheté une poupée afin de satisfaire mes besoins sexuels, et pour être accompagné ».
« Elles m’offrent tout ce j’ai besoin, et sans risques »
Pas de MST, pas de bébés, pas de procès, sexe sur demande, liberté du désir. Pas de sentiments, pas de procès, pas de divorce.
« Elle ne va pas devenir folle si la maison est en désordre, jamais jalouse, elle n’est pas méchante. »

Certains propriétaires de poupées ont déclaré que leurs poupées avaient des bienfaits thérapeutiques. Parmi les bienfaits évoqués : « se débarrasser de la solitude », « soulager la dépression et l’anxiété » et « aider à éviter les ennuis aux personnes qui ont des problèmes sociaux »

On décrit toute sorte d’activité, comme l’intimité physique, les activités sexuelles, des formes physiques d’affection comme câlins, caresses, toilette et les baisers, la pratique d’activités physiques non sexuelles telles que regarder la télévision, manger, offrir des cadeaux et jouer à des jeux ensemble.
La communication avec la poupée peut être émotionnelle et verbale, comme parler à la poupée et imaginer des réponses. Certains propriétaires de poupées établissent une vie imaginaire riche, générant un caractère et une personnalité à leurs poupées, considérant qu’elles pourraient penser.

La majorité des propriétaires de poupées (77 %) ont eu une relation sexuelle avec leurs poupées, la moitié (57 %) parlent d’une relation de compagnonnage.

Il existe de rares études sur l’utilisation de ces poupées en sexothérapie, pour traiter les troubles d’éjaculation chez l’homme et l’anorgasmie chez la femme.

 

Conclusion

D’ici 2025, les partenaires sexuels robotiques, les sexbots, seraient plus nombreux dans nos foyers, ainsi se termine l’étude publiée par Pew Research, intitulé « AI, Robotics, and the Future of Jobs » en 2005.
On peut penser que comme chaque nouvelle technologie elle trouvera son utilité et ses limites.
L’impacte de ces partenaires robotisés sur les relations intimes dépendra de la nature de relations entre les hommes et les femmes, la place de la sexualité dans la société, le rôle de chaque sexe dans le couple, et de sa satisfaction.
Dans certains cas, la présence de ces robots peut répondre à des besoins non satisfaits, ou améliorer l’accompagnement au quotidien.

 

Références


Krizia, P. The Synthetic Hyper Femme: On Sex Dolls, Fembots, and the Futures of Sex; ProQuest Dissertations Publishing: San Diego, CA, USA, 2017.
Levy, D. Love & Sex with Robots; Duckworth Publishers: London, UK, 2008.
Nast, H.J. Into the arms of dolls: Japan’s declining fertility rates, the 1990s financial crisis and the (maternal) comforts of the posthuman. Soc. Cult. Geogr. 2016, 6, 758–785.
Richardson, K. Campaign against Sex Robots. Available online: https://campaignagainstsexrobots.org
Darling, K. Kate Darling: Mistress of Machines. Available online: https://www.katedarling.org (accessed on 7 May 2018).
Haraway, D.J. A Cyborg Manifesto: Science, Technology and Socialist Feminism in the Late Twentieth Century; University of Michigan: Minneapolis, MN, USA, 2016.
Knox, D., Huff, S., Chang, IJ (2017). Sex Dolls - Creepy or Healthy ?: Attitudes des étudiants de premier cycle. Journal of Positive Sexuality 2017 3 (2).
Norman Makoto Su, Amanda Lazar, Jeffrey Bardzell, Shaowen Bardzell : Of Dolls and Men: Anticipating Sexual Intimacy with Robots, Transactions on Computer-Human Interaction (TOCHI)Vol. 26, No. 3, 2019

 

 

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