Encyclopédie: sexologie et couple

Sexe et jeu de pouvoir

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Sexe et jeu de pouvoir

 

Le pouvoir désigne un contrôle de ressources qui permet d'influencer et de manipuler les autres (Kunstman et Maner, 2010). Le pouvoir dans n'importe quel domaine : pouvoir financier, pouvoir sur les autres, même le pouvoir temporaire sur les pairs peuvent s’associer à une motivation sexuelle accrue.
Les personnes disposant de plus de pouvoir sont plus susceptibles que les autres à répondre à leurs désirs sexuels et désinhiber leurs pratiques. De nombreuses personnes associent le pouvoir au sexe (Kunstman, Maner).

 

 

 

Parité dans le jeu de sexe et de pouvoir


Comme les hommes de pouvoir, les femmes puissantes ont toujours eu de nombreux amants, et de nombreuses aventures sexuelles. L'histoire mentionne de nombreuses reines et des femmes puissantes profitant de leurs pouvoirs pour satisfaire leur désir sexuel.
L'image véhiculée par certains courants féministes laisse penser un lien entre la sexualité des hommes et leur masculinité. Les études ne confirment pas cette approche. Une récente étude menée par Joris Lammers et Janka Stoker montre que le pouvoir social d’un individu, quelque soit son sexe, modifie son comportement sexuel, améliorant son désir, lui offrant une meilleure estime de soi, et une grande confiance dans ses capacités de séduction. Cette modification est la même chez les hommes et chez les femmes selon les conclusions de ces deux chercheurs basés sur les témoignages de 2000 personnes, américaines, britanniques, hollandaises et asiatiques
Pour Lammers et Stoker, le pouvoir modifie le comportement sexuel des hommes et les femmes de la même façon.
Ce n'est pas le sexe qui modifie l'approche du pouvoir, c'est le pouvoir qui modifie notre approche du sexe.
En 2011, Lammers et Stoker publient une enquête auprès de 1561 femmes pour formuler une autre conclusion : les femmes trompent autant que les hommes, elles ont le même pourcentage d'infidélité quand elles ont des responsabilités.
Dans une autre étude publiée en 2015, sur 14 360 hommes et femmes, on découvre que les femmes ayant une position dominante développent plus que les hommes des fantasmes sadiques. La position sociale influence les normes sexuelles. Le pouvoir social modifie les schémas traditionnels du genre.
Les différences d'attitudes et de comportements sexuels entre les sexes tendent à être plus faibles dans les pays où l'égalité des sexes est plus grande (Petersen et Hyde, 2010). Lammers et Stoker suggèrent qu'à mesure que les femmes acquièrent plus de pouvoir, certaines différences d'attitudes et de comportements sexuels entre les sexes pourraient disparaître.

 

 

bondage main

 

 

Le pouvoir et les fantasmes sexuels


Les études soulignent que parmi les fantasmes sexuels les plus cités, les fantasmes liés au pouvoir sont fréquents.
Le fantasme sexuel, utilisé durant la masturbation ou pendant les rapports sexuels, ou dans les jeux de rôle entre adultes consentants, est peuplé de jeux de pouvoir et de thèmes de domination et de soumission sexuelle. Hommes et femmes manifestent de l'intérêt pour la domination et la soumission ; la soumission est jugée sensuelle car le soumis focalise toute l'attention de son dominant, et qu’il a le sentiment de lâcher prise, d’être soigné et protégé par l’autre. Les fantasmes relatifs à la soumission permettent de lutter contre la culpabilité.
Les hommes fantasment davantage sur la domination que les femmes ; ils ont tendance à se concentrer davantage sur le désir et le plaisir de leur partenaire que sur leur propre plaisir.

 

 

 

 

Quand le pouvoir améliore nos relations sexuelles

Un pouvoir accru est associé à une meilleure affirmation sexuelle. Par exemple, dans une étude, les employés occupant des postes de pouvoir dans un milieu professionnel se sont également classés comme ayant une meilleure affirmation sexuelle (Lammers et Stoker, 2019).
Les personnes qui s'affirment sexuellement sont plus à l'aise pour initier des relations sexuelles et communiquer leurs besoins et désirs sexuels (Lammers et Stoker). Les personnes qui s'affirment sexuellement connaissent une plus grande satisfaction sexuelle (Menard et Offman, 2009).
Un pouvoir accru est associé à une meilleure estime de soi sur le plan sexuel. Les personnes ayant une grande estime de soi sexuelle ont confiance en leurs capacités sexuelles et en leur faculté à vivre des expériences sexuelles positives. Les personnes au pouvoir, hommes et femmes, se considèrent plus attirantes et plus séduisantes. (Brassard et coll., 2015).

 

 

 

Quand le pouvoir altère nos relations sexuelles


Le pouvoir semble mettre en difficulté les relations monogames et les couples. Les hommes et les femmes qui bénéficient d’un statut plus élevé dans la hiérarchie du pouvoir signalent plus de cas d'infidélité et de rupture de couple (Lammers et coll., 2011).
Le pouvoir peut provoquer des perceptions biaisées de l'intérêt sexuel des autres (Kunstman et Maner, 2010), augmentant les cas de harcèlement sexuel. Les personnes bénéficiant d'un pouvoir peuvent se comporter d'une manière plus sexualisée envers leurs partenaires.

 

 

50 nuances

 

Jeux de pouvoir et de sexe dans le couple


Au sein de couples, l’accès à la sexualité peut devenir un processus de négociation qui complique la vie du couple et altère la satisfaction des deux partenaires.
Dans d’autres couples, l’initiation de l’activité sexuelle devient un jeu de pouvoir aussi.
La domination et la soumission sont des motivations sexuelles fréquentes. L’activité sexuelle devient un moyen de dominer sexuellement une autre personne ou de se soumettre à un autre partenaire. Comme dans une danse, à un moment, il y a un meneur et un suiveur. Certaines personnes aiment prendre les rênes, d'autres aiment s'allonger et se faire plaisir, d'autres préfèrent changer de rythme et faire les deux.
Les dominants aiment prendre le contrôle et prendre les décisions pendant l'acte sexuel. Ils ont tendance à être plus initiateurs que soumis. Les soumis, c'est le contraire. Ils préfèrent laisser leur partenaire mener la danse, en renonçant à un certain contrôle.
La soumission féminine pendant l’acte sexuel est un cliché sans fondement. Dans la majorité de couples, les rôles changent pour ajouter la variété à la sexualité et animer la vie du couple.
Les jeux de pouvoir pendant les rapports sexuels n'ont rien à voir avec la sexualité en général, avec le genre ou avec la personnalité. Ce qui se passe dans la chambre à coucher est différent du comportement de la vie réelle.
Certaines personnes aiment être dominantes dans la chambre à coucher parce qu'elles ont l'impression de contrôler la situation, ce qui leur donne un sentiment de sécurité et, de la même manière, certaines personnes aiment être soumises parce qu'elles veulent se sentir soignées et en sécurité. En dehors de la chambre à coucher, les rôles dans le couple changent. D’autres dynamiques seront installées pour répondre aux exigences de la vie quotidienne.

 

 

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Jeux de rôle : pouvoir et sexualité


Certaines personnes préfèrent des jeux de pouvoir sexuels plus spécifiques, comme le sadomasochisme, bondage et discipline, dominant et soumis.
Le sadomasochisme (ou S/M) explore des sensations, y compris la douleur, tout en testant la dynamique de pouvoir de leur relation. Le S/M peut entraîner une variété de comportements, y compris le bondage et la discipline dans un échange de pouvoir ou un jeu de pouvoir (terme plus général utilisé par certains). Cela signifie que le jeu doit être consensuel, sûr et sain.
De nombreux couples incorporent régulièrement dans leur répertoire sexuel des comportements de jeu de pouvoir modéré : bondage, fessées, etc.
Aucun de jeu de pouvoir n'est considéré comme anormal tant que les personnes impliquées dans l'action sont adultes, consentantes, que cela n'interfère pas avec d'autres aspects de leur vie.
Le jeu de pouvoir est devenu plus courant dans notre culture au cours de la dernière décennie.

 

 

 

 

Références
Power Affects Sexual Assertiveness and Sexual Esteem Equally in Women and Men, Arch Sex Behav., 2018
Brassard, A., Dupuy, E., Bergeron, S., & Shaver, P. R. (2015). Attachment insecurities and women's sexual function and satisfaction: The mediating roles of sexual self-esteem, sexual anxiety, and sexual assertiveness. The Journal of Sex Research, 52 (1), 110-119.
Kunstman, J. W., & Maner, J. K. (2011). Sexual overperception: Power, mating motives, and biases in social judgment. Journal of Personality and Social Psychology, 100(2), 282.
Lammers, J., & Stoker, J. I. (2019). Power affects sexual assertiveness and sexual esteem equally in women and men. Archives of Sexual Behavior, 48 (2), 645-652.

 

 

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