Peut- on évaluer le stress ?

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 Peut- on évaluer le stress ?

Notre santé et notre survie physique ou sociale dépendent de notre capacité à trouver l'équilibre entre les événements de la vie, et notre réponse à ces événements, physique et mentale. L'équilibre entre les processus physiques et mentaux se nomme en psychologie homéostasie.

 


Le stress, la maladie le plus répandue  

 

Par contre, il est peu fréquent de parler avec les amis ou avec ses familiers sur la gestion du stress, comment chacun affronte à la fin de la journée cette tension accumulée, comment se débarrasser du stress et de ses conséquences. De même, nous évitons de parler du stress comme un événement majeur, on préfère diminuer l'emprise du stress sur nous pour ne pas se montrer perdant accablé. Nous préférons dire que nous sommes fatigués, que nous avons besoin de partir en vacances, que nous avons besoin de changer les idées.

 

 


Chacun comprend parfaitement la dangerosité de stress sur sa vie personnelle, émotionnelle et professionnelle. Nous savons tous comment le stress peut altérer notre qualité de vie, peut nous rendre malheureux, tendus, insatisfaits, et comment le stress peut favoriser des maladies comme la dépression, l'insomnie, les maladies cardio-vasculaires ou d'autres.
Curieusement, nous aimons minimiser le stress que nous subissons pour montrer forts, capables de maîtriser la situation, capables de contrôler le poids de l'environnement social et professionnel sont non existences.


Selon les statistiques américaines, 43 % des adultes souffrent des maladies engendrées par le stress. Sont les mêmes statistiques, 75 à 90 % des consultations médicales sont liées aux résultats du stress traduits par des plaintes et des douleurs variées.

 

 

Autre chiffre important : le stress est la sixième cause de décès aux États-Unis après les maladies cardiaques, le cancer, accident de la route, cirrhose du foie et suicide.

 


D'autre part, le stress cher à la société, à la collectivité, et à la personne stressée. Le prix à payer varie selon les personnes, c'est un prix à payer combattre le stress au travail, améliorer la productivité et éviter les arrêts maladie, c'est un prix à payer pour traiter les maladies engendrées par le stress, c'est un prix à payer sur le plan individuel pour retrouver une qualité de vie émotionnelle, et personnelle.
Le stress fait des ravages dans notre société, affectant notre productivité, notre portefeuille, une qualité de vie, et notre santé. Ce stress indispensable pour affronter les défis au quotidien, pour répondre aux changements imposés par la vie en société, et par la condition humaine, devient un fléau grave quand il est mal maîtrisé. Le problème du stress est un problème de maîtrise, apprentissage, de notre capacité à affronter les événements sans pour autant être accablé. La naissance d'un enfant par exemple est un événement stressant, mais la maman devrait dépasser le stress de cet événement pour retrouver son calme, sa sérénité et sa qualité de vie, condition indispensable pour pouvoir est utile à son bébé.
Nous ne pouvons éviter le stress, nous devons apprendre à le maîtriser.

 


Evaluer votre stress

 


Trop de changements dans notre existence exigent de nous une capacité accrue d'adaptation, et provoquent un état d'épuisement biologique.
L'échelle Homles est une évaluation de la réadaptation sociale, mise au point par deux médecins américains, citant une liste de 41 événements positifs et négatifs évalués comme source de stress. Chaque événement a été évalué par un nombre de points, ou par un degré de stress. Un score supérieur à 300 points en une année accroît le risque de maladies liées au stress, hypertension artérielle, maladies cardiaques, épuisement ou dépression.
Un score entre 150 et 299 : le risque est réduit de 30 %.


Les événements de la vie et leur degré de stress selon Holmes:


décès du conjoint : 100
divorce : 73
séparation du conjoint : 65
emprisonnement : 63
décès d'un membre de la famille : 63
blessures ou maladies : 53
mariage : 50
renvoi du travail : 47
réconciliation avec le conjoint : 45
retraite : 45
altération de la santé d'un membre de la famille : 44
grossesse : 40
problèmes sexuels : 39
arrivée d'un nouveau membre de la famille : 39
réadaptation professionnelle : 39
changement de situation financière : 38
changement du nombre de querelles avec le conjoint : 35
emprunt important : 32
impossibilité de rembourser un emprunt : 32
changement de responsabilité professionnelle : 29
fils ou fille quittant la maison : 29
problèmes avec les beaux-parents : 29
réalisation personnelle extraordinaire : 28
conjoint cessant de travailler ou reprenant le travail : 26
début ou fin de scolarité : 26
changements de conditions de vie : 25
révision des habitudes personnelles : 24
problème avec son patron : 23
changements des conditions de travail : 20
changement de résidence : 20
changement d'école : 20
changement de loisirs : 19
changement des activités religieuses : 19
changement des activités scolaires : 18
petit emprunt : 17
changement d'habitudes de sommeil : 16
réunions de famille : 15
changement d'habitudes alimentaires : 15
vacances : 13
fêtes de nouvel an et de Noël : 12
infractions mineures à la loi : 11

 

 

 

Le stress en général

 


Le stress existe depuis la nuit du temps, il fait partie de nos réactions vis-à-vis des défis et des stimulations contre certaines agressions. Le stress est une force positive qui contribue à notre survie, et qui améliore le côté actif de nos actions.

Le stress joue un rôle important dans notre style de vie et dans le rythme de notre quotidien. Le stress joue également un rôle important dans notre capacité à réaliser nos projets, convertir la pensée en actions, répondre aux défis, et survivre.
Le stress est présent quand on commence embrasser son partenaire, mais aussi quand on passe un examen, ou quand on essaie de survivre en échappant à un incendie.

 


Notre vie moderne se caractérise par la complexité et la multiplicité des défis, le quotidien est devenu dans certains cas anxiogène, et peu naturel, d'autant que nous vivons dans une époque de changements importants à un rythme accéléré. Nous subissons des pressions de plus en plus grandes, et déterminantes.

 


Le stress pour la survie est rare heureusement dans notre style de vie, mais le stress pour arriver à temps, pour répondre aux exigences du quotidien, pour s'adapter avec les autres devient de plus en plus présent.
Le stress accompagne les efforts que nous devons réaliser pour nous adapter avec les difficultés de notre environnement, cela explique que notre style de vie devient stressant, et stressé. Certains chercheurs pensent que nous sommes nombreux à avoir développé une accoutumance aux hormones sécrétées par le stress, à être dépendants à une stimulation constante, à une tension, un stress quotidien.
Si le stress augmente la productivité, accélère le rythme, améliore le rendement économique, ce stress a un coût important sur le plan humain, et sur le plan sanitaire. Le coût annuel du stress pour l'industrie se reflète dans les frais d'arrêt maladie, absentéisme, et dans les maladies liées au stress comme l'hypertension, l'anxiété, et les maladies cardio-vasculaires. Dans certains pays anglo-saxons, le terme " usure du stress " devient de plus en un concept médico-social.

 


Il est important de savoir que le stress n'est pas le monopole des gens productifs qui courent toute la journée, le stress affecte également ceux qui souffrent d'une monotonie excessive, de frustrations, d'ennui et de manque de projets et de défis. Le manque de stimulation, la colère, l'angoisse, peut également déclencher un niveau pathologique de stress de même que l'ennui et la perte de l'amour-propre.
Le plus difficile est de trouver l'équilibre entre une stimulation trop forte, voire intolérable, et une stimulation insuffisante. Cette stimulation satisfaisante est notre défi pour avoir une qualité de vie acceptable.
Culturellement, nous avons appris dans nos écoles à sublimer les effets du stress, les motivations, l'ambition, le perfectionnisme, le toujours plus. Cependant, ce stress peut être utile pour élaborer un projet, mais il peut être un handicap pour l'élaboration du même projet.

 

 

 

Les solutions en face du stress

 


Qu'on soit stressé par un quotidien surchargé ou par ennui et frustration de ne pas avoir des projets, les personnes souffrant du stress ont un point commun : le sentiment de ne pas avoir la maîtrise de leur existence, et une certaine perte du sens dans leur vie. Certaines personnes parviennent à maîtriser une dose considérable de stress, s'engage à fond dans leur travail ou dans leurs activités, profitant de cette dose de stress pour surmonter les difficultés. Il suffit de discuter avec ces gens pour remarquer une réalité simple : ce qui est stressant pour une personne, ne l'est pas pour les autres.

 


Pour maîtriser les effets du stress, il faut adopter un mode de vie sain, d'éviter les excitants comme le tabac, l'alcool ou certains médicaments. Sur le plan relationnel, éviter les relations difficiles, toxiques ou abusives, et tenter d'apaiser les relations imposées comme les relations familiales. Les activités artistiques et sportives peuvent être une réponse utile pour alléger le stress, de même que certaines techniques de relaxation. Il est important également de comprendre les mécanismes du stress, ses sources, ses causes pour adapter votre mode de vie et vos réponses.

 

 

Réf :
Elizabeth Des Chenes, ; Anxiety disorders, 2010 Greenhaven Press, a part of Gale, Cengage Learning

 

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Estime de soi , comprendre et agir

 Paul Cézanne, La Montagne Sainte-Victoire, musée d'Orsay

Paul Cézanne, "La Montagne Sainte-Victoire", vers 1890, musée d'Orsay

Estime de soi

 

L'estime de soi est une valeur fragile et changeante. Elle augmente chaque fois que nous agissons en respectant nos standards et diminue chaque fois que notre comportement les contredit. Il est donc possible qu'elle soit très haute ou très basse selon les périodes de notre vie.

 

 

Approche théorique

 

Nous allons citer rapidement les approches théoriques relatives à ce concept. La définition précise la plus admise par une majorité de spécialistes renvoie à trois significations selon (Brown, Dutton et Cook, 2001) :

  • Le regard global d'un individu à son propre endroit
  • Les évaluations d'un individu au sujet de ses capacités et de sa personnalité.
  • Le sentiment de valeur personnelle d'un individu

Selon James ( 1890) : l'estime de soi est égale au rapport entre nos prétentions et nos succès. Selon ce concept, l'estime de soi peut être obtenue : soit en diminuant nos prétentions, soit en augmentant nos succès, soit en entre les deux facteurs.
Le miroir social de Cooley (1902) et Mead (1934) : l'estime de soi est la perception de soi construite par l'intériorisation de l'opinion d'autrui à notre égard. Dans cette perspective, les interactions sociales sont déterminantes.

L'estime de soi comme lieu de contrôle  (locus of control) de Rotter (1966) :
l'estime de soi se décline en fonction de la croyance de l'individu
Hiérarchie des besoins de Maslow (1970) : l'estime de soi correspond à une double nécessité pour l'individu : Se sentir compétent et être reconnu par autrui.

Le sentiment d'auto efficacité de Bandura (1986) : l'estime de soi renvoie aux croyances de l'individu en ses capacités personnelles.

 

 

 

Composantes de l'estime de soi

 

Coopersmith a montré l'absence de liens significatifs entre l'estime de soi de l'enfant et l'aisance financière, l'éducation ou la profession des parents.
Le seul facteur qui influence fortement l'estime de soi de l'enfant est la qualité de sa relation avec ses parents.

Harter souligne l'aspect vital de l'approbation par les parents pour l'estime de soi de l'enfant, pour encourager certains comportements. Ces sentiments positifs des parents vis-à vis de l'enfant apportent stimulation et affection, favorisent l'indépendance de l'enfant.
Jusqu'à l'âge de 3 ans, l'enfant accorde plus d'importance à l'avis de ses parents ; puis, peu à peu, c'est l'approbation des pairs qui va être recherché (cela devient vital à l'adolescence).
Le rang de naissance semble jouer un rôle sur l'estime de soi  : les cadets auraient une estime de soi moindre que les aînés mais seraient plus populaires et plus à  l'aise dans la société. Les aînés jouissent d'une estime de soi élevée et connaissent une meilleure réussite scolaire.

Comment écrire sur l‘estime de soi ? N'est-ce pas prétentieux de dire aux autres comment rehausser leur estime de soi ?  Cela ne signifie-t-il pas que celui qui écrit a trouvé la recette ?

 

 

Estime de soi : approche générale

 

Personne ne peut prétendre être compétent pour parler de cette partie noble qui habite l'humain, cette partie précieuse sans laquelle l'humain souffre, devient fragile et troublé.

Que reste-t-il de l'humain blessé, humilié, vaincu parfois mais vivant ?
Que reste-t-il de nous après nos échecs, après nos erreurs et après nos sentiments de culpabilité ??

Il reste cette partie noble de nous, celle qui continue à croire, à vivre et qui va assurer la suite. Cette partie dont nous ne pouvons pas vivre sans.


Cette partie est l'estime de soi.

Pourquoi une personne, après avoir commis une faute, souffre-t-elle alors que la faute est oubliée ou pardonnée ??
Pourquoi de nombreuses personnes qui consultent le médecin pour une anxiété ou pour une dépression disent :  je me déteste, je ne suis bon à rien,  je ne vaux rien.

 


L'estime de soi est le résultat d'une auto-évaluation.

 

 

Il s'agit d'un baromètre révélant dans quelle mesure nous vivons en harmonie avec nos valeurs, avec la partie haute de nous-même.
L'estime de soi se manifeste par la fierté que nous avons d'être nous-même et repose sur l'évaluation continue de nos actions.
Cette évaluation est consciente ou inconsciente. Chacune de nos actions engendre un verdict : valable  ou pas valable.

L'action valable va nous donner confiance en nous, nous rendre fiers, et l'action non valable va nous faire souffrire car cette action engendre une contradiction entre notre comportement et nos valeurs.
Toute activité nécessite la présence de personnes avec une estime de soi saine pour imposer le respect, accepter la responsabilité, avoir de la fierté d'un accomplissement, la capacité d'analyser l'échec et les critiques.

 

L'estime de soi n'est pas d'avoir des idées positives sur soi même, n'est pas l'égoïsme, arrogance, prétention, narcissisme, un sens de supériorité. Les individus avec l'estime de soi pauvre ou défensive tentent de prouver à eux-mêmes leurs valeurs, à impressionner les autres ; arrogance et mépris. Ils manquent généralement de confiance en eux-mêmes, et doutent de leur valeur et sont peu disposés à prendre des risques ou de s'exposer eux-mêmes à l'échec.

Mais l'humain est parfois victime de ses propres erreurs ou de celles des autres.
Des années après un abus sexuel ou un viol, la patiente souffre d'un sentiment de dévalorisation, elle ne cesse de détester son corps car « il  est sale » , et de se punir car « elle ne vaut rien. »
Voilà comment l'estime de soi fait souffrir.

D'abord s'accepter. C'est un principe fondamental en médecine et en psychologie, on ne peut changer (à l'intérieur de soi) que ce l'on a déjà accepté. Cette acceptation de ce qui est arrivé, de ce que ce que nous sommes, est un préalable à tout traitement et à tout progrès.

 

 

 

Se pardonner

 

Après l'acceptation, le pardon signifie la fin de la guerre civile déclenchée dans nos têtes. Pardonner à soi -même signifie dépasser la culpabilité et la honte. Dans nos conflits intérieurs, il existe toujours des fautes qui nous hantent. Des situations où nous étions peu intéressants selon notre propre jugement.

Se pardonner peut se passer dans les cas simples par un simple travail sur soi-même, une réflexion, une interrogation, mais dans les cas d'une culpabilité notable ou profonde, il est possible de faire appel à un soignant ou à une personne ayant la capacité d'écouter et d'analyser.

Pardonner à soi même est un acte difficile.

Comment puis-je pardonner à ce monstre que j'étais alors ou lors tel acte ou de tel événement ?


Le principe dans ce cas est de :

- Refuser la culpabilité toxique : la répétition de la faute ne doit pas être permise.

- Remettre les actes dans leur contexte.

- Cultiver ce qui est bien, critiquer ce qui est mal

- Prendre ses distances avec ce comportement

- Accepter et comprendre la réaction des autres vis à vis de notre comportement

- Admettre ses besoins et ses limites.

- Le droit à l'erreur : L'expérimentation donne des résultats positifs et négatifs. La peur de l'erreur peut devenir anxiété puis immobilisme.

 

 

Agir pour ce qui est important

 

En nous référant à notre échelle de valeur, nous pouvons faire des choix qui ont un effet positif sur notre estime.
Si l'honnêteté est une valeur importante pour vous, soyez honnête, si la fidélité dans le couple est importante pour vous, soyez fidèle.

Ce respect de soi a un prix, tout comme le non-respect en a un.  Etre fidèle dans le couple par exemple, signifie un renoncement total aux autres partenaires.  Qui a dit que c'est facile ???
Etre infidèle, c'est le couple qui risque de subir les conséquences. C'est un problème aussi et il y a un prix à payer.
Cependant respecter ce qui vous importe, est le principe fondamental pour réussir.
L'estime se bâtit en relevant des défis, le risque est présent : déplaire, perdre, être rejeté, échouer, etc. Mais sans prise de risque, aucune réussite n'est possible.

 

 

 

 

Prendre soin de soi même

 

Lorsqu'un patient consulte pour anxiété ou dépression, l'estime de soi souffre aussi. En parlant, on trouve parfois dans cette mauvaise estime de soi, un manque d'écoute de son monde intérieur, de ses désirs, de ses émotions.

Mais la vie change aussi nos besoins, et nos aspirations. Ces besoins vont apparaître donc comme désir, rêve ou fantasme.
A chacun de trouver ce qui important dans ses désirs, en cherchant la satisfaction et non pas le plaisir immédiat bien sûr.

Le problème est que nos besoins se manifestent comme des impératifs (désir, rêve, sentiment d'urgence), et dans chaque cas, ces besoins nous font peur car ils remettent en question notre organisation.
Les sujets importants à nos yeux nous font peur et il est utile d'affronter cette peur pour développer la confiance en soi.
Un exemple classique est celui de la maternité. Lorsque le désir d'enfant devient urgent, la femme est harcelée par des images, des désirs, des fantasmes sur ce sujet. Assaillie par cette question, la femme est invitée à répondre.
Si la femme est sans compagnon, elle doit décider de trouver un compagnon pour faire un enfant ou le faire sans père. Si le mari est stérile, il faut décider de changer de mari ou accepter.
Ce sont des choix qui comptent, mais ces choix devraient tenir compte de ce qui important pour soi.

 

 

S'évaluer soi-même comme évaluer les autres

 

Evaluer est une composante importante de la capacité humaine à éviter le risque et à améliorer sa qualité de vie. Apprécier le beau, l'utile, l'agréable et éviter le risque.

Il est normal aussi d'être conscient que nos jugements concernant les autres soient incomplets car nos données sont généralement partielles.

Mais juger le comportement des autres ne doit pas être tabou, c'est le seul moyen de consolider ses repères et de trouver sa propre valeur.

L'idée selon laquelle, "qui sommes-nous pour juger" est une idée théorique basée sur un système de tolérance utopique et sur une attitude récente dans notre société d'acceptation positive inconditionnelle.
Pourtant, cette tolérance ne devrait pas nous faire tout accepter. Juger oui, mais condamner non, c'est la différence entre la vraie tolérance et l'acceptation.
Jugeons les autres pour dire : cette attitude ne me convient pas,  je ne l'accepte pas, mais je suis tolérant donc, je ne la condamne pas.
S'abstenir de juger est indiqué dans une relation thérapeutique. C'est un moyen d'aider le patient à s'accepter lui-même.
Mais, dans une relation non-thérapeutique, le non-jugement produit des résultats néfastes. Les jugements inhibés sont exprimés sous des formes pernicieuses (critiques indirectes, question pleine de sous-entendus, manipulation, etc.).

Dans d'autres cas, l'effort de neutralité détruit la relation en la transformant en relation superficielle, complaisante aseptique.

Annuler la faculté de juger est une amputation nuisible à l'estime de soi.
En cas de difficulté relationnelle, il faut se souvenir qu'on peut toujours tout dire si on sait le dire ou comment le dire, donc, le dire sans heurter ni blesser.

 

Henriette 48 ans rencontre son compagnon Moïse âgé de 55 ans. Moïse sortait d'une histoire relationnelle compliquée. Henriette raconte :  

 « A mon âge, je savais que les relations  humaines sont étranges mais quand j'ai vu pour la première fois Léa, l'ex de mon compagnon à la maison, j'étais plus que choquée. Elle est venue avec son enfant à propos d'un problème administratif concernant l‘enfant. Elle a 24 ans.  Je ne savais pas comment réagir. On me dit qu'il ne faut pas juger, mais je ne peux pas, c'est contre mes propres valeurs. Cette relation est pour moi épouvantable, incestueuse ou presque.

Après son départ, je lui ai dit ce que je pense mais sans colère ni nervosité. Il m'écoute puis il m'explique que cette relation avec Léa avait duré deux ans, une vraie relation d'amour et non pas une relation de désir. Puis il me dit : Même une relation de désir, où est le problème, elle est adulte, elle avait 23 ans. L'enfant c'est son choix aussi.  Je n'ai jamais voulu d'enfant. Je savais que la différence d'âge était un problème sérieux. Mais Henriette, je n'ai pas abusé d'elle, et c'est elle qui a mis fin à ma relation avec elle pour retrouver un de ses ex. »

 

Henriette ne pouvait pas accepter de ne pas juger, cela aurait créé un non-dit dans le couple, une zone non partagée par le couple.  Elle avait besoin de juger, de respecter ses propres valeurs et de ne pas accepter sans que cela ruine son couple. Elle a trouvé une solution intermédiaire :

 «  J'invite régulièrement à la maison Léa avec son nouveau copain comme s'il s'agissait de ma propre fille car elle a l'âge de ma fille. Mon conjoint est ravi de voir son enfant, je la considère comme un membre de la famille, et j'ai demandé à Moïse de l'aider financièrement quand elle a besoin,  c'est ma façon à moi de garder le respect que je dois à mes propres valeurs.  »

 

 

 

Accepter et admettre les souffrances durant l'enfance

 

Dans son livre sur la famille, John Bradshaw souligne une réalité psychologique :   « Nous ignorons à quel point nous sommes en colère en face du passé. Nous ne ressentons pas notre souffrance non résolue car notre faux-moi et ses défenses nous en empêchent. »

Une des contributions majeures des études historiques est de nous rappeler que notre passé est présent dans notre présent. Ce principe peut aussi être appliqué sur le passé individuel. La souffrance refoulée non-reconnue pèsera toujours de son poids lors de nos décisions.
Difficile de prendre la décision de discuter avec l'enfant que nous étions, cet enfant qui a eu ses difficultés, ses problèmes et ses moments peu glorieux.

Emile est un enfant sans père comme il dit. Sa mère a eu une relation à l'âge de 16 ans avec un homme de passage, elle a gardé l'enfant sans avertir le père. L'enfance d'Emile est une succession de problèmes et de douleurs, sa mère tentait de refaire sa vie mais elle tombait toujours sur des hommes peu disposés à rester avec elle ou avec des hommes de passage.

« Elle n'arrêtait pas de changer de mec. J'avais 6-7 ans quand j'ai commençé à m'en rendre compte.  Mais elle était à la fois, belle, attirante, et naïve. Elle passait ses nuits avec des hommes sans intérêt puis pleurait le matin. La pire elle me racontait ses malheurs, et très tôt  je détestais les hommes. Après nombreuses aventures, elle s'est mariée. Mon beau-père n'était pas un homme de qualité non plus. J'avais 14 ans quand j'ai commencé à répondre à ses coups. A 16 ans, j'ai quitté la maison. »

Emile a refait sa vie depuis. D'apprenti dans une usine de transformation de bois dans le Nord, il devient à 35 ans associé. Mais le vieux problème de son enfance ressurgit :

« Ma fiancée est une fille bien, c'est la nièce de mon associé, elle a fait des études alors que je n'ai qu'un vague souvenir du programme de collège, elle est posée, calme. J'ai 35 ans, elle en a 28 ans, c'est la femme qui me convient, qui peut m'aider. Mais je ne pouvais pas faire un enfant, pas question. Trop de souvenirs. Trop de honte, trop de tout. »

Quand j'ai parlé avec Emile, ce jeune patron refuse son enfance en bloc. Il a construit un faux-moi, une histoire à lui. On appelle cela en psychologie rationalisation. Il ne peut pas parler de l'enfant qu'il était. Insupportable, et logiquement il ne peut pas devenir père.

Il a fallu de nombreuses heures de discussion, pour qu'il pleure un jour en criant sa douleur. L'enfant qui recevait des coups, et souffrait, s'est réveillé, et le manque de père est à nouveau présent.
Il a admis son dégoût pour sa mère, pour son beau-père, sa peur de la paternité. Il a admis sa honte devant son manque de scolarité.


F. Perls le fondateur de l'approche psychologique gestaliste dit «  les choses ne peuvent changer tant qu'elles ne sont pas devenues ce qu'elles sont vraiment. » (cité par Bradshaw dans l'ouvrage "la famille")
Emile validera un jour sa souffrance. A présent sa femme est enceinte. Il tremble devant l'enfant qui va naître, mais sa femme le rassure en lui répétant qu'il sera un merveilleux père.

 

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Adolescent : crise ou dépression ?

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Adolescent : crise ou dépression ?

 

L'adolescence se distingue des autres périodes de la vie pas une communication basée au plus sur le comportement que sur les mots.

La dépression adolescente est un problème sérieux qui affecte, chez les adolescents, les émotions, la pensée, et le comportement. Bien que la dépression adolescente ne soit pas différente de la dépression adulte, les symptômes de la dépression chez les adolescents varient légèrement des symptômes de retrouver dans la dépression adulte en raison de la différence de la nature même des difficultés : pression des pairs, attentes scolaires, etc.

L'adolescent déprimé communique sa souffrance en utilisant ses émotions et son comportement ainsi les symptômes de la dépression chez l'adolescent sont dominés par la colère,  violence, abus de substances, méchanceté,  difficultés de communication, et  difficultés scolaires.

 

Ces symptômes ne sont pas une preuve de la dépression.

La période adolescente caractérisée, en général, par une opposition à l'autorité, et par la recherche d'une identité. Ces caractéristiques ont engendré la fausse idée que la dépression pendant l'adolescence est une étape du développement normal de l'adolescent. Bien que le passage à l'âge adulte s'accompagne de difficultés émotionnelles, les études confirment la présence de symptômes dépressifs chez 20 % des adolescents. La grande majorité des adolescents traverse cette période vers l'âge adulte sans dépression, en dépit d'une évidence : l'adolescence d'une période critique pour le développement des troubles dépressifs.

 

L'adolescent en opposition, mais non déprimé, garde le plus souvent une forme de communication active avec son entourage, en partageant un repas de famille, une fête, des discussions brèves. Cet adolescent est à la recherche, à travers son opposition, d'une identité, une intimité, d'une personnalité. Il garde avec sa famille, en dépit d'apparente opposition,  une communication d'urgence, une communication minimale.

 

L'adolescent déprimé agit autrement, la communication devient difficile, presque inexistant avec la famille, les perturbations du comportement sont plus prononcées, le retrait est plus sévère allant parfois jusqu'à l'isolement. Le diagnostic de la dépression chez un adolescent nécessite un examen médical attentif afin de distinguer le comportement d'opposition d'une réelle dépression.

 

Si les médicaments et le soutien psychologique sont indispensables dans la prise en charge de l'adolescent déprimé, la participation de la famille est indispensable pour alléger les symptômes, et pour éviter d'aggraver l'état dépressif. Il est conseillé de consulter, de demander l'aide médicale en face d'un adolescent qui change de comportement, d'éviter d'aggraver les conflits, d'éviter de stigmatiser l'adolescent en le traitant de paresseux, méchant, ou ingrat.

 

 

 

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Ado déprimé: ce n'est pas exceptionnel 

 

Comme chez les adultes où les femmes sont  plus deux fois plus affectées par la dépression que les hommes adultes, les adolescentes sont plus à risque de dépression que les adultes . Cette différence de fréquence laisse certains penser que l'origine de la dépression dans l'âge adulte trouve  ses origines dans l'adolescence.

 

 

 

Les facteurs de risque de la dépression chez l'adolescent sont :

 

 

Antécédents familiaux de dépression chez les parents du premier degré

Épisodes dépressifs antérieurs

Antécédents d'anxiété  hyperactivité, déficit d'attention, incapacités scolaires

Problèmes au sein du cercle d'amis

Difficultés scolaires

Ambiance où l'effort est mal considéré ou mal encouragé

Maladie chronique

 

 

Les adolescents avec une prédisposition génétique à la dépression sont à risque plus élevé de dépression en face des événements ou des difficultés inattendues. Les adolescents nés dans la deuxième moitié du 20ème siècle ont plus de risque pour la dépression que leurs parents.

 

La durée moyenne d'un épisode dépressif important dans l'adolescence est de sept à neuf mois ; dans 90%  des cas, la dépression adolescente guérit dans un délai de deux ans. La rechute est fréquente,  la probabilité de rechute est de 40 % à deux ans, et à 70 % dans un délai de  cinq ans.

 

 

Dépression adolescente : risque associé

 

La dépression provoque chez les adolescents de nombreux changements, elle est à la base du changement d'émotion, de capacité d'agir, de performances scolaires. Ces altérations peuvent être sérieuses modifiant profondément la capacité de l'adolescent à s'adapter et à apprendre, ce qui augmente le risque de futurs épisodes dépressifs, ou, dans certains cas, ces altérations sont légères et peu perceptibles.

 

Les adolescents déprimés ont plus de risques sur les points suivants :
- difficulté pour accomplir son travail scolaire
- difficulté relationnelle avec les parents et avec les amis
- diminution ou perte d'intérêt pour la participation aux activités et aux responsabilités quotidiennes.
- plaintes concernant la santé comme la douleur, la fatigue, maux de tête, douleur du ventre.
- augmentation du comportement à haut risque, comme le comportement sexuel à haut risque, abus de substances comme la consommation de drogue ou d'alcool.
- risque de violence contre les autres, et contre soi-même (risque de suicide)

 

 

Les adolescents avec une prédisposition génétique à la dépression sont à risque plus élevé de dépression en face des événements ou des difficultés inattendues. Les adolescents nés dans la deuxième moitié du 20ème siècle ont plus de risque pour la dépression que leurs parents.
La durée moyenne d'un épisode dépressif important dans l'adolescence est de sept à neuf mois ; dans 90%  des cas, la dépression adolescente guérit dans un délai de deux ans. La rechute est fréquente,  la probabilité de rechute est de 40 % à deux ans, et à 70 % dans un délai de  cinq ans.

 

 

 

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Emotions : définitions, fonctions, expressions

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Les Emotions : c'est quoi ?

En dépit de la présence de nombreuses publications et sites Internet qui classent et détaillent les émotions, et de nombreux livres qui prétendent aider à contrôler ses émotions, la notion même d'émotion est l'une des matières les plus controversées en psychologie, une source de discussions intenses. Les publications qui prétendent que les émotions sont des définitions fixes ou bien définies ne sont pas sérieuses et manquent de fondement scientifique. 

 

Un état mental qui surgit spontanément sans effort conscient, souvent accompagné par des manifestations physiologiques comme le sourire, le rire, ou l'accélération du rythme cardiaque en cas de colère.

 

 

 -       L'émotion est une expression culturelle


Il existe des liens complexes entre l'émotion et la culture, la tristesse en tant qu'émotion varie selon les cultures, la joie ou la colère aussi. Si la civilisation occidentale devient de plus en plus hostile à la colère, il est normal de voir de moins en moins des gens coléreux car ils tentent de dissimuler cette émotion alors que la colère peut être légitime dans d'autres cultures et donc plus fréquemment exprimée.
La définition même de tristesse varie selon les cultures.

 

 

 -       L'émotion est une expression de langage


L'expression de la tristesse ou de l'amour ou de la colère varie en fonction des structures de chaque langue et selon les dictionnaires. Il existe des termes français spécifiques pour décrire l'état mental de la mélancolie par exemple, qui n'existe pas dans d'autres langues, sans pourvoir conclure de cet état mental n'existe pas hors du monde francophone.  D'autre part, chaque langue décrit un ensemble d'émotion dont le nombre et l'expression  varient de façon notable.

 

 

Comprendre l'émotion

 

Ainsi, en l'absence de consensus possible, il existe quatre approches possibles pour comprendre les émotions :

 

1- Réalisme ontologique
Cette approche considère les émotions comme indépendantes, universelles, sans lien avec culture ou langue. Le réaliste ontologique suppose que des mots tels colère et tristesse sont simplement des étiquettes pour les entités pré-existantes. Les émotions donc existent dans le monde comme fleuves ou lacs, dont les noms seulement varient selon la culture.

Selon cette approche, la langue fournit simplement les noms et les étiquettes pour décrire ces états mentaux qui existent d'une façon universelle de par le monde.

 

 

2- Le Nominalisme
Le Nominalisme est une approche développée par le philosophe médiéval Ockham qui pense que les noms ne font que traduire des événements ou des choses ainsi, le mot colère décrit un état qui existe dans n'importe quel groupe social et dans n'importe quelle culture de la même façon. L'approche moderne de nominalisme pense que les mots diffèrent d'une société à une autre, et que par exemple le terme colère décrit le phénomène de la colère dans la culture française, le mot amour décrit ainsi l'émotion amoureuse selon la culture française alors que le mot love désigne l'émotion amoureuse selon la culture anglaise.
D'autres approches dans le nominalisme pensent que les mots décrivant les émotions font partie d'un discours à interpréter au sein de la société.

 

 

3- Conceptualisme
L'approche du conceptualisme partage avec le réalisme ontologique sa prétention que les mots des émotions se rapportent à une réalité non linguistique et non culturelle en ajoutant que la réalité est toujours conceptualisée. C'est-à-dire quand les gens utilisent un mot pour décrire une émotion, ils décrivent un état physiologique et comportemental lié à cette émotion. En d'autres termes, la colère devient un concept qui résume plusieurs données dans un seul mot.

 

 

 4- Formalisme
L'approche formelle traite des mots décrivant les émotions comme des objets formels, comme les nombres ou comme les chiffres, en considérant que les mots font partie d'un ensemble culturel. Dans cette approche, le mot amour est un amour bien précis pour décrire une émotion celle-ci bien définie dans la langue française.

 

couple conflit

 

Emotions : l'expression émotive

Selon certaines théories, l'expression émotive est considérée comme un aspect intégral du processus d'émotion. Certains pensent que l'expression émotive est basée sur des expériences. William James, un professeur à Harvard à la fin du 19ème siècle pensait que les changements corporels pendant l'émotion constituent " l'expérience émotive ".

 

 

Comment se manifeste l'émotion
James pensait que le corps agissait comme une plate-forme frappée par des impulsions neurales pour créer les vagues du changement qui pourraient alors être senties par le cerveau comme " sentiment émotif ".  Aucune expérience scientifique n'a permis de valider cette approche.

Un autre aspect de la théorie de James est que les changements corporels sont réalisés par le système nerveux selon un processus qui ressemble à une réaction réflexe ou instinctive. Les études plus récentes indiquent que les changements émotifs peuvent être très complexes, si la colère peut entrainer une réponse rapide, cette réponse est déjà modérée selon de nombreux facteurs. Quant aux émotions complexes comme une appréciation esthétique de la beauté ou de la musique, il est évident qu'il s'agit d'un processus complexe.
 
Silvan Tomkins, un psychologue du 20ème siècle a développé la théorie de James en proposant que les sensations fournies par des expressions émotives, des changements vasculaires, et d'autres changements du visage sont la source de sentiments différents de l'émotion : par exemple, être heureux, la tristesse, ou la crainte, la colère. Et il a décrit des catégories spécifiques d'émotion liées aux expressions faciales.
 
Selon Tomkins, les émotions liées au dégoût est une variante de l'émotion liée au rejet de la nourriture nocive ou dangereuse, avec une ouverture de la bouche et des lèvres, l'élimination de la nourriture avec la langue. Ensuite, cette réaction de dégoût a généré d'autres scénarios de rejet, tels que l'émotion du mépris où l'objet est une autre personne, et l'émotion de la honte où l'objet est soi-même. Tomkins a énuméré des catégories d'émotion selon leurs expressions.
 
Ce nouveau regard de Tomkins sur les expressions faciales des émotions a largement influencé la psychologie des émotions durant le 20 ème siècle et a ouvert le chemin à d'autres théories et à d'autres concepts.
 
 

   homme en souffrance

 

Emotions : leurs expressions

Le terme " expression " implique l'existence de quelque chose qui est exprimée. Certains psychologues nient l'existence d'une émotion hors de son expression faciale et corporelle.

 

Exprimer ses émotions

Des psychologues pensent que l'expression fait partie de la réponse émotive. Pour certains, les expressions faciales ont principalement une fonction communicative et traduisent l'état mental de la personne.


Certaines expressions faciales sont associées aux émotions humaines spécifiquement.
Les études prouvent que les gens classent les expressions du visage par catégorie d'émotion d'une manière semblable à travers les cultures, et que des expressions faciales identiques tendent à se produire en réponse à une émotion identique.


Les recherches scientifiques récentes ont tenté de grouper les expressions faciales en sept catégories. Le développement récent des outils scientifiques pour l'analyse faciale, telle que le système de codage d'action faciale a aidé à améliorer cette classification : Heureux, Triste, Colère, Crainte, Dégoût, Surprise, autres.

Certaines classifications par souci de simplification, sans réel fondement scientifique tentent de classer les émotions selon leur contenu en :

 

-Émotions simples : Expression simple comme colère, joie, etc.
-Émotions mixtes : expression de plusieurs émotions à la fois. Dans d'autres études, ce genre d'émotion est classé comme sous-émotion ou émotion secondaire.

 

 

Par exemple, la jalousie est une émotion qui regroupe plusieurs émotions à la fois : colère, dégout, envie, rage.
- Émotions repoussées : Ce sont des émotions traduites essentiellement par une expression physiologique, comme les douleurs gastriques en cas de colère refoulée et non exprimée.
Ils existent d'autres classifications pour catégoriser les émotions selon le besoin exprimé, ou selon leur caractère positif ou négatif, etc.

 

 timidité femme cheveux en bataille sur fond bleu

 

Emotions : ses composantes

Il n'existe pas de définition consensuelle ou scientifiquement admise des émotions. Il n'existe pas non plus de consensus concernant les composantes des émotions, les analyses des émotions selon l'approche utilisée.

 

De quoi se compose une émotion

D'une façon générale, l'émotion s'accompagne d'un changement d'état d'esprit, une sorte de changement mental stimulé par des idées ou par des images.
Ce changement de l'état d'esprit s'accompagne par des modifications physiologiques. La colère par exemple s'accompagne d'une augmentation de la tonicité musculaire, par accélération du rythme cardiaque et respiratoire, et parfois par une transpiration. Ces modifications sont les résultats des sécrétions hormonales provoquées par le cerveau comme réponse à l'émotion.

 


En cas de colère, l'organisme se prépare à se défendre et a exprimé cette colère. Certains voient dans ces modifications physiologiques une fonction adaptative, c'est-à-dire une simple expression physiologique de l'émotion, d'autres considèrent ces modifications physiologiques comme faisant parties de l'émotion. En d'autres termes, la colère est une émotion qui se traduit par un état physiologique bien précis.

 


L'expression de l'émotion est un point important en psychologie. Par exemple, les expressions faciales et corporelles nommées expression d'émotion sont des indicateurs de la présence de cette émotion. L'expression de l'émotion varie selon les personnes, les cultures, et les époques.


Il existe également des modifications physiologiques moins visibles comme par exemple la réaction des muscles lisses du tube digestif qui provoque des douleurs gastriques ou des diarrhées, ou la réaction des muscles lisses du système circulatoire qui provoque une augmentation de la tension artérielle. D'autres modifications vont compléter le tableau de la colère, de la peur, de la jalousie, etc.


Il existe une autre composante importante dans l'expression de l'émotion : le langage. Les pensées vont être formulées dans des mots qui peuvent transmettre aux autres une idée de l'état mental triste, joyeux ou en colère.

 

Les circonstances qui provoquent les émotions font parties de l'émotion également. Ainsi l'événement qui provoque la colère peut être considéré comme universel selon certaines approches (les humains se mettent en colère devant les mêmes circonstances), et culturels selon d'autres approches (les humains se mettent en colère selon leurs cultures).

Les émotions comme le dégoût semblent culturelles et personnelles, certaines personnes aiment certains aliments d'autres les jugent dégoûtants.

 

Références
* Ekman, P., Friesen, W. V., & Ellsworth, P. (1982). What emotion categories or dimensions can observers judge from facial behavior? In P. Ekman (Ed.), Emotion in the human face (pp. 39-55). New York: Cambridge University Press.
* Frijda, N. H. (1986). The emotions. New York: Cambridge University Press.
* Gray, J. A. (1985). The whole and its parts: Behaviour, the brain, cognition and emotion. Bulletin of the British Psychological Society. 38, 99-112.
* Izard, C. E. (1977). Human emotions. New York: Plenum Press
* James, W. (1884). What is an emotion? Mind, 9, 188-205.
* Oatley, K., & Johnson-Laird, P. N. (1987). Towards a cognitive theory of emotions. Cognition & Emotion, 1, 29-50.


* Ortony, A., & Turner, T. J. (1990). What's basic about basic emotions? Psychological Review, 97, 315-331.
* Parrott, W. (2001), Emotions in Social Psychology, Psychology Press, Philadelphia

 

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Impulsivité : un comportement à part

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Impulsivité : comportement

 

L'impulsion est un élan irrésistible qui pousse une personne à accomplir un acte sans pouvoir le raisonner. L'impulsif suit un comportement de type explosif, incapable de se freiner, ou de diriger son mouvement d'une façon équilibrée.

 

 

Distinguer volonté et impulsivité

 

L'impulsivité est la tendance à agir rapidement sans penser aux conséquences de ses actions. Le comportement impulsif se produit habituellement en réaction, ou comme réponse émotionnelle.
L'impulsion est gouvernée par des désirs primaires, par des automatismes inconscients, par une affectivité déraisonnable, ou par des peurs réelles.

 

 

Généralement, l'impulsif est impatient, incapable de mener des projets complexes, qui nécessitent maîtriser et patience sur la durée.

 


L'exemple type de l'impulsivité sans gravité est celui des achats compulsifs.

La personne achète sans avoir besoin de ses achats. Le besoin est ailleurs, psychologie, ou inconscient. L'exemple le plus grave de l'impulsivité est le comportement antisocial, ou l'abus de substances. Les comportements impulsifs les plus fréquents peuvent inclure :

- achats compulsifs,

- sexualité à risque,

- comportement agressif,

- consommation excessive d'alcool,

- menace de nuire aux autres,

- vol compulsif,

- querelles excessives avec les autres.


Il est important de noter que le comportement impulsif occasionnel n'est pas nécessairement un signe d'un comportement problématique. Chacun peut agir impulsivement de temps en temps. Quand ce comportement devient fréquent ou néfaste pour la personne ou pour son entourage, il peut être considéré problématique.

 

Dans leur article en 2009, Shalev et Sulkowski ont signalé le lien entre l'estime de soi et l'impulsivité,

 

 

Ils écrivent que les auto-évaluations négatives épuisent, et empêchent la maîtrise de soi et le sang-froid, qui mènent inlassablement à un comportement impulsif.

Ils soulignent que les personnes après leur comportement impulsif, entrent dans un nouveau cycle d'auto-évaluation de plus en plus négative, associé à des regrets d'avoir été victimes de leurs propres instincts ou de leurs propres automatismes.

 


L'exemple des joueurs pathologiques peut éclairer ce comportement, le joueur éprouve des émotions agréables en jouant. Pendant le jeu, le joueur exhibe une bonne maîtrise de soi, une courtoisie, un air volontaire, déterminé et détaché.

 

À la sortie du casino, un autre cycle commence, mauvaise estime de soi, symptômes dépressifs, colère. En cas de perte importante d'argent, ces symptômes sont plus prononcés. Le cycle vicieux continue. La personne impulsive peut être un chef qui commande fréquemment sèchement avec mépris, se considérant comme meneur d'hommes, volontaire et résolu. Il n'hésite pas, il va sans cesse de l'avant, n'admet pas pouvoir se tromper, sauf pour se donner une apparence humaine. L'impulsif maquille son action par des termes plus au moins positifs comme la volonté, la résolution. En réalité, il est incapable de contrôler ses actions, il a peu de volonté pour gouverner son comportement. Il est énergique mais à la façon d'un agité, rien à voir avec la détermination.

 


L'impulsif se lance dans une action excessive, il court sans cesse, par manque de volonté et de puissance mentale, sachant très bien au fond de lui-même, qu'il a un problème avec son comportement, avec ses décisions. Le plus important pour une personne impulsive est de dissimuler son impuissance, son anxiété et son émotivité. Ainsi, il fonce tout droit, il réagit, drogué de l'action, hargneux, incapable de revenir sur ses décisions. Ce n'est pas volontaire, c'est un impulsif. Parfois, dans le langage populaire, on qualifie ces gens d'"automates".
L'impulsif peut être direct, comme peut être un impulsif à retardement. Dans ce dernier cas, sa réaction n'est pas immédiate. L'effet s'accumule, la tension augmente, il explose. Il peut donner une forte impression de volonté, mais il est comme les autres impulsifs, anxieux, gouverné par ses désirs et ses peurs.


La volonté n'a rien à voir avec l'impulsivité, la détermination n'a rien à voir avec l'impulsivité. La volonté et la détermination obéisse à des règles raisonnées, logiques, détachées de la peur ou des automatismes.

 

 
Peut-on traiter le comportement impulsif ?

 

Tout d'abord, il est important de souligner qu'il s'agit d'un comportement problématique et non pas d'une maladie mentale ou psychiatrique. Dans ce sens, la thérapie comportementale peut être utile pour aider le patient à comprendre les motivations de ces gestes, les risques, et les conséquences.

Le traitement comportemental peut aider à apprendre la maîtrise de soi, la gestion de la colère. En cas d'association avec une mauvaise estime de soi, la psychothérapie peut à travers les discussions entre le thérapeute et le patient, améliorer l'estime de soi du patient et sa capacité à évaluer positivement ses propres qualités.

En cas d'association entre impulsivité et anxiété, entre impulsivité et dépression, le traitement commencera par améliorer l'anxiété et le trouble dépressif.

 

 

Référence
* Shalev, I., & Sulkowski, M.L. (2009). Relations between distinct aspects of self-regulation to symptoms of impulsivity and compulsivity. Personality and Individual Differences, 47, 84-88.
* Moeller, FG, Barratt, ES, Dougherty, DM, Schmidt, JM, Swann, AC. "Psychiatric Aspects of Impulsivity." American Journal of Psychiatry 158:1783-1793, November 2001.

 

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